Greener Journal of Education and Training Studies

Vol. 5(1), pp. 24-32, 2019

ISSN: 2354-225X

Copyright ©2019, the copyright of this article is retained by the author(s)

DOI Link: http://doi.org/10.15580/GJETS.2019.1.051519087    

http://gjournals.org/GJETS

 

 

 

 

Comprendre Le Phenomene De Rejet En Contexte Interindividuel Et Intergroupe : Lecture Psychosociale

 

 

Par Dr. ZANG NDI Serge Armand

 

 

Department of educational Psychology, Faculty of Education, University of BUEA

 

 

 

ARTICLE INFO

ABSTRACT

 

Article No.: 051519087

Type: Research

DOI: 10.15580/GJETS.2019.1.051519087

 

Qu’est-ce qui pousse l’être à rejeter l’autre qui est différent de lui et qui est pourtant son semblable ? La réponse à cette interrogation constitue l’objet de la présente étude. La recherche vise à démontrer que le rejet, se déclinant en conflit, racisme, discrimination, xénophobie, exclusion l’intolérance et même l’affrontement s’arc-boute et s’adosse sur un substrat. Le rejet, phénomène social de nature transubjectif et  intrapsychique crée un inconfort psychologique auprès des victimes et déteint sur la capacité relationnelle. Ainsi, sur le plan théorique nous avons convoqué la théorie de la personnalité autoritaire, de la théorie du bouc-émissaire et de la théorie des conflits….

 

Submitted: 15/05/2019

Accepted:  17/05/2019

Published: 26/05/2019

 

*Corresponding Author

Dr. Zang Ndi Serge Armand

E-mail: zangndisergearmand@ yahoo.fr

 

Keywords: le Rejet ; contexte inter individuel et intergroupe ; lecture Psychosociale

 

 

 

 

 


INTRODUCTION

 

Contexte de l’étude

 

A travers le monde, des centaines de milliers de personnes issues de toutes les couches sociales au quotidien et à différents niveaux font l’expérience douloureuse du rejet. Ainsi pour l’UNFPAC (2017), chaque jour sur la planète un individu sur trois et toutes les deux heures fait l’objet d’un rejet. Ce dernier, du point de vue descriptif, structurel et épistémologique est un phénomène social, global de nature protéiforme insidieux, multidimensionnel et difficile à définir. Le rejet est une problématique transversale qui impose aux chercheurs une demande pluridisciplinaire et va au delà des simples conflits interindividuels, inter-groupe ou ethnocentristes mais implique le trans-subjectif l’intrapsychique et le biopsychologique.

 

Du point de vue historiciste, la crise d’altérité est consubstantielle à la nature humaine et remonte dans la plus haute antiquité, nous savons en effet que depuis la première dispersion des habitants du royaume de Juda après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor en 587 avant J.C ; les juifs n’ont jamais cessé d’être plus au moins en butte à l’hostilité des populations auxquelles ils étaient mêlés ce qu’on reproche d’abord aux juifs. C’est d’être différents des autres hommes.

 

Au cours de l’histoire, les exemples de cette nature abondent, ainsi avons-nous le rejet inter-religieux, ethnique et le sort réservé aux immigrants. Un tour d’horizon nous aurait permit depuis 2009 d’identifier sur le plan mondial les cas suivants :

 

-         Le conflit chetchene

-         Le clash  Israélien palestinien

-         Le mouvement séparatiste basque

-         Les violents affrontements interconfessionnels entre musulmans et chrétiens  en Egypte et qui aurait fait 40 morts.

-         Les émeutes sanglantes de l’Etat de KADUMA entre chrétiens et musulmans, après l’instauration de la charia.

-         Les affrontements tribaux dans le Nord-Est de l’Ouganda faisant 400 victimes.

 

Sous l’angle philosophique, le rejet pose de façon implicite le problème du rapport à autrui ; qui depuis les travaux de PLATON a cristallisé l’attention de plusieurs philosophes suscitant parfois des prises de positions antagonistes, asymétriques et parfois diamétralement opposées ; KANT(1797), HEGEL(1808) ; SARTRE(1943), KIERKEGAAR(1963), LEVI-STRAUSS(1968), LEVINAS(1980).

 

Pour SARTRE dans son ouvrage intitulé Huit-clos, souligne à priori le caractère conflictuel des rapports interindividuels. Pour le père de la thèse existentialiste, « l’enfer c’est les autres ».

 

HEGEL (1808) cogitant sur le rapport à autrui évoque l’idée de lutte rivale de deux consciences qui s’affirment d’abord dans leur négation réciproque.

 

DELEUZE (1969) considère autrui dans son ouvrage intitulé la logique de sens comme tout simplement structure du champ perceptif.

 

A contrario LEVINA (1986) s’agissant d’autrui  évoque l’idée d’asymétrie dans la relation sociale.

 

Dans l’ontologie traditionnelle africaine, le rapport à l’autre est généralement guidé par un certains nombre de principe, parmi-ceux-ci le principe de séniorité qui impose aux jeunes le respect des aînés. Ainsi l’une des causes du rejet et de l’exclusion serait imputable à la violation de ce principe.

 

Du point de vue judéo-chrétien, le rejet est associé au péché qui serait à la base de la déchéance, décrépitude et même de la chute de l’homme.

 

Pour l’imagerie populaire, le rejet serait la résultante d’une inobservance axiologique, ainsi à t-on coutume d’entendre « si une personne te rejette c’est qu’elle n’a pas su reconnaître ta valeur ».

 

Le rejet dans ses manifestations et modalités désigne des situations aussi diverses que la discrimination, la xénophobie, le tribalisme, les conflits l’apartheid, l’exclusion… etc. Il se présente comme un phénomène potentiellement riche en affect, favorisant des dépersonnalisations, le repli identitaire, l’anxiété l’apartheid, l’exclusion… créant des conflits entre les victimes et leur différents niveaux relationnels laissant perplexe et désemparés les victimes.

 

Les premiers véritables éléments de réponse scientifique sur le phénomène de rejet se situent dans la ligne des travaux psychanalytiques notamment avec FREUD(1945) qui à travers le jeu de pulsion notamment la prédominance de la pulsion de la mort (thanatos) sur la pulsion de vie (Eros) constituerait le substrat du rejet.

 

ALLPORT (1924) privilégiant la perspective individuelle explique le rejet sur la base de certains processus psychologiques individuels. L’idée de base est que l’individu se comporterait le plus souvent en groupe comme en contexte d’insularité. Pour cet auteur, le groupe aurait simplement un effet d’accentuation sur certains phénomènes sociaux.

 

Pour ADORNO (1984), comme conduite de rejet il identifie d’abord le fascisme, l’antisémitisme du point de vue causal, ces derniers seraient l’expression d’une idéologie dite ethnocentriste, tributaire de la personnalité autoritaire. C’est dans cette mouvance que s’inscrivent les travaux de ST  SIMONIEN VICTOR(1986) qui soutient « les races humaines sont inégales de puissance intellectuelle, qu’elles ne sont point susceptibles du même degré de développement ». Jugement proche de ceux de HUME, VOLTAIRE et MONTESQUIEU qui évoquent la thèse de l’infériorité naturelle des nègres.

 

MINARD à contrario établit un isomorphisme entre les conduites de rejet et l’influence contextuelle.

 

Le moins que l’on puisse dire est que malgré l’idéal judéo chrétienne qui prône l’amour du prochain, la nature de l’homme qui est un être social, le caractère irréductible voire sacré de l’homme, le rôle exercé par les instances de régulation, l’on est en droit de se pose les questions suivantes :

 

-         Pourquoi et comment les conduites de rejet ont-elles tendance à proliférer ? ensuite qu’est-qui pousse l’être humain à rejeter l’autre qui est différent de lui ? autrement qu’est-qui expliquerait la crise d’altérité observée de partout dans le monde aujourd’hui ? Ce questionnement a généré les questions spécifiques suivantes :

 

Question de recherches

 

QS1 : la volonté des uns de maintenir leur potentiel et de dominer idéologiquement peut-elle favoriser les comportements de rejet ?

 

QS2 : Les jugements pro-endogroupes et l’illusion groupale dirigée vers les membres de l’exo groupe favorise t-il les conduites de rejet ?

 

QS3 : les comportements de rejet résultent-ils de l’expression des reflexes de protections naturelles, activé par le reflexe psychogalvanique en présence des personnes étrangers dans un milieu donné.

 

QS4 : la violation de l’intimité et de l’espace personnel à travers un seuil de critique par une personne étrangère est-elle susceptible de cristalliser les comportements de rejet ?

 

QS5 : le souci de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité foncière peut-il vivifier les conduites de rejet ?

 

Hypothèse de recherche

 

HR1 : la volonté des uns de maintenir leur potentiel et de dominer idéologiquement explique l’adoption des conduites de rejet.

 

HR2 : Il existe une relation entre l’élaboration des jugements pro-endogroupe, l’illusion groupale et l’adoption des comportements de rejet vers les membres de l’exo-groupe.

 

HR3 : les comportements de rejet résultent de l’expression des reflexes de protection naturelles, activé par le reflexe psychogalvanique dans un milieu.

 

HR4 : La violation de l’intimité et de l’espace personnel, dépassant un seuil de critique par une personne étrangère serait à la base des comportements de rejet.

 

HR5 : Le souci de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité foncière vivifie les conduites de rejet. 

 

Orientation théorique

 

Pour l’explication théorique de notre sujet, nous avons opté pour une demande triangulaire structuré autour des théories suivantes ;

 

-         La théorie de la personnalité autoritaire. Pour cette théorie, il existerait un isomorphisme entre le rejet se déclinant en antisémitisme et fascisme et un type particulier de personnalité ; qualifiée de personnalité autoritaire. Le postulat de base ici est que c’est dans la personnalité que réside l’ethnocentrisme et fascisme et un type particulier de personnalité ; qualifiée de personnalité autoritaire. Le postulat de base ici est que c’est dans la personnalité que réside l’ethnocentrisme.

-         La théorie du bouc émissaire, cette théorie s’appelle aussi théorie de la frustration – agression. Cette théorie associe l’agressivité à la frustration.

-         La théorie des conflits réels, pour la théorie des conflits réels

 

Pour le thème des conflits réels, les relations intergroupes du point de vue fonctionnel sont caractérisées par une polarisation entre la coopération et la compétition.

 

 

METHODOLOGIE

 

Type d’étude

 

Notre étude est de type expérimental. Elle cherche à établir une relation entre deux phénomènes en vérifiant l’influence de l’un sur l’autre. Il s’agit en fait d’examiner les ressorts sociaux, qui misent ensemble. Cristallisent les conduites de rejet.

 

Plan de recherche

 

Le plan de recherche nous permet de ressortir les différentes combinaisons et leur interaction aux niveaux des variables. Le plan de recherche ici, se décline en deux phases : l’opérationnalisation des variables  et l’établissement des combinaisons. Ce qui nous permet d’avoir l’ossature suivante.


 

Tableau n°1 : Récapitulation du plan d’expérience

         Modalités de la VI

Modalité de la VD

MDIC

J.P.I.C

R.P.C

VI.E.P.

PR.S

C

MDIC

JPIC

RPC

VIEPC

PRSC

R

MDIR

JPIR

RPR

VIEPR

PRSR

D

MDID

JPID

RPD

VIEPD

PRSD

X

MDIX

JPIX

RPX

VIEPX

PRSX

E

MDIE

JPIE

RPE

VIEPE

PRSE

I

MDII

JPII

RPI

VIEPI

PRSI

S

MDIS

JPIS

RPS

VIEPS

PRSS

A

MDIA

JPIA

RPA

VIEPA

PRSA

 

 

 


Modalités des variables

 

-         Variables indépendantes (VI)

 

Modalités

 

-         Maintenir un potentiel et dominer idéologiquement (M.DI)

-         Jugements pro-endogroupe (JPE)

-         Reflexes de protection (RP)

-         Violation de l’intimité (VI)

-         Souci de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité foncière  (P.R.S) Variables dépendantes (VD)

 

Modalités :

 

-         Conflit (C)

-         Racisme (R)

-         Discrimination (D)

-         Xénophobie (X)

-         Exclusion (E)

-         Intolérance (I)

-         Affrontement (A)

 

Population

 

La population de l’étude est de nature hétérogène et multiculturelle, regroupant les individus aux appartenances diverses  et aux multiples identités socio-culturelles. Diversité sur le plan ethnique, raciale, politique, religieuse, professionnelle, intellectuelle, et économique…etc.

 

Echantillonnage

 

Compte tenu de la nature de notre population tant sur le plan quantitatif que qualitatif, notre échantillon a été obtenu sur la base d’un échantillonnage accidentel. Ce type d’échantillonnage consiste à prélever un échantillon de la population de recherche à la convenance du chercheur.

 

Procédure

 

La procédure était basée sur un protocole qui se déclinait en trois étapes : à savoir :

 

-         Identifiez d’abord les grandes composantes sociologiques des quatre aires culturelles du Cameroun à savoir : l’air culturel Fang Beti Bulu, Grassfield, Sawa et Soudano-Sahélien.

-         Avoir un statut socio-professionnel et appartenir à une obédience religieuse.

 

Cette procédure nous a permit d’obtenir les tableaux suivants :


 

Tableau 2 : Echantillon à travers les aires culturelles du Cameroun

Aires culturelles

Groupe ethnique

Effectif (n)

Pourcentage

Fang –beti-bulu

Bene

50

16

Nanga Eboko

23

7

Eton

20

6

Bulu

20

6

Ntoumou

8

2.66

Yezum

8

2.600

Grassfield

Bandenkop

6

2

Banso

5

1.6

Bamendjou

10

3.33

Bafoussam

12

4

Dschang

11

3.66

Bamessing

7

2.33

SAWA

Bakossi

16

5.33

Batanga

7

2.33

Bakwere

20

6

Douala

12

4

Yabassi

8

2.66

Mbo

16

5.33

SOUDANO

SAHELIEN

Fulbés

5

16

Massa

4

1.33

Arabes

6

2

Mundang

8

2.66

Bororo

4

1.33

Bamoun

14

4.66

TOTAL

24

300

100%

 

 

Tableau 3 : Echantillon par obédience religieuse et assimilées

Religions

Effectif (N)

Pourcentage %

Catholiques

145

45

Protestante

101

33.66

Réveillées

20

6.66

Musulmane

15

5

Religions traditionnelles

15

5

Cercles exotériques

04

1.33

TOTAL

300

100%

 

 

Tableau 4 : Catégories socio-professionnelles

Religions

Effectif (N)

Pourcentage %

Professions libérales

38

12.66

Enseignement/Education

94

31.33

Forces de sécurité et de défense

33

11

Magistrature

4

1.33

Ouvriers

10

3.33

Agriculteurs

53

17.66

Profession d’astreintes

8

2.66

Santé

30

10

Ingénieurs

10

3.33

Diplomate

05

1.66

Techniciens

15

5

Total

300

100%

 

 

 


Outils d’investigation

 

Comme outil de collecte des données, nous avons opté pour une démarche triangulaire en associant un questionnaire à un test sociométrique. Il convient de rappeler que le test sociométrique est un instrument qui permet d’évaluer et de mesurer le niveau d’organisation sociale d’un groupe à la lumière des sympathies et antipathie. Le principe consiste à demander en fonction de leur obédience à chaque membre d’un groupe d’indiquer les personnes du groupe avec lesquelles il souhaiterait faire équipe et inversement de signaler, celles avec lesquelles ils ne veulent pas s’associer.

 


 

Tableau 5 : Présentation des résultats

L’affrontement est dû à

Totalement d’accord

Plus ou moins d’accord

Tout à fait d’accord

Pas du tout d’accord

La volonté des uns de maintenir leur potentiel et de dominer idéologiquement ceux des membres de l’exo groupe

(n)

%

(n)

%

(n)

%

(n)

%

153

51

25

8.33

115

38.33

7

2.33

 

 


Le tableau ci-dessus met en exergue le lien qui existe entre la volonté des uns de maintenir leur potentiel et de dominer idéologiquement ceux des membres de l’exogroupe et l’exacerbation de l’affrontement. Il apparaît clairement que la quasi totalité de nos enquêtés à travers des pourcentages de 51.1% et 38.33% se prononcent favorableme sur ce lien. A contrario ce résultat implique logiquement les pourcentages de 8.33% et de 2.33% matérialisant les avis de ceux de nos enquêtés aux positions contraires.


 

 

Tableau 6 : Lien entre la discrimination et les jugements pro endogroupe associé à l’illusion groupale et dirigé vers les membres de l’exogroupe.

La discrimination est dû aux

Totalement d’accord

Plus au moins d’accord

Tout à fait d’accord

Pas du tout d’accord

Jugements proendogroupe et l’illusion groupale dirigée vers les membres de l’exogroupe

(n)

%

(n)

%

(n)

%

(n)

%

95

31.66

59

19.66

88

29.33

58

19.33

 

 


Cette configuration traduit sur la base statistique et de manière significative le caractère isomorphique entre la discrimination et la cristallisation de certains jugements pro-endogroupes, associé à l’illusion groupale et dirigée vers les membres de l’exogroupale. Lien se matérialisant par les pourcentages de 31,66% pour la modalité « totalement d’accord » et 29,33% pour la modalité « pas du tout d’accord ».


 

 

Tableau 7 : des données statistiques

La xénophobie est dû à

Totalement d’accord

Plus au moins d’accord

Tout à fait d’accord

Pas du tout d’accord

L’expression des reflexes de protection naturelles, activée par le reflexe psycho-galvanique  en présence des personnes étrangères dans un milieu donné

(n)

%

(n)

%

(n)

%

(n)

%

21

7

84

28

23

7.66

172

57.33

 

 


Au regard des données statistiques ci-dessus notamment 7,66% et 7% matérialisant les avis défavorables. On peut confirmer qu’il existe de lien significatif entre l’expression des reflexes, de protections naturels, activé par le reflexe psycho-galvanique et la xénophobie. A contrario, ce qui traduit de façon logique les pourcentages de 57,33% et de 28%.


 

 

Tableau 8 : Lien entre l’affrontement et la violation de l’intimité et de l’espace personnel à travers un seuil de critique par une personne étrangère.

L’intolérance est du à 

Totalement d’accord

Plus au moins d’accord

Tout à fait d’accord

Pas du tout d’accord

La violation de l’intimité et de l’espace personnel à travers le seuil de critique par une personne étrangère

(n)

%

(n)

%

(n)

%

(n)

%

151

50.33

9

3

74

24.66

66

22

 

 


Ce tableau met en exergue le fait que la violation de l’intimité et de l’espace personnel vivifie l’intolérance. Cette corrélation est matérialisée par les pourcentages significatifs de 50,33% et de 24,66%. Par contre les faibles pourcentages de 3% et de 22% représentent les enquêtes qui pensent qu’il n’y a pas de lien significatif entre les deux variables.


 

 

Tableau 9 : Lien entre les conflits et les soucis de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité foncière

Le conflit serait  dû au

Totalement d’accord

Plus au moins d’accord

Tout à fait d’accord

Pas du tout d’accord

Souci de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité foncière 

(n)

%

(n)

%

(n)

%

(n)

%

65

31.66

70

23.33

88

29.33

47

15.66

 

 


Au regard des statistiques ci-dessus, on peut mentionner que le souci de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité foncière favoriserait les conflits interindividuels et intergroupes, ce qui traduit les pourcentages suivantes : 31,66% et 29,33% ;  contrairement au pourcentage de 15,66 exprimant l’avis contraire.


 

Tableau 10 : Récapitulatif des résultats

Hypothèses de recherche

X²lu

X²calculé

a

DDL

Décision

Degré de liaison

HR1

20.25

138.66

0,05

9

Acceptée

0,94

HR2

20.25

147.91

0,05

9

Acceptée

0,67

HR3

20.25

184.86

0,05

9

Acceptée

0,84

HR4

20.25

136.78

0,05

9

Acceptée

0,79

HR5

20.25

224.79

0,05

9

Acceptée

0,74

 

 

 


INTERPRETATION DES RESULTATS

 

HR1 : La volonté des uns de maintenir leur potentiel et de dominer idéologiquement explique l’adoption des conduites de rejet.

 

Disons tout d’abord que du point de vue purement heuristique et épistémologique, cette conjecture se caractérise par sa forme bivariée mettant en jeux deux variables indépendantes et qui implique par contre, une variable dépendante. Cette hypothèse a été confirmée avec un degré de liaison ou de corrélation de 0.94. Ce qui sur  le plan statistique traduit le caractère significatif du lien entre la volonté des uns de maintenir leur potentiel, de dominer idéologiquement et l’adoption des conduites de rejet en contexte social et en situation exogroupe, le potentiel ici non seulement connote l’idée de force main aussi se décline en plusieurs modalités notamment économique culturel, technologique militaire, intellectuel. C’est dire, le rejet serait la résultante du souci de certains unités actives non seulement de maintenir leur potentiel mais aussi de dominer idéologiquement, cette dernière courante l’idée précise de domination de vision propre ; à une façon propre d’appréhender le réel.

 

Ainsi l’on est en droit de se poser la question suivante. A travers quelle grille de lecture théorique peut-on comprendre ce lien ? Pour la théorie des confits réels telle développée par SHERIF (1961). Il n’est pas surprenant de constater que les rapports interdividuels et intergroupes sont émaillés de conflits. Cette théorie postule que : la société ou l’organisation fonctionne de manière antagonistes dans la simple mesure où chaque acteur lutte pour maximiser ses avantages. Ainsi pour cerner les conduites intergroupes, il faut analyser les relations entre les groupes ; qui peuvent être décrite ou polarisable en conflits et/ou coopération.

 

C’est dire dans cette perspective, la conflictualité serait sous tendue par le fait que le désir d’obtenir des biens concrets devient incompatible entre les différents acteurs. Autrement la situation se présente comme conflictuelle lorsque les relations entre deux groupes sont compétitives de telle sorte que les intérêts de l’un ne être satisfait qu’au détriment de ceux de l’autre. On peut postuler que le rejet dépend en quelque sorte de la structure objective des relations qu’ils ont entre eux. Si ces relations sont compétitives, le conflit est alors inévitable.

 

La confirmation de cette hypothèse peut aussi se comprendre sur la base de certaines considérations et postures philosophiques notamment avec les travaux et thèses de SARTRE et surtout ceux de FREUD(1947) sur le jeu de pulsion de vie et de mort. C’est dire enfin de compte, le rejet s’inscrit dans le conflit du "nous" et du "vous" et se justifie par le fait que si je veux maintenir mon potentiel et dominer idéologiquement je dois rejeter tout ce qui sont différents de moi et qui ne sont pas avec moi.

 

HR2 : Il existe une relation entre l’élaboration des jugements pro-endogroupe, l’illusion groupale et l’adoption des comportements de rejets.

 

Il s’agit d’une conjecture qui met en évidence, l’impact des jugements pro-endogroupe, l’illusion groupale et la cristallisation des comportements de rejet. Cette hypothèse sur la base de l’analyse inférentielle a donné lieu à un degré de corrélation de 0.67 ce qui signifie que le lien entre les deux variables est significatif.

 

Tout d’abord  il est important de reconnaître que le jugement pro-endogroupe dans le cadre de cette étude se présente comme la tendance des membres d’un groupe à favoriser, à bénéficier ou à mieux valoriser les membres de leur propre groupe, ce qui implicitement induit la discrimination pour les membres de l’exogroupe et par ricochet  favorise le rejet. Le jugement pro-endogroupe implique le préjugé pro-endogroupe appelé aussi le favoritisme endogroupe. De même le jugement pro-endogroupe est favorable à la stigmation et à la formation des stéréotypes, le tout associé à certains traits qui font en sorte que les prossesseurs subiront une perte de statut et seront social, la culture le statut socio religieux, le statut socio-professionnels et établit une démarcation entre le « nous » et le « eux » catégorisation favorable à la discrimination et par ricochet au rejet. C’est dire le groupe d’appartenance au regard des résultats est mieux traité que les membres des autres groupes. Les mêmes résultats mettent en évidence le biais de complaisance en faveur de l’intragroupe et favoriser l’ethnocentrisme.

 

Comment théoriquement peut-on rendre cette relation intelligible ? Autrement quelle théorie nous aiderait à mieux comprendre le rejet sur la base des jugements pro-endogroupe et l’illusion groupale ?

 

Comme théorie explicative nous avons la théorie de l’identité sociale qui renvoie à l’aspect de l’identité d’un individu directement liés à son sentiment d’appartenance à différentes catégories sociales, la théorie de l’identité sociale se présente comme une approche dominante des relations intergroupes et est utilisée comme cadre de référence pour comprendre et expliquer les phénomènes de rejet.

 

Dans cette étude trois processus fondamentaux entrent en jeux pour expliquer le rejet notamment la catégorisation sociale, l’auto-évaluation et la comparaison sociale intergroupe.

 

La théorie de l’identité sociale postule que l’individu peut recourir la catégorisation sociale pour se reconnaître comme membre d’un ou de groupe spécifique, elle permet pour TAJFEL (1978) d’expliquer le biais pro endogroupe reposant sur un ensemble de facteurs combinés à savoir : cognitifs et émotionnels. L’identité ici renvoie au fait que l’individu se perçoit comme semblable aux autres de même appartenance « le nous » mais aussi à une différence, à une spécificité de ce nous par  rapport aux membres d’autres groupes ou catégories « le eux » ; c’est dire plus il y aura identification à un groupe plus il y aura différenciation de ce groupe avec d’autres groupes. L’identité sociale ici au regard des résultats obtenus est analysé en termes d’identité appartenance.

 

HR3 : Les comportements de rejet résultent de l’expression des reflexes de protection naturelle, activé par le reflexe psychogalvanique.

 

Cette hypothèse envisage les conduites de rejet sous le prisme d’une démarche globale intégrant aussi bien les variables psychologiques, sociales, culturelles que biologique sous le contrôle du système nerveux. Cette hypothèse a été confirmée par un degré de liaison de : 0.84

 

Ainsi quel sens donner à cette relation ? Autrement comment les variables biologiques expliquent à travers des interactions le comportement de rejet ? L’étude du point théorique met en sellette la loi de la psychophysique de FECHNER (1987) qui stipule que la sensation varie comme le logarithme du stimulus. La sensation se présente ici comme tout évènement psychIque élémentaire résultant du traitement  de l’information dans un système. Cet isomorphisme entre les variables purement biologiques interagissant avec celles dites contextuelles en relation avec les conduites de rejet s’explique aussi sur la base de la théorie de la frustration-agression qui pour DOLLARD (1989), toute frustration même invisible déclencherait une agression et toute agression même invisible serait précédé d’une frustration.

 

Abondant dans le même sens Freud(1947) stipule que l’agression est une réaction aux frustrations qui empêche la satisfaction des désirs libidinaux. C’est dire, frustré dans leurs aspirations, désirs et conquêtes, les individus réagiraient par l’agression envers les membres d’une autre communauté.

 

HR4 : La violation de l’intimité et de l’espace personnel, dépassant un seuil de critique par une personne étrangère serait à la base des comportements de rejet.

 

Cette hypothèse établit une relation de cause à effet entre deux variables à savoir la violation de l’intimité, associé à l’espace personnel et la cristallisation des conduites discriminatoires, expression concrète du rejet.

 

Ladite conjecture s’est confirmée avec une corrélation très élevée ; ce qui statistiquement traduit une relation fortement significative entre les différentes variables structuratrices de notre hypothèse de recherche.

 

Avant de donner une signification à cette hypothèse, soulignons que le concept d’espace fait référence à la proxémie qui n’est autre que l’étude de la perception et de l’usage de l’espace par l’homme. L’un des théoriciens du concept de l’espace est HALL (1981) qui identifie le caractère consubstantiel et isomorphique entre l’espace et l’adoption de certains comportements. C’est dire pour cet auteur, le concept d’espace s’opérationnalise en sphère, notamment la sphère itime, personnelle, sociale et la sphère  publique.

 

Ainsi il soutien que chacun défend à sa manière et selon ses normes culturelles son espace personnel ; toute intrusion de l’espace personnel sera vécu différemment selon les liens socio affectifs, les normes sociales et culturelles.

Dans cette perspective, le rejet en rapport avec l’espace personnel est combiné aux variables sociodémographiques notamment le sexe, et l’âge, et à l’état psychologique de l’individu interagissant avec le contexte   situationnel.

 

Si les théories de la psychologie environnementales, expliquent en grande partie le rapport entre l’espace et le rejet, la théorie psychophysique et celle dite autoritaire nous permettent aussi de décrypter certaines conduites de rejet.

 

HR5 : Le souci de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité foncière vivifie les conduites de rejet

 

D’entrée de jeu disons que la question de la sécurité foncière et de la préservation des ressources du sous-sol est transversale et impose aux chercheurs une démarche interdisciplinaire. Elle implique de ce  fait le social, le culturel et le juridique et invite à une gouvernance inclusive.

 

Cette conjecture soutient que le souci de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité foncière serait le socle ou le substrat des conduites de rejet. Ainsi à travers un degré de corrélation de 0.74 l’hypothèse a été confirmée. La sécurité foncière peut se définir comme l’ensemble des processus, actions et mesures de toute nature, visant à permettre à l’utilisateur de terre de mener efficacement ses activités productives, en les protégeant contre toute contestation ou trouble de jouissance. Elle constitue un en jeux politique, économique et sécuritaire. Dans cette perspective la sécurité du moins la sécurisation foncière implique aussi les processus les actions, les mesures que les utilisateurs.

 

Au regard de ce qui précède comment comprendre à la confirmation de cette hypothèse ? Avant d’y arriver là disons tout d’abord que cette hypothèse se structure et est soutenue par la question suivante : quels sont les rapports entre la sécurité foncière, le souci de préserver les ressources du sous-sol et l’adoption des conduites de rejet. Notamment rejet intergroupe parfois même inter communauté et  au niveau des Etats.

 

La grille de lecture théorique s’adosse sur la théorie des besoins tels développés par MASLOW notamment les besoins de sécurité qui font partie parmi ceux de deuxième ordre. Ledit besoin, est inhérent à la nature de l’homme pour Maslow, toute entité individuelle doit se protéger des dangers. Cette hypothèse s’est aussi rendu intelligible grâce à la théorie de l’attachement, notamment ce qu’il convient de qualifier d’attachement Secure selon la terminologie psychanalytique.

 

La théorie des besoins de MASLOW a contribuée de façon significative à comprendre et à détecter les différentes motivations individuelles en rapport avec certains substrats. Enfin de compte l’hypothèse permet aussi de comprendre que les exigences et questions sécuritaires charrient des affrontements.

 

 

CONCLUSION

 

La question du rejet est une problématique transversale qui, depuis des lustres a toujours suscité  un intérêt majeur chez les penseurs et chercheurs en sciences sociales. Le rejet, phénomène difficile à circonscrire se décline en plusieurs modalités à savoir de la simple discrimination à l’affrontement proprement dite. Le rejet vivifie un ensemble de conduites que nous qualifions de conduites de rejet. Les premiers véritables travaux à caractère scientifiques sur la question ont été menés par ALLPORT et FREUD.

 

L’étude en question s’inscrit dans cette perspective à la seule différence qu’elle prend en compte l’ensemble des variables aussi bien sociales, Psychiques que biologiques qui déterminent de manière holistique les conduites de rejet. Ainsi avons-nous posé que, le rejet est un phénomène social, impliquant le transubjectif et l’intrapsychique s’adosse sur un ensemble de variables combinées à savoir : le maintien d’un potentiel et à la dominance idéologique ; l‘élaboration des jugements pro endogroupe et l’illusion groupale ; l’expression des reflexes de protection et de l’espace personnel ; le souci de préserver les ressources du sous-sol.

 

Du point de vue de la structuration nous avons subdivisé notre travail en trois grandes parties : un cadre thermique, méthodologique et empirique.

 Au regard des résultats obtenues, toutes nos hypothèses de recherche ont été confirmées notamment avec des degrés de liaison de 0.94 ; 0.67 ; 0.84 ; 0.79 et 0.74. Au niveau du cadre théorique nous avons opté pour une démarche triangulaire structurée autour de la théorie de la personnalité autoritaire, du bouc- émissaire et de la théorie des conflits

 

 

REFERENCES

 

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Cite this Article: Zang Ndi, SA (2019). Comprendre Le Phenomene De Rejet En Contexte Interindividuel Et Intergroupe : Lecture Psychosociale. Greener J Education and Training Studies, 5(1), 24-32, http://doi.org/10.15580/GJETS.2019.1.051519087.