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Greener
Journal of Social Sciences Vol. 13(1),
pp. 38-48, 2023 ISSN:
2276-7800 Copyright
©2023, Creative Commons Attribution 4.0 International. |
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Title in English
STUDY OF THE TRANSLATION MARKET IN THE DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO
Title
in French
ÉTUDE DU
MARCHE DE LA TRADUCTION EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Dina Ngonga Dinanga1, Tanyitiku Enaka Agbor Bayee (PhD)2, Sakwe George Mbotake (PhD)3
1. Pan-African University Institute for Governance,
Humanities and Social Sciences (PAUGHSS).
E-mail: dinangonga5{at}gmail.com
2. Advanced School of Translators and Interpreters,
University of Buea, Cameroon.
E-mail: etanyitiku{at}gmail.com
3. Advanced School of Transklators
and Interpreters, University of Buea, Cameroon.
E-mail: gmsakwe{at}yahoo.com
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ARTICLE’S INFO |
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Article No.: 100823104 Type: Research |
Accepted: 09/10/2023 Published: 15/10/2023 |
*Corresponding Author Dina Ngonga Dinanga E-mail: dinangonga5@ gmail.com |
Keywords: Mots clés : Traduction,
Marché de la traduction, Étude du marché |
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ABSTRACT |
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Abstract in English This study has
objectives of exploring the translation market in the Democratic Republic of
Congo in depth, with a view to understanding whether it is well organised and who the dominant stakeholders in this
market are, and also to identify the challenges associated with this market
and propose possible solutions for the development of the profession. To
achieve the objectives, we used a mixed methodology to collect quantitative
and qualitative data from 60 questionnaires administered to translators and
clients with respect to the market theories and the action theory of
translation. The analyses proved that the translation market is not organised. It is open to everyone, and this porous
situation does not help the profession to progress. The market has a very
high proportion of natural, male translators who translate into both their A
and B languages. The market has billing problems; there are no rules.
Translators translate many different types of text. Training professional
translators in translation schools, structuring the translation market and
teaching national languages remain the main challenges facing this market. Résumé (French) La présente étude a pour objectifs de
pouvoir explorer à fond le marché de la traduction en RD Congo en vue de comprendre
s’il est bien organisé et les acteurs dominants de ce marché d’une part et
d’autre part de relever les défis liés à ce marché et proposer des pistes de
solution pour l’éclosion de la profession. Pour atteindre nos objectifs, nous
avons utilisé une méthodologie mixte de collecte des données quantitatives et
qualitatives provenant de 60 questionnaires administrés aux traducteurs et
donneurs d’ouvrages à la lumière des théories du marché et de la théorie
actionnelle de la traduction. Les
analyses ont prouvé que le marché de la traduction n’est pas organisé. Il
reste ouvert à tout le monde et cette situation de porosité ne fait pas
progresser la profession. Le marché présente un taux très élevé des
traducteurs naturels et de sexe masculin qui traduisent vers leur langue A et
vers leur langue B. Le marché connait problème de facturation, il n’y a
aucune règle. Les traducteurs y traduisent plusieurs types de textes. La
formation des traducteurs professionnels dans des écoles de traductions, la
structuration du marché de traduction et l’enseignement des langues
nationales restent les principaux défis qui se présentent à ce marché. |
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1.
INTRODUCTION
La traduction demeure une vieille activité qui s’exerce
depuis les temps anciens et aujourd’hui qui est devenu une source de revenus
pour des milliers de traducteurs à travers le monde. Autant cette activité est
vieille de par le monde, autant elle l’est aussi en république démocratique du
Congo surtout que le pays est vaste et regorge une multitude de langues
différentes les unes des autres.
La genèse de la traduction (du moins
dans sa forme orale) en RD Congo remonte bien avant la période coloniale avec
les empires et royaumes qui existaient sur le territoire qui représente
aujourd’hui la RD Congo. Elle s’est formalisée pendant la colonisation jusqu’à
ce jour. La traduction est présente en RD Congo tant sur le plan public que
privé. La constitution du pays en son article 142 l’instaure obligatoirement
pour le bon fonctionnement des institutions étant donné que le pays compte
quatre langues officielles et certains congolais l’ont comme source de revenus.
La création de l’Organisation des Nations Unies vers la fin de la Deuxième
Guerre mondiale a aussi apporté un vent nouveau dans le domaine de la
traduction au pays avec la forte présence des agences des Nations Unies en
République démocratique du Congo et ces dernières doivent trouver des
traducteurs qui traduisent d’une des langues congolaises vers les langues
étrangères (soit le Français, soit l’Anglais) pour la plupart. Le développement
des échanges mondiaux n’a pas épargné l’activité de traduction en RD Congo,
notamment avec une présence remarquée de la Chine dans le secteur minier du
pays, les Indiens et Pakistanais dans le secteur commercial, les Kenyans dans
le secteur banquier, etc. Tous ces faits sont rendus possibles grâce à la
traduction étant donné que ceux qui viennent dans le pays n’ont pas d’autre
choix que de recourir à la traduction pour pouvoir exécuter efficacement leurs
tâches.
Malgré cette présence d’antan de la
traduction en RD Congo, force est de constater qu’aucune étude n’y a jamais été
consacrée pour comprendre son organisation, c’est-à-dire arriver à démontrer si
la traduction est bien organisée ou non et les défis qui se rattachent au
marché de la traduction en RD Congo. C’est ainsi que cette étude pose le
problème de l’organisation du marché de la traduction en RD Congo afin de
l’explorer. Cet article se propose donc
de répondre à ces deux questions à savoir : comment est organisé le marché
de la traduction en RD Congo et quels sont les défis que présente ce
marché ?
La présente étude vise à décrire le
paysage de la traduction en RD Congo et identifier les défis qui s’y attachent
et proposer des solutions concrètes pour relever ces défis afin de pouvoir
contribuer à l’essor de ce marché.
1.1.
Revue
empirique
Bien qu’il n’y ait pas d’études fournies sur cette
question en RD Congo, ce n’est pas le cas ailleurs en Afrique. Au Sénégal par
exemple, une étude a été menée sur le regard critique du marché de la
traduction : état des lieux et perspectives de développement. Cette étude avait
pour but de démontrer comment la traduction peut contribuer à l’économie du
pays et dans quelle mesure elle constitue (si et seulement si elle bien
organisée) une débouchée pour les jeunes diplômés des écoles de traductions. (Gassama : 2014).
Au Burundi, une étude qui a abordé quasiment dans le même sens a été
menée. Elle s’est consacrée à évaluer le statut professionnel de la traduction
dans le pays avec un accent mis sur le profil des traducteurs et la
contribution des enseignants de traduction dans la promotion du métier. (Nkurunzinza :2021). Au Ghana,
Adwoa (2021) s’est intéressée au marché de la
traduction en faisant une analyse des forces, faiblesses, opportunités et
menaces. Son objectif était de pouvoir identifier les parties prenantes qui
tirent le plus de profit sur le marché de la traduction au Ghana. Il sied de
constater que dans d’autres pays africains, de plus en plus les chercheurs
s’intéressent à la question du marché de la traduction, toujours est-il que ce
dernier ne cesse de croître et fleurir, nonobstant tous les pronostics qui
annoncent et prédisent sa disparition à cause du développement technologique
qu’a connu le monde sans cesse. C’est pourquoi nous avons jugé bon d’entreprendre
cette recherche pour le compte de la RD Congo.
1.2.
Définition
des concepts clés
Dans cette partie, il est question de définir les
concepts clés de notre étude à savoir : traduction, marché de la traduction,
étude du marché de la traduction.
1.2.1.
Traduction
D’emblée, le concept de traduction revêt plusieurs
acceptions. Il désigne à la fois le processus, le produit et la profession. Ce
concept a fait par ailleurs l’objet de plusieurs définitions selon différents
auteurs.
Dans cet article, il sied de préciser
que la traduction est prise dans son acception de profession c’est-à-dire
qu’elle est prise en tant qu’activité qui génère du profit aux traducteurs.
En suivant cette perspective, Newmark (2001 : 7) définit la traduction comme :
“A craft consisting in the attempt to replace a written message and/or
statement in one language by the same message and/or statement in another
language”.
« Un métier consistant à
s’efforcer de remplacer un message écrit et/ou une déclaration dans une langue
par le même message et/ou déclaration dans une autre langue ». (Notre
traduction).
Newmark, dans cette
définition, met l’accent sur le métier de traduction. Pour lui, la traduction
est en avant tout un métier, mieux une profession qui fonctionne comme bien
d’autres. C’est la dimension professionnelle de cette définition qui nous
importe le plus.
À ce propos, Gouadec
(1990) précise que la traduction est un processus et toute traduction est
un produit résultant de ce processus. Le processus a pour objet de supprimer,
au moins temporairement, le barrage des frontières linguistiques et
culturelles. Il vise à élargir la diffusion des produits, des concepts, des
idées et, si possible, à la rendre universelle… Pour remplir ses fonctions,
dans un sens comme dans l’autre, le produit-traduction doit être, répétons le
naturel dans le fond et dans la forme. Il doit respecter les conventions de
présentation, correction linguistique, formatage, mise en page, et lisibilité
générale répondant aux attentes de ses destinataires.
1.2.2.
Marché de la
traduction
Selon Hidouche (2022), en
économie, le marché désigne un système d’échanges où se rencontrent l’offre
(les vendeurs) et la demande (les acheteurs). C’est aussi l’ensemble des règles
formelles ou informelles par lesquelles ce type d’opérations économiques peut
se réaliser.
En traduction, le marché de la traduction désigne la
rencontre de l’offre de la traduction (par le traducteur, les agences de
traduction) et la demande de la traduction (par les clients). Il y a marché de
la traduction lorsqu’un donneur d’ouvrage (le demandeur) recourt à un
traducteur (l’offreur) afin de solliciter le service de traduction. Il ressort
de ce que le marché de la traduction rentre dans la catégorie des marchés des biens
et services étant donné que l’échange tourne autour d’un bien immatériel, le
service de traduction.
Gouadec (2007:134) quant à
lui définit le marché de la traduction ainsi :
The translation market can be
‘defined as a sum of innumerable market segments, some clearly identified,
other hazy’. In other words, translation market has identified segments like
language combination pair, direction of translation, etc. and unidentified
segments like degree of specialisation, volume of
translation work, translation rates among others.
Le marché de la traduction peut être défini
comme la somme d’innombrables segments de marché dont les uns sont clairement
identifiés et d’autres encore plus flous. En d’autres termes, le marché de la
traduction comporte des segments identifiés tels que les combinaisons
linguistiques, le sens de la traduction, etc. Et des segments flous tels que le
degré de spécialisation, le volume des traductions, les tarifs des traductions,
etc. (Notre traduction)
1.2.3.
Étude du
marché de la traduction
Une étude de marché généralement est une activité
d’exploitation marketing destinée à analyser, comprendre et mesurer le
fonctionnement réel des forces à l’œuvre dans le cadre d’un marché. Il s’agit
d’une activité typiquement mise en œuvre dans le cadre de la démarche du
marketing management (Mallika, 2019 : 6).
Dans cette même perspective, étudier
le marché de la traduction c’est analyser tous les éléments qui rentrent en
ligne de compte pour comprendre ce marché, c’est-à-dire qu’elle désigne l’ensemble
des flux relatifs à l’activité de traduction, les acteurs qui entrent en ligne
de compte, l’organisation de ce marché, la réglementation du marché, les
contraintes, les perspectives du marché. L’analyse détaillée de tous ces
éléments constitue sans nul doute l’étude du marché de la traduction.
2.
CADRE
THEORIQUE
Pour mener à bien cette étude, nous avons utilisé deux
catégories de traduction à savoir : les théories du marché et la théorie
actionnelle de la traduction.
2.1.
Les théories
du marché
Les théories du marché sont des théories économiques qui
étudient les mécanismes qui permettent aux acheteurs et aux vendeurs d’échanger
des biens et services. Elles étudient les forces qui influencent la demande et
l’offre sur un marché, les prix et les quantités échangées, la concurrence
entre les vendeurs, les coûts de production, les barrières à l’entrée, les
externalités et les régulations gouvernementales. Ces théories nous ont permis
de faire une étude du marché de la traduction en identifiant les acteurs
majeurs du marché de la traduction en RD Congo et l’importance de chacun des
acteurs sur le paysage de la traduction au pays.
2.2.
La théorie
actionnelle de la traduction
La théorie actionnelle de la traduction a été développée
en Allemagne par Justa Holz Manttari
(1984). Cette théorie considère la traduction comme une profession à part
entière et qui a certainement des objectifs bien clairs qu’il faut avoir à
l’esprit lors de son exercice. L’objectif premier de la théorie actionnelle est
de promouvoir une traduction fonctionnelle permettant de réduire les obstacles
culturels qui empêchent la communication de se faire de façon efficace. Pour y
parvenir, Holz-Manttari (1 984 : 139)
préconise tout d’abord une analyse minimale du texte source qui se limite à
« la construction et la fonction ». Pour elle, le texte source est
un simple outil pour la mise en œuvre des fonctions de la communication
interculturelle. Il n’a pas de valeur intrinsèque et est totalement tributaire
de l’objectif communicationnel que se fixe le traducteur (Guidère,
2008 : 71). La pertinence de cette
théorie à notre étude se révèle par le fait qu’elle s’efforce de mettre en
lumière non seulement les maillons qui entre dans la chaine de la production
d’une traduction c’est-à-dire les différents acteurs présents sur un marché de
traduction, mais aussi le mode de réalisation, les rémunérations et les délais
prévus, etc. Ces différents acteurs interagissent sur un marché de la
traduction. On ne peut pas concevoir la production d’une traduction sur un
marché sans tous ces éléments. Ces éléments sont au cœur de cette étude parce
qu’ils représentent des aspects non moins importants du marché.
3.
METHODOLOGIE
DU TRAVAIL
Cette recherche a utilisé une méthode à la fois
quantitative et qualitative d’autant plus que les données récoltées sont
mixtes. Il est question dans cette partie de présenter la taille de la
population, les techniques d’échantillonnage,
3.1.
Taille de la
population
La population de notre recherche est constituée de
traducteurs (indépendants et institutionnels), des entreprises et/ou
organisations non gouvernementales qui sollicitent les services de traduction
(que nous désignons dans ce travail par donneurs d’ouvrages), des traducteurs
du ministère des affaires étrangères, des traducteurs membres de l’ATIPCO.
3.2.
Techniques
d’échantillonnage
Pour le besoin de cette étude, nous avons constitué un
échantillon de 60 répondants. Ces 60 participants sont répartis ainsi
qu’il suit : 50 traducteurs (indépendants et institutionnels), et 10
donneurs d’ouvrages ou entreprises et/ou organisations non gouvernementales.
Nous avons recouru premièrement à
l’échantillonnage de boule de neige parce qu’il n’existe pas de base des
données ou des annuaires officiels qui renseignent sur le nombre des
traducteurs (indépendants et institutionnels) dans le pays. Il n’est pas
possible de savoir avec exactitude le nombre des traducteurs. La technique
boule de neige nous a permis de constituer un échantillon important à notre
recherche. Deuxièmement, nous avons utilisé l’échantillonnage par choix
raisonné. Cette technique nous a permis de constituer notre échantillon des
entreprises ou organismes qui ont recours à la traduction dans l’exercice de
leurs activités.
3.3.
Instruments
de collecte des données
Pour y parvenir, nous avons constitué deux questionnaires
d’enquêtes. L’un adressé aux traducteurs et traductrices, l’autre adressé aux
donneurs d’ouvrages (les clients, organismes qui recourent au service de la
traduction dans leur fonctionnement). Le choix de ces deux acteurs a été guidé
par leur proéminence sur le marché. Ces deux acteurs détiennent les
informations les plus pertinentes au sujet du fonctionnement du marché et à ce
titre, ils trouvent leur place dans cette enquête. Un échantillon de 50
traducteurs et 10 donneurs d’ouvrages a été constitué pour entreprendre cette
étude.
3.4.
Traitement et
analyse des données
Les données collectées seront analysées selon une
procédure bien déterminée. Les données quantitatives sont collectées par le
biais des questionnaires générés en ligne à l’aide de Google Forms. Les données ont été codées conformément aux
thématiques investiguées. Les thématiques sur lesquelles ont porté les
questionnaires étant développées en droite ligne avec les objectifs de la
recherche, l’encodage de données a aussi suivi les objectifs du travail. Une fois
entièrement codées, les données ont été exportées vers le logiciel SPSS afin
d’assurer des contrôles supplémentaires de cohérence, d’étendue des données et
de validation aux fins d’identifier les codes non valides, ce qui a été fait à
l’aide de statistiques exploratoires. Après que les données ont été vérifiées
afin de détecter d’éventuelles erreurs, les données quantitatives ont été
analysées à l’aide d’outils statistiques descriptifs et inférentiels.
Les résultats obtenus sont présentés à l’aide de tableaux de distribution de
fréquences et de graphiques.
3.5.
Considérations
éthiques
La règle d’or d’une recherche scientifique reste la prise
en compte de certaines valeurs éthiques telles que l’anonymat des participants,
la confidentialité des données, la participation volontaire des répondants, le
consentement des participants, etc. Les participants à cette étude ont été
préalablement informés sur les contours de la recherche de sorte qu’ils peuvent
soit prendre part volontairement soit décliner leur participation à l’étude.
Les participants ont été éclairés quant au but de la recherche, dans quel cadre
est-elle entreprise, à quelles fins et que les résultats de la recherche seront
exploités sans leur consentement au préalable. Un contact a été mis à leur disposition
pour d’éventuelles questions.
4.
PRESENTATION
ET ANALYSE DES RESULTATS
L’analyse des données sur l’organisation du marché de la
traduction en RD Congo s’est faite suivant les points principaux
ci-après : le genre, la tranche d’âge, le niveau d’étude après le diplôme
d’État, la formation du traducteur, l’expérience professionnelle, le statut du
traducteur, les combinaisons linguistiques, les types de textes traduits, les
services offerts en plus de la traduction, la facturation (le prix standard
d’une la traduction), le volume annuel. La présentation de toutes ces
informations permettra d’y dégager les défis que présente le marché de la
traduction en RD Congo. Enfin, il sera question de proposer des solutions pour
relever ces défis et permettre à ce marché de connaitre son éclosion.
4.1.
Sexe

Graphique 1 : répartition des répondants
selon le genre
Selon le graphique ci-haut, les résultats des analyses
montrent que selon la variable genre, il existe plus des traducteurs que des traductrices.
Parmi les 40 répondants, 27 (soit 66% de l’échantillon) sont de sexe masculin
et 13 (soit 34% de l’échantillon) sont de sexe féminin. Contrairement en Europe
où l’on note une forte présence des traductrices, en RD Congo ce sont les
traducteurs qui sont les plus nombreux.
4.2.
Tranche d’âge
Graphique 2 : répartition des répondants
selon la tranche d’âge
S’agissant de la tranche d’âge, les résultats montrent
que 35% (soit la tranche d’âge de 26 à 31 ans) des traducteurs sont en âge de
travail et sont suivis par 20% (soit la tranche d’âge de 32 à 37 ans). Ceci est
une preuve que le marché de la traduction est détenue
par les jeunes et ils peuvent continuer à travailler encore pendant plusieurs
années.
4.3.
Niveau
d’étude après le diplôme d’Etat et la formation en traduction

Graphiques
3 & 4 : répartition du niveau d’étude des traducteurs et de leur
formation en traduction
Le graphique (à gauche) ci-dessus renseigne que 54% des
traducteurs ont le niveau licence (bac+5) et ils ont ce diplôme dans plusieurs
domaines en allant des sciences humaines aux sciences exactes en passant par
les études techniques. 24% ont le niveau graduat (bac+3) et 22% ont le niveau
master (bac+7). Et le graphique à droite indique que seulement 17% ont une
formation en traduction et 83% n’ont aucune formation en traduction. Ce qui
revient à dire que le marché de la traduction est dominé à 83% par des
traducteurs naturels (qui ont tout de même au moins un diplôme universitaire).
4.4.
Expérience
professionnelle

Graphique
5 : répartition des années d’expérience des traducteurs
Parlant des expériences des traducteurs, les analyses
montrent que 45% des traducteurs ont une expérience professionnelle de 1 à 5
ans. Ces chiffres viennent corroboraient en effet nos propos sur la jeunesse
des traducteurs qui prestent sur le marché de traduction. De plus en plus les
gens comprennent que la traduction peut bien constituer une profession et fait
gagner la vie. 32% des répondants ont l’expérience de 5 à 10 ans sur le marché
de la traduction en RD Congo.
4.5.
Statut du
traducteur et régime du travail

Graphiques 6 & 7 : répartition du
statut des traducteurs et de leur régime de travail
Selon le graphique à gauche, le marché de la traduction
en RD Congo est dominé par des traducteurs indépendants qui représentent 73% de
l’échantillon et 27% des traducteurs institutionnels. Cette situation est due
au fait que nombre d’institutions tant publiques que privées ne veulent pas
embaucher permanemment des traducteurs parce qu’elles estiment que c’est très
coûteux inutilement et préfèrent bien faire appel aux traducteurs en cas de
besoin. Les 27% qui sont institutionnels se retrouvent pour la plupart dans des
organismes internationaux, des banques étrangères installées au pays, etc.
Selon le graphique à droite, il faut noter que 75% des traducteurs travaillent
à temps partiel, c’est-à-dire qu’ils exercent un autre métier en dehors de la
traduction et que cette dernière reste une activité secondaire. Pour 25% la
traduction est une activité principale pratiquée à temps plein.
4.6.
Typologie des
textes

Graphique 8 : répartition des types de
textes traduits
Ce graphique renseigne que différents textes sont
traduits, mais 32% de textes sont du type rapport. Les rapports sont suivis par
des textes politiques et économiques avec 17%. Cette situation s’explique par
le fait que les traducteurs traduisent plus pour des organismes internationaux
et des entreprises telles que les banques, les sociétés d’assurance. S’agissant
des organismes internationaux, ils sont pour bien de cas intéressées
par les questions politiques du pays et les sociétés traitent des questions d’ordre
économique.
4.7.
Combinaisons
linguistiques

Graphique
9 : répartition des combinaisons linguistiques les plus demandées
La combinaison la plus sollicitée sur le marché est
anglais-français, elle représente 45% de l’échantillon. En deuxième lieu c’est
la combinaison français-anglais qui représente 32% de l’échantillon. La
présence de ces deux combinaisons linguistiques en ligne de mire signifie que
la traduction est plus l’œuvre des organismes à caractère international. Ces
organismes ressentent le besoin de traduire vers le français pour pouvoir
travailler au sein du pays avec des personnes qui ne comprennent pas l’anglais
d’une part et d’autre part ils traduisent vers l’anglais pour rendre des
comptes à leurs maisons mères qui ne se trouvent pas en RD Congo. La traduction
de et vers les langues locales reste encore à la traine.
4.8.
Service
proposés en plus de la traduction

Graphique 10 : répartition des services
proposés en plus de la traduction
En plus de la traduction, les traducteurs offrent
plusieurs autres services dont : l’enseignement des langues (30%),
l’interprétation (20%), la révision (20%), la rédaction professionnelle (13%),
la relecture (12%) et les autres services (5%). Cette prédominance des
enseignants des langues étrangères sur le marché signifie que nombre de
traducteurs sont simplement des bilingues, comme pour dire il suffit d’être
bilingue et être ipso facto traducteurs en RD Congo.
4.9.
Prix standard

Graphique 11 : existence d’un prix
standard ou d’un deuil limite
Ce graphique indique que 60% des traducteurs
reconnaissent qu’il n’existe pas un prix standard de la traduction que tout le
monde peut suivre. Le marché n’est pas réglementé à ce sujet. Chacun est libre
de donner et d’accepter n’importe quel prix pour une traduction. 4O% des
traducteurs quant à eux pensent qu’il existe un seuil limite en bas duquel ils
ne peuvent pas traduire.
4.10.
Volume annuel

Graphique 12 : répartition du volume
annuel
Pour la majorité des traducteurs, leur volume annuel se
situe entre 60 et 100 000 mots, soit 40% ; entre 600 000 à 1 000 000 mots,
soit 15% ; entre 1 000 000 mots et plus, soit 13% ; entre 250 000 et
500 000 mots, soit 12% ; entre 30 et 60 000 mots, soit 10%.
Ces analyses ci-dessus peignent de la plus des manières
l’organisation du marché de la traduction en RD Congo. Nous avons bien constaté
que ce marché n’est pas organisé. Il reste très poreux et ne présente aucune
barrière à son entrée. Ce désordre s’explique par l’affluence du marché par les
traducteurs naturels ou non formés qui sont bien évidemment avant tout
bilingues. Ils ne peuvent pas organiser de manière optimale le marché étant
donné qu’ils font preuve d’un déficit criant en formation de traducteur. Il
ressort aussi de ces analyses que le marché de la traduction demeure encore
très jeune, en témoigne l’âge moyen des traducteurs qui y exercent. Cette
situation suscite une lueur d’espoir dans la mesure où la jeunesse, une fois
formée et informée, peut facilement mettre de l’ordre sur le marché. La
description du marché de la traduction en RD Congo telle que nous l’avons
présenté plus haut permet d’identifier les défis et proposer des solutions au
marché de la traduction. Il en sera question dans le point suivant.
5.
Défis du
marché de la traduction en RD Congo
Notre enquête auprès de deux acteurs principaux du marché
de la traduction à savoir les traducteurs et les donneurs d’ouvrages à relever
plusieurs défis qui ne permettent pas à la profession d’éclore et connaitre ses
meilleurs jours. Tous les acteurs sont unanimes sur des points saillants
suivants :
5.1.
La
structuration du marché
Ce désordre est tributaire de la faiblesse des barrières
à l’entrée du marché. Il n’est pas loin d’être un four tout où toutes choses
peuvent se passer sans la moindre réprimande, la règlementation n’y est pas et
la porosité qui caractérise le marché contribue à sa chute. Il manque un organe
puissant capable d’imposer les règles et réguler le marché en soi. Tous les
problèmes commencent bien à partir de ce moment.
5.2.
L’inexistence
en action de l’Association des Traducteurs et Interprètes du Congo (ATIPCO)
Il sied de
rappeler que cette association existe bel et bien de nom. Cependant, force est
de constater qu’elle ne parvient pas à défendre les droits des traducteurs. Sur
le marché l’association est inaudible, c’est à peine et avec peine même que
certains traducteurs connaissent son existence. Cette association mise sur pied
depuis 2006 peine à s’imposer dans le paysage traductionnel congolais. C’est
devenu quasiment un club d’amis qui ne se retrouvent que pour célébrer la fête
des traducteurs le 30 septembre de chaque année et tout le monde disparait par
après.
5.3.
La
facturation de la traduction
Tous les acteurs se plaignent du manque de standards en
termes de prix plancher surtout pour pouvoir permettre
aux traducteurs de mieux exercer leur métier. Cette question aussi relève aussi
des prérogatives de l’ATIPCO mais elle ne parvient pas. Le marché reste ouvert
à qui veut y venir et à chacun son prix et cette situation diminue la valeur
d’une traduction, toujours est-il que le client cherche le prix le plus faible
et ne sait pas distinguer entre celui qui s’y connait et un charlatan parce
qu’il n’existe aucun moyen pour lui de vérifier. Le marché se remplit de plus
en plus des plaisantins qui proposent des prix plus en bas d’une moyenne
acceptable tout hypothéquant la qualité des textes.
5.4.
La formation
des traducteurs
L’absence d’une formation de qualité en traduction qui
prend en compte les besoins actuels du marché cause énormément préjudice au
marché. C’est ainsi que les acteurs parlent de problème terminologique,
l’incapacité à exécuter certaines telles que la relecture, la révision, le
manque des termes en langues nationales, la méconnaissance des dictionnaires
spécialisés et j’en passe les meilleurs. La formation reste donc lacunaire. Il existe bien deux écoles de traduction dans
le pays, mais elles ne parviennent à proposer un contenu de qualité. Cette
situation justement ouvre grandement la porte à toutes les autres personnes qui
parce qu’elles parlent à la perfection deux langues se considèrent d’office
traducteurs. Ce sont ces personnes qui viennent perturber la cour normale des
choses.
Au sujet de la formation très exactement, Ségard (2009 : 6) dans son ouvrage intitulé Le traducteur
professionnel : une espèce menacée, ou la robotisation du monde, dépeint cette
triste réalité en ces termes :
Le traducteur professionnel n’est malheureusement pas à
l’abri d’écervelés qui croient que l’on peut s’improviser traducteur du jour au
lendemain. Le jour se lève, je me réveille. Tiens, qu’est-ce que je vais bien
pouvoir faire de mon cuir aujourd’hui? Et si je faisais de la traduction pour
arrondir ma fin de mois? Voilà une plaisanterie qui peut faire très mal. Le
traducteur professionnel est malheureusement victime d’une espèce sans
scrupules que j’appellerai le « bricoleur des mots », celui-là même qui ôte le
pain de la bouche du professionnel en offrant des services de pacotille à des
tarifs dérisoires (...)… Eh oui, traduire à de tels tarifs, c’est se
prostituer. Quand on en vient à confondre traduction et prostitution, on change
de métier et on laisse les professionnels faire leur travail en paix.
Cette triste réalité décrit au mieux la situation du
marché de la traduction en RD Congo et c’est l’un des défis qu’il faut
absolument relever pour espérer sauver la profession des prédateurs.
6.
RECOMMANDATIONS
Au terme des analyses, il est important de pouvoir
suggérer quelques pistes de solution qui peuvent être appliquée afin
d’organiser le marché de la traduction en RD Congo. Ces recommandations sont formulées
à la lumière des réponses données par les participants à cette étude. En voici
les détails :
6.1.
Mise en place
des institutions de formation capable de répondre aux besoins du marché
D’après nos répondants, il est impérieux de commencer par
mettre en place des institutions de formation professionnelle en traduction. Le
manque de formation est la base de tous les maux, il faut donc repenser la
formation dans les écoles de traduction qui d’ores et déjà existent et en créer
d’autres. Repenser la formation dans ces écoles est la clé d’autant plus que
ces écoles ont été mises sur pied par des linguistes de formation c’est-à-dire
les enseignants des lettres et linguistiques françaises et anglaises. Qui plus
est, le contenu du programme est conçu par des non traducteurs et ils l’ont
rempli des cours à caractères linguistiques.
Il est impérieux et nécessaire de pouvoir revoir les
curricula de formation de traduction. Les choses évoluent très vite et cette
étude a permis de montrer les limites de la formation que les écoles de
traduction donnent, une formation qui du reste est quasiment pareille à celle
des linguistes.
La formation doit aussi intégrer le volet des langues
nationales qui sont jusqu’alors jeter en pâture. Il est étonnant de voir un
traducteur mieux maîtriser une langue étrangère que sa langue maternelle. La RD
Congo, à l’instar de nombreux pays africains, manque de traducteurs, du fait
que la profession n’est pas bien reconnue et par conséquent n’attire pas les
jeunes en quête de formation et de débouchés professionnels.
Des formations de qualité en traduction pourraient aider
à avoir une masse critique de traducteurs de haut niveau, à même de valoriser
la profession et d’inciter les jeunes étudiants à s’intéresser à la filière. La
traduction dans les langues nationales, bien que marginale chez les traducteurs
gagne de plus en plus de terrain. La traduction dans les langues nationales
pourrait contribuer à mieux valoriser le traducteur congolais, mais surtout
apporter une plus-value importante, puisqu’il n’a pas de concurrence étrangère
sur la paire de langues, contrairement aux autres paires comme l’anglais, le
français.
6.2.
La
redynamisation de l’Association des Traducteurs et Interprètes Professionnels du
Congo (ATIPCO)
L’ATIPCO doit prendre ses responsabilités et jouer le
rôle de régulateur du marché pour éviter tout le désordre et le la porosité du
marché. Elle doit cesser d’être un club d’amis simplement. La structuration du
secteur comme nous l’avons montré plus haut est la seule issue. Rien n’empêche
une personne non qualifiée de s’autoproclamer traducteur et de créer un cabinet
de traduction en bonne et due forme, ce qui dénote une certaine négligence de
la profession de traducteur. Une bonne structuration du secteur permettra de
reconnaître les traducteurs professionnels et de rémunérer à sa juste valeur la
prestation de traduction. Ce travail doit être entrepris par ATIPCO et l’amener
auprès des autorités compétentes.
Comme le disait Tseng, une
association forte peut exiger de tous les praticiens qu'ils soient membres en
règle pour pouvoir exercer légalement. Elle peut également jouer un rôle dans
l'accréditation des praticiens, bien que cette fonction soit souvent réservée
au gouvernement. L’ATIPCO doit s’inspirer des associations qui ont réussi faire
assoir leur profession pour réguler le marché en RD Congo.
7.
CONCLUSION
En guise de conclusion, cette recherche qui porté sur le
marché de la traduction en RD Congo, a permis de bien cerner l’organisation
dudit marché et identifier les acteurs dominants qui y exercent. Il a été
prouvé que le marché de la traduction en RD Congo n’est pas organisé. Il reste
très ouvert à tout quidam qui s’autoproclame traducteur. Cette situation
résulte de l’absence des barrières à l’entrée de ce marché, ce qui le rend ipso
facto poreux. Ainsi donc, ce marché présente les défis relatifs à sa
structuration, à la formation des traducteurs capable de répondre aux besoins
du marché, la quasi absence des actions de l’APTIPCO qui, par ailleurs, a le
rôle de réguler la profession et mettre des gardes fous pour ne pas permettre
aux moutons noirs de déranger la corporation. Pour relever ces défis, il faut
avant tout penser à revoir les curricula de formation des traducteurs pour
qu’ils correspondent aux exigences internationales et surtout qu’ils répondent
aux besoins du marché. La formation des traducteurs professionnels s’impose
comme le moyen principal d’organiser le marché de la traduction, elle reste en
effet la clé de voute et le gouvernail qui rendra à la traduction ses lettres
de noblesse. En plus de la formation, il faut aussi que l’ATIPCO prenne ses
responsabilités et joue pleinement son rôle en tant qu’organe régulateur de la
profession. Pour ce faire, elle peut bien s’inspirer d’autres associations
professionnelles en dehors du pays afin de pouvoir changer la donne.
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Cite this Article: Dina, ND; Tanyitiku, EAB; Sakwe, GM
(2023). Study of the Translation Market in the Democratic Republic of Congo.
Greener Journal of Social Sciences, 13(1):
38-48. |