By
Abou, A; Faramalala, MH; Edmond R (2022).
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Greener Journal of Agricultural Sciences ISSN: 2276-7770 Vol. 12(1), pp. 102-119, 2022 Copyright ©2022, the copyright of this article is
retained by the author(s) |
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TITLE IN ENGLISH
Bioecological Characterization
of Heritage Plant Species
of the Wet Forests of
Anjouan (Comoros).
TITLE IN FRENCH
Caracterisation Bioecologique Des Especes Vegetales Patrimoniales
Des Forets Humides D’anjouan (Comores).
*
Faculté des Sciences et Techniques de l’Université des
Comores,
Département de
Biologie et Ecologie végétales,
Laboratoire
de Recherche d’Ecologie Végétale.
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ARTICLE INFO |
ABSTRACT |
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Article No.: 050922048 Type: Research |
Abstract in English The use of
the resources of the Anjouan rainforests is a
traditional activity known by families to meet their daily needs. The
objective of this study is to qualitatively and quantitatively evaluate the
most used plants for sustainable management with a view to their preservation.The diagnostic work covered several variables.
Floristic inventories in nine (9) sites were carried out using the Duvigneau transect and Braun-Blanquet
plot methods. Surveys were carried out in seven (7) villages and the most
used species were evaluated according to the calculation of the Lance index.
About 280 species distributed in 24 families and 200 genera with 25 endemic
species have been identified. Ocotea comoriensis, Weinmannia comoriensis, Tambourissa leptophylla, Khaya comoriensis and Brachylaena ramiflora were cited as the most used. The heavy use
of wood for energy, timber, care and fodder is proving to be the main cause
of their vulnerability. Their availability in the field is low and they are
in difficulty of regeneration. The biological characters, taxonomic knowledge
and habitats of the most used species are known. The uses in traditional
medicine of certain species have given rise to avenues for research on active
substances. Abstract in French L’utilisation des ressources des
forêts humides anjouanaises est une activité traditionnelle connue par les
familles pour satisfaire leurs besoins quotidiens. L’objectif de cette étude
est d’évaluer qualitativement et quantitativement les plantes les plus
utilisées pour une gestion durable en vue de leur préservation. Le travail de
diagnostic a couvert plusieurs variables. Des inventaires floristiques dans
neuf (9) sites ont été effectués suivant les méthodes du transect
de Duvigneau et placeau
de Braun-Blanquet. Des enquêtes ont été menées dans sept (7) villages et les
espèces les plus utilisées ont été évaluées d’après le calcul de l’indice de Lance.Environ 280 espèces réparties dans 24 familles et
200 genres avec 25 espèces endémiques ont
été recensés. Ocotea comoriensis, Weinmannia comoriensis, Tambourissa leptophylla, Khaya comoriensis et Brachylaena ramiflora ont
été citées comme étant les plus utilisées. Les forts usages en bois
d’énergie, bois d’œuvre, soins et fourrage se révèlent être les principales causes de leur
vulnérabilité. Leur disponibilité sur le terrain est faible et sont en
difficulté de régénération. Les
caractères biologiques, la connaissance taxonomique et les habitats des
espèces les plus utilisées sont connues. Les utilisations en médecine
traditionnelle de certaines espèces fait émerger des pistes de recherche sur
les substances actives. |
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Accepted: 10/05/2022 Published: 24/05/2022 |
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*Corresponding Author Anllaouddine ABOU E-mail: anllaouddine2021@
gmail.com |
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Keywords: Mots clés : forêts humides,
gestion durable, ethnobotanique,
utilisation, vulnérabilité. |
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1. INTRODUCTION
A Anjouan, la déforestation était attribuée à
l’agriculture sur brûlis, aux activités agricoles dans les zones forestières, à
la coupe de bois destinés à la menuiserie, à la production de bois d’œuvre [1]
et à la production de l’huile d’essence, notamment Cananga odorata [2]. Du fait de l’accroissement démographique, la
menace la plus importante des écosystèmes devient la perte progressive des
habitats forestiers par anthropisation [1]. La perte des forêts denses à
Anjouan a entraîné l’augmentation des forêts dégradées passant ainsi de 8 %
en 1995 à 15 % en 2014 [1]. L’utilisation des ressources forestières y est
une activité
traditionnelle menée à titre de droit d’usage par les familles et les
collectivités paysannes. Ces
forêts représentent l’un des 200 biomes mondiaux les plus importants qui en
font un lieu d’intervention hautement prioritaire pour la conservation de la
biodiversité mondiale [3] et constituent une partie du « hotspot » de biodiversité de Madagascar en terme de biodiversité [4]. En
effet, les plantes locales jouent d’importants rôles sociaux, culturels,
esthétiques et éthiques pour
les communautés rurales ([5], [6], [7], et [8].
En dépit de l'importance de sa
biodiversité, l’île d’Anjouan est marquée par une dégradation alarmante des
ressources forestières s’expliquant surtout par la pression anthropique.
Conscient de cette situation, une sonnette d’alarme a été tirée par [9] en 1992.
De ce fait, des mesures ont été prises par les hauts responsables politiques
aussi bien sur le plan international comme la convention de RAMSAR, la
convention (1971) sur la Biodiversité (1992) et la CITES (1995) que sur le plan
national en priorisant la protection de la biodiversité ([10] ; [11] et
[12]) et en mettant en place un cadre juridique environnemental.
Dans le cadre de sa stratégie de
conservation, un projet de mise en place d’un réseau d’aires protégées est en
cours. Malgré les engagements du gouvernement, les connaissances existantes sur
l’état et les changements des ressources forestières sont insuffisantes,
désuètes et partielles [13]. Les
différents types d’utilisation des ressources provoquent la destruction de la
végétation et de sa composition ([14] et [15]). La coupe sélective est
responsable de la mortalité de 90 % des arbres des forêts naturelles ou
plantées [16]. L’impact varie suivant l’intensité de l’extraction et des
parties de la plante collectées. L’approvisionnement continu en produits
forestiers non ligneux, sans intervention de mode de gestion, conduit à des
changements de structures phytosociologiques ([17] et
[18]).
Malgré les différentes affirmations, la gestion rationnelle de ces
ressources est confrontée à plusieurs difficultés, en particulier,
l’inexistence de données fiables et précises sur les ressources forestières.
Cette étude fournira aux exploitants et acteurs chargés de la mise en œuvre des
politiques de gestion durable des ressources forestières des informations
d’aide à la prise de décision.
2. MATERIEL ET METHODES
2.1. Milieu d’étude
Les forêts humides
d’Anjouan se situe à une altitude supérieure à 600 m. La température moyenne
annuelle est de 20°c et les précipitations moyennes annuelles enregistrées ces
5 dernières années sont de 3900 mm. Ces zones sont
bordées par plusieurs villages. Les critères de proximité relative et les
productions du bois, des plantes médicinales ainsi que l’agriculture ont été
utilisés pour sélectionner les villages d’étude enquêtés. Ainsi, sept (7) villages (Lingoni,
Bandrani ya vouani, Mjimandra, Chandra, Ouzini, Moya et Dindri) et couvrent le centre de l’île, zone où le relief
est le plus accidenté des Comores [19]. Les forêts sont autour du lac Dzialandzé et hébergent dans leur proximité une population
de Roussette de Livingstone classée dans la liste rouge de l’UICN. Ces villages
comptent environ 27 916 habitants. Le niveau d’instruction des communautés
riveraines est faible et le système de production dominant est l’association
des cultures pérennes avec les cultures vivrières. La flore de l’île est mal
connue et la plupart des données portent sur l’ensemble de l’archipel. La localisation des 7 villages cibles se
trouve dans la Figure 1.

Figure
1: Localisation des villages cibles et de quelques localités dans l’île
d’Anjouan
2.2. Collecte des données
-
Des méthodes de relevés écologiques ont été utilisées pour l’étude de la
flore. Les méthodes du transect de Duvigneau et placeau de
Braun-Blanquet.
- L’interview semi structurée est utilisée lors de l’enquête sur
l’inventaire des plantes utiles [20] Les personnes enquêtées sont
supposées connaisseurs de l’utilisation des plantes (agriculteurs, bucherons,
menuisiers, chefs de village, consommateurs, vendeuses de plantes, tradipraticiens, éleveurs, autorités communales, etc.).
- Des transects
de Duvignaud et des placeaux de Braun-Blanquet ont
été effectués dans neuf (9) sites dans la forêt afin d’évaluer la disponibilité
des espèces les plus utilisées, leur état phénologique
ainsi que la santé de leur habitat naturel.
2.3. Traitement et analyse des
données
Après reconnaissance des espèces, une liste
floristique de chaque site est établie. La richesse floristique globale est
déterminée à partir du nombre total des espèces recensées dans les différentes
parcelles des relevées écologiques.
Tableau
1 : Nombre de paysans enquêtés
|
Villages |
Nombre
d’habitant |
Nombre de
personnes enquêtées |
Hommes |
Femmes |
|
Ouzini |
1129 |
25 |
16 |
9 |
|
Moya |
8349 |
50 |
36 |
14 |
|
Bandrani ya vouani |
990 |
25 |
12 |
13 |
|
Dindri |
6462 |
45 |
31 |
14 |
|
Lingoni |
4348 |
30 |
17 |
13 |
|
Chandra, |
4637 |
30 |
19 |
11 |
|
Mjimandra |
2001 |
20 |
11 |
9 |
|
Total |
27916 |
225 |
142 |
83 |
Les espèces les plus utilisées sont choisies à partir de
l’indice de Lance. Cet indice montre l’importance relative de chaque plante ou de
l’utilisation de la plante [21]. Cet indice peut être calculé par la formule
suivante :
![]()
Où, n : est
le nombre de tous les informateurs utilisant l’espèce ; N : le nombre total des
informateurs et I : l’indice
d’utilisation.
Plus la valeur I est élevée, plus l’espèce est connue
et très utilisée :
- l’espèce est très connue et très utilisée si I ≥ 60 % ;
-
l’espèce est peu connue et peu utilisée si 30
% < I< 60% ;
-
l’espèce est très peu connue et très peu
utilisée si I < 30%.
2.3.3.
Taux de réponse
d’utilisation des organes de plantes
Le taux de réponse ou la réponse des organes utilisés par
type d’espèce [48] a été calculé suivant la formule : F = 100 * (S/N)
Où, F : taux de
réponse calculé ; S : nombre de personnes ayant donné une réponse
positive (Oui) pour l’utilisation de l’organe concerné ; N : nombre
total de personnes interviewées. Il indique les organes les plus utilisés pour
chaque espèce dans le milieu et varie de 0 à 100.
2.3.4. Caractéristiques
bioécologiques des espèces les plus utilisées
L’étude des
caractéristiques bioécologiques des espèces les plus utilisées permet de
connaitre la régénération naturelle des espèces les plus utilisées, leur
l’habitat naturelle ainsi que leur disponibilité sur le terrain. Un inventaire
floristique a été effectué dans 9 sites de relevé et la collecte des données a été faite dans des placeaux suivant la méthode de [22]. Dans chaque
site, les individus de la population sont répartis en classes de
diamètre :] 0-5[, ] 5-10[, ] 10-30[ et >30 cm.
2.3.5. Régénération
naturelle
Elle se définit comme la capacité
d’une plante à se reproduire à l’état naturel
[23]. Elle comprend différents stades de développement des individus à
partir du moment où ils sont dispersés jusqu’à leur disparition [24]. Les
paramètres considérés sont les suivants :
-
Les
modes de régénération : par graine ou par rejet,
- La pollinisation :
obtenue par des observations directes, des enquêtes auprès des guides et par
des appuis bibliographiques,
- La dispersion des
diaspores : les types de fruit, la forme de graine et les agents de
transport de graines sont notés pour connaître les modes de dispersion des
diaspores,
- Le potentiel de
régénération : le potentiel de régénération d’une espèce est exprimé à partir
du taux de régénération. Ce taux est calculé suivant la formule suivante :
-
Où, TR : taux de régénération ; Nr : nombre d’individus de
régénération (diamètre<10cm) et Ns :
nombre d’individus semenciers (diamètre>10cm).
Selon la valeur du taux de régénération, trois
cas peuvent caractériser le potentiel de régénération :
-
une
espèce est à haut potentiel de régénération si TR >
1000 % ;
- une espèce présente un
potentiel de régénération moyen si 100 % <TR<
1000% ;
- une espèce est à faible potentiel de régénération si TR < 100%.
Pour calculer
ce taux de régénération, le travail consiste d’abord à compter les individus
régénérés (DHp < 10cm) et
les semenciers (DHp ³
10cm) dans un placeau de 0,1 ha. Les états phénologiques ainsi que la dissémination des plantes ont
été pris en considération.
2.3.6.
Flore
associée aux espèces sélectionnées.
Elle a été
étudiée afin d’identifier l’habitat naturel de chaque espèces cible. Les
résultats des enquêtes ethnobotaniques permettent de catégoriser les espèces
les plus utilisées et de chercher leurs habitats naturels. Cinq individus
matures de chaque espèce sélectionnée ont été étudiés et la méthode de Quadra
centrée en un point ou QCP de [49] a été
utilisée.
3. RESULTATS
3.1. Diversité des espèces végétales inventoriées
Dans le cadre
de cette étude, 280 espèces réparties dans 200 genres et 84 familles ont été
inventoriées dans les 9 sites de relevé écologiques. Les familles les mieux représentées
sont les EUPHORBIACEAE (20 espèces), les ORCHIDACEAE (17 espèces), les
RUBIACEAE (16 espèces), les ASTERACEAE (15 espèces), les FABACEAE (15 espèces)
et les POACEAE (12 espèces). Les espèces endémiques recensés sont au nombre de 24
réparties dans 18 genres et 15 familles.
En ce qui
concerne l’utilisation des différentes espèces des plantes de la formation
forestière humide d’Anjouan, 19 espèces réparties dans 19 genres et 19 familles
ont été recensées lors des enquêtes ethnobotaniques comme espèces les plus exploitées par les populations
riveraines. Leur indice d’utilisation varie de 12,5 % à 100 %. Ces espèces
représentent 7% des espèces inventoriées. La liste de ces espèces se trouve en ANNEXE I.
Parmi les espèces les plus utilisées et
les plus connues par la population, cinq (5) ont été sélectionnées pour définir
leur caractéristique bioécologique. Il
s’agit de Khaya comorensis (MELIACEAE),
Ocotea comorensis (LAURACEAE), Weinmannia
comorensis (CUNONIACEAE), Tambourissa
leptophylla (MONIMIACEAE) et Brachylaena
ramiflora (ASTERACEAE). Ces espèces
ont un indice d’utilisation de 100% et sont toutes
caractéristiques des forêts
humides.
À l’échelle de
l’aire communautaire forestière, quatre catégories d’usages ont été citées par
les populations et les investigations menées montrent que 10 espèces (soit
24 %) sont des plantes médicinales, 15 espèces (soit 26 %) sont
utilisées pour le bois énergie, 11 espèces (soit 26,2 %) sont exploitées
comme bois d’œuvre et seulement 6 espèces (soit 14,8 %) servent de
fourrage. Le bois d’énergie est
donc la ressource végétale la plus prélevé suivi du bois d’œuvre, des plantes
médicinales et du fourrage animal, comme le montre la Figure 2. Les
usages dépendent de la disponibilité de la ressource. L’ampleur d’usage est variable d’un village à un autre,
comme le montre la Figure 3.

Figure
2 : Répartition des différents domaines d’utilisation des produits forestiers

Figure
3 : Exploitation des ressources forestières par les communautés (%)
Différents
organes des espèces végétales citées comme étant les plus utilisées sont
exploités. En effet, les résultats de l’étude montrent que les différents
organes (feuilles, fruits, racines, écorces, tiges et fleurs) ou parfois la
plante entière sont exploités par ces enquêtés. Ces organes n’ont pas la même
importance d’utilisation. Le taux de réponse des organes exploités varie d’une
espèce à une autre, comme le montre le Tableau 2. De façon générale, le taux de
réponse pour l’organe bois est élevé par rapport aux autres organes avec une
moyenne de (17,4%), suivi des feuilles (13,6%), des écorces (6,32%), des
racines (4,83%) des fruits (3,69%), et des tiges (2%).
Tableau 2 : Taux
de réponse des organes des ligneux inventoriés et leur valeur d’usage.
|
NOMS SCIENTIFIQUES |
Fe |
Fr |
Ec |
Ra |
B |
Fl |
Tg |
Ple |
|
Brachylaena ramiflora var. comorensis |
20 |
0 |
1,25 |
12 |
29 |
0 |
0 |
0 |
|
Weinmannia comorensis |
3,5 |
0 |
3,75 |
2 |
32 |
0 |
0 |
0 |
|
Ocotea comorensis |
6,25 |
0 |
3,75 |
2 |
34 |
0 |
0 |
0 |
|
Khaya comorensis |
7,5 |
0 |
5 |
3 |
35 |
0 |
0 |
0 |
|
Tambourissa leptophylla |
11,5 |
24 |
20 |
11 |
18,75 |
0 |
0 |
4 |
|
Chrysophyllum boivinianum |
12 |
0 |
7,5 |
5 |
20 |
0 |
0 |
0 |
|
Piper capens |
34 |
24 |
0 |
16 |
2,5 |
6 |
13 |
8 |
|
Orphilea coriacea |
15 |
0 |
1,25 |
2 |
15 |
1 |
0 |
0 |
|
Ficus reflexa |
13,75 |
0 |
16,25 |
1 |
6,25 |
0 |
0 |
0 |
|
Aphloia theiformis |
33,5 |
12 |
3,75 |
1 |
8,75 |
0 |
0 |
0 |
|
Callophyllum comorensis |
10 |
2,5 |
3,75 |
19 |
12,5 |
0 |
0 |
0 |
|
Rapaena comorensis |
12,5 |
0 |
13,75 |
7 |
13,75 |
0 |
0 |
0 |
|
Nuxia pseudodentata |
1,25 |
0 |
0 |
1 |
23,75 |
0 |
0 |
0 |
|
Acokanthera schimperi |
5 |
0 |
2,5 |
1 |
11,25 |
0 |
0 |
0 |
|
Anthocleista grandiflora |
17,5 |
4 |
15 |
2 |
12,5 |
0 |
0 |
0 |
|
Phyllanthus pervilleanus |
8,75 |
0 |
6,25 |
1 |
7,5 |
0 |
0 |
0 |
|
Cryptocaria sp. |
15 |
0 |
6,25 |
1 |
16,25 |
0 |
0 |
0 |
|
Grisollea sp. |
17,5 |
0 |
3,75 |
0 |
13,75 |
0 |
0 |
0 |
|
Moyenne d'usage |
13,6 |
3,69 |
6,32 |
4,83 |
17,4 |
0,39 |
0,72 |
0,71 |
Fe :
Feuilles, Fr : Fruits, Ec. : Ecorces, Ra : Racines, B : Bois, Fl : Fleur,
Tg : Tige, Ple :
Plante entière.
En ce qui concerne l’utilisation des différentes espèces, les
plantes telles que Brachylaena ramiflora var. comorensis (29%), Weinmannia comorensis (32%), Ocotea comorensis (34%)
et Khaya comorensis
(35 %) ont été les plus mentionnées pour les usages en bois. Par rapport aux feuilles, celles
de Piper capens (34 %) et d’Aphloia
theiformis (33,5%)
sont les plus fréquemment utilisées par
les communautés pour traiter plusieurs pathologies. Pour l’usage des écorces,
celles de Tambourissa leptophylla (20%) sont
les plus utilisées, surtout en médecine traditionnelle. Elles en font usage
pour traiter plusieurs maladies (constipation, maux de ventre, etc.) et aussi
en décoction par les femmes après accouchement. Concernant les racines, les
plus exploitées sont ceux de Callophyllum
comorensis (19%)
et Piper capens (16 %) surtout pour la pharmacopée traditionnelle.
En ce qui
concerne l’utilisation du bois, Bandrani ya vouani et Lingoni
sont les localités qui en produisent le plus de bois d’énergie vendu sous forme de bois ronds,
fagots et charbon. Les espèces ligneuses les plus utilisées sont dans
l’ordre Nuxia
pseudodentata, Aphloia theaformis, Ocotea
comorensis, Eugenia comorensis,
Weinmannia comorensis, Chrysophyllum boivinianum, etc. Les alambics consomment
environ soixante-dix pour cent (70%) du bois d’énergie prélevé dans la forêt
humide actuellement, comme il est indiqué dans la Figure 4.

Figure
4 : Différents bois d’énergie utilisés à Anjouan
Cependant, sept (7)
espèces, même s’elles sont exploitées dans certains domaines, sont hors d’usage
dans la combustion. Ces essences sont en terme de citation Brachylaena ramiflora (91%), Anthocleista grandifolia (89%), Teclea punctata (67%), Banbusa sp.
(54%) Jatropha curcas (44%),
Moringa oleifera ( 21% ) et Dracaena ramiflora (12%).
La combustion
de l'espèce Brachylaena ramiflora
endommagerait les marmites ; les cendres de l'espèce Bambusa sp.
sont toxiques ; Ficus
pyrifolia produit une fumée provoquant des
troubles thoraciques, Dracaena grandifolia est utilisée pour des gri-gris, Moringa oleifera, Teclea punctata et Dracaena ramiflora réveillent les « Djine
» (esprits maléfiques).
La liste de
ces espèces non utilisées comme bois de feu se trouve en ANNEXE II.
Pour le bois
d’œuvre, les espèces sont choisies sur la base de la qualité du bois
(résistance aux termites, aux insectes foreurs, à l’eau et dureté). Khaya comorensis, Ocotea comorensis, Eugenia comorensis, Weinmannia comorensis et Chrysophyllum boivinianum constituent les espèces préférées. Les
localités qui exploitent le plus de bois d’œuvre sont Lingoni
et Moya. Le bois est utilisé pour la confection des
meubles, des produits artisanaux mais aussi pour la fabrication des
pirogues, des pilons et des mortiers. Les espèces fournissant le bois d’œuvre
prélevé dans la forêt d’Ouzini sont listées dans le
tableau de l’ANNEXE III.
Selon les communautés
villageoises, la médecine traditionnelle présente beaucoup d’avantages et
occupe une place de choix comparée la médecine moderne en raison de son
efficacité, des coûts et de l’existence de nombreux guérisseurs
villageois. Les tradipraticiens
les plus connus des îles de l’archipel des Comores se rencontrent à Anjouan. Ouzini et Mjimandra sont les
villages qui prélèvent le plus des plantes médicinales. Les types de soins sont variés et les remèdes
les plus citées sont ceux contre les troubles digestifs, les troubles sexuels
et le paludisme (Figure 5). Les exemples des plantes médicinales utilisées dans
la localité d’Ouzini sont illustrés dans l’ANNEXE IV.

Figure
4 : Différents troubles traités par des plantes médicinales
En matière
d’utilisation des plantes pour fourrage animal, Bandrani
ya vouani et Chandra sont
les localités qui exploitent le plus mais c’est à Ouzini
où le maximum d’espèces est utilisé. Litsea glutinosa (89,5%), Pterocarpus indicus (87,5%), Phyllanthus pervileanus (79,5%), Gliricidia sepium (78%)
et Ficus reflexa
(76,14%) sont les plus utilisées. Ces espèces sont bien appétées par les
animaux, voir les détails en ANNEXE V.
Actuellement,
le bois exploité à Anjouan est vendu sur place sous forme de bois ronds, de
chevrons, de planches, de fagots et de charbon, comme le montre le Tableau 3. L’abattage du bois d’œuvre
est une activité rentable, selon les exploitants. En moyenne, une planche coûte
6 euros. Un arbre d’une taille de 12 m de hauteur et de 60 cm de diamètre peut
fournir jusqu’à 30 planches.
Tableau
3 : Les différentes formes de
bois vendus et leurs prix
|
FORME
DE BOIS VENDU |
TYPE
D’UNITE VENDUE |
PRIX UNITAIRE |
|
|
en KMF |
en
euro |
||
|
Planche |
2 m x 0,4 m x 0,04 m |
3000 |
6 |
|
Chevron |
3 m x 0,1 m x 0,1 m |
2000 |
4 |
|
Bois rond |
2,5 m |
1500 |
3 |
|
Fagot |
10 kg |
1000 |
2 |
|
Charbon |
10 kg |
2000 |
4 |
3.5.
Phénologie des espèces sélectionnées.
De juin à
août, Tambourissa leptophylla et Ocotea comorensis sont en
état de fructification. Brachylaena ramiflora var. comoriensis est en floraison et les deux autres sont à
l’état végétatif.
3.6.
Dissémination des espèces sélectionnées.
Elle est de type barochore, zoochore
et anémochore. Des oiseaux (Zosterops mouroniensis, Alectroenas sigazin, Acridotheres tristis, Corapopsis sp., etc.)
et de mammifères (Lemur mongoz et Pteropus livinguistonii)
se nourrissaient des fruits et graines.
Quand les fruits sont murs, les graines tombent ou sont consommés par
les animaux (endozoochorie). Les fruits légers et
ailés de Weinmannia comorensis et
de Brachylaena ramiflora var. comorensis sont transportés par le vent.
3.7. Potentialité de régénération naturelle des
espèces les plus utilisées.
Les taux de régénération
des espèces les plus utilisées sont présentés en ANNEXE VI. Khaya comorensis et Brachylaena ramiflora n’ont pas été rencontrées dans les sites de Ntringui, de Bandrani ya vouani et de Dindri. Ocotea comorensis n’a
pas été observée ni à Béléa, ni à Dindri.
Pourtant, ces 3 espèces ont été citées dans les enquêtes. Leurs taux de
régénération nuls dans ces sites s’expliqueraient par leur utilisation
excessive. Ocotea comorensis, Khaya comorensis et Brachylaena ramiflora ont
des taux de régénération moyens (85% à 87%) dans tous les sites où elles sont
présentes (Ouzini, Moya, lingoni, etc.). Dans tous les sites, Tambourissa leptophylla et Weinmannia comorensis présentent une bonne
régénération, comme le montre le tableau en ANNEXE VI.
Des individus adultes
en mauvaise qualité pour la production du bois d’œuvre se trouvent sur les
pieds des collines et les bas versants dont l’accès est facile. Leurs canopées
sont utilisés pour le développement des cultures vivrières (bananes et taros).
Dans les zones difficilement accessibles, la perturbation anthropique est rare
et la régénération des espèces est généralement bonne.
Les familles
et les espèces fréquemment associées aux espèces sélectionnées sont
caractéristiques des forêts denses humides, comme l’indique le Tableau 4.
Tableau 4 :
familles et espèces fréquemment associées aux espèces sélectionnées
|
NOMS DES
ESPECES LES PLUS UTILISEES |
FAMILLES LES
PLUS FREQUEMMENT ASSOCIEES |
ESPECES LES
PLUS FREQUEMMENT ASSOCIEES |
|
Khaya comorensis |
-
ARALIACEAE 518,75%) - MORACEAE (18,75%) |
- Apodytes bebile
(12,19%) - Psychotria obtusifolia
(29,26%) |
|
Ocotea comorensis |
-
LOGANIACEAE (20,8%) - MORACEAE
(20%) |
-Aphloia theiformis
(17,7%) -Tambourissa leptophylla
(14,28%) |
|
Weinmannia comorensis |
-
EUPHORBIACEAE (27,7%) -
ARALIACEAE (24,22%) |
-Ophiocolea floribunda
(23,66%) -Gastonia comorensis
(20,24%) -Psychotria obtusifolia (13,79%) |
|
Tambourissa leptophylla |
-ARALIACEAE
518,75%) -CUNONIACEAE
(18,75%) -BIGNONIACEAE
(20,8%) |
- Weinmannia comoriensis(23,66%) -Aphloia theiformis
(17,7%) - Ophiocolea floribunda (23,66%) |
|
Brachyalena ramiflora |
-MYRTACEAE
(33%) -MONIMIACEAE
(31%) -
FLACOURTIACEAE (22,29%) |
-Tambourissa leptophylla
(24,2%) -Cyathea sp (22,39%) -Nuxia pseudodenta
(21,26%) |
L’étude ethnobotanique permet de connaitre les différents types
d'utilisation et exploitation des
ressources végétale et la méthode employée permet de connaître
l’importance de l’utilisation et la pression qui peut s’exercer sur les espèces
végétales. Etant donné que cette méthode sollicite la mémoire des personnes
interrogées, elle pourrait occasionner des biais liés à l’appréciation
personnelle de l’enquêté [44] ; [45]. L’importance accordée à l’utilisation des espèces dépend de chaque
individu qui donne une appréciation personnelle. Cette appréciation fait
souvent référence à leur préférence personnelle qui peut ne pas être liée ou en
accord avec les pratiques socio-culturelles du milieu ou de leur groupe
socio-culturel. Néanmoins, cette méthode est largement utilisée en ethnobotanique
par plusieurs autres auteurs et a le privilège de faire ressortir des résultats
assez concluants [46] ; [47].
4.2. Espèces
les plus utilisées.
Khaya comorensis, Ocotea comorensis, Weinmannia comorensis, Tambourissa leptophylla et Brachylaena ramiflora constituent les espèces les plus utilisées
avec des indices d’utilisation proches de 100% et sont toutes caractéristiques
des formations denses humides. Ces espèces existent dans les forêts humides du
mont Ntringui à Anjouan [25], de La Grille dans l’île de la Grande Comore,
de Mzé Koukoulé dans l’île
de Mohéli [28] et [29] et font parties également des espèces les plus utilisées à Anjouan comme dans les
autres localités des Comores comme il est souligné dans ces études antérieures.
4.3. Utilisations
des espèces végétales en médecine traditionnelle
L’importance donnée aux plantes comme premier recours de soin par les
communautés
enquêtées dans les sept (7) se justifie par des raisons de croyance,
d’efficacité et de coût par rapport à la médecine moderne. Les types de soins
sont variés et 41% des personnes enquêtées ont exprimé une grande satisfaction
par rapport aux troubles gastriques, sexuels et spirituels. Par rapport aux
autres études sur les îles Comores, c’est à Anjouan où l'utilisation des
plantes pour les soins prend une place importante (24% de la flore total
inventoriée). Selon [25], c’est à Anjouan qu’on trouve les tradipraticiens
renommés et les populations utilisent les plantes pour se soigner pour des raisons socio-économiques
mais aussi pour des raisons de croyance sur une « efficacité évidente » par
rapport à la médecine moderne. Cette richesse floristique anjouanaise en
plantes médicinales est confirmée par d’autres études. [25] a parlé d'une flore
anjouanais riche en plantes médicinales et médico-magiques que les communautés
ont l'habitude de cueillir pour se soigner. Les utilisations sont presque les
mêmes entre les localités et les domaines d’utilisations sont proches. Selon
[27], l’archipel des Comores est un trésor de plantes médicinales. Les
résultats sur l’utilisation des espèces corroborent à ceux trouvés par [25] et
[26].
L’étude a
inventoriée une vingtaine d’espèces l’ensemble de plantes utilisées par les
communautés villageoises pour les soins est faible comparée à la flore total
inventoriée (environ 7% de la flore totale). Toutefois les nombres sont proches
de ceux des autres études réalisées dans d’autres sites du pays. Sur le Mont Ntringui à Anjouan, [26] a recensé 25 espèces dans 4
localités. [28] a recensé 24 espèces de plantes utiles dans 6 localités dans la
forêt humide de Mzé Koukoulé
dans l’île de Mohéli aux Comores mais dans sa liste sont incluses également
certaines espèces d’arbres fruitiers non forestiers et cultivés (Manguiers,
cocotiers, caféiers etc.). [30] a recensé 44 espèces utilisées dont 21 pour
soigner des populations dans 13 localités enquêtées dans la forêt humide de
l’île du Karthala aux Comores. [31] a inventorié 72 espèces végétales utilisées
pour des soins sur l’ensemble du territoire national, mais ce chiffre inclut tous les écosystèmes.
En revanche, ce nombre d’espèces végétales
obtenu dans la présente étude est aussi bien inférieur à ceux identifiés au
Bénin par [32] dans la forêt marécageuse de Lokoli et par [33] dans les
terroirs riverains de la Réserve de biosphère de la Pendjari
au Bénin qui ont respectivement dénombré 241 et 118 espèces végétales. Ceci
pourrait s’expliquer par des raisons climatiques et/ou édaphiques ; ou
bien il existerait également aux Comores beaucoup d’autres espèces qui ne
suscitent aucun intérêt d’exploitation pour les populations comoriennes ou qui
ne sont pas connues. Les études sur la biodiversité sont en cours. Les travaux
réalisés à Anjouan sont peu nombreux et
limitent ainsi leur exploitation pour les comparer aux résultats de la présente
étude.
La présente étude, comme celles menées ans les autres îles de l’archipel
des Comores révèle que plusieurs organes sont utilisées par les communautés
villageoises pour satisfaire leurs besoins. D’autres études ailleurs l’ont
confirmée. Les populations font usage de plusieurs organes de plantes en vue de
la satisfaction de leurs divers besoins [34]. En milieu rural surtout, ces espèces font partie des moyens
d’existence des populations avec des valeurs sociales et économiques attachées
à chacune d’elle [35] ; [36]. Il s’agit essentiellement de services d’approvisionnement ou de
prélèvement qui assurent le maintien de la société rurale [37], y compris la restauration des terres dégradées [38].
Cette étude a révélé que plusieurs parties de plantes sont utilisées par
les populations. Cependant, les bois ont constitué dans le milieu d’étude, les
parties les plus utilisées. Des résultats comparables ont été observés par [39] dans une étude sur l’importance culturelle et valeur d’usage des
ressources végétales de la réserve forestière marécageuse de la vallée de Sitatunga à Zinvié et ses zones
connexes au Benin. Dans cette étude, le taux de réponse des organes le plus
élevé est porté vers le bois, ce qui s’oppose donc à une perspective de gestion
durable des ressources ligneuses, car, la récolte du bois tout comme dans le
cas des racines et écorces ou du prélèvement entier, peut avoir un impact
négatif sur les espèces végétales comparativement à celle des feuilles [40] ; [41].
Après le bois, les feuilles
représentent les organes les plus recherchés. Des résultats similaires ont été
obtenus dans des travaux portant sur l’utilisation et préférence des espèces
végétales ligneuses dans deux forêts classées au Niger par [42]. Ce résultat s’expliquerait par le fait que les utilisations
médicinales sont surtout portées vers les feuilles. D’autres travaux de
recherche comme ceux [41] abondent
dans le même sens et révèlent que les feuilles ont été mentionnées comme
organes les plus utilisées dans la pharmacopée traditionnelle. Ce taux
d’utilisation des feuilles pourrait se justifier d’une part par la facilité de
cueillir les feuilles et d’autre part par la concentration des molécules
actives responsables des propriétés biologiques des espèces végétales
médicinales [43]. Par ailleurs, bien que les résultats
montrent que les bois constituent les organes les plus utilisées sur les
plantes, il existe des espèces comme Piper
capens
et Callophyllum comorensis dont le mode de prélèvement
est basé sur la récolte des racines. Cela peut être préjudiciable à la
viabilité des populations de ces espèces, en particuler
l’espèce Piper capens qui est déjà en voie de disparition dans
certaines localités (Chandra, Ouzini, Moya). En plus, il existe des exploitants qu’au lieu de
prendre seulement la partie nécessaire, cassent la branche ou arrachent parfois
la plante entière. Cette mauvaise pratique pourrait empêcher la durabilité des
espèces en entrainant sa disparition. Pour les bénéfices des générations
présentes et futures, des communautés locales pourraient bénéficier quelques
formations pour s’approprier des outils et des techniques rationnelles de
prélèvement des organes des plantes selon les espèces et d’appliquer la
politique forestière dont le but est d’assurer l’exploitation durable de ces
ressources.
4.6. Richesse floristique inventoriée
Dans les sept (7) sites de relevés, 280 espèces réparties dans 200 genres
et 84 familles ont été recensées et identifiées. Le nombre d’espèces est élevé
comparé à celui trouvé par [25] qui a inventorié 230 espèces mais dans 4 sites
de relevés écologiques autour du mont Ntringui. Ce
fait pourrait être expliqué par l’extension du nombre de sites de relevé
(inclusion des forêts de Moya et de Dindri dans cette étude).
L’étude a permis
d’appréhender les valeurs accordées aux ressources forestières dans la vie
quotidienne des communautés anjouanaises. Les espèces ont des utilisations
variées (bois d’énergie, bois d’œuvre, plantes médicinales et fourrage)
mais leur exploitation pourrait ne pas être durable. Ainsi cette étude a permis
de mettre en exergue les espèces à forte valeur d’usage qui devraient être
prises en compte dans les actions de restauration ou de conservation afin de
permettre une exploitation durable des dites espèces. Les aménagements devront
suffisamment tenir compte donc des spécificités d’usages connus, de
l’importance des espèces, ainsi que des multiples sollicitations dont elles
font l’objet. Ainsi, pour l’intérêt des générations présentes et futures, la
sensibilisation sur la nécessité de régénérer les espèces locales les plus
utilisées et menacées en particulier, celles que les populations jugent
prioritaires, l’identification et délimitation des zones prioritaires de
conservation et de reboisement, l’émergence d’alternatives et de substituts de
produits de plantes à travers des pratiques innovantes d’agroforesterie
constituent des mesures à prendre. Ces mesures auront des conséquences directes
sur les politiques publiques et la promotion de nouvelles sources d’énergie qui
serviront de véritables pistes de solutions.
Remerciements
Nous
remercions vivement les communautés locales des villages riverains, en
particulier les jeunes, pour avoir facilité la collecte des informations sur le
terrain et pour leur disponibilité lors des travaux de terrain qui ont permis
la réalisation de cette étude.
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ANNEXE I: : LISTE DES
ESPÈCES COURAMMENT UTILISÉES PRÉLEVÉES DANS LES FORÊTS DENSES HUMIDES SEMPERVIRENTES
DE L’ÎLE D’ANJOUAN
|
FAMILLES |
NOMS SCIENTIFIQUES |
NOMS VERNACULAIRES |
V1 |
V2 |
V3 |
V4 |
V5 |
V6 |
V7 |
VT |
Indice (%) |
|
|
ASTERACEAE |
Brachylaena ramiflora var. comorensis |
Mchélé/Hadza |
C-O |
C-O |
C-O |
C-O |
C-O-M |
C-O-M |
C-O-M |
C-O |
100 |
|
|
CUNONIACEAE |
Weinmannia
comorensis |
Mkindrikidri |
B-Bo- C |
B-Bo- C |
B-Bo- C |
B-Bo- C |
B-Bo- C |
B-Bo- C |
B-Bo- C |
B-Bo- C |
100 |
|
|
LAURACEAE |
Ocotea
comorensis |
Mrebwé |
Bo-C-M |
Bo-C-M |
Bo-C-M |
Bo-C-M |
Bo-C-M |
Bo-C-M |
Bo-C-M |
Bo-C-M |
100 |
|
|
MELIACEAE |
Khaya
comorensis |
Mpori, Mtrondo |
B-Bo-C |
B-Bo-C |
B-Bo-C |
B-Bo-C |
B-Bo-C |
B-Bo-C |
B-Bo-C |
B-Bo-C |
100 |
|
|
MONIMIACEAE |
Tambourissa
leptophylla |
Mdjaru |
B-Bo-C-M |
B-Bo-C-M |
B-Bo-C-M |
B-Bo-C-M |
B-Bo-C-M |
B-Bo-C-M |
B-Bo-C-M |
B-Bo-C-M |
100 |
|
|
SAPOTACEAE |
Chrysophyllum
boivinianum |
Mimbadjewu |
Bo |
Bo |
Bo |
Bo |
Bo-M |
Bo-M |
Bo |
Bo |
98 |
|
|
PIPERACEAE |
Piper capens |
Mdahafilifili |
M |
M |
M |
M |
M |
M |
M |
M |
95 |
|
|
EUPHORBIACEAE |
Orphilea
coriacea |
Chivounzé |
B-C |
B-C |
B-C |
B-C |
B-C |
B-C |
B-C |
B-C |
87,5 |
|
|
MORACEAE |
Ficus reflexa |
Mvuvu |
Co-F |
Co-F |
Co-F |
Co-F |
Co-F |
Co-F |
Co-F |
Co-F |
76 |
|
|
FLACOURTIACEAE |
Aphloia
theiformis |
Chivissa chidu |
Al-B-C-M |
Al-B-C-M |
Al-B-C-M |
Al-B-C-M |
Al-B-C-M |
Al-B-C-M |
Al-B-C-M |
Al-B-C-M |
75 |
|
|
CLUSIACEAE |
Callophyllum
comorensis |
Mtruwagnugni |
Bo-Cs-M |
Bo-Cs-M |
Bo-Cs-M |
Bo-Cs-M |
Bo-Cs-M |
Bo-Cs-M |
Bo-Cs-M |
Bo-Cs-M |
75 |
|
|
MYRSINACEAE |
Rapaena
comorensis |
Mhonko |
B-C-F |
B-C-F |
B-C-F |
B-C-F |
B-C-F |
B-C-F |
B-C-F |
B-C-F |
62,5 |
|
Légende :
-
Utilisation
F : Fourrage ; O : Plantes
ornementales ; C : Construction Bo :
Bois d’œuvre ; M : Médicinale ;
B : Bois de chauffe ; Al :
Alimentaire ; Co : Cosmetique ; Dj : Djine ou
esprit ; Cs : Cosmétique ;
- Villages
V1 : Mdjimandra ;
V2 : Bandrani ya Vouani ;
V3 : Lingoni ; V4 : Dindri ;
V5 : Chandra ; V6 : Moya ; V7 : Ouzini
ANNEXE I: : LISTE DES ESPÈCES
COURAMMENT UTILISÉES PRÉLEVÉES DANS LES FORÊTS HUMIDES SEMPERVIRENTES DE L’ÎLE
D’ANJOUAN(Suite)
|
FAMILLES |
NOMS SCIENTIFIQUES |
NOMS VERNACULAIRES |
V1 |
V2 |
V3 |
V4 |
V5 |
V6 |
V7 |
VT |
Indice (%) |
|
|
BUDDLEDJACEE |
Nuxia
pseudodentata |
Mwaha |
B-C |
B-C |
B-C |
B-C |
B-C |
B-C |
B-C |
B-C |
62,5 |
|
|
APOCYNACEAE |
Mdjaanfar |
Cs-M-O |
Cs-M-O |
Cs-M-O |
Cs-M-O |
Cs-M-O |
Cs-M-O |
Cs-M-O |
Cs-M-O |
50 |
||
|
LOGANIACEAE |
Anthocleista
grandiflora |
Mpapa |
C-F-M |
C-F-M |
C-F-M |
C-F-M |
C-F-M |
C-F-M |
C-F-M |
C-F-M |
50 |
|
|
EUPHORBIACEAE |
Phyllanthus pervilleanus |
Mrunda ntsolé |
C-F-O |
C-F-O |
C-F-O |
C-F-O |
C-F-O |
C-F-O |
C-F-O |
C-F-O |
25 |
|
|
LAURACEAE |
Cryptocaria
sp. |
Mfouapevo |
M |
M |
M |
M |
M |
M |
M |
M |
24 |
|
|
ICACINACEAE |
Grisollea
sp. |
Karolagnombé |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
12,5 |
|
|
ANACARDIACEAE |
Schinus
tereinthifolia |
Sohalamparoni |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
Dj-M |
12.5 |
|
Légende :
-
Utilisation
F : Fourrage ; O : Plantes
ornementales ; C : Construction Bo :
Bois d’œuvre ; M : Médicinale ;
B : Bois de chauffe ; Al :
Alimentaire ; Co : Cosmetique ; Dj : Djine ou
esprit ; Cs : Cosmétique ;
- Villages
V1 : Mdjimandra ;
V2 : Bandrani ya Vouani ;
V3 : Lingoni ; V4 : Dindri ;
V5 : Chandra ; V6 : Moya ; V7 : Ouzini
ANNEXE II: LISTE DES ESPÈCES NON UTILISÉES COMME BOIS DE FEU
|
FAMILLES |
NOMS
SCIENTIFIQUES |
NOMS
VERNACULAIRES |
PORTS |
CAUSES |
DISPONIBILITE
DANS LA NATURE |
|
EUPHORBIACEAE |
Jatropha
curcas |
Msumu |
Arbuste |
Trop de fumée |
Abondant |
|
POACEAE |
Bambusa
sp. |
Mibambu |
Arbre |
Cendre est toxique |
Moyen |
|
MORINGACEAE |
Moringa
oleifera |
Mvungwé |
Arbuste |
Reveille les djines |
Moyen |
|
RUTACEAE |
Teclea
punctata |
Mrimudu |
Arbre |
Reveille les djines |
Moyen |
|
AGAVACEAE |
Dracaena ramiflora |
Mtsanga |
Arbre |
Reveille les djines |
Moyen |
|
LOGANIACEAE |
Anthocleista
grandifolia |
Mpapa |
Arbre |
Trop de fumée |
Moyen |
|
ASTERACEAE |
Brachylaena
ramiflora |
Mchélélé |
Arbre |
Perfore les marmites |
Faible |
ANNEXE III: ESPÈCES
UTILISÉES COMME BOIS D’ŒUVRE A LINGONI
|
FAMILLES |
NOM
SCIENTIFIQUES |
NOMS
VERNACULAIRES |
PORTS |
UTILISATIONS |
|
ARALIACEAE |
Cussonia
spicata |
Mtrengémwé |
Arbre |
Planche |
|
ARALIACEAE |
Gastonia
duplicata |
Mtémbéya |
Arbre |
Planche |
|
ASTERACEAE |
Brachylaena ramiflora. var.comorensis |
Hadza/Mchélélé |
Arbre |
Chevron |
|
CUNONIACEAE |
Weinmannia
comorensis |
Mkndrikindri |
Arbre |
Meuble et ustensile |
|
EUPHORBIACEAE |
Orphilea
coriaceae |
Chivudzé |
Arbre |
Chevron |
|
EUPHORBIACEAE |
Anthostema
madagscariensis |
Mtrondrodzia |
Arbre |
Chevron |
|
FABACEAE |
Albizia
lebbeck |
Mzilandzé |
Arbre |
Planche, chevron |
|
ICACINACEAE |
Grisolea
myriantha |
Karo la gnombé |
Arbre |
Chevron |
|
LAURACEAE |
Ocotea
comorensis |
Mrobwé |
Arbre |
Meuble |
|
LOGANIACEAE |
Anthocleista
grandiflora |
Mpapa |
Arbre |
Planche |
|
MELIACEAE |
Khaya
comorensis |
Mrébwé |
Arbre |
Planche, chevron |
|
MONIMIACEAE |
Tambourissa
kiriri |
Mdjaru |
Arbre |
Planche |
|
MORACEAE |
Ficus lutea |
Mvuvu |
Arbre |
Planche |
|
MYRTACEAE |
Eugenia coorensis |
Chikélé |
Arbre |
Planche |
|
RUBIACEAE |
Gaertnera
sp. |
Mrimudu |
Arbre |
Chevron |
|
RUBIACEAE |
Ixora foliicalyx |
Mméantsi |
Arbre |
Chevron |
|
SAPOTACEAE |
Chrysophyllum
boivinianum |
Mimbandjéu |
Arbre |
meuble |
ANNEXE IV : ESPÈCES UTILISÉES COMME PLANTES MÉDICINALES À OUZINI
|
FAMILLES |
NOMS SCIENTIFIQUES |
NOMS VERNACULAIRES |
MALADIES TRAITEES |
PARTIES UTILISEES |
MODES D’UTILISATION |
|
ASTERACEAE |
Ageratum conizoides |
Mnouka |
Vertige, hypertension |
Feuilles |
Décoction |
|
Bidens pilosa |
Ntsohoyo |
Anémie, hypertension |
Feuilles |
Décoction |
|
|
Brachylaena
ramiflora |
Mhadza |
Troubles sexuels |
Feuilles |
Décoction |
|
|
CUCURBITACEAE |
Momordica Charantia |
Marigoz |
Maux de ventre |
Feuilles et fruits |
Décoction |
|
EUPHORBIACEAE |
Phyllanthus sp. |
Mrundatsolé |
Pertes blanches |
Feuilles |
Fumigation |
|
Croton sp. |
Mhupvé |
Maladie mentale |
Racine |
Décoction |
|
|
FABACEAE |
Cassia singueana |
Mlambuzi |
Insomnie |
Feuilles |
Décoction |
|
LAMIACEAE |
Plectranthus aromaticus |
Paraouvé |
Toux et Maux de ventre |
Feuilles |
Jus ou Décoction |
|
Ocimum canum |
Kandza |
Maux de ventre et Paludisme |
Plante entière |
Décoction Fumigation |
|
|
Ocimum suave |
Ntroulé |
Maux de ventre et fièvre |
Plante entière |
Décoction Fumigation |
|
|
LAURACEAE |
Cinnamomum zeylanicum |
Mdarassiné |
Indigestion, hypertension |
Feuilles |
Décoction |
|
FLACOURTIACEAE |
Aphloia theiformis |
Mhomba |
Chaux de pisse, entérite, stérilité sexualité |
Feuilles |
Décoction |
|
LEACEAE |
Leea guinensis |
Pandranzidja |
Convulsion |
Feuilles |
Décoction |
|
MONIMIACEAE |
Tambourissa leptophylla |
Mdjaru |
Constipation |
Feuilles, Fruits |
Poudre Décoction |
|
MORACEAE |
Ficus reflexa |
Mzingara |
Indigestion |
Feuilles |
Infusion |
|
MYRISTICACEAE |
Myristica fragrans |
Nkoukou manga |
Caries dentaires, maux de tête, douleurs
abdominales, tension artérielle |
Tige, graines |
Brosse à dents, décoction graines |
|
MYRTACEAE |
Eucalyptus sp. |
Mkinini |
Paludisme |
Feuilles |
Fumigation |
|
Eugenia aromatica |
Mkarafou |
Paludisme, douleur |
Feuilles |
Décoction |
|
|
PIPERACEAE |
Piper capens |
Mdafilifili |
Entérite, diabète |
Feuilles, inflorescences |
Feuilles |
|
RUTACEAE |
Citrus limon |
Ndrimwegné |
Hernie |
Feuilles, fruits |
Décoction |
ANNEXE V: ESPÈCES UTILISÉES COMME LE FOURRAGE ANIMAL À OUZINI
|
FAMILLES |
NOMS
SCIENTIFIQUES |
NOMS
VERNACULAIRES |
PORTS |
TYPE
DE BETAIL |
DISPONIBILITE
DANS LA NATURE |
|
ANNONACEAE |
Cananga
odorata |
Mlang-langui |
Arbre/ arbuste |
Tout ruminant |
Moyen |
|
BALSAMINACEAE |
Impatiens anjouanesis |
Pidambé |
Herbe |
Bovin |
Abondant |
|
COMMELINACEAE |
Commelina sp. |
Domoré |
Herbe |
Tout ruminant |
Moyen |
|
EUPHORBIACEAE |
Phyllanthus pervileanus |
Mdrondra ntsolé |
Arbuste |
Tout ruminant |
Abondant |
|
EUPHORBIACEAE |
Securinega
virosa |
Mhamba |
Arbre |
Tout ruminant |
Moyen |
|
ERYTHROXYLACEAE |
Erythroxylum
sphaeranthum |
Mganvundzi |
Arbuste |
Bovin, caprin, ovin |
Abondant |
|
FABACEAE |
Cassia singueana |
Mlambuzi |
Arbre |
Caprin |
Abondant |
|
FABACEAE |
Pterocarpus
indicus |
Mpoitramadji/ Mbaruti |
Arbre |
Caprin |
Abondant |
|
FABACEAE |
Gliricidia |
Mglirissidia |
Arbuste |
Caprin |
Moyen |
|
LAURACEAE |
Litsea
glutinosa |
Mzavuka maro |
Arbuste |
Tout ruminant |
Abondant |
|
MORACEAE |
Ficus reflexa |
Mzingara |
Arbre |
Bovin, caprin, ovin |
Abondant |
|
MORACEAE |
Arthrocarpus altilis |
Mvuriapa |
Arbre |
Tout ruminant |
Moyen |
|
MORACEAE |
Arthrocarpus heterophyllus |
Mfanassi |
Arbre |
Tout ruminant |
Moyen |
|
POACEAE |
Brachiaria
nana |
Chtsangué-tsangué |
Herbe |
Tout ruminant |
Moyen |
ANNEXE VI : Taux de régénération des espèces
sélectionnées dans les 9 sites
|
N°
DES SITES |
NOMS
DES SITES |
ESPECES
LES PLUS UTILISEES |
||||
|
Khaya comorensis (MELIACEAE) |
Ocotea comorenisis (LAURACEAE) |
Weinmannia comorensis (CUNONIACEAE) |
Tambourissa leptophylla (MONIMIACEAE) |
Brachylaena ramiflora (ASTERACEAE) |
||
|
Site 1 |
Ntringui |
X |
83,3% |
250% |
257,1% |
X |
|
Site 2 |
Béléa |
40% |
X |
500% |
262,5% |
80% |
|
Site 3 |
Lingoni |
28,5% |
85,7% |
475% |
150% |
85,7% |
|
Site 4 |
Bandrani ya vouani |
X |
X |
136% |
157,1% |
X |
|
Site 5 |
Mjimandra |
50% |
250% |
127,3% |
133,3% |
125% |
|
Site 6 |
Ouzini |
87,5% |
87,5% |
550% |
240% |
87,5% |
|
Site 7 |
Moya |
60% |
85,7% |
420% |
275% |
60% |
|
Site 8 |
Dzialandzé |
66,6% |
37,5% |
120% |
183% |
83,3% |
|
Site 9 |
Dindri |
X |
X |
X |
200% |
X |
Légende X : L’espèce n’a pas été rencontrée.
|
Cite this Article: Abou, A; Faramalala, MH; Edmond R (2022). Bioecological
Characterization of Heritage Plant Species of the Wet Forests of Anjouan (Comoros). Greener Journal of
Agricultural Sciences, 12(1): 102-119. |