By Hanafi, MY; Dongho, JR; Atouga, JP (2023).
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Greener Journal of Social Sciences Vol. 13(1), pp. 77-86, 2023 ISSN: 2276-7800 Copyright ©2023, Creative Commons Attribution 4.0
International. |
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Title in English
Translation as a tool for developing intercultural skills in a FFL
classroom
Title in French
La traduction : un outil de
développement de l'interculturel en classe de FLE
Hanafi, Mohammed Yagoub 1*;
Dongho, Jean-Richard (PhD)2; Atouga, Jean Pierre (PhD)3
1,2,3 Advanced School of
Translators and Interpreters (ASTI) & the Pan African University Institute
of Governance, Humanities and Social Studies (PAUGHSS) Cameroun.
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ARTICLE’S INFO |
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Article No.: 111823138 Type: Research |
Accepted: 19/1!/2023 Published: 30/11/2023 |
*Corresponding Author Hanafi, Mohammed Yagoub E-mail: hanafimohammed96@
gmail.com |
Keywords: Mots clés : traduction, efficacité
de la traduction, outil pédagogique, compétence interculturelle et classe de
FLE. |
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ABSTRACT |
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Abstract This article aims to
explore the effectiveness of translation as a teaching tool in acquiring
intercultural skills in the French as a Foreign Language (FFL) classroom at
the University of Khartoum. The study adopted a quantitative method to
collect data. Two multiple-choice questionnaires were distributed to
students and teachers of the University of Khartoum. The Findings of the
analysis have highlighted the central role that translation plays in
fostering intercultural skills in French classroom. Students acknowledged
that translation enables them to grasp the cultural nuances associated with the
French language, which then facilitates their immersion in the target
culture that is francophone culture. On the other hand, teachers said they
frequently make use of translation by adopting a balanced approach,
incorporating culturally-rich texts alongside linguistically-focused ones.
They unanimously agreed on the significant impact of translation on
students' cultural awareness and strongly recommended its increased
integration within the French as a Foreign Language program. Furthermore,
the cultural mediation theory was used to underpin the study. The latter
enabled us to examine many relevant aspects, notably cultural awareness,
cultural adaptation, intercultural thinking, intercultural communication,
intercultural understanding as well as active learning. In conclusion, this
study underscored the important role played by translation in strengthening
the intercultural skills in French classroom at the University of Khartoum,
which came in response to our research objective. Résumé Le présent article se donne pour objectif d’explorer l'efficacité de la traduction
en tant qu'outil pédagogique pour le développement
de la compétence interculturelle
en classe de FLE. En vue
du recueil des données, cette étude s’est
servie d’un instrument quantitatif.
Deux questionnaires à choix
multiples ont été distribués auprès des apprenants et des enseignants
de l’Université de Khartoum. Les résultats de l’analyse des données recueillies mettent en lumière le rôle clé de la traduction dans le développement de l’interculturel en classe de
FLE. Les apprenants reconnaissent
que la traduction les accompagne dans la compréhension des nuances culturelles
liées à la langue française,
favorisant ainsi leur immersion dans la culture cible, en l’occurrence la
culture francophone. Les enseignants, quant à eux, affirment faire un usage fréquent de la traduction en adoptant une approche équilibrée, mêlant des textes culturellement riches à des textes
strictement linguistiques.
Ils sont unanimes quant à l'impact significatif de la traduction sur la sensibilisation culturelle des apprenants et recommandent vivement son intégration accrue au sein du
programme de FLE. De plus, nous nous sommes servis de la théorie de la médiation interculturelle dans l’optique de sous-tendre la présente étude. Cette théorie nous a permis d’examiner plusieurs aspects pertinents tels que la sensibilisation culturelle, l’adaptation culturelle, la réflexion interculturelle, la
communication interculturelle, la compréhension interculturelle ainsi que l’apprentissage
interactif. En conclusion, cette
étude souligne la
pertinence de la traduction pour le développement de l’interculturel
en classe de FLE à l’Université
de Khartoum, répondant ainsi
pleinement à notre objectif de recherche. |
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INTRODUCTION
Il convient, pour commencer, de noter
que la didactique des langues étrangères s’est toujours préoccupée de la mise
en place des méthodes d'enseignement/apprentissage adéquates en classe de
langue. Il s'avère évident que les multiples méthodes qui se sont suivies au
fil des ans avaient une position favorable ou défavorable de la traduction,
sans qu’aucune d’elles, pour autant, ne puisse s’imposer de manière définitive
au détriment des autres. Rana (2017 : p. 12)
estime que :
Dans les
méthodologies d’enseignement du XIXème et du début du XXème siècle, la
traduction avait un rôle clé en classe de langue étrangère. C’est ensuite que
les méthodes d’enseignement se sont penchées vers un bannissement du recours à
la langue maternelle en classe de langue étrangère, au profit d’un accès direct
à la langue en question.
Le recours à la traduction dans
l’enseignement des langues, que l’on voit d’ailleurs, de nos jours, se
pratiquer dans de nombreuses éditions scolaires, ne date pas d’hier. C’est une
technique qui, en réalité, trouve son origine dans les classes humanistes de la
Renaissance, où elle s’appliquait aux traductions du grec en latin. D’après
Garnier (2000 : p. 256), « l’histoire de la traduction des tragédies
grecques en français, de la Renaissance à nos jours, met en évidence la naissance
de cet exercice – dans sa suprématie actuelle – au début du XIXe siècle. » Nous
pouvons alors comprendre que la traduction a toujours constituée
« l'exercice-roi » tant dans la formation des langues étrangères que
dans la formation des littératures anciennes. C’est une évidence.
Ensuite, certes, pour un temps,
d'autres méthodes d’enseignement des langues s'étaient suivies. En
l’occurrence, la méthode traditionnelle, la méthode directe ou encore la
méthode audio-visuelle qui, quant à elles, avaient partagé une caractéristique
commune, à savoir l’emploi exclusif de la langue étrangère en classe de langue.
Ainsi cette période a-t-elle fait que la place de la traduction, en tant
qu'exercice, connaisse des moments critiques on va dire, étant primordiale dans
quelques méthodes et négligeable dans d'autres. Selon Alessandra (2016 :
p. 82) :
Au fil du
temps la traduction comme technique didactique a fait l’objet d’opinions et de
jugements souvent discordants […] avant qu'elle soit finalement réhabilitée par
l’enseignement, les approches communicatives et fonctionnelles comme outil de
réflexion sur les caractéristiques sémantiques, pragmatiques et culturelles
propres à chaque langue.
Mais à présent - d'ailleurs notre
fraîche expérience le témoigne -, la traduction, de nouveau, reprend sa place
en classe de langue étrangère, sans changer de mission : développer la
dimension linguistique et (inter)culturelle dans la langue cible. Les méthodes
actuelles avancent une théorie d’apprentissage où la langue maternelle retrouve
sa place habituelle et de ce fait, elles réhabilitent la comparaison entre les
langues et encouragent le recours à la traduction. Ce retour de la langue
maternelle dans les théories d’apprentissage des langues étrangères suppose
forcément l’emploi de la traduction en classe de langue. La traduction
pédagogique, même si les modalités varient en fonction des pays et des
contextes, occupe encore aujourd’hui une « place de choix » en
didactique des langues étrangères ; à côté, bien évidemment, des exercices
de grammaire, de compréhension écrite/orale, d’analyse linguistique, des cours
de littérature, de civilisation et de multimédia. Plusieurs didacticiens l’ont
souligné d'ailleurs, notamment Aouadi (2004 : pp.
25-32) et Ahmadi (2019 : p. 25.), en affirmant
que la traduction n’a jamais complètement disparu de la classe de langue, elle
a plutôt continué à être pleinement pratiquée, même en présence d’approches
didactiques réticentes.
D'évidence, la didactique des langues
étrangères ne cesse de s’enrichir des méthodes nouvelles pour mieux répondre aux besoins des apprenants et favoriser
le développement de la compétence interculturelle en classe de langue. La
traduction continue néanmoins de s’imposer comme l’exercice clé en classe de
langues. Son emploi gagne du terrain dans l’immense majorité des établissements
scolaires. En plus d’être enseignée en tant que discipline indépendante, elle sert
également d’un auxiliaire dans la didactique des langues, en l’occurrence la
didactique de FLE. Parmi ses diverses tâches en classe de FLE, elle se donne le
rôle de médiatrice interculturelle entre la langue maternelle et la langue
étrangère qui doivent se marier pour créer le pont vers la culture étrangère. Nonobstant,
la complexité de son emploi et son efficacité quant à l’enseignement de la
compétence interculturelle en classe de langue ne cesse de faire débat dans les
forums instructifs. Ainsi, cet article a pour objectif d’explorer l'efficacité
de la traduction en tant qu'outil pédagogique pour le développement de la
compétence interculturelle en classe de FLE à l’Université de Khartoum.
Il
convient par ailleurs de noter que, sur le plan empirique, la présente étude
n’est pas la première dans ce champ de recherche. Elle ne constitue qu’une
suite scientifique étant donné que de multiples études ont été menées sur la
traduction comme médiation interculturelle en classe de FLE. À titre d’exemple,
Belkadi (2015) a examiné la traduction comme une médiation
interculturelle efficace en classe de FLE dans les universités algériennes. Les
résultats de son étude affirment que la traduction constitue un exercice
efficace dans l’enseignement de la médiation interculturelle en classe de FLE
en Algérie. Dewaele (2010) de son côté a mené une
étude exploratoire sur la traduction en tant qu’une approche interculturelle en
classe de langue en Belgique. Les résultats de cette étude ont montré que malgré
la potentielle complexité de son utilisation dans un contexte pédagogique, la
traduction reste un dispositif indispensable pour le développement de l’interculturel
dans l’enseignement de la langue étrangère. Auger (2012), dans son étude sur la
traduction comme une médiation interculturelle complexe en classe de FLE,
aborde dans le même sens que l’emploi de la traduction dans la didactique des
langues ne se fait pas sans quelques complexités. Toutefois son étude de type
exploratoire révèle que la traduction reste un médiateur interculturel efficace
en classe de FLE. De manière ramassée, bien que ces études divergent sur le
plan méthodologique et contextuel et qu’elles soulignent la potentielle
complexité de l’intégration de la traduction en classe de langue, toutes
soutiennent que la traduction reste un outil didactique précieux pour le
développement de la compétence interculturelle en classe de FLE.
Quant au plan théorique, la présente étude adopte
la théorie de la médiation interculturelle, développée par bon nombre de
chercheurs, notamment le chercheur français Daniel Coste dans les années 1990.
Cette théorie se base sur l'idée que l’enseignement de la communication
interculturelle peut être facilité par l’emploi d’un médiateur, en l’occurrence
la traduction, qui pourrait servir à surmonter les barrières linguistiques mais
surtout (inter)culturelles existant entre les personnes de différentes
cultures. Dans le contexte de l'enseignement des langues étrangères, cette
théorie peut s'utiliser dans le but d’étudier de multiples aspects, tels que la
sensibilisation culturelle, la réflexion interculturelle, l’adaptation
culturelle, la communication interculturelle, l’apprentissage interactif et la
compréhension interculturelle. Dans le cadre, examiner ces aspects reste
d’une importance capitale en vue d’explorer l’efficacité de la traduction dans
le développement de la compétence interculturelle en classe de FLE.
En ce qui concerne la méthodologie adoptée, la
présente étude, de type exploratoire, est une étude de cas menée dans la ville
de Khartoum, Soudan, auprès des apprenants de FLE de l'Université de Khartoum,
plus précisément les apprenants de quatrième et cinquième années, amenés à
subir des cours de traduction conçus a priori pour le développement des
compétences linguistiques et (inter)culturelles. Elle cherche, à travers une
méthode analytique, à explorer l'efficacité de la traduction dans le contexte
du développement de la dimension interculturelle en classe de FLE. À cet effet,
dans le cadre du recueil des données, nous avons fait usage du paradigme
d'enquête qui a intégré une approche analytique. Des données quantitatives sur un
certain nombre aspects ont été recueillies pour mieux examiner l’efficacité de
la traduction comme outil didactique dans le développement de l'interculturel
en classe de FLE.
Tout d’abord, deux questionnaires ont été élaborés
à l'aide de Google Forms. Le premier questionnaire a
été distribué aux apprenants tandis que le deuxième a été distribué aux
enseignants de FLE à l'Université de Khartoum. Ensuite, en vue du traitement
des données, nous avons fait usage du logiciel Google Forms
qui nous a permis d'analyser les données quantitatives recueillies de manière
statistique et donc de générer des diagrammes qui nous ont permis la
visualisation et la présentation de ces données. Pour ce qui est de la
fiabilité et de la validité des instruments utilisés, nous avons veillé à ce
que les questionnaires soient bien construit et cohérent pour bien mesurer
l'aspect étudié. Nous avons utilisé le coefficient alpha de Cronbach
pour mesurer la cohérence interne des questions posées dans le questionnaire
élaboré. Enfin, pour ce qui relève des considérations éthiques de l'étude, a
priori de l'administration du questionnaire, une lettre d'autorisation du
recueil des données a été adressée à la direction du département de français de
l'Université de Khartoum. Nous avons également fait en sorte de rassurer nos répondants,
les apprenants comme les enseignants, du strict anonymat dans le traitement des
informations qu'ils nous auront confiées.
Analyse des données et présentation des résultats
Comme indiqué plus haut, un seul instrument
du recueil des données a été utilisé dans le cadre de la présente étude, à
savoir les questionnaires. Nous avons distribué un questionnaire aux
apprenants dont les questions se sont concentrées sur un certain nombre
d’aspects permettant d’examiner l’efficacité de la traduction dans le développement
de la compétence interculturelle en classe de FLE à L’Université de Khartoum.
Ci-dessous l’analyse des données
recueillies auprès des apprenants :
Compréhension des nuances culturelles :

Le graphique 1 laisse voir que sur les 30
apprenants que nous avons pu interroger sur la mesure dans laquelle la
traduction leur assiste dans la compréhension des nuances culturelles liées à
la langue française, 22 apprenants, soit 73,3 %, ont répondu « Beaucoup »
et le reste des apprenants a répondu « Modérément ». Ces chiffres
indiquent que la grande majorité des apprenants considèrent que la traduction
les accompagne côte à côte dans la compréhension des aspects culturels qui sont
intrinsèquement liés à la langue française. Cette perception reste cruciale car
elle suggère que la traduction ne se limite pas à une simple transposition
linguistique, mais qu'elle contribue également, de manière significative, à une
exploration plus profonde de la culture en question. Ces résultats laissent
entendre que les apprenants voient la traduction comme une passerelle vers la
compréhension des coutumes, des traditions, de l'histoire et des subtilités
culturelles associées aux deux langues (cultures), ce qui répond à l'objectif
du cours.
Développement de la compétence interculturelle :

Le graphique 2 montre que sur la totalité de 30
apprenants interrogés sur la mesure dans laquelle la traduction leur permet de
développer leur compétence interculturelle visée en classe de FLE, 21
apprenants, soit 70 %, ont répondu « Beaucoup » et 8 apprenants, soit
30%, ont répondu « Modérément ». Ces résultats suggèrent d’ailleurs
que les apprenants estiment que la traduction les accompagne dans leur quête de s'immerger dans la culture française et donc
d’appréhender la dimension interculturelle. Ils montrent que la mission de la
traduction en classe de FLE dépasse la simple acquisition de compétences
linguistiques. En d'autres termes, la traduction sert de médiateur
interculturel, favorisant la sensibilisation et la compréhension des normes
culturelles, des valeurs, des croyances, des attitudes, etc. Ces chiffres ne laissent aucun doute sur le
rôle significatif joué par la traduction dans le processus du développement de
la compétence interculturelle des apprenants de FLE de l’Université de
Khartoum.
Préférence pour les types de textes en cours de traduction :

Les résultats du graphique 3 montrent que sur les
30 apprenants que nous avons interrogés sur leur préférence pour les types de
textes en cours de traduction, 22 apprenants, soit 73,3 %, ont opté pour une
« combinaison des deux » (Textes culturellement riches et textes
strictement linguistiques) tandis que 26,7 % préfèrent les « Textes
culturellement riches ». Cette répartition révèle une préférence
majoritaire pour une variété de textes. Les apprenants semblent favoriser une approche
équilibrée qui combine des textes culturellement riches avec des textes
strictement linguistiques. Cette diversité dans les choix de textes reflète, de
manière limpide, une compréhension profonde de la nécessité de maîtriser à la
fois les aspects linguistiques et culturels de la langue dans le processus
d’acquisition de la langue étrangère. Ces résultats indiquent que les
apprenants perçoivent cette diversité textuelle comme un atout dans
l’acquisition d’une compétence interculturelle plus holistique.
Impact de la traduction sur la communication interculturelle :

Le graphique 4 permet de comprendre que sur un
nombre total de 30 apprenants que nous avons interrogés sur l'impact de la
traduction sur leur capacité à communiquer sans entrave interculturelle, 22
apprenants, soit 73,3 %, estiment que l'impact est « Élevé », tandis
que 26,7 % le jugent « Modéré ». Ces réponses indiquent que la
traduction a un effet significatif sur la capacité des apprenants à communiquer
de manière fluide et sans barrières dans des contextes interculturels donnés.
Nous estimons que cette perception suggère que les apprenants reconnaissent que
la traduction les prépare à interagir de manière efficace avec des locuteurs
natifs, en comprenant non seulement les aspects linguistiques, mais aussi et
surtout les subtilités culturelles essentielles pour des interactions
interculturelles réussies. De manière brève, les résultats suggèrent que la
traduction développe et renforce leur compétence communicative dans des
situations de communication interculturelle.
Fréquence des
favorables de la continuation du recours à la traduction :

Le graphique 5 nous permet de constater que sur les
30 apprenants que nous avons pu interroger, 29 apprenants, soit 96,7%, pensent
que la traduction devrait continuer d'être utilisée comme outil didactique en
classe de FLE à l'Université de Khartoum pour favoriser l'enseignement de la
compétence interculturelle nécessaire aux apprenants. Un seul apprenant dit ne
pas être sûr par rapport à la continuation du recours à la traduction. Ce choix
de 29 sur 30 apprenants en dit long sur l’efficacité de la traduction en
développement de la compétence interculturelle en classe de FLE au département
de français de l’Université de Khartoum.
Nous avons ensuite distribué un autre
questionnaire aux enseignants dont les questions se sont focalisées sur un
certain nombre d’aspects permettant d’examiner l’efficacité de la traduction
dans le développement de la dimension interculturelle en classe de FLE à
L’Université de Khartoum. Ci-dessous l’analyse des données recueillies auprès des
enseignants :
Fréquence d'utilisation de la traduction en classe de FLE :

Les résultats du graphique 6 montrent que 3 sur 5
enseignants interrogés sur la fréquence à laquelle ils utilisent la
traduction en classe de FLE, soit 60%, ont répondu « Souvent »,
tandis que 2 enseignants, soit 40%, ont répondu « toujours ». Ces
résultats attestent que la traduction s’utilise en classe de FLE dans le but de
favoriser le développement de la compétence interculturelle car suggèrent que
la traduction est largement adoptée comme un outil pédagogique clé. Nous
estimons que cette fréquence élevée d'utilisation indique un intérêt fort pour
la traduction en tant qu'outil de développement interculturel. Il est évident
que les enseignants reconnaissent le potentiel de la traduction pour aider les
apprenants à acquérir une compréhension plus profonde de la culture liée à la
langue étudiée.
Types de textes utilisés pour la traduction :

Le
graphique 7 montre que la majorité écrasante des enseignants, 4 sur 5, soit
80%, indique qu'ils utilisent une combinaison de textes culturellement riches
et strictement linguistiques pour leurs exercices de traduction. Seul un
enseignant, soit 20%, privilégie principalement les textes culturellement
riches. Cette répartition suggère une préférence pour une approche équilibrée,
avec une attention à la fois linguistique et culturelle, étant donné que les
deux aspects sont intrinsèquement liés quand il s’agit d’apprendre une langue
étrangère. En utilisant des textes variés, les enseignants offrent à leurs
apprenants des occasions d'explorer la langue et la culture de manière plus
holistique. Dans ce point, les apprenants, dans leur immense majorité, rejoignent
les enseignants en optant pour une combinaison de textes culturellement riches
et strictement linguistiques pour leurs exercices de traduction. Cette
préférence pour la diversité suggère que les enseignants comme les apprenants
reconnaissent la valeur des deux approches dans le développement de
l’interculturel au moyen de la traduction.
Impact de l'utilisation de la traduction sur la sensibilisation
culturelle :

Le graphique 8 montre que la totalité des enseignants interrogés (100%) ont évalué
l'impact de l'utilisation de la traduction comme « Élevé » sur la
sensibilisation culturelle et la réflexion interculturelle de leurs apprenants.
Ce résultat est particulièrement significatif, car il indique que la traduction
est perçue comme un outil puissant pour favoriser la compréhension
interculturelle en classe de FLE à l’Université de Khartoum. Cette unanimité
parmi les enseignants renforce l'idée que la traduction reste une méthode
efficace de sensibilisation des apprenants à la culture. C’est un moyen
d’encourager les apprenants à réfléchir sur les différences culturelles.
Intégration de la traduction dans le programme de FLE :

Le graphique 9 laisse voir que la totalité des
enseignants interrogés, (100%) ont répondu « Oui » à la question de
savoir si la traduction devrait être davantage intégrée dans le programme de
FLE pour favoriser le développement de la compétence interculturelle en
apprentissage de FLE. Ce résultat révèle un consensus fort parmi les
enseignants sur l'importance de l'intégration de la traduction dans le
curriculum. Ces enseignants reconnaissent que la traduction joue un rôle central
dans la préparation des apprenants à interagir de manière plus efficace et
respectueuse avec des personnes de cultures différentes. Cela suggère
d’ailleurs un appel à l'action pour les concepteurs de programmes éducatifs et
les décideurs pour consacrer plus d’espace à la traduction en tant qu'outil
didactique dans l'enseignement de l’interculturel en classe de FLE.
De manière ramassée, les résultats des deux
questionnaires indiquent qu’au département de français de l’Université de
Khartoum, la traduction est perçue comme un outil efficace pour favoriser le
développement de la compétence interculturelle en classe de FLE. Les chiffres
montrent une forte adhésion à son utilisation et suggèrent même que la
traduction devrait continuer à jouer un rôle clé dans l'enseignement de la
compétence interculturelle en classe de FLE.
En conclusion, il convient d’abord de rappeler que
la présente étude a eu pour objectif d’explorer l’efficacité de la traduction dans le développement de la dimension interculturelle en
classe de FLE à l'Université de
Khartoum.
Ensuite, nous avons, en nous basant sur les
résultats ci-dessus, conclu que la traduction joue un rôle clé dans le
développement de la compétence interculturelle en classe de FLE à l'Université
de Khartoum. Les résultats de l'analyse des questionnaires adressés aux
apprenants attestent que la grande majorité des apprenants estiment que la
traduction les accompagne côte à côte dans la compréhension des nuances
culturelles liées à la langue française. De plus, ils reconnaissent que la
traduction facilite le développement de leur compétence interculturelle, en
leur permettant de s'immerger dans la culture cible. Ces apprenants affirment
préférer une variété de textes pour leurs exercices de traduction, combinant à
la fois des textes culturellement riches et des textes ayant des aspects
linguistiques. Cette préférence reflète une compréhension profonde de la
nécessité de maîtriser à la fois les aspects culturels et linguistiques pour
une compétence interculturelle holistique en FLE. Ces apprenants estiment que
la traduction a un impact élevé sur leur capacité à communiquer sans entrave
lors des contextes interculturels. Cela suggère que la traduction les prépare, de
manière efficace, à interagir avec des locuteurs natifs en comprenant les
subtilités culturelles, ce qui est crucial pour des interactions
interculturelles réussies.
Par ailleurs, les enseignants, quant à eux, se
servent, de manière fréquente, de la traduction en classe de FLE, privilégiant
une approche équilibrée en utilisant à la fois des textes culturellement riches
et strictement linguistiques. Aussi, reconnaissent-ils unanimement que la
traduction a un impact élevé sur la sensibilisation culturelle de leurs
apprenants. La totalité des enseignants estiment que la traduction devrait être
davantage intégrée dans le programme de FLE pour favoriser le développement de
la compétence interculturelle. Cette unanimité souligne l'importance de la
traduction comme outil didactique pour le développement de l'interculturel en
classe de FLE.
En outre, d’évidence, les résultats ci-dessus
attestent l'efficacité de la traduction dans la facilitation de la
compréhension culturelle, du développement de la compétence interculturelle et
de la communication interculturelle en classe de FLE à l'Université de
Khartoum. Nous pouvons ainsi conclure qu’au département de français de
l’Université de Khartoum, la traduction joue un rôle central dans la
préparation des apprenants à interagir avec succès dans des situations de
communication interculturelle, et que
son intégration plus poussée dans le dispositif curriculaire
reste recommandée en vue du renforcement de la compétence interculturelle en
classe de FLE.
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Cite this Article: Hanafi, MY; Dongho,
JR; Atouga,
JP (2023). Translation as a tool for developing intercultural skills in a FFL classroom. Greener Journal of Social Sciences, 13(1): 77-86. |