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Greener Journal of Education and Training Studies Vol. 5(1),
pp. 24-32, 2019 ISSN: 2354-225X Copyright
©2019, the copyright of this article is retained by the author(s) DOI Link: http://doi.org/10.15580/GJETS.2019.1.051519087
http://gjournals.org/GJETS |
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Comprendre
Le Phenomene De Rejet En Contexte Interindividuel Et
Intergroupe : Lecture Psychosociale
Department of
educational Psychology, Faculty of Education, University of BUEA
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ARTICLE INFO |
ABSTRACT |
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Article No.: 051519087 Type: Research DOI: 10.15580/GJETS.2019.1.051519087 |
Qu’est-ce qui pousse l’être à rejeter l’autre qui est différent de lui et qui est pourtant son semblable ? La réponse à cette interrogation constitue l’objet de la présente étude. La recherche vise à démontrer que le rejet, se déclinant en conflit, racisme, discrimination, xénophobie,
exclusion l’intolérance et même
l’affrontement s’arc-boute
et s’adosse sur un substrat. Le rejet, phénomène social de nature transubjectif
et intrapsychique crée un inconfort psychologique auprès des victimes et déteint sur la capacité relationnelle. Ainsi, sur le plan théorique nous avons convoqué la théorie de la personnalité autoritaire, de
la théorie du bouc-émissaire
et de la théorie des conflits…. |
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Submitted: 15/05/2019 Accepted: 17/05/2019 Published: |
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*Corresponding Author Dr.
Zang Ndi Serge Armand E-mail: zangndisergearmand@ yahoo.fr |
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Keywords: |
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INTRODUCTION
Contexte de
l’étude
A travers le monde, des centaines de milliers de
personnes issues de toutes les couches sociales au quotidien et à différents
niveaux font l’expérience douloureuse du rejet. Ainsi pour l’UNFPAC (2017),
chaque jour sur la planète un individu sur trois et toutes les deux heures fait
l’objet d’un rejet. Ce dernier, du point de vue descriptif, structurel et
épistémologique est un phénomène social, global de nature protéiforme insidieux,
multidimensionnel et difficile à définir. Le rejet est une problématique
transversale qui impose aux chercheurs une demande pluridisciplinaire et va au delà des simples conflits interindividuels, inter-groupe ou ethnocentristes mais implique le trans-subjectif l’intrapsychique et le biopsychologique.
Du point de vue historiciste, la crise d’altérité est
consubstantielle à la nature humaine et remonte dans la plus haute antiquité,
nous savons en effet que depuis la première dispersion des habitants du royaume
de Juda après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor en 587 avant J.C ;
les juifs n’ont jamais cessé d’être plus au moins en butte à l’hostilité des
populations auxquelles ils étaient mêlés ce qu’on reproche d’abord aux juifs. C’est
d’être différents des autres hommes.
Au cours de l’histoire, les exemples de cette nature
abondent, ainsi avons-nous le rejet inter-religieux, ethnique et le sort
réservé aux immigrants. Un tour d’horizon nous aurait permit
depuis 2009 d’identifier sur le plan mondial les cas suivants :
-
Le conflit chetchene
-
Le clash
Israélien palestinien
-
Le mouvement séparatiste basque
-
Les violents affrontements
interconfessionnels entre musulmans et chrétiens en Egypte et qui aurait fait 40 morts.
-
Les émeutes sanglantes de l’Etat de KADUMA
entre chrétiens et musulmans, après l’instauration de la charia.
-
Les affrontements tribaux dans le Nord-Est de
l’Ouganda faisant 400 victimes.
Sous l’angle philosophique, le rejet pose de façon
implicite le problème du rapport à autrui ; qui depuis les travaux de
PLATON a cristallisé l’attention de plusieurs philosophes suscitant parfois des
prises de positions antagonistes, asymétriques et parfois diamétralement
opposées ; KANT(1797), HEGEL(1808) ; SARTRE(1943), KIERKEGAAR(1963),
LEVI-STRAUSS(1968), LEVINAS(1980).
Pour SARTRE dans son ouvrage intitulé Huit-clos, souligne à priori le
caractère conflictuel des rapports interindividuels. Pour le père de la thèse
existentialiste, « l’enfer c’est les
autres ».
HEGEL (1808) cogitant sur le rapport à autrui évoque
l’idée de lutte rivale de deux consciences qui s’affirment d’abord dans leur
négation réciproque.
DELEUZE (1969) considère autrui dans son ouvrage intitulé
la logique de sens comme tout
simplement structure du champ perceptif.
A contrario LEVINA (1986) s’agissant d’autrui évoque l’idée d’asymétrie dans la relation
sociale.
Dans l’ontologie traditionnelle africaine, le rapport à
l’autre est généralement guidé par un certains nombre
de principe, parmi-ceux-ci le principe de séniorité qui impose aux jeunes le
respect des aînés. Ainsi l’une des causes du rejet et de l’exclusion serait
imputable à la violation de ce principe.
Du point de vue judéo-chrétien, le rejet est associé au
péché qui serait à la base de la déchéance, décrépitude et même de la chute de
l’homme.
Pour l’imagerie populaire, le rejet serait la résultante
d’une inobservance axiologique, ainsi à t-on coutume
d’entendre « si une personne te rejette c’est qu’elle n’a pas su
reconnaître ta valeur ».
Le rejet dans ses manifestations et modalités désigne des
situations aussi diverses que la discrimination, la xénophobie, le tribalisme,
les conflits l’apartheid, l’exclusion… etc. Il se présente comme un phénomène
potentiellement riche en affect, favorisant des dépersonnalisations, le repli
identitaire, l’anxiété l’apartheid, l’exclusion… créant des conflits entre les
victimes et leur différents niveaux relationnels laissant perplexe et désemparés
les victimes.
Les premiers véritables éléments de réponse scientifique
sur le phénomène de rejet se situent dans la ligne des travaux psychanalytiques
notamment avec FREUD(1945) qui à travers le jeu de pulsion notamment la
prédominance de la pulsion de la mort (thanatos) sur la pulsion de vie (Eros)
constituerait le substrat du rejet.
ALLPORT (1924) privilégiant la perspective individuelle
explique le rejet sur la base de certains processus psychologiques individuels.
L’idée de base est que l’individu se comporterait le plus souvent en groupe
comme en contexte d’insularité. Pour cet auteur, le groupe aurait simplement un
effet d’accentuation sur certains phénomènes sociaux.
Pour ADORNO (1984), comme conduite de rejet il identifie
d’abord le fascisme, l’antisémitisme du point de vue causal, ces derniers
seraient l’expression d’une idéologie dite ethnocentriste, tributaire de la
personnalité autoritaire. C’est dans cette mouvance que s’inscrivent les
travaux de ST SIMONIEN VICTOR(1986) qui
soutient « les races humaines sont
inégales de puissance intellectuelle, qu’elles ne sont point susceptibles du
même degré de développement ». Jugement proche de ceux de HUME, VOLTAIRE
et MONTESQUIEU qui évoquent la thèse de l’infériorité naturelle des nègres.
MINARD à contrario établit un isomorphisme entre les
conduites de rejet et l’influence contextuelle.
Le moins que l’on puisse dire est que malgré l’idéal
judéo chrétienne qui prône l’amour du prochain, la nature de l’homme qui est un
être social, le caractère irréductible voire sacré de l’homme, le rôle exercé
par les instances de régulation, l’on est en droit de se pose les questions
suivantes :
-
Pourquoi et comment les conduites de rejet
ont-elles tendance à proliférer ? ensuite qu’est-qui pousse l’être humain
à rejeter l’autre qui est différent de lui ? autrement qu’est-qui expliquerait
la crise d’altérité observée de partout dans le monde aujourd’hui ? Ce
questionnement a généré les questions spécifiques suivantes :
Question de
recherches
QS1 : la
volonté des uns de maintenir leur potentiel et de dominer idéologiquement peut-elle
favoriser les comportements de rejet ?
QS2 : Les
jugements pro-endogroupes et l’illusion groupale
dirigée vers les membres de l’exo groupe favorise t-il
les conduites de rejet ?
QS3 : les
comportements de rejet résultent-ils de l’expression des reflexes
de protections naturelles, activé par le reflexe psychogalvanique
en présence des personnes étrangers dans un milieu donné.
QS4 : la
violation de l’intimité et de l’espace personnel à travers un seuil de critique
par une personne étrangère est-elle susceptible de cristalliser les
comportements de rejet ?
QS5 : le
souci de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité
foncière peut-il vivifier les conduites de rejet ?
Hypothèse de
recherche
HR1 : la
volonté des uns de maintenir leur potentiel et de dominer idéologiquement
explique l’adoption des conduites de rejet.
HR2 : Il
existe une relation entre l’élaboration des jugements pro-endogroupe,
l’illusion groupale et l’adoption des comportements de rejet vers les membres
de l’exo-groupe.
HR3 : les
comportements de rejet résultent de l’expression des reflexes
de protection naturelles, activé par le reflexe psychogalvanique
dans un milieu.
HR4 : La
violation de l’intimité et de l’espace personnel, dépassant un seuil de critique
par une personne étrangère serait à la base des comportements de rejet.
HR5 : Le
souci de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité
foncière vivifie les conduites de rejet.
Orientation
théorique
Pour l’explication théorique de notre sujet, nous avons
opté pour une demande triangulaire structuré autour des théories
suivantes ;
-
La théorie de la personnalité autoritaire.
Pour cette théorie, il existerait un isomorphisme entre le rejet se déclinant
en antisémitisme et fascisme et un type particulier de personnalité ;
qualifiée de personnalité autoritaire. Le postulat de base ici est que c’est
dans la personnalité que réside l’ethnocentrisme et fascisme et un type
particulier de personnalité ; qualifiée de personnalité autoritaire. Le
postulat de base ici est que c’est dans la personnalité que réside
l’ethnocentrisme.
-
La théorie du bouc émissaire, cette théorie
s’appelle aussi théorie de la frustration – agression. Cette théorie associe
l’agressivité à la frustration.
-
La théorie des conflits réels, pour la
théorie des conflits réels
Pour le thème des conflits réels, les relations
intergroupes du point de vue fonctionnel sont caractérisées par une
polarisation entre la coopération et la compétition.
METHODOLOGIE
Type d’étude
Notre étude est de type expérimental. Elle cherche à
établir une relation entre deux phénomènes en vérifiant l’influence de l’un sur
l’autre. Il s’agit en fait d’examiner les ressorts sociaux, qui misent
ensemble. Cristallisent les conduites de rejet.
Plan de
recherche
Le plan de recherche nous permet de ressortir les
différentes combinaisons et leur interaction aux niveaux des variables. Le plan
de recherche ici, se décline en deux phases : l’opérationnalisation des
variables et l’établissement des combinaisons.
Ce qui nous permet d’avoir l’ossature suivante.
Tableau n°1 :
Récapitulation du plan d’expérience
|
Modalités de la VI Modalité de
la VD |
MDIC |
J.P.I.C |
R.P.C |
VI.E.P. |
PR.S |
|
C |
MDIC |
JPIC |
RPC |
VIEPC |
PRSC |
|
R |
MDIR |
JPIR |
RPR |
VIEPR |
PRSR |
|
D |
MDID |
JPID |
RPD |
VIEPD |
PRSD |
|
X |
MDIX |
JPIX |
RPX |
VIEPX |
PRSX |
|
E |
MDIE |
JPIE |
RPE |
VIEPE |
PRSE |
|
I |
MDII |
JPII |
RPI |
VIEPI |
PRSI |
|
S |
MDIS |
JPIS |
RPS |
VIEPS |
PRSS |
|
A |
MDIA |
JPIA |
RPA |
VIEPA |
PRSA |
Modalités des
variables
-
Variables
indépendantes
(VI)
Modalités
-
Maintenir un potentiel et dominer
idéologiquement (M.DI)
-
Jugements pro-endogroupe
(JPE)
-
Reflexes de protection (RP)
-
Violation de l’intimité (VI)
-
Souci de préserver les ressources du sous-sol
et de s’assurer de la sécurité foncière
(P.R.S) Variables dépendantes (VD)
Modalités :
-
Conflit (C)
-
Racisme (R)
-
Discrimination (D)
-
Xénophobie (X)
-
Exclusion (E)
-
Intolérance (I)
-
Affrontement (A)
Population
La population de l’étude est de nature hétérogène et
multiculturelle, regroupant les individus aux appartenances diverses et aux multiples identités socio-culturelles.
Diversité sur le plan ethnique, raciale, politique, religieuse,
professionnelle, intellectuelle, et économique…etc.
Echantillonnage
Compte tenu de la nature de notre population tant sur le
plan quantitatif que qualitatif, notre échantillon a été obtenu sur la base
d’un échantillonnage accidentel. Ce type d’échantillonnage consiste à prélever
un échantillon de la population de recherche à la convenance du chercheur.
Procédure
La procédure était basée sur un protocole qui se
déclinait en trois étapes : à savoir :
-
Identifiez d’abord les grandes composantes
sociologiques des quatre aires culturelles du Cameroun à savoir : l’air
culturel Fang Beti Bulu, Grassfield, Sawa et
Soudano-Sahélien.
-
Avoir un statut socio-professionnel et
appartenir à une obédience religieuse.
Cette procédure nous a permit
d’obtenir les tableaux suivants :
Tableau
2 : Echantillon à travers les aires culturelles du Cameroun
|
Aires
culturelles |
Groupe
ethnique |
Effectif
(n) |
Pourcentage |
|
Fang –beti-bulu |
Bene |
50 |
16 |
|
Nanga Eboko |
23 |
7 |
|
|
Eton |
20 |
6 |
|
|
Bulu |
20 |
6 |
|
|
Ntoumou |
8 |
2.66 |
|
|
Yezum |
8 |
2.600 |
|
|
Grassfield |
Bandenkop |
6 |
2 |
|
Banso |
5 |
1.6 |
|
|
Bamendjou |
10 |
3.33 |
|
|
Bafoussam |
12 |
4 |
|
|
Dschang |
11 |
3.66 |
|
|
Bamessing |
7 |
2.33 |
|
|
SAWA |
Bakossi |
16 |
5.33 |
|
Batanga |
7 |
2.33 |
|
|
Bakwere |
20 |
6 |
|
|
Douala |
12 |
4 |
|
|
Yabassi |
8 |
2.66 |
|
|
Mbo |
16 |
5.33 |
|
|
SOUDANO SAHELIEN |
Fulbés |
5 |
16 |
|
Massa |
4 |
1.33 |
|
|
Arabes |
6 |
2 |
|
|
Mundang |
8 |
2.66 |
|
|
Bororo |
4 |
1.33 |
|
|
Bamoun |
14 |
4.66 |
|
|
TOTAL |
24 |
300 |
100% |
Tableau
3 : Echantillon par obédience religieuse et assimilées
|
Religions |
Effectif
(N) |
Pourcentage
% |
|
Catholiques |
145 |
45 |
|
Protestante |
101 |
33.66 |
|
Réveillées |
20 |
6.66 |
|
Musulmane |
15 |
5 |
|
Religions traditionnelles |
15 |
5 |
|
Cercles exotériques |
04 |
1.33 |
|
TOTAL |
300 |
100% |
Tableau
4 : Catégories socio-professionnelles
|
Religions |
Effectif
(N) |
Pourcentage
% |
|
Professions libérales |
38 |
12.66 |
|
Enseignement/Education |
94 |
31.33 |
|
Forces de sécurité et de défense |
33 |
11 |
|
Magistrature |
4 |
1.33 |
|
Ouvriers |
10 |
3.33 |
|
Agriculteurs |
53 |
17.66 |
|
Profession d’astreintes |
8 |
2.66 |
|
Santé |
30 |
10 |
|
Ingénieurs |
10 |
3.33 |
|
Diplomate |
05 |
1.66 |
|
Techniciens |
15 |
5 |
|
Total |
300 |
100% |
Outils
d’investigation
Comme outil de collecte des données, nous avons opté pour
une démarche triangulaire en associant un questionnaire à un test sociométrique.
Il convient de rappeler que le test sociométrique est un instrument qui permet
d’évaluer et de mesurer le niveau d’organisation sociale d’un groupe à la
lumière des sympathies et antipathie. Le principe consiste à demander en
fonction de leur obédience à chaque membre d’un groupe d’indiquer les personnes
du groupe avec lesquelles il souhaiterait faire équipe et inversement de
signaler, celles avec lesquelles ils ne veulent pas s’associer.
Tableau
5 : Présentation des résultats
|
L’affrontement
est dû à |
Totalement
d’accord |
Plus ou
moins d’accord |
Tout à fait
d’accord |
Pas du tout
d’accord |
||||
|
La volonté des uns de maintenir leur potentiel et de
dominer idéologiquement ceux des membres de l’exo groupe |
(n) |
% |
(n) |
% |
(n) |
% |
(n) |
% |
|
153 |
51 |
25 |
8.33 |
115 |
38.33 |
7 |
2.33 |
|
Le tableau ci-dessus met en exergue le lien qui existe
entre la volonté des uns de maintenir leur potentiel et de dominer
idéologiquement ceux des membres de l’exogroupe et l’exacerbation
de l’affrontement. Il apparaît clairement que la quasi totalité
de nos enquêtés à travers des pourcentages de 51.1% et 38.33% se prononcent favorableme sur ce lien. A contrario ce résultat implique
logiquement les pourcentages de 8.33% et de 2.33% matérialisant les avis de
ceux de nos enquêtés aux positions contraires.
Tableau
6 : Lien entre la discrimination et les jugements pro endogroupe
associé à l’illusion groupale et dirigé vers les membres de l’exogroupe.
|
La
discrimination est dû aux |
Totalement
d’accord |
Plus au
moins d’accord |
Tout à fait
d’accord |
Pas du tout
d’accord |
||||
|
Jugements proendogroupe et
l’illusion groupale dirigée vers les membres de l’exogroupe
|
(n) |
% |
(n) |
% |
(n) |
% |
(n) |
% |
|
95 |
31.66 |
59 |
19.66 |
88 |
29.33 |
58 |
19.33 |
|
Cette configuration traduit sur la base statistique et de
manière significative le caractère isomorphique entre
la discrimination et la cristallisation de certains jugements pro-endogroupes, associé à l’illusion groupale et dirigée vers
les membres de l’exogroupale. Lien se matérialisant
par les pourcentages de 31,66% pour la modalité « totalement
d’accord » et 29,33% pour la modalité « pas du tout d’accord ».
Tableau
7 : des données statistiques
|
La
xénophobie est dû à |
Totalement
d’accord |
Plus au
moins d’accord |
Tout à fait
d’accord |
Pas du tout
d’accord |
||||
|
L’expression des reflexes de protection
naturelles, activée par le reflexe psycho-galvanique en présence des personnes étrangères dans
un milieu donné |
(n) |
% |
(n) |
% |
(n) |
% |
(n) |
% |
|
21 |
7 |
84 |
28 |
23 |
7.66 |
172 |
57.33 |
|
Au regard des données statistiques ci-dessus notamment
7,66% et 7% matérialisant les avis défavorables. On peut confirmer qu’il existe
de lien significatif entre l’expression des reflexes,
de protections naturels, activé par le reflexe psycho-galvanique et la
xénophobie. A contrario, ce qui traduit de façon logique les pourcentages de
57,33% et de 28%.
Tableau
8 : Lien entre l’affrontement et la violation de l’intimité et de l’espace
personnel à travers un seuil de critique par une personne étrangère.
|
L’intolérance
est du à |
Totalement
d’accord |
Plus au
moins d’accord |
Tout à fait
d’accord |
Pas du tout
d’accord |
||||
|
La violation de l’intimité et de l’espace personnel à
travers le seuil de critique par une personne étrangère |
(n) |
% |
(n) |
% |
(n) |
% |
(n) |
% |
|
151 |
50.33 |
9 |
3 |
74 |
24.66 |
66 |
22 |
|
Ce tableau met en exergue le fait que la violation de
l’intimité et de l’espace personnel vivifie l’intolérance. Cette corrélation
est matérialisée par les pourcentages significatifs de 50,33% et de 24,66%. Par
contre les faibles pourcentages de 3% et de 22% représentent les enquêtes qui
pensent qu’il n’y a pas de lien significatif entre les deux variables.
Tableau
9 : Lien entre les conflits et les soucis de préserver les ressources du
sous-sol et de s’assurer de la sécurité foncière
|
Le conflit
serait dû au |
Totalement
d’accord |
Plus au
moins d’accord |
Tout à fait
d’accord |
Pas du tout
d’accord |
||||
|
Souci de préserver les ressources du sous-sol et de
s’assurer de la sécurité foncière |
(n) |
% |
(n) |
% |
(n) |
% |
(n) |
% |
|
65 |
31.66 |
70 |
23.33 |
88 |
29.33 |
47 |
15.66 |
|
Au regard des statistiques ci-dessus, on peut mentionner
que le souci de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la
sécurité foncière favoriserait les conflits interindividuels et intergroupes,
ce qui traduit les pourcentages suivantes : 31,66% et 29,33% ; contrairement au pourcentage de 15,66
exprimant l’avis contraire.
Tableau
10 : Récapitulatif des résultats
|
Hypothèses
de recherche |
X²lu |
X²calculé |
a |
DDL |
Décision |
Degré de
liaison |
|
HR1 |
20.25 |
138.66 |
0,05 |
9 |
Acceptée |
0,94 |
|
HR2 |
20.25 |
147.91 |
0,05 |
9 |
Acceptée |
0,67 |
|
HR3 |
20.25 |
184.86 |
0,05 |
9 |
Acceptée |
0,84 |
|
HR4 |
20.25 |
136.78 |
0,05 |
9 |
Acceptée |
0,79 |
|
HR5 |
20.25 |
224.79 |
0,05 |
9 |
Acceptée |
0,74 |
INTERPRETATION
DES RESULTATS
HR1 : La volonté des uns de maintenir leur
potentiel et de dominer idéologiquement explique l’adoption des conduites de
rejet.
Disons tout d’abord que du point de vue purement heuristique
et épistémologique, cette conjecture se caractérise par sa forme bivariée mettant en jeux deux variables indépendantes et
qui implique par contre, une variable dépendante. Cette hypothèse a été confirmée
avec un degré de liaison ou de corrélation de 0.94. Ce qui sur le plan statistique traduit le caractère
significatif du lien entre la volonté des uns de maintenir leur potentiel, de
dominer idéologiquement et l’adoption des conduites de rejet en contexte social
et en situation exogroupe, le potentiel ici non
seulement connote l’idée de force main aussi se décline en plusieurs modalités
notamment économique culturel, technologique militaire, intellectuel. C’est
dire, le rejet serait la résultante du souci de certains unités actives non
seulement de maintenir leur potentiel mais aussi de dominer idéologiquement,
cette dernière courante l’idée précise de domination de vision propre ; à
une façon propre d’appréhender le réel.
Ainsi l’on est en droit de se poser la question suivante.
A travers quelle grille de lecture théorique peut-on comprendre ce lien ?
Pour la théorie des confits réels telle développée par SHERIF (1961). Il n’est
pas surprenant de constater que les rapports interdividuels
et intergroupes sont émaillés de conflits. Cette théorie postule que : la
société ou l’organisation fonctionne de manière antagonistes dans la simple
mesure où chaque acteur lutte pour maximiser ses avantages. Ainsi pour cerner
les conduites intergroupes, il faut analyser les relations entre les
groupes ; qui peuvent être décrite ou polarisable en conflits et/ou
coopération.
C’est dire dans cette perspective, la conflictualité
serait sous tendue par le fait que le désir d’obtenir des biens concrets
devient incompatible entre les différents acteurs. Autrement la situation se
présente comme conflictuelle lorsque les relations entre deux groupes sont
compétitives de telle sorte que les intérêts de l’un ne être satisfait qu’au
détriment de ceux de l’autre. On peut postuler que le rejet dépend en quelque
sorte de la structure objective des relations qu’ils ont entre eux. Si ces
relations sont compétitives, le conflit est alors inévitable.
La confirmation de cette hypothèse peut aussi se
comprendre sur la base de certaines considérations et postures philosophiques
notamment avec les travaux et thèses de SARTRE et surtout ceux de FREUD(1947)
sur le jeu de pulsion de vie et de mort. C’est dire enfin de compte, le rejet
s’inscrit dans le conflit du "nous" et du "vous" et se
justifie par le fait que si je veux maintenir mon potentiel et dominer
idéologiquement je dois rejeter tout ce qui sont différents de moi et qui ne
sont pas avec moi.
HR2 : Il existe une relation entre
l’élaboration des jugements pro-endogroupe,
l’illusion groupale et l’adoption des comportements de rejets.
Il s’agit d’une conjecture qui met en évidence, l’impact
des jugements pro-endogroupe, l’illusion groupale et
la cristallisation des comportements de rejet. Cette hypothèse sur la base de
l’analyse inférentielle a donné lieu à un degré de
corrélation de 0.67 ce qui signifie que le lien entre les deux variables est
significatif.
Tout d’abord il
est important de reconnaître que le jugement pro-endogroupe
dans le cadre de cette étude se présente comme la tendance des membres d’un
groupe à favoriser, à bénéficier ou à mieux valoriser les membres de leur
propre groupe, ce qui implicitement induit la discrimination pour les membres
de l’exogroupe et par ricochet favorise le rejet. Le jugement pro-endogroupe implique le préjugé pro-endogroupe
appelé aussi le favoritisme endogroupe. De même le
jugement pro-endogroupe est favorable à la stigmation et à la formation des stéréotypes, le tout
associé à certains traits qui font en sorte que les prossesseurs
subiront une perte de statut et seront social, la culture le statut socio
religieux, le statut socio-professionnels et établit une démarcation entre le
« nous » et le « eux » catégorisation favorable à la
discrimination et par ricochet au rejet. C’est dire le groupe d’appartenance au
regard des résultats est mieux traité que les membres des autres groupes. Les
mêmes résultats mettent en évidence le biais de complaisance en faveur de
l’intragroupe et favoriser l’ethnocentrisme.
Comment théoriquement peut-on rendre cette relation
intelligible ? Autrement quelle théorie nous aiderait à mieux comprendre
le rejet sur la base des jugements pro-endogroupe et
l’illusion groupale ?
Comme théorie explicative nous avons la théorie de
l’identité sociale qui renvoie à l’aspect de l’identité d’un individu
directement liés à son sentiment d’appartenance à différentes catégories
sociales, la théorie de l’identité sociale se présente comme une approche
dominante des relations intergroupes et est utilisée comme cadre de référence
pour comprendre et expliquer les phénomènes de rejet.
Dans cette étude trois processus fondamentaux entrent en jeux
pour expliquer le rejet notamment la catégorisation sociale, l’auto-évaluation
et la comparaison sociale intergroupe.
La théorie de l’identité sociale postule que l’individu
peut recourir la catégorisation sociale pour se reconnaître comme membre d’un
ou de groupe spécifique, elle permet pour TAJFEL (1978) d’expliquer le biais
pro endogroupe reposant sur un ensemble de facteurs
combinés à savoir : cognitifs et émotionnels. L’identité ici renvoie au
fait que l’individu se perçoit comme semblable aux autres de même appartenance
« le nous » mais aussi à une différence, à une spécificité de ce nous
par rapport aux membres d’autres groupes
ou catégories « le eux » ; c’est dire plus il y aura
identification à un groupe plus il y aura différenciation de ce groupe avec
d’autres groupes. L’identité sociale ici au regard des résultats obtenus est
analysé en termes d’identité appartenance.
HR3 : Les
comportements de rejet résultent de l’expression des reflexes
de protection naturelle, activé par le reflexe psychogalvanique.
Cette hypothèse envisage les conduites de rejet sous le
prisme d’une démarche globale intégrant aussi bien les variables psychologiques,
sociales, culturelles que biologique sous le contrôle du système nerveux. Cette
hypothèse a été confirmée par un degré de liaison de : 0.84
Ainsi quel sens donner à cette relation ? Autrement
comment les variables biologiques expliquent à travers des interactions le
comportement de rejet ? L’étude du point théorique met en sellette la loi
de la psychophysique de FECHNER (1987) qui stipule que la sensation varie comme
le logarithme du stimulus. La sensation se présente ici comme tout évènement psychIque élémentaire résultant du traitement de l’information dans un système. Cet
isomorphisme entre les variables purement biologiques interagissant avec celles
dites contextuelles en relation avec les conduites de rejet s’explique aussi
sur la base de la théorie de la frustration-agression qui pour DOLLARD (1989),
toute frustration même invisible déclencherait une agression et toute agression
même invisible serait précédé d’une frustration.
Abondant dans le même sens Freud(1947) stipule que
l’agression est une réaction aux frustrations qui empêche la satisfaction des
désirs libidinaux. C’est dire, frustré dans leurs aspirations, désirs et
conquêtes, les individus réagiraient par l’agression envers les membres d’une
autre communauté.
HR4 : La violation de l’intimité et de l’espace
personnel, dépassant un seuil de critique par une personne étrangère serait à
la base des comportements de rejet.
Cette hypothèse établit une relation de cause à effet
entre deux variables à savoir la violation de l’intimité, associé à l’espace
personnel et la cristallisation des conduites discriminatoires, expression
concrète du rejet.
Ladite conjecture s’est confirmée avec une corrélation
très élevée ; ce qui statistiquement traduit une relation fortement
significative entre les différentes variables structuratrices
de notre hypothèse de recherche.
Avant de donner une signification à cette hypothèse,
soulignons que le concept d’espace fait référence à la proxémie
qui n’est autre que l’étude de la perception et de l’usage de l’espace par
l’homme. L’un des théoriciens du concept de l’espace est HALL (1981) qui
identifie le caractère consubstantiel et isomorphique
entre l’espace et l’adoption de certains comportements. C’est dire pour cet
auteur, le concept d’espace s’opérationnalise en sphère, notamment la sphère itime, personnelle, sociale et la sphère publique.
Ainsi il soutien que chacun défend
à sa manière et selon ses normes culturelles son espace personnel ; toute
intrusion de l’espace personnel sera vécu différemment selon les liens socio affectifs, les normes sociales et culturelles.
Dans cette perspective, le rejet en rapport avec l’espace
personnel est combiné aux variables sociodémographiques notamment le sexe, et
l’âge, et à l’état psychologique de l’individu interagissant avec le
contexte situationnel.
Si les théories de la psychologie environnementales,
expliquent en grande partie le rapport entre l’espace et le rejet, la théorie
psychophysique et celle dite autoritaire nous permettent aussi de décrypter
certaines conduites de rejet.
HR5 : Le
souci de préserver les ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité
foncière vivifie les conduites de rejet
D’entrée de jeu disons que la question de la sécurité
foncière et de la préservation des ressources du sous-sol est transversale et
impose aux chercheurs une démarche interdisciplinaire. Elle implique de ce fait le social, le culturel et le juridique
et invite à une gouvernance inclusive.
Cette conjecture soutient que le souci de préserver les
ressources du sous-sol et de s’assurer de la sécurité foncière serait le socle
ou le substrat des conduites de rejet. Ainsi à travers un degré de corrélation
de 0.74 l’hypothèse a été confirmée. La sécurité foncière peut se définir comme
l’ensemble des processus, actions et mesures de toute nature, visant à
permettre à l’utilisateur de terre de mener efficacement ses activités
productives, en les protégeant contre toute contestation ou trouble de
jouissance. Elle constitue un en jeux politique, économique et sécuritaire.
Dans cette perspective la sécurité du moins la sécurisation foncière implique
aussi les processus les actions, les mesures que les utilisateurs.
Au regard de ce qui précède comment comprendre à la
confirmation de cette hypothèse ? Avant d’y arriver là disons tout d’abord
que cette hypothèse se structure et est soutenue par la question
suivante : quels sont les rapports entre la sécurité foncière, le souci de
préserver les ressources du sous-sol et l’adoption des conduites de rejet.
Notamment rejet intergroupe parfois même inter communauté et au niveau des Etats.
La grille de lecture théorique s’adosse sur la théorie des
besoins tels développés par MASLOW notamment les besoins de sécurité qui font
partie parmi ceux de deuxième ordre. Ledit besoin, est inhérent à la nature de
l’homme pour Maslow, toute entité individuelle doit
se protéger des dangers. Cette hypothèse s’est aussi rendu intelligible grâce à
la théorie de l’attachement, notamment ce qu’il convient de qualifier
d’attachement Secure selon la terminologie psychanalytique.
La théorie des besoins de MASLOW a contribuée de façon
significative à comprendre et à détecter les différentes motivations
individuelles en rapport avec certains substrats. Enfin de compte l’hypothèse
permet aussi de comprendre que les exigences et questions sécuritaires
charrient des affrontements.
CONCLUSION
La question du rejet est une problématique transversale
qui, depuis des lustres a toujours suscité
un intérêt majeur chez les penseurs et chercheurs en sciences sociales.
Le rejet, phénomène difficile à circonscrire se décline en plusieurs modalités
à savoir de la simple discrimination à l’affrontement proprement dite. Le rejet
vivifie un ensemble de conduites que nous qualifions de conduites de rejet. Les
premiers véritables travaux à caractère scientifiques sur la question ont été
menés par ALLPORT et FREUD.
L’étude en question s’inscrit dans cette perspective à la
seule différence qu’elle prend en compte l’ensemble des variables aussi bien
sociales, Psychiques que biologiques qui déterminent de manière holistique les
conduites de rejet. Ainsi avons-nous posé que, le rejet est un phénomène
social, impliquant le transubjectif et
l’intrapsychique s’adosse sur un ensemble de variables combinées à
savoir : le maintien d’un potentiel et à la dominance idéologique ;
l‘élaboration des jugements pro endogroupe et
l’illusion groupale ; l’expression des reflexes
de protection et de l’espace personnel ; le souci de préserver les
ressources du sous-sol.
Du point de vue de la structuration nous avons subdivisé
notre travail en trois grandes parties : un cadre thermique,
méthodologique et empirique.
Au regard des résultats obtenues, toutes nos
hypothèses de recherche ont été confirmées notamment avec des degrés de liaison
de 0.94 ; 0.67 ; 0.84 ; 0.79 et 0.74. Au niveau du cadre
théorique nous avons opté pour une démarche triangulaire structurée autour de
la théorie de la personnalité autoritaire, du bouc- émissaire et de la théorie
des conflits
REFERENCES
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Cite this
Article: Zang Ndi, SA (2019). Comprendre Le Phenomene De Rejet En Contexte Interindividuel Et Intergroupe
: Lecture Psychosociale. Greener J Education and
Training Studies, 5(1), 24-32, http://doi.org/10.15580/GJETS.2019.1.051519087. |