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Greener
Journal of Epidemiology and Public Health Vol. 7(1),
pp. 06-17, 2019 ISSN:
2354-2381 Copyright
©2019, the copyright of this article is retained by the author(s) DOI Link: http://doi.org/10.15580/GJEPH.2019.1.051519088 http://gjournals.org/GJEPH |
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EPIDEMIOLOGIE DES PATHOLOGIES DEGENERATIVES DU RACHIS
A LA GENDARMERIE NATIONALE DE COTE D’IVOIRE
EPIDEMIOLOGY OF DEGENERATIVE
PATHOLOGIES OF THE RACHIS AT THE NATIONAL GENDARMERIE OF COTE D'IVOIRE
UFR Sciences
Pharmaceutiques Et Biologiques de CI
Département de Santé
Publique, Hydrologie et Toxicologie
Direction de la santé
et de l’action sociale des armées
Chefferie
santé de la gendarmerie nationale de CI
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ARTICLE INFO |
RÉSUMÉ |
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Article No.: 051519088 Type: Research DOI: 10.15580/GJEPH.2019.1.051519088 |
OBJECTIF : Etudier le profil épidémiologique et clinique de la PDR à
la gendarmerie nationale de CI en 2016 MATERIEL ET METHODE : Une étude transversale analytique a été menée sur 05 mois de Mai à Septembre
2017. Le recueil d’information s’est
effectué à l’aide d’une fiche d’enquête renseignée à partir des registres et
dossiers médicaux de toutes les infirmeries de corps de troupe de PDR du
service de santé de la gendarmerie. Nous avons inclus les dossiers des anciens et nouveaux cas de PDR
confirmés radiologiquement, issus de la population des 14058 gendarmes
en activité en 2016. Nous avons déterminé les caractères sociodémographiques
en lien avec la maladie par une analyse uni variée ; puis des facteurs
associés ont été obtenus après régression logistique. Le Seuil de
significativité était à 5%. RESULTATS : Nous avons retrouvé 514 cas selon les critères de
sélection et la prévalence a été
estimée 3,65% en 2016. L’âge, le grade, le stage commando et la fonction
n’avait pas de lien significatif avec la survenue de la PDR (p<0,05). Les
facteurs associés étaient la durée de service de plus de 25 ans OR ajusté (4,4 [2,7-7]) ; l’exercice dans
les légions du Nord OR ajusté
(3,3[2,4-4]) et du centre de la CI OR ajusté (2,1[1,6-2,6]) ; et l’exercice à
la gendarmerie mobile (1,5[1,2-1,9]). Les caractères cliniques montrent
un siège lombaire (90%) de la
pathologie et 16,7% de cas opéré chirurgicalement. CONCLUSION : Les PDR sont fréquentes à la gendarmerie et des facteurs
associés, inhérents au métier de gendarme interviennent dans la survenue de
ces maladies. |
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Submitted: 15/05/2019 Accepted: 17/05/2019 Published: |
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*Corresponding Author Ahmed Mama E-mail: ahmeddeedat67@
gmail.com |
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Keywords: |
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I-
INTRODUCTION
Les pathologies dégénératives du
rachis (PDR) sont des maladies dues au vieillissement naturel ou prématuré des
articulations de la colonne vertébrale, qui comprend le rachis cervical, dorsal
et lombaire [1]. Le vieillissement prématuré des articulations de la colonne
vertébrale est lié aux contraintes
mécaniques imposées au rachis par des mouvements de flexion –extension ou de
port de charges lourdes au fil du temps [1].La rachialgie d’évolution chronique
(douleurs du rachis cervical, dorsal ou lombaire de plus de 3 mois) est le
symptôme majeur, la lésion étant le plus souvent retrouvée au niveau lombaire.
Cette douleur est invalidante et oblige le patient à consulter à cause de son
intensité. Le Diagnostic est posé grâce à l’imagerie (radiographie standard ou
TDM).
La PDR n’est pas une affection
mortelle. Son importance réside dans le passage à la chronicité (environ 10%)
des rachialgies aigues sous certaines conditions liées à la prise en charge
initiale [2]. Ensuite, selon certains facteurs de récidive et non-retour au
travail, les douleurs entrainent l’invalidité du sujet du faite de
l’installation définitive de la maladie [2].
Elle représente 50% des affections rhumatismales en Afrique de l’ouest
et serait le premier motif de consultation dans les services de rhumatologie en
Afrique noire [3]. La prévalence de la lombalgie chronique est de 7% en France
[4] et peut atteindre 28 % dans une population de travailleurs de manutention
[5].
L’impact socio-économique est
important car la PDR est responsable d’absentéisme en milieu professionnel et
constitue l’un des principaux motifs d’arrêt de travail en milieu militaire, en
France [6]. Elle représente la troisième cause de handicap chez les sujets de plus de 45 ans [7]. Le cout financier de l’affection
dépasse les 2 milliards/an d’euros à la
sécurité sociale française [7].
Les populations à risque sont les
salariés du milieu professionnel exposé au [8, 9,10] :
-
Port de charges lourdes, mouvements répétés
de flexion-extension
-
Vibrations de hautes et basses fréquence
(conducteur de pelleteuses, camions)
-
Stress et mauvaises conditions de travail
-
Les populations à bas niveau d’étude et faible
revenu, les individus ayant des prédispositions génétiques et constitutionnels
sont également concernées.
Le
milieu militaire est un secteur qui comprend plusieurs spécialités
professionnelles selon le type d’armée (Terre, Mer, Air et gendarmerie).La
lombalgie représente la principale
douleur liée aux blessures musculo-squelettique, qui est retrouvée dans
plusieurs études sur les militaires [11] [12] .Les spécialités militaires les
plus à risque de lombalgie sont [13] [14] [11] :
-
Pilotes d’hélicoptères (armée de l’air)
-
Les plongeurs (marine)
-
Les soldats des unités de combats (armée de
terre, gendarmerie)
La gendarmerie est un type d’armée
particulier qui peut intervenir à la fois en milieu marin, terrestre et aérien.
En Côte d’ivoire, la gendarmerie nationale qui bien que n’étant pas dotée
d’engins volants, est un corps de défense et de sécurité dont l’exercice impose
des contraintes posturales liée au poste de travail (garde, bureau), à la tenue
(arme, gilet) et à des efforts physiques (missions de sécurisation) qui
pourraient constituer des facteurs d’usure prématurée du rachis. Il existe un
manque de données sur la prévalence et le profil épidémiologique des gendarmes
atteints de PDR, tandis que cette affection est source de nombreux repos médicaux
et d’invalidités.
Notre étude a été menée à la
gendarmerie nationale de Côte d’ivoire dans le but de connaitre l’ampleur de
cette affection. Cette étude pourrait servir de support aux discussions sur la
reconnaissance de la PDR par la hiérarchie militaire, comme une maladie à
caractère professionnel, car cette pathologie est un motif d’inaptitude au test
médical de recrutement du gendarme.
L’objectif général de cette étude
était d’étudier l’épidémiologie de la PDR à la gendarmerie nationale de
CI.
Les Objectifs spécifiques
étaient :
-
Estimer la prévalence de la PDR en 2016 à la
gendarmerie
-
Décrire la distribution de la PDR selon les
caractères sociodémographiques des gendarmes
-
Identifier
des facteurs inhérents à la gendarmerie nationale de CI qui sont associés
à la survenue de la PDR
II-
MATERIEL ET METHODE
a-
Type et cadre d’étude
Etude mono centrique de type transversale et analytique au sein des 20 infirmeries de corps de troupes
et centre médico-militaire du service de santé de la gendarmerie de Cote
d’ivoire. Chacune des 6 légions de la gendarmerie de Cote d’ivoire est dotée
d’infirmeries de corps de troupes qui assurent la prise en charge des gendarmes
dans leur région d’exercice. En raison des contraintes diagnostic
et thérapeutique de certaines maladies, les gendarmes sont référés au seul
centre médico-militaire situé à la capitale (Abidjan) (figure). Les informations
médicales des gendarmes sont consignées dans leurs dossiers médicaux et dans
les registres de consultations des ICT, dès leur retour en unité. La PDR étant
une maladie invalidante, tous les cas confirmés ou non, de cette maladie sont
notifiés dans leurs dossiers médicaux pour permettre au médecin d’unité des
différentes légions, de se prononcer sur leur aptitude à servir. Ces dossiers
nous ont permis de retrouver les cas de maladie.
b-
Critères d’inclusion
Nous avons inclus tous les dossiers médicaux des gendarmes souffrant de
PDR. Le Diagnostic des cas de maladie s’est basé sur les résultats
radiologiques (radiographie standard et/ou TDM), radiographie vue ou diagnostic
mentionné dans le dossier.
c-
Critères de non-inclusion
-
Les dossiers des
élèves des écoles de gendarmerie n’ont pas été inclus car cette population de
ne fait pas encore parti de l’effectif des gendarmes.
-
Les dossiers sans confirmation
radiologique.
-
Dossiers peu
exploitables par manque de données ou doute diagnostic
d-
Déroulement de l’étude
L’étude s’est déroulée en 5 mois de Mai à Septembre 2017, le recueil de
données s’est effectué à l’aide d’une
fiche d’enquête, renseignée à partir des registres de consultation des ICT et
dossiers médicaux des gendarmes. Nous avons eu accès uniquement aux dossiers de malades souffrant de PDR et
nous avons sélectionnés selon les critères ci-dessus les cas confirmés.
Des missions de coordination ont été effectuées pour le contrôle de la
qualité des données collectées sur le terrain par des équipes désignées à cet
effet, selon le calendrier de déploiement des équipes et de début de la
collecte par région
(Annexe II). Ces missions étaient effectuées environ 2 semaines après le
début de la collecte dans la région visitée.
Au cours de celles-ci nous avons procédé à :
-
Vérification de
l’effectivité de la collecte dans les ICT des légions et à la validation des
données collectées (mesure conforme au problème étudié)
-
Vérification de la
qualité du remplissage de la fiche d’enquête (données manquantes, correction
des données)
e-
Variables étudiées
Nous avons étudié les caractères sociodémographiques (tableau I) à partir de la liste générale des gendarmes en
exercice en 2016 (bureau des ressources humaines de la gendarmerie).Les
caractères cliniques ont été étudiés à
partir de la fiche d’enquête
-
L’âge : à partir de
la date de naissance ajustée à l’année 2016. Cette variable a été répartie en
classe d’âge de 20 ans (moins âgé) à 57 ans (plus âgé).
-
La fonction : homme
de terrain/ administratif / technicien / soignant
-
Le Département :
selon que le gendarme soit en service dans les unités de la gendarmerie mobile
ou territoriale
-
Le Grade : OFF
supérieur /OFF subalternes / S-OFF subalternes / S-OFF supérieur
-
Le stage commando :
Oui ou Non. Il s’agit d’un stage d’élite
de 01 mois durant lequel les gendarmes sont appelés à fournir des efforts
physiques intenses et le port de charges lourdes.
-
La légion de
gendarmerie : le territoire géographique où exerce le
gendarme.
-
La durée de service :
obtenue à partir de la date d’entrée en service ajustée à l’année 2016.Tous les
5 ans le gendarme est proposable à un grade supérieur selon l’appréciation de
la hiérarchie.
-
Le Siège de la lésion
: situé au rachis cervical, dorsal ou lombaire
-
Le traitement
chirurgical : opéré du rachis ou non
f-
Analyse et traitement des données
-
La prévalence a été
calculée à partir des nombre de cas de PDR retrouvés dans l’enquête rapportée à
la population des 14058 gendarmes en activité en 2016
-
Les Tests
statistiques utilisés ont été :
-
Khi deux :
comparaison des proportions
-
Rapport de côtes et
intervalle de confiance : quantifier la force d’association entre les variables
et la maladie.
-
Analyse multi variée
par régression logistique pour identifier les Facteurs de risque de la maladie
-
Seuil de
significativité des tests statistiques a été fixé à 5%.
-
Tableau I : Répartition des caractères sociodémographiques des gendarmes en 2016
|
VARIABLE |
EFFECTIF
Total : n=14058 |
% |
|
|
AGE (an) |
|
|
|
|
20-29 |
5134 |
36,5 |
|
|
30-39 |
6781 |
48,2 |
|
|
40-49 |
1672 |
11,9 |
|
|
50-57 |
471 |
03,4 |
|
|
GRADE |
|
|
|
|
OFF/SUP |
48 |
00,3 |
|
|
OFF/SUB |
303 |
02,2 |
|
|
S/OFF SUP |
2348 |
16,7 |
|
|
S/OFF SUB |
11359 |
80,8 |
|
|
LEGION |
|
|
|
|
1ère Légion |
6257 |
44,5 |
|
|
2ème Légion |
2361 |
16,8 |
|
|
3ème Légion |
1378 |
9,8 |
|
|
4ème Légion |
2165 |
15,4 |
|
|
5ème Légion |
717 |
5,1 |
|
|
6ème Légion |
1180 |
8,4 |
|
|
DEPARTEMENT |
|
|
|
|
MOBILE |
7490 |
53,3 |
|
|
TERRITORIALE |
6568 |
46,7 |
|
|
DUREE DE
SCE (an) |
|
|
|
|
1-5 |
4938 |
35,1 |
|
|
6-10 |
4395 |
31,3 |
|
|
11-15 |
2291 |
16,3 |
|
|
16-20 |
1366 |
9,7 |
|
|
21-25 |
586 |
4,2 |
|
|
26-30 |
458 |
3,3 |
|
|
31-35 |
24 |
0,2 |
|
|
FONCTION |
|
|
|
|
ELEMENT |
12286 |
87,4 |
|
|
ADMINISTRATIF |
698 |
4,8 |
|
|
SOIGNANT |
73 |
0,5 |
|
|
TECNICIEN |
1001 |
7,2 |
|
|
COMMANDO |
|
|
|
OUI |
3387 |
24,1 |
|
NON |
10156 |
75,9 |
|
|
|
|
III-
RESULTATS
III-1 CARACTERES EPIDEMIOLOGIQUES
Nous avons collecté 514 dossiers de patients souffrant de PDR à la
gendarmerie selon les critères de sélection cités ci-dessus ; 82 dossiers n’ont
pu être exploités faute de données manquantes. La prévalence de la PDR en 2016
a été estimée à 3,65%.
a-
Variables en lien
significatif avec la maladie (p<0,05)
L’âge, la durée de service, la légion de gendarmerie avaient un lien
significatif avec la maladie (tableau II, III, IV).
Tableau II :
Répartition de la PDR selon l’âge
|
|
MALADE n (%) |
NON-MALADE |
TOTAL |
p |
|
20-29 |
123 (2,4) |
5008 |
5134 |
|
|
30-39 |
280 (4,1) |
6501 |
6781 |
|
|
40-49 |
78 (4,6) |
1594 |
1672 |
0,000 |
|
50-57 |
30 (6,3) |
441 |
471 |
|
|
TOTAL |
514 (3,6) |
13544 |
14058 |
|
La prévalence de la maladie semble augmenter
avec l’âge. Elle est plus élevée après 50 ans avec une prévalence de 6,3%.
Tableau
III: Répartition de la PDR selon la légion
|
|
MALADE n (%) |
NON-MALADE |
TOTAL |
p |
|
1ère légion (Abidjan) |
133 (2,1) |
6123 |
6257 |
|
|
2ème légion (Daloa) |
93 (3,9) |
2268 |
2361 |
|
|
3ème légion (Bouaké) |
92 (6,6) |
1286 |
1378 |
|
|
4ème légion (Korhogo) |
125 (5,7) |
2040 |
2165 |
0,000 |
|
5ème légion (San Pedro) |
14 (1,9) |
703 |
717 |
|
|
6ème légion (Yakro) |
57 (4,8) |
1123 |
1180 |
|
|
TOTAL |
514 (3,6) |
13544 |
14058 |
|
Les
prévalences les plus élevées étaient observées dans les régions du Centre
(Bouaké avec 6,6%) et Nord du pays (Korhogo avec 5,7%). Les prévalences les
plus basses (environ 2%) étaient observées dans les villes du Sud (Abidjan et
San Pedro).
Tableau
IV : Répartition de la PDR selon le la durée de service
|
|
MALADE n (%) |
NON-MALADE |
TOTAL |
p |
|
1-5 |
106 (2,1) |
4832 |
4938 |
|
|
6-10 |
167 (3,8) |
4228 |
4395 |
|
|
11-15 |
120 (5,2) |
2171 |
2291 |
|
|
16-20 |
67 (4,9) |
1299 |
1366 |
0,000 |
|
21-25 |
25 (4,2) |
571 |
586 |
|
|
>25 |
29 (6,0) |
435 |
482 |
|
|
TOTAL |
514 (3,6) |
13544 |
14058 |
|
Il y avait une
différence significative (p<0,000) de la répartition de la PDR selon la
durée de service. La prévalence semble augmenter avec celle-ci, jusqu’à 6% après 25 ans de service.
b-
Variables n’ayant pas de lien
significatif avec la maladie (p>0,05)
La fonction, le département, le grade, le stage commando,
n’avaient pas de lien significatif avec la maladie (tableau V, VI, VII, VIII).
Tableau
V : Répartition de la PDR selon la fonction
|
|
MALADE n (%) |
NON-MALADE |
TOTAL |
p |
|
Homme de terrain |
463 (3,8) |
11823 |
12286 |
|
|
Administratif et Soignant |
20 (2,6) |
751 |
771 |
0,14 |
|
Technicien |
31 (3,1) |
970 |
1001 |
|
|
TOTAL |
514 (3,6) |
13544 |
14058 |
|
Tableau
VI : Répartition de la PDR selon le grade.
|
|
MALADE n (%) |
NON-MALADE |
TOTAL |
p |
|
OFF |
9 (2,5) |
342 |
351 |
|
|
S/OFF SUP |
73 (3,1) |
2275 |
2348 |
0,13 |
|
S/OFF SUB |
433 (3,8) |
10927 |
11360 |
|
|
TOTAL |
514 (3,6) |
13544 |
14058 |
|
Tableau
VII : Répartition de la PDR selon le département.
|
|
MALADE n (%) |
NON-MALADE |
TOTAL |
p |
|
Mobile |
254 (3,4) |
7236 |
7490 |
|
|
Territoriale |
260 (3,9) |
6307 |
6567 |
0,07 |
|
TOTAL |
514 (3,6) |
13544 |
14058 |
|
Tableau
VIII : Répartition des cas de PDR selon l’effectivité du stage commando.
|
|
MALADE n (%) |
NON-MALADE |
TOTAL |
p |
|
OUI |
122 (3,5) |
3387 |
3510 |
0,51 |
|
NON |
392 (3,7) |
10156 |
10548 |
|
|
TOTAL |
514 (3,6) |
14058 |
14058 |
|
c-
REGRESSION LOGISTIQUE
Nous
avons sélectionné les variables dont
p<0,1. Le tableau suivant montre le résultat du calcul des OR ajustés sur l’ensemble
des variables sélectionnées.
Tableau IX:
Présentation des OR ajustés et Intervalle confiance à 95%, en prenant en compte
tous les facteurs identifiés après l’analyse uni variée.
|
|
OR ajustés |
IC 95% |
p |
|
Age
(an) |
|
|
|
|
20-29 |
1 |
- |
|
|
30-39 |
1,03 |
0,7-1,3 |
0,80 |
|
40-49 |
1,1 |
0,6-1,9 |
0,74 |
|
50-57 |
1,6 |
0,5-4,7 |
0,35 |
|
Durée
Service (an) |
|
|
|
|
1-5 |
1 |
- |
|
|
6-10 |
2,1 |
1,5-2,8 |
0,0000 |
|
11-15 |
3,4 |
2,3-5,1 |
0,0000 |
|
16-20 |
3,3 |
1,8-5,9 |
0,0000 |
|
21-25 |
2,8 |
1,3-5,8 |
0,007 |
|
>25 |
2,6 |
0,9-7,5 |
0,074 |
|
Légion |
|
|
|
|
Sud |
1 |
- |
|
|
Centre |
2,1 |
1,6-2,6 |
0,000 |
|
Centre-Nord |
3,3 |
2,5-4,3 |
0,0000 |
|
Nord |
3,15 |
2,4-4,1 |
0,0000 |
|
Département |
|
|
|
|
Territoriale |
1 |
- |
|
|
Mobile |
1,54 |
1,2-1,9 |
0,0002 |
On retrouve que l’âge n’a pas de lien
avec la maladie en prenant en compte les autres facteurs. Les facteurs en lien
avec la maladie sont : la Durée de service de plus de 5 ans, les légions
du centre et du nord du pays, et le département des unités mobiles.
Tableau
X: Présentation des OR ajustés et intervalles de confiance à 95% des variables
significatives.
|
|
OR ajustés |
IC 95% |
p |
|
Durée Service (an) |
|
|
|
|
1-5 |
1 |
- |
|
|
6-10 |
2,1 |
1,6-2,8 |
0,0000 |
|
11-15 |
3,6 |
2,6-4,9 |
0,0000 |
|
16-20 |
3,6 |
2,5-5,1 |
0,0000 |
|
21-25 |
3,2 |
1,9-5,1 |
0,0000 |
|
>25 |
4,4 |
2,7-7 |
0,0000 |
|
Légion |
|
|
|
|
Sud |
1 |
- |
|
|
Centre |
2,1 |
1,6-2,6 |
0,0000 |
|
Centre-Nord |
3,3 |
2,5-4,3 |
0,0000 |
|
Nord |
3,2 |
2,4-4 |
0,0000 |
|
Département |
|
|
|
|
Territoriale |
1 |
- |
|
|
Mobile |
1,5 |
1,2-1,9 |
0,0002 |
Après l’analyse multi
variée, on constate que les caractères associés à la maladie à la gendarmerie
sont :
-
La Durée de service Le risque
d’être malade semble augmenter avec la durée de service. Le gendarme à environ
3 fois plus de risque de contracter la PDR après 5 ans de service et à partir
de 25 ans de service, ce risque est multiplié par 4.
-
La légion : le
risque de la maladie augmente à mesure qu’on s’éloigne des régions du Sud du
pays. Les régions du Centre et du Nord du pays multiplient le risque
respectivement par 2 et 3 par rapport à celles du Sud.
-
Le
département des unités mobiles : le gendarme qui exerce dans les
escadrons mobiles à plus de risque (1,5 fois) de développer la PDR
III-2 CARACTERES CLINIQUES
a-
SIEGE DE LA
LESION

Figure 1: Répartition des cas de PDR
selon le siège de la lésion
La PDR siégeait au niveau lombaire chez plus de 9 patients
sur 10.
b-
LE TRAITEMENT CHIRURGICAL

Figure
2 : Répartition des cas de PDR patient PDR selon le traitement.
Plus d’un patient sur
6 avait subi une intervention chirurgicale.
IV-
DISCUSSION
IV-1 LES CARACTERES SOCIODEMOGRAPHIQUES
Nous n’avons pas
retrouvé d’études qui estiment la prévalence de la PDR en milieu militaire. Par
contre la lombalgie (douleur du rachis lombaire) est un symptôme de la PDR et
celui-ci représente le problème de santé
le plus signalé en milieu militaire avec des prévalences très élevées entre 22 et
50% [15 ; 11 ; 16].
Des études en milieu
militaire ont montré que l’âge est un facteur associé à la maladie [17 ;
18]. Dans notre étude nous avons plutôt retrouvé que la durée de service de
plus de 5 ans multipliait le risque par 3 et par 4 après 31 ans de service (OR
ajusté sur la légion et le département).
La durée de service
augmente avec l’âge, mais probablement certains malades ont été sortis des
effectifs de la gendarmerie en raison de maladies, dont la PDR à un âge
précoce.
Les unités
du département de la gendarmerie mobile ont été trouvées plus à risque
(1,5 fois) de développer la maladie par rapport à celles de la gendarmerie
territoriale. Ces unités (gendarmerie mobile) sont très sollicitées pour les
missions de combat et les patrouilles avec port d’armure. L’exercice dans les
unités de combat qui effectuent des missions de patrouilles avec port d’armure
constitue un facteur de risque de lombalgies en milieu militaire selon certains
auteurs [14 ; 11].
La distribution de la
maladie selon les spécialités professionnelles militaires (fonction) n’était pas significative. Les fonctions
administratives, notamment le travail sur ordinateur étaient des facteurs de
risque de lombalgie dans certaines armées [12 ; 14 ; 19].
Il est apparu dans
notre étude qu’un gendarme qui exerce dans les légions du Centre de la Côte
d’Ivoire (Daloa, Yamoussoukro, Bouaké)
et du Nord (Korhogo) a environ 2 fois plus de risque de développer la
PDR par rapport aux gendarmes du Sud du pays (Abidjan et San Pedro).
L’environnement de travail favorisant le stress psychologique, la consommation
d’alcool et le tabac, constituent plusieurs facteurs de risque de survenue de
la maladie en milieu militaire [20]. Le travail physique intense (levage lourd,
travail manuel) ou à l’inverse la condition physique faible (peu
d’entrainement physique) sont également
des facteurs de risque cités par des auteurs [12 ; 14 ; 11]. Ces
villes de l’intérieur du pays pourraient réunir certains facteurs cités dans la
littérature comme le travail physique intense ou le stress.
En effet la crise
socio politique qui a sévi dans les régions Centre et Nord (Ex-rebelle) du
pays de l’année 2002 à l’année 2011, a
accentué les défis sécuritaires dans ces régions (grand banditisme). Les
régions de Yamoussoukro (Centre du pays) et de Bouaké (Centre-Nord) ont beaucoup contribué à l’effort de guerre
par l’intermédiaire des forces de défense et de sécurité locales. Ce climat
d’insécurité dans ces régions pourrait favoriser le stress, l’effort physique
intense, la consommation de tabac et d’alcool.
Le stage commando
n’était pas associé à la PDR dans notre étude tandis que les commandos
sont formés pour exercer des missions difficiles et appelés à mobiliser plus
souvent, des efforts physiques. Ce résultat peut s’expliquer par le fait que
les gendarmes ayant effectué ce stage ne sont pas uniquement affectés dans les
unités de commandos .La présence de ceux-ci dans d’autres unités peut diminuer
leur exposition aux travaux physiques intenses .Ce stage a connu des
interruptions pendant la crise socio
politique (2002-2011). Les jeunes générations
ont peu bénéficié de ce stage en raison du besoin pressant en hommes sur
le terrain. On pourrait mieux mesurer ce caractère en considérant plutôt les
gendarmes des unités commandos.
Dans notre étude il
n’y avait pas de différence significative de la prévalence de la PDR entre
officiers et sous-officiers. Ce résultat
peut s’expliquer par le fait que les officiers comme les sous-officiers sont
affectés à diverses tâches à la gendarmerie, comme des missions de combats avec
port d’armes ( grades subalternes) ou des fonctions administratives (grades
supérieurs) qui constituent des facteurs de risque de PDR en milieu militaire
[11 ;12].
IV-2 CARACTERES
CLINIQUES
Le
siège généralement lombaire de la PDR, suivi des atteintes cervicales et
dorsales est retrouvé dans de nombreuses études [21 ; 22]. La proportion
de patients atteints de PDR qui a subi une opération chirurgicale est de 16,7% dans
notre étude. Cette valeur est supérieure
à celles de deux autres études, réalisées en milieu non
professionnel, retrouvant des
proportions de 2,9% [23] et de 6% [24]. Le traitement chirurgical est synonyme
de gravité de la maladie. Les antécédents de chirurgie sont des facteurs de
risque majeurs de non-retour au travail [25], ce résultat sera mieux évalué en
comparaison avec des populations ayants les mêmes caractéristiques (corps de
métiers de la sécurité)
CONCLUSION
La PDR est fréquente
à la gendarmerie nationale de CI et
la prévalence a été estimée à
3,65% pour l’année 2016.
La lésion siège
préférentiellement au niveau lombaire et environ un gendarme atteint sur six, a
subi une intervention chirurgicale après échec du traitement médicale.
Le fait pour un
gendarme ivoirien, d’exercer pendant plus de 5 ans, dans les unités de la
gendarmerie mobile situées dans les légions centre et Nord du pays, pourrait
constituer un facteur d’usure précoce du
rachis.
Des enquêtes
épidémiologiques sur la population
d’autres corps de métiers de la sécurité (police, douane, armée de Terre) en
Côte d’Ivoire, permettront de mieux comparer nos résultats portant sur la
prévalence et les caractères sociodémographiques. Des études analytiques à la
gendarmerie sont nécessaires pour identifier des facteurs de risques
professionnels en vue de mieux évaluer l’impact de cette profession dans la
survenue de la PDR.
Financement : Ce
travail a été financé par le service de santé de la gendarmerie
Intérêts
concurrents : Aucun
Approbation
éthique :
Cette étude a été réalisée avec l’approbation de la chefferie santé de la gendarmerie nationale
Remerciements : Service
de Santé des Armées, Service de santé de la gendarmerie nationale, Département
santé publique de l’UFR des Sciences pharmaceutiques d’Abidjan
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ANNEXE
I : Fiche d’enrôlement des cas de PDR
|
MLE |
DDN |
DES |
Grade |
Département |
Légion |
CMDO |
Siège |
Opéré |
FCTION |
|
85555 |
19/06 1990 |
11/10 2014 |
MDL |
Territoriale |
4ème |
Oui |
dorsal |
Non |
Elément |
|
|
|
|
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|
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|
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|
|
|
|
|
|
DDN : Date de
Naissance Jour/mois/année
DES : Date
d’entrée en Service (affectation) en Jour/mois/année
CMDO : Stage
commando fait réussi ou pas : Oui ou Non
Siège de la douleur : Rachis
cervical ; Dorsal ; ou Lombaire
Opération du rachis
(uniquement) : Oui ou Non
Fonction :
Elément/Santé/Technicien/Administratif
.
ANNEXE
II : Calendrier de déploiement des équipes et date de début de la collecte
par régions
|
Régions |
Date du début de la
collecte |
Date de la mission
de coordination |
|
Région
sud (Abidjan, Aboisso |
02 mai 2017 |
21 au 27 mai 2017 |
|
Région
Ouest (Man, Daloa, San Pédro) |
04 juin 2017 |
20 au 28 juin 2017 |
|
Région
Nord (Korhogo, Odiénné) |
05 juillet 2017 |
15 au 23 juillet
2017 |
|
Région
Centre (Bouaké, Yamoussoukro, Daoukro, Dimbokro) |
08 Aout 2017 |
20 au 30 Aout 2017 |
|
Région
Est (Bondoukou) |
02 Septembre |
11 au 15 septembre
2017 |

FIGURE
3: Répartition des ICT sur l’ensemble du territoire national
|
Cite this Article: Mama A; Meless D; Oga
S; Kouadio L (2019). Epidemiologie Des Pathologies Degeneratives Du Rachis A La Gendarmerie Nationale De Côte
D’ivoire. Greener Journal of Epidemiology and Public Health,
7(1): 6-17, http://doi.org/10.15580/GJEPH.2019.1.051519088. |