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Greener
Journal of Social Sciences Vol. 13(1),
pp. 49-59, 2023 ISSN:
2276-7800 Copyright
©2023, Creative Commons Attribution 4.0 International. |
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Title in English
ISSUES AND CHALLENGES OF TRAINING TRANSLATORS IN SUDAN
Title in French
ENJEUX ET DEFIS DE LA FORMATION DES
TRADUCTEURS AU SOUDAN
1. Advanced School of
Translators and Interpreters (ASTI) and the Pan-African University Institute of
Governance, Humanities, and Social Sciences (PAUGHSS) Cameroun
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ARTICLE’S INFO |
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Article No.: 101123107 Type: Research |
Accepted:
09/10/2023 Published: 15/10/2023 |
*Corresponding Author Alsamani Alsidig A.I E-mail: alsamani.alsidig1993@ gmail.com |
Keywords: Mots clés : Formation des traducteurs, Enjeux des défis, Unité de Traduction et
d’Arabisation, Traduction Assistée par Ordinateur (TAO), compétences, stages
professionne |
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ABSTRACT |
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Abstract in English This article,
titled "Issues and Challenges of Training Translators in Sudan," is
based on the observation that students face difficulties and challenges
throughout their translation training at the Translation and Arabization
Unit. The study aims to identify the challenges faced by student translators
and propose solutions to overcome them. To conduct this study, a
quantitative methodology was used, involving data collection through a
questionnaire administered to students and teachers. The results identified
the following challenges: 1) Conveying cultural and idiomatic nuances in
language pairs, whether from English or French to Arabic; 2) Gaps in
language skills related to source languages, namely French and English; 3)
Lack of knowledge in specialized fields such as technology, law, science,
agriculture, etc.; 4) Insufficient skills in the use of Computer-Assisted
Translation (CAT) tools. However, to address these challenges, the study
proposes the following actions: i) Place a stronger emphasis on acquiring
cultural knowledge in source and target languages among students; ii)
Strengthen students' language skills in source languages; iii) Integrate the
use of CAT tools into the training program; iv) Establish professional
internships to allow students to apply their theoretical knowledge and
prepare for the translation market. Résumé (French) Cet article, intitulé "Les enjeux
des défis de la formation des traducteurs au Soudan", repose sur
l'observation selon laquelle les étudiants rencontrent des difficultés et des
défis tout au long de leur formation en traduction à l'Unité de Traduction et
d'Arabisation. L'étude vise à identifier les défis auxquels sont confrontés
les étudiants traducteurs et à proposer des solutions pour les surmonter.
Pour mener cette étude, une méthodologie quantitative a été utilisée,
impliquant la collecte de données au moyen d'un questionnaire administré aux
étudiants et aux enseignants. Les résultats ont permis d'identifier les défis
suivants :1) La transmission des nuances culturelles et idiomatiques dans les
paires de langues, que ce soit de l'anglais ou du français vers
l'arabe ; 2) Les lacunes dans les compétences linguistiques relatives
aux langues sources, à savoir le français et l'anglais ; 3) Le manque de
connaissances dans des domaines de spécialisation tels que les techniques, le
droit, la science, l'agriculture, etc. ; 4) L'insuffisance de
compétences dans l'utilisation des outils de Traduction Assistée par Ordinateur
(TAO). Cependant, pour relever ces défis, l'étude propose les actions
suivantes : i) Mettre davantage l'accent sur l'acquisition de connaissances
culturelles dans les langues sources et cibles chez les étudiants ; ii)
Renforcer les compétences linguistiques des étudiants dans les langues
sources ; iii) Intégrer l'utilisation des outils de TAO dans le
programme de formation ; iv) Instaurer des stages professionnels pour
permettre aux étudiants de mettre en pratique leurs connaissances théoriques
et de se préparer au marché de la traduction. |
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La traduction est une tâche complexe
qui requiert une formation universitaire structurée pour être maîtrisée. Bien
que cette formation soit proposée dans de nombreuses institutions académiques,
elle demeure variable d'un endroit à l'autre. Les nombreuses écoles de pensée,
les situations sociopolitiques et culturelles, ainsi que la place de la
traduction sur le marché du travail sont quelques-uns des facteurs qui
influencent le contenu des programmes de formation (Carine St-Pierre, 2014). De
plus, la traduction joue un rôle essentiel dans la communication
interculturelle et internationale, facilitant l'échange de connaissances,
d'idées et de valeurs entre les peuples. Au Soudan, un pays riche en patrimoine
linguistique et culturel, la demande de traducteurs compétents et qualifiés est
en constante augmentation. Cependant, la formation des traducteurs dans ce
contexte spécifique est confrontée à une série de défis complexes.
Dans le passé, l'enseignement de la
traduction n'était pas une composante essentielle de tous les programmes
d'études en langues et en linguistique dans les universités soudanaises. Même
ceux qui pratiquaient la traduction n'étaient pas fondamentalement préparés à
devenir des traducteurs, bien que la plupart des diplômés des instituts supérieurs
maîtrisaient deux langues et pouvaient effectuer des traductions entre
l'anglais et l'arabe, ou le français et l'arabe. Cela s'explique principalement
par l'utilisation de l'anglais comme langue d'enseignement dans les
établissements d'enseignement supérieur. Cependant, en 1990, l'arabe a remplacé
l'anglais comme langue d'enseignement au niveau des écoles primaires et
secondaires. Alors que le processus d'arabisation progressait, le besoin de
manuels et de références traduits et adaptés à l'arabe est devenu crucial.
En
conséquence, le statut de l'enseignement de la traduction au Soudan a évolué,
et un certain nombre de collèges universitaires, de départements, d'instituts
supérieurs et de centres ont commencé à proposer des cours spécialisés pour
former et qualifier les étudiants en tant que traducteurs. De plus, la plupart
de ces programmes offrent des cours de deuxième cycle en traduction entre
l'anglais et l'arabe, mais très peu proposent des cours de traduction entre
l'arabe et d'autres langues internationales telles que le français. Ainsi, la
traduction est désormais enseignée en tant que cours distinct dans des
programmes d'études spécialisés. Les objectifs ultimes de ces programmes sont
de former des traducteurs soudanais qualifiés et compétents en les exposant à
des sessions de formation en traduction qui leur offriront des opportunités de
pratiquer et d'apprendre les techniques et compétences de traduction. En
observant ces cours, il apparaît que les étudiants ont besoin de davantage
d'apports théoriques et techniques, notamment des cours de langue et de
linguistique dans les deux langues, pour les aider à développer leurs
compétences en traduction et leur maîtrise linguistique.
Aujourd’hui,
la structure et la conception de programme de la traduction dans l’université
de Khartoum vise à former des traducteurs professionnels qui garantirait le
développement et l'amélioration de la compétence en traduction des étudiants au
Soudan.
Par conséquent, cet article se penche
sur les défis actuels auxquels est confrontée la formation des traducteurs au
Soudan, en mettant l'accent sur les défis linguistiques, culturels et professionnels.
En analysant ces problématiques, nous cherchons à identifier des solutions
potentielles pour améliorer la qualité de la formation des traducteurs et ainsi
contribuer à une meilleure compréhension du contexte de la formation des
traducteurs au Soudan.
Cette étude se base principalement sur la question
suivante :
1-
Quels sont
les principaux défis auxquels sont confrontés les étudiants de traduction au
Soudan ?
2-
Quelles sont
les solution pour relever ces défis ?
L’étude vise à :
1-
Identifier
les défis auxquels sont confrontés les étudiants de traduction dans le
programme de l’Université de Khartoum
2-
Proposer des
stratégies et des solutions pour les surmonter
De prime abord, il faudrait montrer qu’est-ce que
signifie la traduction puis d’aborder la littérature qui met en évidence l’importance
de la formation des traducteurs, les compétences requises ainsi que les
théories sur lesquelles se basent la formation des traducteurs.
2.1.
Notion de la traduction
Pour une définition de la traduction,
nous référerons à la définition proposée par Tatilon (1986) et citée par
Delisle (2013 : 19) :
Traduire […] c’est avant tout se mettre au
service de ses futurs lecteurs et fabriquer à leur intention un équivalent du texte de départ : soit, d’abord, un texte
qui livre, avec le moins de distorsion possible, toute l’information contenue
dans celui d’origine. Mais traduire, c’est aussi produire un texte duquel il
convient d’exiger trois autres qualités : qu’il soit rendu « naturellement » en langue d’arrivée (qu’il « ne sente pas la traduction », dit-on couramment), qu’il soit
parfaitement intégré à la culture d’arrivée et qu’il parvienne, par une adroite
manipulation de l’écriture, à donner l’idée la plus juste de l’originalité et
des inventions stylistiques de l’auteur traduit.
Cette définition met l'accent sur le
rôle du traducteur en tant que médiateur entre le texte source et les futurs
lecteurs de la traduction. Elle souligne plusieurs qualités essentielles que la
traduction doit posséder pour servir au mieux les lecteurs de la langue cible. La
première qualité évoquée est la transmission de toute l'information contenue
dans le texte source avec le moins de distorsion possible. Cela signifie que le
traducteur doit s'efforcer de rendre fidèlement le contenu et le sens du texte
original, en veillant à ne pas perdre ou altérer des éléments importants lors
du passage à la langue cible. Ensuite, la traduction doit paraître naturelle
dans la langue d'arrivée, de manière à ce qu'elle ne donne pas l'impression
d'être une traduction. A partir de cette définition, nous pouvons confirmer que
les traducteurs devraient être formés sur plusieurs aspects ; qu’ils
soient linguistiques, culturels, professionnels ou stylistiques.
Quant à Ladmiral (1979 : 15) : « la traduction est un cas particulier de
convergence linguistique au sens le plus large, elle désigne toute forme de
médiation interlinguistique permettant de transmettre l’information entre
locuteurs de langues différentes ». Cette
définition considère la traduction comme une forme de convergence linguistique
qui permet aux locuteurs de langues différentes de se comprendre et de partager
des informations grâce à une médiation interlinguistique.
2.2.
Notion de la formation
Il convient de souligner que la notion
de formation relève généralement du domaine des sciences de l’éducation. De ce
point de vue, le Dictionnaire
actuel de l’éducation (Legendre, 1993 : 622) définit la formation comme « l’ensemble des connaissances, des
savoir-faire, des attitudes, des comportements et des autres compétences
nécessaires à l’exercice d’un métier ou d’une profession. Ensemble des
objectifs d’habilité d’un programme d’études ». Cette
définition met en évidence les éléments tels que la connaissance, le
savoir-faire, les attitudes, les compétences, les objectifs et les programmes pour
qu’ils soient censés être présents dans le dossier d’une formation de qualité.
De sa part, Valentine
(1996 :32) propose une définition de la formation qui va dans le sens qui
nous intéresse plus dans notre étude surtout dans le contexte de la formation
des traducteurs en la définissant comme « le processus de formation
consiste en la transmission des connaissances théoriques et pratiques liées à
l’exercice d’un métier, d’une profession. Ce processus doit faciliter
l’acquisition des capacités et des compétences recherchées. Autrement dit, la
formation peut être envisagée comme un processus qui permet l’acquisition et
l’intégration de capacité et de compétences ainsi que d’habitudes socio-professionnelles
précises. » nous soulignons donc que la formation est
considérée comme un processus, ce qui signifie qu’elle n’est pas une action,
mais plutôt un déroulement avec des objectifs définis dans le temps. Toutefois,
il semble très important de définir dès le début les objectifs ainsi que les
finalités de la formation.
Dans le même pied d’enseignement de la
traduction, Durieux (2005 :42) souligne que pour former des traducteurs professionnels, la méthode
d’enseignement s’articule en deux temps. Dans un premier temps, il est
important de décomposer la démarche mise en œuvre dans l’opération traduisante
afin d’en identifier les étapes successives, les isoler et les faire travailler
séparément.
Dans un
second temps, il est utile de familiariser les apprentis-traducteurs à leur
futur métier en les plaçant dans des situations de simulation des conditions
d’exercice de la profession. À cet égard, l’enseignant veillera à les faire
travailler sur des textes authentiques, intégraux, constituant des sortes
d’exemples représentatifs des textes auxquels ils seront confrontés dans leur
vie active.
2.2.1.
Types de formation des traducteurs
Selon l’objectif visé dans la
formation des traducteurs, (Afolabi :2018) a fait la distinction de deux
types de traduction : la traduction pédagogique et la traduction
professionnelle. La traduction professionnelle est celle qui est exercée comme
profession par une personne formée et qualifiée et à laquelle préparent
certains programmes de formation. Son but est la communication
interlinguistique, c’est-à-dire, faire passer un message - dans un contexte non
scolaire - entre deux ou plusieurs personnes qui ne se servent pas de la même
langue et qui donc, ne se comprennent pas. C’est pour cela que la traduction
professionnelle est également appelée la traduction communicationnelle ou
pragmatique.
De plus, Fiola
(2003 : 27) décrit la traduction professionnelle comme suit : « La
traduction professionnelle a pour but de faire le pont entre deux entités
incapables de se comprendre mutuellement en raison de la barrière linguistique
qui les sépare […] Nous ajouterons qu’elle est aussi « professionnelle » du fait qu’elle peut permettre à ceux qui
la pratiquent d’en tirer un revenu, sans que ce soit là une condition sine qua non. »
En considérant la définition de Fiola
ci-dessus, il est entendu que la traduction professionnelle est dite « professionnelle », car elle implique la pratique d’une
profession.
De plus, Delisle exprime son désir
d’offrir une méthodologie d’initiation à « la traduction professionnelle » par
opposition à celle axée sur l’enseignement des langues (Delisle, 2003). Selon Delisle, la formation professionnelle d'un
traducteur va bien au-delà de la dimension linguistique. En effet, il est
nécessaire pour un traducteur d'effectuer des recherches documentaires
approfondies afin d'acquérir une expertise terminologique dans divers domaines
tels que l'économie, le droit, la médecine et la technologie. De plus, il doit
maîtriser les outils spécifiques à sa profession et être compétent dans le
langage technique propre à son domaine de spécialisation. De surcroît, un
traducteur en herbe doit faire preuve de créativité pour éviter de simplement
reproduire fidèlement le texte source.
2.3.
Modèle de formation des traducteurs
Le Modèle à
trois niveaux de Reiss traitant de la didactique de la
traduction, cité par Valentine (1996 :110) propose un cadre de formation
visant le premier cycle universitaire, qui comporte trois niveaux
d'apprentissage :
i)
préparation à la traduction
ii)
approfondissement des connaissances
iii) mise en
application de celles-ci
Ce modèle à trois niveaux, également
connu sous le nom de modèle de compétence en traduction, est une approche
pédagogique couramment utilisée dans la formation des traducteurs. Ce modèle
est pertinent pour la formation des traducteurs au Soudan car il permet de
développer les compétences nécessaires pour devenir un traducteur compétent et
efficace. Ce modèle se focalise dans trois niveaux.
D’abord, au niveau linguistique se
concentre sur la maîtrise des langues sources et cibles. Les traducteurs
doivent avoir une connaissance approfondie des structures grammaticales, du
vocabulaire, de la syntaxe et des conventions d'écriture des langues avec
lesquelles ils travaillent. Une solide compétence linguistique est essentielle
pour comprendre et transmettre avec précision le sens du texte source.
Tandis qu’au niveau culturelle, la
traduction ne se limite pas à transposer des mots d'une langue à une autre,
elle implique également la transmission de concepts, d'idées et de nuances
culturelles. Les traducteurs doivent donc être conscients des différences
culturelles entre les langues et être capables de les prendre en compte dans
leur travail. Cela comprend la compréhension des références culturelles, des
expressions idiomatiques, des normes sociales et des conventions culturelles
propres à chaque langue.
Concernant le niveau thématique ou domaine,
les traducteurs travaillent dans une variété de domaines et de sujets, allant
du droit à la technologie, en passant par la médecine, le marketing, la
littérature, etc. Chaque domaine a son propre vocabulaire spécialisé et ses
conventions stylistiques. Les traducteurs doivent être en mesure de comprendre
et de traiter le jargon et le langage spécifique à chaque domaine.
En adoptant le modèle à trois niveaux,
les programmes de formation des traducteurs cherchent à développer ces
compétences linguistiques, culturelles et thématiques. Cela permet aux
traducteurs de mieux comprendre les textes sources, de rendre des traductions
précises et fidèles, et de s'adapter aux spécificités culturelles et aux
exigences des différents domaines de traduction.
Dans
ce programme, les cours de traduction sont proposés et gérés par l'unité de
traduction et d'arabisation en tant que cours de deuxième cycle menant à un
diplôme d’étude supérieur ou à un master en traduction.
Figure 1: Résumé du programme offert par l’Unité de Traduction et
d’Arabisation
|
Proposés |
Buts et
objectifs |
Cours et
matériel |
Cadre et Environnement |
|
-Diplôme
d’études supérieurs en Traduction (PGD) -Master en
traduction |
Former les
étudiants pour devenir capables de traduire de l'arabe vers des langues
étrangères comme l'anglais et le français et le vice-versa. |
-Compétences
en arabe et en anglais -
Cours de traduction -
Cours de Sémantique, -
Cours de linguistique et Arabisation |
-
Salles de classe ou salles de conférences |
4.
NOTION DE LA COMPETENCES EN TRADUCTION
Il est important aussi de mettre en
lumière les compétences requises pour former un traducteur professionnel. En
tenant compte des considérations professionnelles et disciplinaires Kelly (2005) a proposé une liste utile des domaines de
compétences souhaitable à prendre en considération lors de la conception d'un
programme de formation des traducteurs. Cependant, chacun de ces domaines
peut-être subdivisé à différents degrés selon les objectifs et les résultats
prévus du programme en question. Ces domaines de compétences comprennent (i) compétence
communicative et textuelle dans au moins deux langues et cultures ; (ii) Compétence
culturelle et interculturelle. Selon Kelly, La culture ici ne se réfère pas
seulement à la connaissance encyclopédique de l'histoire, de la géographie, des
institutions, etc., des cultures concernées (y compris celles du traducteur ou
des étudiants), telles que les valeurs, les mythes, les perceptions, les
croyances, les comportements et les représentations textuelles de ceux-ci ;
(iii) compétence dans le domaine d'études. Connaissance de base des
domaines dans lesquels le futur traducteur travaillera/peut travailler, à un
degré suffisant pour permettre la compréhension des textes sources et l'accès à
une documentation spécialisée pour résoudre les problèmes de traduction ;
(iv) compétence professionnelle et instrumentale. Utilisation de
ressources documentaires de toutes sortes, recherche terminologique, gestion de
l'information à ces fins ; utilisation d'outils informatiques pour la pratique
professionnelle ainsi que des notions de base pour la gestion de l'activité
professionnelle ; (v) compétence attitudinale ou
psycho-physiologique comme le concept de soi, la confiance en soi,
l’attention ou la concentration, la mémoire et l’initiative ; (vi) compétence
interpersonnelle qui s’articule sur la capacité à travailler avec d'autres
professionnels impliqués dans le processus de traduction et d'autres acteurs.
Ces compétences sont primordiales à
prendre en considération dans les programmes de formation des traducteurs. Car
elles fournissent un cadre théorique et pratique qui sert à bien former des
futurs traducteurs professionnels.
De plus, Amparo
Hurtado (2008 :28) souligne qu’en traductologie, il n’existe pas une
tradition de recherche sur la CT comparable, par exemple, à celle concernant la
compétence communicative en linguistique appliquée. Le terme a commencé à être
utilisé vers le milieu des années 1980 et, même si très peu d’études
spécifiques ont été réalisées, dans les années 1990, diverses propositions ont
été faites sur son fonctionnement. La plupart des propositions sont des modèles
centrés sur la description des composantes de la CT. C’est le cas des propositions de Hurtado
Albir (1996) , Kelly (2002), etc.
5.
CADRE THEORIQUE :
Il est important de théoriser l’étude
avec une théorie qui met en lumière ce qui est prévu pour la formation des
traducteurs.
5.1
La
théorie linguistique de la traduction
Cette étude a adopté la théorie
linguistique de la traduction pour mettre en place son cadre théorique. Donc,
avec la naissance de la Stylistique comparée du français et de l’anglais en
1958, Jean-Paul Vinay et Jean Darbelnet se déclaraient persuadés qu'une
confrontation des deux stylistiques (la française et l'anglaise) permettrait de
distinguer les lignes générales, et dans certains cas même les lignes précises,
dont l’application pourrait conduire à l’automatisation partielle de la
traduction. Les deux auteurs notaient que le passage d'une langue à l’autre se
fait soit par traduction directe, soit par traduction oblique. Ils
définissaient trois procédés techniques de traduction directe (l’emprunt, le
calque, la traduction littérale) et quatre procédés relevant de la traduction
oblique (la transposition, la modulation, l’équivalence, l’adaptation). Morini (2007 : 63).
Dans cette optique, la théorie
linguistique joue un rôle crucial dans la formation des traducteurs, car elle
fournit les fondements nécessaires pour comprendre et analyser les langues, ce
qui est essentiel pour une traduction précise et de qualité. Elle permet
d’abord aux traducteurs de comprendre la structure et le fonctionnement des
langues. Ils acquièrent des connaissances sur la phonologie, la morphologie, la
syntaxe, la sémantique, etc. Cette compréhension approfondie de la structure
linguistique leur permet d'analyser et de transposer efficacement les éléments
d'une langue source vers une langue cible.
En outre, elle permet d'effectuer une
analyse contrastive entre la langue source et la langue cible. Les traducteurs
comprennent les similarités et les différences entre les langues, ce qui leur
permet de résoudre les problèmes de traduction spécifiques liés à la grammaire,
au vocabulaire, aux collocations, etc.
De plus, la théorie linguistique aide
les traducteurs à faire des choix appropriés en ce qui concerne le vocabulaire,
le registre linguistique, le ton et le style dans la traduction. Ils
comprennent les nuances sémantiques et culturelles des mots et des expressions
dans les langues sources et cibles, ce qui leur permet de produire des
traductions précises et idiomatiques. D’ailleurs, dans les domaines de
traduction spécialisée tels que la médecine, le droit, la technologie, etc., la
théorie linguistique permet aux traducteurs de comprendre les concepts et la
terminologie spécifiques à ces domaines. Cela leur permet de traduire de
manière précise et cohérente des documents techniques et spécialisés.
Finalement, cette théorie aide les traducteurs
à suivre l'évolution des langues sources et cibles car les langues sont en
constante évolution, avec de nouveaux mots, des changements de sens et des
évolutions grammaticales. Donc, la théorie linguistique est essentielle à la
formation des traducteurs car elle leur donne les connaissances et les outils
nécessaires pour analyser, comprendre et traduire avec précision et efficacité.
Cette étude a utilisé un sondage par
questionnaire comme méthode et instrument de collecte de données quantitatives.
Notre population cible se compose
d'étudiants en traduction diplômés ou en cours de formation, à la fois au
niveau du Diplôme d’étude supérieur et du Master, ainsi que d'enseignants de
traduction dans le programme de formation des traducteurs à l'Unité de
Traduction et d'Arabisation de l'Université de Khartoum.
D’ailleurs, deux questionnaires ont
été conçus à cet effet et ont été envoyés à 60 répondants grâce à la technique
d'échantillonnage en boule de neige. À la fin de la période de collecte, nous
avons reçu 52 réponses de la part des étudiants.
De plus, les questionnaires ont été
créés sur Google Forms, permettant aux répondants d'y accéder et de les remplir
à leur convenance. Ce logiciel nous a également permis d'analyser les données
quantitatives de manière statistique et de générer des histogrammes et des
diagrammes.
Les questionnaires ont été diffusés en
ligne via des canaux de communication tels que WhatsApp et l'e-mail.
Afin de garantir la fiabilité de nos
instruments, nous avons mesuré la cohérence interne du questionnaire en
utilisant des méthodes telles que l'alpha de Cronbach pour vérifier si les
différentes questions du questionnaire étaient cohérentes entre elles.
En ce qui concerne la validité, nous
avons effectué des vérifications de validité de contenu.
Le dilemme sous-jacent à cette étude réside dans les
obstacles rencontrés par les étudiants tout au long de leur parcours de
formation en traduction. Pour résoudre cette problématique, deux enquêtes
distinctes ont été menées, l'une auprès des enseignants et l'autre auprès des
étudiants actuellement en formation ainsi que des diplômés. Les données
obtenues ont été analysées afin de recueillir des informations concernant les
défis rencontrés par les futurs traducteurs pendant leur formation, ainsi que
les perspectives et les stratégies envisagées pour les surmonter.
7.1.
Défis
auxquels les étudiants sont confrontés

Figure 2: Répartition des défis les plus fréquents rencontrés par
les étudiants (selon l’avis des enseignants)
Source :
enquête auprès des enseignants 2023
La question centrale de cette étude
porte sur les défis auxquels sont confrontés les étudiants en traduction au
cours de leur formation. Nous avons posé cette question à la fois aux
enseignants et aux étudiants. Du point de vue des enseignants, les défis les
plus courants sont liés à la difficulté de transmettre les nuances culturelles
et idiomatiques des deux langues, sur lesquels les huit enseignants interrogés
étaient tous d'accord (100 %). En outre, les défis liés à une maîtrise
insuffisante de la langue cible (français ou anglais) ont été identifiés par 7
enseignants, soit 87,5 % d'accord sur ce point.
En ce qui concerne les défis liés à
l'utilisation des outils de TAO, 8 répondants, soit 62,5 %, estiment qu'ils
représentent des défis majeurs. En revanche, seulement 4 enseignants, soit 50
%, estiment que les défis pourraient être liés à l'adaptation à des domaines de
spécialisation. Par ailleurs, la maîtrise insuffisante de la langue source et
l'adaptation à des domaines spécialisés ne sont pas considérés comme des défis
selon les répondants.

Figure 3: Répartition des principaux défis auxquels sont confrontés
les étudiants (selon l’avis des étudiants)
Source :
enquête auprès des étudiants 2023
Les étudiants
rencontrent de nombreux défis au cours de leur formation professionnelle en
traduction. Cette question vise à identifier ces défis. Le graphique ci-dessus
illustre les principaux défis auxquels les étudiants sont confrontés tout au
long de leur formation. Le défi le plus important, d'après les données,
concerne les enjeux culturels des deux langues, et il est représenté par la
totalité des répondants, soit 45 étudiants, ce qui équivaut à 100%. Il s'agit
notamment des différences culturelles entre la langue arabe et les langues
anglaise et française. Le deuxième défi le plus fréquemment mentionné par les
étudiants concerne l'insuffisance linguistique, et il est représenté par 38
répondants, soit 84,4%. Ce défi est en grande partie lié à la situation
linguistique au Soudan, où les étudiants sont scolarisés en arabe pendant leur
primaire et leur secondaire, avant de commencer à apprendre une langue
étrangère officiellement à l'université, au niveau de la licence. Le troisième
défi concerne le manque de ressources et de matériel pédagogique adéquat, et il
est évoqué par 24 répondants, soit 53,3%. Cette lacune en matière de ressources
peut entraver la qualité de la formation des étudiants. Le quatrième défi est
lié à la connaissance insuffisante des domaines de spécialisation, et il est
mentionné par 23 répondants, soit 51,1%. Cette insuffisance est due au fait que
la majorité des étudiants inscrits au programme sont diplômés de facultés de
langues ou de lettres, ce qui nécessite l'inclusion de cours d'introduction
dans les domaines de spécialisation. Le cinquième défi concerne les compétences
en traduction et est cité par 19 répondants, soit 42,2%. Il est crucial
d'améliorer ces compétences pour former des traducteurs efficaces. Enfin, le
dernier défi est lié à l'utilisation des outils de traduction assistée par
ordinateur (TAO), et il est mentionné par 17 répondants, soit 37,8%.
L'utilisation efficace de ces outils peut grandement faciliter le travail des
traducteurs. En résumé, les étudiants en traduction font face à plusieurs
défis, notamment les enjeux culturels, l'insuffisance linguistique, le manque
de ressources pédagogiques, la connaissance limitée des domaines de spécialisation,
le besoin d'améliorer les compétences en traduction, et l'utilisation des
outils de TAO. Il est essentiel de prendre en compte ces défis pour améliorer
la formation des futurs traducteurs.

Figure 4: Répartition
relative aux compétences que les étudiants manquent
Source : enquête auprès des étudiants
2023
Cette question a pour objectif de déterminer
quelles compétences font défaut aux étudiants au cours de leur formation. Selon
les réponses que nous avons obtenues, les compétences culturelles sont celles
qui sont le plus souvent absentes, avec une représentation pratiquement totale
des répondants, soit 42 (93,3 %). Ensuite, nous constatons que 35 répondants,
soit 77,8 % des étudiants, éprouvent des lacunes au niveau des compétences
linguistiques. En ce qui concerne les compétences extralinguistiques, elles font
défaut à 19 répondants, soit 42,2 % des étudiants. Enfin, seuls 18 répondants,
soit 40 % des étudiants, rencontrent des difficultés au niveau des compétences
professionnelles.
Cette partie vise crucialement les
perspectives d’avenir pour surmonter les défis de
formation des traducteurs à l’Université de Khartoum.

Figure 5: Répartition des stratégies les plus efficaces pour
surmonter les défis de formation des traducteurs
Source :
enquête auprès des enseignants 2023
Ce graphique montre que la stratégie
consistant à former des traducteurs en fonction des besoins du marché de la
traduction au Soudan est soutenue par l'avis de 8 enseignants, soit 100%. Ces
enseignants estiment qu'il est préférable de former des traducteurs en fonction
des besoins existants sur le marché de la traduction au Soudan. Ensuite, la
stratégie visant à développer la compréhension de la culture des deux langues
chez les traducteurs obtient le même niveau de soutien que la stratégie
précédente. Elle est également approuvée par 8 enseignants, soit 100% des
répondants. D'autre part, la stratégie visant à renforcer les compétences
linguistiques dans les langues source et cible est soutenue par l'avis de 7
enseignants, soit 87,5% du nombre total. Enfin, la stratégie de faire
participer les étudiants à des formations et à des réseaux professionnels est
approuvée par 5 enseignants, soit 62,5%.

Figure 6: Répartition relative aux pistes pour surmonter les défis
qu’affrontent les étudiants
Source :
enquête auprès des étudiants 2023
Cette question vise à identifier les
pistes permettant de surmonter les défis liés à la formation des traducteurs au
sein du programme de l'Unité de Traduction et d'Arabisation. Le graphique
illustre que les répondants ont proposé des solutions concrètes pour relever ces
défis. Tout d'abord, 45 répondants, soit 100%, ont exprimé la nécessité de
renforcer la compréhension culturelle des deux langues, à savoir l'arabe ainsi
que la langue avec laquelle elle est combinée, que ce soit l'anglais ou le
français. Ensuite, 42 répondants, soit 93,3%, sont en faveur de l'introduction
d'outils de TAO (Traduction Assistée par Ordinateur) dans le programme. De
plus, 39 répondants, soit 86,7%, estiment qu'il est essentiel de renforcer les
compétences linguistiques. Par ailleurs, 35 répondants, soit 77,8%, soutiennent
l'idée d'offrir des stages pratiques et professionnels aux étudiants. Enfin,
seuls 22 répondants, soit 48,9%, considèrent qu'il est nécessaire de mettre à
disposition des ressources matérielles et pédagogiques adéquates pour surmonter
ces défis.
8.
CONCLUSION
Cette étude a dressé un portrait
exhaustif des défis auxquels les étudiants du programme de formation des
traducteurs de l'université de Khartoum sont confrontés ainsi que les pistes de
solution pour relever ces défis. Les données quantitatives obtenues auprès des
enseignants et des étudiants de ce programme ont clairement démontré
l'existence de plusieurs défis liés à la formation des traducteurs au Soudan,
notamment :
1.
La difficulté de transmettre les nuances
culturelles et idiomatiques dans les paires de langues, que ce soit anglais-arabe
ou français-arabe.
2.
Les lacunes dans les compétences
linguistiques liées aux langues cibles, à savoir le français et l'anglais.
3.
Le manque de connaissances dans des domaines
de spécialisation tels que les techniques, le droit, la science, l'agriculture,
etc.
4.
L'insuffisance de compétences dans
l'utilisation des outils de Traduction Assistée par Ordinateur (TAO).
En conséquence, cette étude propose
les recommandations suivantes pour remédier à ces défis :
1.
Mettre davantage l'accent sur l'acquisition
des connaissances culturelles dans les deux langues chez les étudiants.
2.
Renforcer les compétences linguistiques des
étudiants dans les langues cibles.
3.
Intégrer l'utilisation des outils de TAO dans
le programme de formation.
4.
Instaurer des stages professionnels pour
permettre aux étudiants de mettre en pratique leurs connaissances théoriques.
Il convient de noter que cette étude,
axée sur les défis à la formation des traducteurs au Soudan, n'a pas pu aborder
tous les aspects de la question en raison de contraintes de temps et de la
situation critique dans le pays. Par conséquent, elle laisse encore de
nombreuses pistes de réflexion pour les futurs chercheurs.
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Cite this Article: Alsamani, AAI; Losenje, T (2023). Issues and
Challenges of Training Translators in Sudan. Greener Journal of Social
Sciences, 13(1): 49-59. |