By N’Guessan, K; Attoh-Touré, H; Konan, S; KouassI, B; Ekra, KD
(2023).
|
Greener Journal of
Epidemiology and Public Health ISSN: 2354-2381 Vol. 11(1), pp. 41-47,
2023 Copyright ©2023, Creative
Commons Attribution 4.0 International.
|
|
Click on Play button...
Title in English
The determinants of the occurrence of pregnancies in
the school environment
Title in French
Les déterminants de la survenue
des grossesses en milieu scolaire
N’GUESSAN Konan1; ATTOH-TOURE Harvey1; KONAN
Sidoine2; KOUASSI Bernadette3; EKRA Kouadio Daniel4
1.
Institut National d’Hygiène Publique
2. Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) d’Abidjan
3.
Institut National de Santé Publique
4.
Direction de Coordination du Programme Elargi de Vaccination
|
ARTICLE’S INFO |
|||
|
Article No.: 080823076 Type: Research |
Accepted:
09/08/2023 Published: 25/08/2023 |
*Corresponding Author N’GUESSAN Konan E-mail: nguesskonan@ yahoo.fr Phone: + 225 0707452981 |
Keywords: Mots clés: grossesse, précoce, milieu scolaire,
contraception. |
|
|
|
|
|
|
|
ABSTRACT |
|
|
Abstract in English Introduction: School pregnancies are a scourge of modern
times and a problem for parents and young girls alike. The overall objective
of this study was to determine the causes of school pregnancies Methods: We conducted a descriptive cross-sectional
study. Thanks to interviews carried out with young girls from the Lycée
Moderne de Cocody Angré aged 10 to 17. The selection criteria allowed us to
select 200 young girls from the period from December 01, 2020 to December 15,
2020, i.e. a duration of 15 days. Results: Seventy-four percent (74%) of young girls
from the Lycée Moderne de Cocody Angré (LMCA) were between 10 and 13 years
old, so the majority of respondents were in 6th grade with a total of 54
young girls. The results showed that 116 girls, or 58% of the students, lived
in Cocody commune in which the high school is located, followed by Abobo,
another commune very close to the LMCA. Young girls had had their first
sexual intercourse in the age group of 10-15 years, which represented 29%.
This proportion represented the majority of girls who had early sexual
intercourse. The majority of pregnancies occurred between 10-15 years with
23.5%. The study showed that a significant number of young girls (37%) did
not know the definition of contraception. Out of a workforce of 200 students,
it emerged that 92% of young girls had not used contraceptive methods. Conclusion: School pregnancies are a real fear for
everyone today. At the end of this study, it clearly appears that the
knowledge and effective use of contraceptives by young girl students could be
an important lever in the fight against pregnancies in schools. Résumé (French) Introduction : Les grossesses en milieu scolaire constituent un
fléau des temps modernes et un problème aussi bien pour les parents que pour
les jeunes filles. L’objectif général de cette étude était de déterminer les
causes des grossesses en milieu scolaire Méthodes : Nous avons réalisé une étude transversale descriptive. Grâce à des
interviews réalisées avec les jeunes filles élèves du Lycée Moderne de Cocody
Angré âgées de 10 à 17 ans. Les critères de sélection nous ont permis de
retenir 200 jeunes filles de la période du 01 Décembre
2020 au 15 Décembre 2020 soit une durée de 15 jours. Résultats : Soixante-quatorze pourcent (74%) des jeunes
filles du Lycée Moderne de Cocody Angré (LMCA) avaient un âge compris entre
10 et 13ans, aussi la majorité des enquêtées étaient en classe de 6ème avec un effectif de 54 jeunes filles. Les résultats
ont montré que 116 filles, soit 58% des élèves vivaient à Cocody commune dans
laquelle est situé le lycée, suivit d’Abobo une autre commune très proche du
LMCA. Les jeunes filles avaient eu leur premier rapport sexuel dans la
tranche d’âge de 10-15 ans ce qui représentait 29%. Cette proportion a
représenté la majorité des jeunes filles ayant eu des rapports sexuels
précoces. La majorité des grossesses est survenue entre 10-15 ans avec 23,5%.
L’étude a montré qu’un nombre important des jeunes filles (37%), ne
connaissaient pas la définition de la contraception. Sur un effectif de 200
élèves, Il est ressorti que 92% des jeunes filles n’avaient pas utilisées de
méthodes contraceptives. Conclusion : Les grossesses en milieu scolaire sont
aujourd’hui une véritable hantise pour tous. A l’issue de cette étude, il
apparait clairement que la connaissance et l’utilisation effective des
contraceptifs par les jeunes filles élèves pourraient être un levier
important dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire. |
|
|
|
INTRODUCTION
La grossesse c’est un état physiologique d’une personne de sexe féminin
en âge de procréer. D’ailleurs Assamoi en 2007 (1) définit la grossesse comme étant l’état d’une
personne enceinte, qui est la conséquence normale de rapports sexuels non
protégés dans une période favorable à la fécondation ou d’une mauvaise
utilisation des contraceptifs. La grossesse précoce survient chez la jeune
fille avant 18 ans et qui pourrait lui causer des problèmes de santé.
Assamoi ajoute « l’espèce humaine se perpétue à travers la
procréation dont le processus normal débute par la grossesse » (1). L’immaturité du bassin de la jeune fille
avant 18 ans et l’éventuel arrêt de sa scolarité seraient en partie des
conséquences liées aux grossesses en milieu scolaire. Aussi lorsqu’elle
survient chez une adolescente, la grossesse créé une préoccupation pour la
jeune fille et son entourage; car la grossesse a souvent des conséquences sur
la jeune mère et son fœtus, qu’elle soit désirée ou non (1) ASSAMOI 2007.
Selon l’OMS près de 16
millions d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans accouchent chaque année dans le
monde. La presque totalité (95%) de ces naissances surviennent dans des pays en
développement. Cela représente 11 % des naissances à l’échelle mondiale (2) (OMS 2012).
Ce nombre important de grossesses est très
souvent suivies de difficultés parfois mortelles.
Les acteurs éducatifs de même que les parents
s’inquiètent de ce phénomène, un mal silencieux qui provoque beaucoup
d’amertume et plombe la réussite scolaire des jeunes filles ; toute chose
qui ne peut être qu’un handicap quant à la participation de la femme à la
gouvernance selon Sorelle en 2017 (3).
Au
Benin, la direction générale de l’Institut national d’ingénierie de formation a
révélé au total 8554 cas de grossesses entre 2013 et 2019. Ainsi, le taux de
grossesses a connu une croissance en passant de 1485 cas de grossesse de
2013-2016 à 7069 cas de 2016 à 2019 selon Houngbadji (4) 2019.
Ces statistiques annuelles montrent l’ampleur
de ce phénomène qui bloque le cursus scolaire de beaucoup de jeunes filles selon Houngbadji en 2019 (4).
La Cote d’Ivoire n’est pas épargnée par ce
fléau, Depuis quelques années, Elle a pris conscience que les violences basées
sur le genre en général et les grossesses en milieu scolaire constituent un
réel danger pour l’avenir des jeunes
filles. Aussi, les autorités pour y faire face, l’ont qualifié de «
problème de santé publique et de développement » Gogoua 2015 en (5).
De ces faits quels pourraient être les
déterminants de ces grossesses en milieu scolaire?
Cette étude a pour objectif général de
déterminer les causes des grossesses en milieu scolaire. Les objectifs
spécifiques sont les suivants :
-
identifier les caractéristiques socio-démographiques et sexuelles des jeunes
filles du Lycée Moderne de Cocody Angré (LMCA),
-
déterminer les connaissances, attitudes et pratiques des jeunes filles
des méthodes contraceptives.
MATÉRIELS ET MÉTHODES
Cadre de l’étude
L’étude a eu lieu dans la commune de Cocody
située au nord-est et occupant 20,8% de la superficie (132 km2) de
la ville d’Abidjan. Elle est limitée au nord par la commune d’Abobo, au sud par
la lagune Ebrié, à l’est par la commune de Bingerville et à l’ouest par les
communes d’Adjamé et du plateau.
Le lieu de l’étude
C’est précisément
dans la commune de Cocody au quartier de Cocody-Angré notamment à Angré Djibi au LMCA qu’a eu lieu l’étude.
La population d’étude
Notre population cible était constituée des jeunes
filles du premier cycle, 1175 jeunes filles du LMCA parmi lesquelles nous avons
sélectionné celles qui ont un âge compris entre 10 ans et 17 ans.
Critères d’inclusions
- Nous avons inclus dans notre
étude les jeunes filles du premier cycle du lycée moderne de Cocody Angré (LMCA),
- Les jeunes filles avaient un
âge compris entre 10 et 17 ans et présentes pendant la période de notre
enquête.
Critères de non inclusion
-
Toutes les jeunes
filles du premier cycle qui fréquentaient le LMCA au moment de l’enquête et qui
avaient un âge non compris dans l’intervalle [10-17] ans,
- Toutes les jeunes filles du premier cycle
qui ont fréquenté le LCMA et qui pour des raisons qui leur étaient propre ont
refusé de participer à l’entretien,
- Les jeunes filles absentes pendant la
période de notre enquête,
- tout sujet n’ayant pas répondu aux critères
d’inclusion précités a été d’office non inclus dans l’étude.
Taille de l’échantillonnage.
Nous avons
opté pour un échantillonnage stratifié raisonné, qui a permis d’obtenir un
échantillon de 200 jeunes filles.
Les variables étudiées
Tranche d’âge, commune, classe, connaissance,
utilisation ou non des méthodes contraceptives et âge du 1er rapport
sexuel.
Outils de collecte des données
La collecte des données a été faite à l’aide de questionnaires anonymes
adressés aux jeunes filles du premier cycle du LMCA âgées 10-17 ans incluses dans
l’enquête avec des questions ouvertes ou fermées adressées.
Mode de collecte de donnés
Il s’est agi d’interviews réalisées en face à face. Les informations ont
été collectées auprès des jeunes filles du LCMA âgées de [10 - 17] ans. Les
données ont été recueillies de classe en classe de sorte à parcourir toutes les
classes.
L’analyse des données
Une analyse
quantitative uni variée a été réalisé. Elle a été descriptive et nous a permis
de déterminer les moyennes, les proportions et des différentes variables
sociodémographiques (tranche d’âge, religion, l’âge du premier rapport sexuel,
utilisation ou non d’une méthode contraceptive…).
Des
questionnaires nous ont permis de réaliser l’enquête. Les données ont été
saisies et analysées à l’aide du logiciel Epi Info, le traitement de texte et
les graphiques ont été réalisés grâce aux logiciels Word et Excel 2016.
Considération éthique
Notre enquête a été possible grâce à une autorisation du ministère de la
santé et de l’hygiène publique sous le n° 718 du 19/ 06/2020 ; et d’une autre
autorisation du ministère de l’éducation nationale de l’enseignement technique
et de la formation professionnelle. Ces autorisations ont facilité l’accès à
notre milieu d’étude.
Pour marquer le caractère confidentiel de
notre activité, nos questionnaires étaient anonymes. Nos répondants n’étaient
pas hésitants. Néanmoins, nous nous sommes efforcés de respecter leur
susceptibilité. Toutes les enquêtées pouvaient mettre fin à l’enquête sans
aucune contrainte.
Difficultés
et limites de l’étude
Les résultats de
notre étude ne sont valables que pour le Lycée Moderne Cocody-Angré et ne
peuvent servir à d’autres recherches dans le district d’Abidjan ni même
ailleurs.
Les difficultés rencontrées sont : le
refus de certaines jeunes filles de participer à l’enquête en ne rendant pas
les questionnaires et la fuite des autres.
RESULTATS
Résultat attendu relatif aux caractéristiques
socio-économiques, culturelles, démographiques et sexuelles des jeunes filles
Tableau I : Répartition des jeunes filles enquêtées selon
l’âge
|
Age |
Classe |
Effectif |
Proportion |
|||
|
|
6ème
|
5ème |
4ème |
3ème |
|
|
|
[10-13] |
54 |
33 |
39 |
22 |
148 |
74 |
|
[14-15] |
0 |
0 |
12 |
30 |
42 |
21 |
|
[16-17] |
0 |
0 |
02 |
08 |
10 |
05 |
|
Total |
54 |
33 |
53 |
60 |
200 |
100 |
N=200
- Au regard de ce tableau ,74%
des jeunes filles du LMCA avaient un âge compris entre 10 et 13ans, aussi, la
majorité des enquêtées étaient en classe de 6ème
avec un effectif de 54 jeunes filles.
- Une vue synoptique
du graphique a montré que 116 soit 58% des élèves vivaient à Cocody commune
dans laquelle est situé le lycée, suivit d’Abobo une autre commune très proche
du LMCA.
Tableau II : Répartition des jeunes
filles enquêtées selon la tranche d’âge du 1er rapport sexuel
|
La
tranche d’âge au 1er rapport sexuel |
Effectif |
Proportion |
|
10-13 |
42 |
21 |
|
14-15 |
16 |
08 |
|
16-17 |
14 |
07 |
|
Absence
de rapport sexuel |
128 |
64 |
|
Total |
200 |
100 |
Ce tableau a montré que
58 jeunes filles ont eu leur premier rapport sexuel dans la tranche d’âge de
10-15 ans ce qui représentait 29%. Cette proportion représentait la
majorité des jeunes filles ayant eu des rapports sexuels précoces.
Tableau III : Répartition des
réponses des jeunes filles relatives à l’accouchement et à l’avortement
N= 200
|
Tranche d’âge |
Accouchement |
Avortement |
|
10-13 |
07 |
08 |
|
14-15 |
11 |
21 |
|
16-17 |
00 |
08 |
|
Absence de
grossesse |
182 |
163 |
|
Total |
200 |
200 |
La majorité des grossesses survenait entre
10-15 ans avec 47 cas de grossesse soit 23,5% dont une tendance abortive de
14,5%.
Questions relatives aux connaissances, attitudes et pratiques des jeunes
filles sur les méthodes contraceptives
Tableau IV : Répartition
relative à la définition de la contraception
|
Dénomination |
Effectif |
Proportion |
|
Vrai |
126 |
63 |
|
Faux |
74 |
37 |
|
Total |
200 |
100 |
Ce tableau a montré qu’un nombre important
des jeunes filles, soit 37% ne connaissaient pas la définition de la
contraception.
Tableau V : Fréquence des réponses relatives des filles à la connaissance
des différentes méthodes contraceptives
|
Méthodes |
Fréquence |
Proportion |
|
Pilules |
82 |
41 |
|
Préservatifs |
114 |
57 |
|
Stérilet |
48 |
24 |
|
Injectables |
32 |
16 |
|
Mama |
02 |
01 |
|
Implants |
22 |
11 |
|
Pilules du lendemain |
50 |
25 |
|
Méthode du calendrier |
50 |
25 |
N=200
Ce tableau, a montré
bien que les jeunes filles du LMCA ne connaissaient pas les méthodes
contraceptives dans leur entièreté. Le préservatif était cité à 57%, La pilule
était citée à 41%. La pilule du
lendemain et la méthode du calendrier étaient cités à 25% chacun, le stérilet
cité à 24%, les injectables à 16 %, l’implant à 11 % et la MAMA à 1 %.
- Sur un effectif de 200 élèves, Il est ressorti des méthodes
contraceptives que 92% des jeunes filles ne l’avaient pas utilisées.
- Une proportion de 67% n’acceptait pas les
méthodes contraceptives des jeunes filles.
- La majorité des jeunes filles soit 75%
n’avaient pas reçu de formation en matière de contraception.
DISCUSSION
Au niveau des caractéristiques socio-démographiques,
culturelles et sexuelles, les tranches d’âge 10-13 ans et 14-15 ans étaient les
plus élevés avec un pourcentage respectif de 74% le plus élevé et de 21%.
Lorsque nous avons cumulé les deux pourcentages nous avions un total de 95%.
Cela confirme que la majorité des élèves du premier cycle du LMCA avaient un
âge compris entre 14 et 15 ans. Nos résultats étaient en accord avec celle
réalisée par Sidibé et al en 2020 en Guinée qui ont rapporté que 93 % des
jeunes filles avaient un âge compris entre 15 et 19 ans (6). Par contre,
Gbaguidi quand à lui a rapporté un âge de 15 à 17 ans avec une proportion de
54,19% dans une étude réalisée au Bénin en 2017 (7). Elles sont en
pleine adolescence, qui est période de modification et de transformation aussi
bien sur le plan physiologique que psychologique. Selon les spécialistes en
psychologie sociale, cette période traduit en eux l’éveil des sens et de
découvertes nouvelles. Il ne devrait donc pas manquer d’informations
importantes pour leur équilibre physique et moral tel que les connaissances
liées à la sexualité a souligné Dagnogo (8).
Au niveau de la religion nous avons remarqué que ces résultats
révélaient, que de façon générale, tous les jeunes filles avaient une croyance
à laquelle elles se référaient, d’où 100% répartit comme suit 72 % pour la
religion chrétienne contre 24% pour la religion musulmane et 4% pour
l’animisme. Nos résultats étaient contraires à ceux de Dagnogo (8) qui a rapporté que
les jeunes filles issues des collèges catholiques étaient moins susceptibles
d’être enceintes compte tenu des principes religieux. En effet certaines
religions interdisent les rapports sexuels avant le mariage.
Des croyances qui recommandent les
bonnes conduites telles que la chasteté jusqu’au mariage soutient Dagnogo
(8).
Chez nos enquêtés qui ont affirmé avoir déjà eu un rapport sexuel, l’âge
du premier rapport se situait dans la tranche d’âge de 10-15 ans ce qui
représentait 29% chez les filles, la tranche d’âge qui connaissait le plus fort
taux de rapport sexuel était celle 10-13ans. Nos résultats corroboraient ceux
de Ahuie et al (9) qui ont rapporté que
l’âge des premiers rapports dans les années soixante-dix était entre 9 et 10
ans. Ce qui traduisait la précocité des rapports sexuels pouvant aboutir à des
grossesses toutes aussi précoces. Les rapports sexuels non protégés chez les
adolescents étaient notamment à l'origine de grossesses prématurées et non
désirées ainsi que des infections sexuellement transmissibles, y compris les
infections à VIH. A rapporté YAO (10)
Par ailleurs concernant l’issue de ces grossesses, toutes les tranches
d’âge du premier cycle ont été touchées par les grossesses, cependant la classe
d’âge 14-15 était la plus touchée avec 32 cas de grossesses dont 21 cas d’IVG
et 11 cas accouchements. La classe d’âge 10-13 suit avec 15 cas de grossesses
dont 7 cas accouchements et 8 cas d’IVG ; ce qui a montré l’existence et la persistance de grossesses parmi
ces filles en milieu scolaire. Par contre Sidibé et al ont rapporté que les élèves âgées de 15 à 19 ans (93 %)
étaient les plus nombreux (6). Cette tranche d’âge quoi qu’elle
soit encore scolarisée paraît mure pour certaines ou proche de la maturité pour
d’autres avec un âge mature de 18 ans.
Aussi bien l’accouchement que l’avortement clandestin comportaient
plusieurs risques et pouvaient provoquer des conséquences négatives sur le
physique et le moral de la jeune fille. Ces risques incluaient la perforation
utérine, l'hémorragie et l'infection mais au-delà, le risque de décès lié aux
complications post IVG étaient aussi élevés. La grossesse et ses complications
comportaient les risques les plus élèves pour l'adolescente. Car selon la
littérature, les taux de mortalité les plus élevés de mères au sein de groupe
d'âge étaient plus élevés que ceux de l'avortement chirurgical. Plusieurs
risques étaient donc liés à l'avortement. Au nombre de ces risques, nous avions
des risques somatiques et des risques psychologiques selon YAO (10).
Connaissance,
attitude et pratique des jeunes filles sur les méthodes Contraceptives
En ce qui concerne la connaissance, l’attitude et la
pratique des jeunes filles sur les méthodes contraceptives ; les jeunes
filles du LMCA ne connaissaient pas les méthodes contraceptives dans leur
entièreté. Le préservatif était cité à 57%, La pilule citée à 41%, La pilule du
lendemain et la méthode du calendrier étaient citées à 25% chacun, le stérilet
cité à 24% les injectables à 16 %, l’implant à 11 %, la MAMA (méthode de l'allaitement maternel
et de l'aménorrhée) à 1 %. On pourrait donc dire que les filles ne
connaissaient pas entièrement ces méthodes contraceptives. Cette méconnaissance
pourrait militer en faveur d’une grossesse. Aussi elle apparait dans une étude
EMDS (Enquête Modulaire de Démographie et Santé) au Burkina Faso avec 22,5% de
connaissance des méthodes contraceptives (11). Il serait urgent de
mettre en place, un plan de lutte contre les grossesses en milieu scolaire par
l’intensification des formations en planning familial chez la jeune fille.
Concernant la contraception, la sexualité des jeunes suscite encore de
nombreuses questions. A la relation sexuelle non protégée, s’ajoutent des
facteurs à la fois psychologiques, sociaux, culturels, économiques sous-jacents
aux comportements sexuels et contraceptifs des adolescentes. Cette situation a
des répercussions aussi bien sur l’ensemble des élèves que sur la population.
L’Etat ivoirien dans des données empiriques pouvant contribuer à réorienter.
Par ailleurs, malgré l’évolution des mentalités, il existe la disponibilité des
moyens de contraception et de diffusion de l’information selon YAO en 2014 (10).
CONCLUSION
Les grossesses en milieu scolaire sont aujourd’hui
considérées comme un fléau de notre temps. C’est aussi une situation qui peut
provoquer la hantise des parents. En effet, ceux-ci ont peur des grossesses car
elle peut constituer au frein dans le cursus scolaire de la jeune fille. De
plus une grossesse contractée pendant l’année scolaire peut empêcher une élève
de continuer ses études ou peut affecter son rendement scolaire. Les raisons de
ces grossesses sont l’âge précoce des premiers rapports sexuels et surtout la
méconnaissance et la non utilisation des méthodes contraceptives. La
connaissance et l’utilisation effective des méthodes contraceptives aux jeunes
filles s’imposent afin d’éviter les grossesses en milieu scolaire.
REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier le Directeur
du LMCA, le personnel enseignant et administratif et l’ensemble des élèves
dudit lycée.
Conflits
d’intérêts
Les auteurs n’ont rapporté aucun
conflit d’intérêts
Contribution
des auteurs
N’Guessan Konan : auteur du
protocole d’étude et de la revue de la littérature
Attoh- Touré Harvey : auteur de
la discussion et de la revue de la littérature
KONAN Sidoine : auteure du
commentaire des résultats
KAH Née KOUASSI Affoué
Bernadette : qui a réalisée l’enquête
EKRA Kouadio Daniel : responsable
de la supervision de cette étude
REFERENCES
1. Assamoi. Les grossesses en milieu scolaire.
[Internet]. 2007 [cité 4 nov 2022]. Disponible sur:
https://www.google.com/search?q=1-+Assamoi+%3A+Les+grossesses+en+milieu+scolaire.+Institut+National+de+Formation+des+Agents+de+Sant%C3%A9+cycle+sup%C3%A9rieur+%2FDESS+en+soins+infirmiers+option+%3A+sant%C3%A9+publique%2C+2007+Pages+96&oq=1-%09Assamoi+%3A+Les+grossesses+en+milieu+scolaire.++Institut+National+de+Formation+des+Agents+de+Sant%C3%A9+cycle+sup%C3%A9rieur+%2FDESS+en+soins+infirmiers+option+%3A+sant%C3%A9+publique%2C+2007+Pages+96&aqs=chrome..69i57.2595j0j15&sourceid=chrome&ie=UTF-8
2. OMS. Mariages précoces, grossesses chez les
adolescentes et les jeunes femmes [Internet]. 2012 mars. (65 ème Assemblée
Mondiale de l’OMS). Disponible sur:
https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/80870/A65_13-fr.pdf
3. Sorelle M. Le Blog de Mariam Sorelle
[Internet]. 2017 [cité 4 nov 2022]. Disponible sur:
https://www.facebook.com/AfriqueMousso/
4. Houngbadji A. Grossesses en milieu scolaire
au Bénin. Quand l’impunité favorise la déscolarisation des filles par admin28
octobre 20190684 https://beninstopfake.news/ – Recherche Google
[Internet]. 2019 [cité 4 nov 2022]. Disponible sur:
https://www.google.com/search?sxsrf=ALiCzsbN607rXp_6g9Ni5zgGMRcqw9nKCQ:1667574633147&source=univ&tbm=isch&q=Houngbadji+(2019)+Grossesses+en+milieu+scolaire+au+B%C3%A9nin.+Quand+l%E2%80%99impunit%C3%A9+favorise+la+d%C3%A9scolarisation+des+filles+par+admin28+octobre+20190684+https://beninstopfake.news/&hl=fr&fir=b4A0fzuiX_I-rM%252CJn-JJVnG8vkFZM%252C_%253B0MZensBDdvo54M%252Cf91QzuwlEEPSdM%252C_%253Bj0lBzCR6j3lkhM%252CULKokWmfVjPGjM%252C_%253Bllgy7mzRvoh37M%252CzsoUuAs0QMaQgM%252C_%253Bn7g57BAfgnY1PM%252CHWFuWbnTrqFlSM%252C_%253Bj_lFpi5SL5rKlM%252CW7BqhrjqC9GDDM%252C_%253BcsshEgqS7ny2NM%252Csg9GRC96jJVWpM%252C_%253BO3FUh4oIu-NfHM%252Cl7-QTAQJMjcwzM%252C_%253BWn5wR8cVzMwg4M%252CDBLg1Ie_PV9XJM%252C_%253BZUvm8kmE2UsSdM%252CSstn2jODHGYD9M%252C_&usg=AI4_-kTZmgh0FUUCqb_-HBMNs1k4TjJczw&sa=X&ved=2ahUKEwinmJTN55T7AhUZQvEDHSftBpgQjJkEegQIGBAC&biw=1366&bih=657&dpr=1#imgrc=6OwAE2kHcuDyGM
5. Gogoua R. Cause des grossesses en milieu
scolaire [Internet]. 2015 [cité 4 nov 2022]. Disponible sur: http://www.notices-gratuites.com/c215fe8d8cf939c2336e3dffe800145a/pdf_cause%20des%20grossesse%20en%20milieu%20scolaire.html
6. Sidibé S, Grovogui FM, Millimouno TM,
Camara BS, Bouédouno P, Kourouma K, et al. Fréquence des grossesses en milieu
scolaire et profil des adolescentes concernées à Conakry, Guinée. Santé
Publique. 2020;32(5‑6):571‑82.
7. Gbaguidi T. Grossesses en milieu scolaire
dans l’arrondissement de Tchaourou (Bénin) : niveau, profil des femmes
concernées et conséquences en matière de scolarisation. 12 2017 [cité 4 nov
2022]; Disponible sur:
https://scienceetbiencommun.pressbooks.pub/tchaourou/chapter/grossesses-en-milieu-scolaire-dans-larrondissement-de-tchaourou-benin-niveau-profil-des-femmes-concernees-et-consequences-en-matiere-de-scolarisation/
8. Dagnogo GB. Les grossesses en milieu scolaire au prisme de la
communication pour le changement de comportement : l’exemple du lycée
moderne de Tengrela en côte d’ivoire. Sci Hum [Internet]. 25 mars 2016 [cité 7
nov 2022];1(3). Disponible sur: http://publication.lecames.org/index.php/hum/article/view/633
9. Ahuie AAC, Vonan APC, Dayoro ZAK. Précocité
sexuelle des adolescents et grossesse en milieu scolaire. Une étude réalisée
dans la commune d’Abobo (Côte d’Ivoire). Rev Ivoir Anthr Sociol [Internet].
2016;(33). Disponible sur:
https://www.revues-ufhb-ci.org/fichiers/FICHIR_ARTICLE_2350.pdf
10. YAO KA. Le porte-parole indépendant. 2015
[cité 7 nov 2022]. Grossesses en milieu scolaire en Côte d’Ivoire, les
statistiques de l’année scolaire 2014-2015 rendues publique. Disponible sur:
https://ivoireactu.mondoblog.org/2015/04/19/grossesses-en-milieu-scolaire-en-cote-divoire-les-statistiques-de-lannee-scolaire-2014-2015-rendues-publique/
11. Enquête modulaire Démographie et Santé. Farm
Radio Scripts. 2015 [cité 8 nov 2022]. L’utilisation des méthodes
contraceptives en milieu scolaire. Disponible sur:
https://scripts.farmradio.fm/fr/radio-resource-packs/114-ensemble-des-ressources-pour-la-radio-agricole/lutilisation-des-methodes-contraceptives-en-milieu-scolaire/
|
Cite this Article: N’Guessan, K; Attoh-Touré, H; Konan,
S; KouassI, B; Ekra, KD (2023). The Determinants of the Occurrence of
Pregnancies in the School Environment. Greener Journal of Epidemiology and Public
Health, 11(1): 41-47. |