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Greener Journal of Social Sciences Vol. 14(1), pp. 1-12, 2024 ISSN: 2276-7800 Copyright ©2024, Creative Commons Attribution 4.0 International.
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Title in English
Challenges and prospects of conference
interpreting in Sudan
Title in French
Défis et perspectives de l’interprétation de
conférence au Soudan
Abubaker, Abdallah Abdelrahim1;
Gandu, Sebastien (PhD)1
1École Supérieure de Traducteurs et Interprètes (ASTI) et l’Institut
Panafricain de Gouvernance, Sciences Humaines et Sociales (PAUGHSS)
Cameroun
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ARTICLE’S INFO |
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Article No.: 010624002 Type: Research |
Accepted: 06/01/2024 Published: 19/01/2024 |
*Corresponding Author Abubaker, AA E-mail: benhoome991@ hotmail.com, sgandu2000@ yahoo.com Tel: +237 677366047 |
Keywords: Mots clés : Interprétation, marché
de l’interprétation de conférence, défis, perspectives. |
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Abstract The aim of this article, entitled “Challenges and prospects of
conference interpreting in Sudan ", is to identify the challenges
faced by Sudanese interpreters and to propose solutions and ways of improving
the conditions and qualifications of these interpreters working on the
market. To achieve our objectives, we used a mixed methodology of data
analysis. Quantitative and qualitative data from 22 questionnaires and 03
semi-structured interviews were analysed and interpreted using trait theory
and interpretive theory. The data collected reveal that professional,
linguistic and political difficulties are the main challenges they face.
Among the recommendations suggested for improving professional
qualifications, the creation of a professional training school in conference
interpreting, the organisation of the conference interpreting market, the
creation of an association of interpreters and translators in Sudan, training
in information technology as well as the promotion of foreign languages in
the country.
Résumé Ce présent article intitulé «
Défis et perspectives de l’interprétation de conférence au Soudan »
a pour objectifs d’identifier les défis rencontrés par les interprètes
soudanais et de proposer des solutions et voies pour améliorer les conditions
et qualifications de ces interprètes travaillant sur le marché. Pour
atteindre nos objectifs, nous avons utilisé une méthodologie mixte d’analyse
de données. Des données quantitatives et qualitatives de 22 questionnaires et
03 entretiens semi-directifs ont été analysées et interprétées en se basant
sur la théorie des traits et la théorie interprétative. Les données
collectées révèlent d’abord que, selon nos interrogés, les difficultés
professionnelles, linguistiques et politiques constituent des principaux
défis auxquels ils sont confrontés. En conclusion, parmi les recommandations
suggérées pour l’amélioration des conditions qualifications professionnelles,
nous avons la création d'école de formation
professionnelle en interprétation de conférence, l’organisation du marché d’interprétation de
conférence, la création d'une
association des interprètes et traducteurs au Soudan, la formation sur
les technologies de l’information ainsi que la promotion des langues
étrangères dans le pays. |
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1.
INTRODUCTION
Il convient, de prime
abord, de noter que l’interprétation est, selon l’expression consacrée, un
métier « aussi vieux que le monde » depuis les nuits des temps
jusqu’à nos jours. Cette pratique qui sert de pont d’échanges culturels et
sociaux est devenue une source de revenu pour autant d’interprètes à travers le
monde.
D’ailleurs, On
peut dire que l’histoire de l’ « Interprétation » au Soudan est
passée par plusieurs époques qui y ont marqué la présence des langues
étrangères. L’arrivée des Arabes au Soudan, l’esclavage, la colonisation,
l’occupation turco-égyptienne sont tous des époques qui ont contribué à la
pratique de l’interprétation au Soudan. Il est à noter que le Soudan, à la
base, n’était pas un pays arabophone, mais il était un pays comme tout autre
pays africain avant la colonisation où il y a cette présence intense des
langues nationales, où toute tribu a sa propre langue et donc sa propre
culture.
Avant la
colonisation, vu le caractère multilingue du Soudan, la communication entre le
peuple soudanais se faisait par l’interprétation, appelée à l'époque
Traduction. L’histoire du Soudan a été en grande partie transmise par la
tradition orale et les premiers détenteurs de ce savoir ancestral ont joué un
rôle de traducteur/interprète avant, pendant et après la période coloniale
Pendant la colonisation, la traduction et l’interprétation sont devenues
indispensables vu la nécessité de répondre aux besoins de communication entre
les Soudanais et les Britanniques, ce qui était naturel. Ce qu'il faut, peut-être,
souligner ici c'est que les colonies anglaises étaient un peu différentes de
celles françaises parce que la forme d’administration employée par les deux
colons n'était pas la même. Par exemple, la culture importait peu pour les
Anglais, contrairement aux Français pour qui l’implantation de la langue et de
la culture était nécessaire à l’ancrage de la colonisation, d'où le fait que
dans les colonies françaises, la langue du colonisateur était la seule qui
servait de communication. Au Soudan, la situation était différente. Parce que
les langues nationales et l'arabe, déjà utilisés comme langues de communication
entre les Soudanais, ont continué à coexister avec l’anglais.
D’évidence,
aujourd’hui, le marché de l’interprétation de conférence au Soudan a connu un
développement croissant grâce aux échanges mondiaux, ONGS internationales et
compagnies d’investissement étrangères dans les domaines minier, pétrolier,
agricole, etc. Ces compagnies étrangères, qui ne connaissent pas la langue du
pays hôte, font recours aux services d’interprétation de conférence auprès des
acteurs du marché qui sont soit interprètes indépendants ou travaillant pour un
cabinet d’interprétation.
Nous avons, néanmoins,
fait le constat que ces acteurs du marché font face à une série de défis sur le
plan professionnel, linguistique et d’ordre politique. A cet égard, cet article
se propose de répondre à deux questions à savoir : quels sont les défis
auxquels sont confrontés les interprètes de conférence sur le marché ? Et
comment peut-on améliorer les conditions et qualifications professionnelles de
ces interprètes pour remédier à ces défis ?
La présente étude
vise à identifier les défis rencontrés par les interprètes sur le marché de
l’interprétation et proposer des solutions et voies pour améliorer les
conditions et qualifications des interprètes travaillant sur le marché de
l’interprète au Soudan.
2.
NOTIONS DE CONCEPTS CLES
Dans cette partie,
nous nous focaliserons sur la définition de concepts clés à savoir :
l’interprétation de conférence, le marché de l’interprétation de conférence et
l’étude du marché de l’interprétation de conférence.
2.1.
Interprétation de conférence
Il convient, d’une part, d’affirmer
que la notion d’interprétation de conférence admet une pluralité d’acceptions.
Elle désigne, sur le plan linguistique, le transfert d’un message oral dans une
langue par un même message équivalent dans une autre langue en prenant en
compte le contexte situationnel du message. Giambagli (1999 : p. 200) estime que :
L’interprétation
de conférence est une activité dont le produit fini, c'est-á-dire le
discours-interprété, représente l’aboutissement d’un parcours de traitement de
l’information linguistique et extralinguistique, à savoir co-textuelle,
contextuelle, situationnelle et pragmatique, articulé et complexe.
D’autre part, dans son acception de profession, l’appellation
de ce terme nous amène à penser que la pratique de l’interprétation de
conférence se fait, justement, dans des salles de conférence. Il serait bon,
néanmoins, de noter que la réalité est bien toute autre chose comme le précise
D. Gile :
In spite of what the name conference interpreting
suggests, conference interpreters work not only in conferences, but also in
other settings, including meetings of committees and working groups in
international organizations, visits of personalities, meetings of boards of
directors of large corporations, medical, information technology, economic and
other scientific and technical training seminars, TV programs, arbitration
proceedings, and even court trials. In other words, their activity partly
overlaps with liaison interpreting, court interpreting and media interpreting
[Malgré ce que laisse entendre
le nom interprétation de conférence, les interprètes de conférence ne
travaillent pas uniquement dans des salles de conférences, mais également dans
d’autres cadres y compris les rencontres des comités et groupes de travail
d’organisations internationales, les visites de personnalités, les rencontres
des conseils des directeurs des grandes multinationales, des séminaires sur la
santé, la technologie de l’information, l’économie et d’autres séminaires
scientifiques et de formation technique, des programmes télévisés, les
procédures arbitrales et même les procès. En d’autres termes, leurs activités
chevauchent en partie celles de l’interprétation de liaison, l’interprétation
judiciaire et l’interprétation des médias.] (Notre traduction)
2.2.
Le marché de l’interprétation
Selon (George S. Day 1979, p. 85), le marché est un ensemble de produits jugés comme similaires, dans les
situations d’usage dans lesquelles des tendances de bénéfices sont recherchés,
et les consommateurs pour qui ces usages sont pertinents.
En interprétation
de conférence, selon
2.3. Étude du marché de l’interprétation
Une étude de marché est un travail
d'exploration destiné à analyser, mesurer et comprendre le fonctionnement réel
des forces à l'œuvre dans le cadre d'un marché. Il s'agit d'une activité
typiquement mise en œuvre dans le cadre de la réflexion marketing
Dans le cadre du
marché de la traduction et de l’interprétation, puisqu’elles sont des
professions sœurs, on peut citer l’exemple des travaux de (DePalma,
Pielmeier, Henderson et Stewart, 2015, p.115) qui ont
effectué une étude de marché dont les enseignements sont grandement édifiants.
Pour ce faire, ils dégagent des aspects caractéristiques à ce marché tels que
la demande et l’offre, les outils technologiques du secteur, le classement des
prestataires de services linguistiques, etc., pour au final examiner le rapport
entre l’industrie des services linguistiques et la technologie qui l’appuient.
Notre étude, elle
se focalisera, ainsi, de manière directe sur les défis que rencontrent les
acteurs du marché de l’interprétation de conférence notamment les défis
professionnel, linguistique et d’ordre politique qui nuisent à la qualité des
acteurs et par conséquent le marché. A cela s’ajoutent les recommandations et
solutions ayant pour but de remédier à ces défis.
3.
REVUE EMPIRIQUE
D’emblée, la présente étude, sur le
plan empirique, n’est qu’une suite naturelle dans le champ de la recherche
scientifique. Cependant, presque aucune étude, au Soudan, n’a été menée sur le
marché de l’interprétation de conférence. Ce manque de recherches fournies dans
ce pays nous amène quelque part en Afrique. En Algérie, (Ben Aouda 2017, pp129-137) aborde, dans son article intitulé «
La formation du traducteur/interprète officiel en Algérie : état des lieux»,
la formation universitaire du traducteur/ interprète et le monde professionnel
en mettant l’accent sur le domaine de la traduction officielle et son évolution
en Algérie. L’auteur aborde brièvement les aptitudes requises pour le
traducteur /interprète officiel.
Quant à Fatani (2009), en Arabie Saoudite, offre la première
analyse de marché du secteur de la traduction en Arabie saoudite. Elle présente
les résultats d'un projet financé en 2006, dont l'objectif était d'étudier
l'état de l'industrie de la traduction en Arabie saoudite et de décrire les pratiques
et les exigences de la vie professionnelle afin que les étudiants et les
traducteurs soient tenus au courant des évolutions rapides de la profession.
Au Burundi, Nkurunziza a mené une étude exploratoire sur le statut de
la profession de traducteur au Burundi. Elle part du principe que l'on sait peu
de choses sur la profession de traducteur au Burundi. Cette étude examine le
sujet susmentionné en s'appuyant sur trois objectifs principaux qui sont :
Déterminer le profil professionnel des traducteurs au Burundi, déterminer le
statut de la profession de traduction au Burundi, et évaluer la contribution
des enseignants de traduction à l'université au Burundi pour promouvoir la
reconnaissance publique de la profession de traduction.
En Algérie, Nardjes FRIOUI et Leila BOUKHEMIS ont mentionné que, dans
leur article intitulé (Les qualités personnelles/qualifications
professionnelles de l’interprète/traducteur salarié et leur impact dans la
profession) que la contribution des traducteurs /interprètes dans la communication
multilingue est sans cesse croissante car elle assure la promotion des divers
échanges entre les communautés linguistiques. Raison pour laquelle le
recrutement des traducteurs/interprètes est indispensable dans toutes les
entreprises. Ensuite, elles se sont posé la question de savoir quelles sont les
qualités personnelles et les qualifications professionnelles requises pour les
traducteurs/interprètes salariés ? Elles pensent que le fait de déterminer
ces qualités et qualifications facilite l’exercice de la fonction sur le
terrain et permettra d’élaborer un programme académique qui met en évidence
l’importance du profil personnel du traducteur/ interprète en adéquation avec
le marché du travail. La formation académique en profitera également en mettant
en évidence la polyvalence inhérente au traducteur/ interprète salarié comme
étant une exigence professionnelle plutôt qu’une qualité.
4.
CADRE THEORIQUE
Quant au plan théorique, nous nous
sommes servis de deux théories qui sous-tendent notre étude à savoir : la
théorie interprétative et la théorie des traits.
4.1. La théorie interprétative
La théorie interprétative doit essentiellement son origine à Danica Seleskovitch (1921-2001)
et Marianne Lederer. Pourtant, elle compte
aujourd’hui de nombreux adeptes et promoteurs en particulier dans le monde
francophone.
Selon Herbulot (2004), il s’agit de « déverbaliser », après avoir compris, puis de « reformuler »
ou « ré-exprimer » ; et le plus grand mérite de Danica Seleskovitch et de
Marianne Lederer est d’avoir montré à quel point ce
processus est non seulement important, mais également naturel.
Cette théorie
nous a permis de nous pencher sur les défis d’ordre linguistique qui
rencontrent les interprètes sur le marché de l’interprétation de conférence.
4.2. La théorie des traits
Selon la théorie des traits, un métier se développe pour devenir une
profession en atteignant, entre autres, l'adhésion à un code d'éthique, un
ensemble de connaissances théoriques, une autorisation d'exercer ou un
enregistrement, et la loyauté envers les collègues. Les partisans de cette
théorie ont conçu des listes de contrôle d'attributs qui peuvent être cochés
pour déterminer dans quelle mesure une profession donnée a progressé vers la
professionnalisation (Mikkelson, 2004 : 2).
Cette théorie sera utilisée afin d’identifier les défis
auxquels sont confrontés les interprètes soudanais et proposer des solutions et
voies pour améliorer les conditions et qualifications des interprètes
travaillant sur le marché de l’interprète au Soudan.
5.
METHODOLOGIES DU TRAVAIL
Cette étude a
utilisé une méthode à la fois quantitative et qualitative, une méthode mixte. Notre population cible de notre travail est composée de 22 interprètes
exerçant sur le marché, d’un chef de département de langue à l’université du
Soudan pour les sciences et la technologie et un vice-directeur du département
de pédagogie à l’université de Khartoum exerçant aussi comme interprètes ainsi
qu’un chef cabinet d’interprétation.
Quant aux instruments de recherche, nous en avons utilisé
deux à savoir : le questionnaire, pour des fins quantitatives, adressé aux
interprètes exerçant sur le marché et le guide d’entretien, pour des fins
qualitatives, adressé à certains corps administratifs « un chef de cabinet
d’interprétation, un chef de département de langue et un vice-directeur de
département de pédagogie ». Ces deux questionnaires ont été conçus et
envoyés à trente participants grâce à la technique d’échantiontillonage de boule de neige. Il convient, aussi, de noter que ces questionnaires ont été diffusés en ligne via des canaux de
communication tels que WhatsApp et l'e-mail. A la fin de la période de collecte, nous avons reçu 22 réponses de la part
des interprètes et 3 autres réponses de la part des corps administratifs. De
plus, les questionnaires ont été créés sur Google Forms, permettant aux répondants d'y accéder et de les
remplir à leur convenance. Ce logiciel nous a également permis d'analyser,
d’une part, les données quantitatives de manière statistique et de générer des
histogrammes et des diagrammes et d’analyser les données qualitatives issues
des entretiens d’autre part. Quant aux
considérations éthiques, enfin, nous avons fait en sorte de rassurer nos répondants, les
interprètes comme les corps administratifs, du strict anonymat dans le
traitement des informations qu'ils nous auront confiées.
6.
PRESENTATION ET ANALYSE DES DONNEES
Cette partie se focalise sur le profil professionnel des interprètes et sur
les défis qu’ils rencontrent de nos jours sur le marché, les difficultés liées
à la recherche d’emploi en interprétation de conférence, les difficultés
linguistiques confrontées par ces interprètes, l’impact des conflits politiques
sur le travail des interprètes. De plus, la gestion des défis liés à la
disponibilité limitée de ressources et de formations spécialisées ainsi que la
combinaison linguistique la plus sollicitée. La présentation de toutes ces
données nous permettra l’identification des rencontrés par les interprètes de
conférence tout en proposant des solutions pour y remédier et permettra à leur
marché de se développer tant sur le plan professionnel qu’organisationnel.
6.1. Le profil professionnel
Cette question se renseigne sur le
profil professionnel exercée par nos répondants. On trouve que la majorité
écrasante des répondants exercent deux métiers, l’un principal et l’autre
secondaire.
Tableau 1 : Répartition des
interprètes selon le profil professionnel sur le marché
de l’interprétation
|
En quoi consiste votre travail ? |
Fréquence |
Pourcentage |
|
Interprète professionnel à plein temps |
1 |
4,5 % |
|
Interprète freelance qui travaille sur des projets ad hoc- Enseignement
de langues |
15 |
68,2 % |
|
Interprète employé par une agence à temps partiel- Traducteur- Enseignement
de langue |
2 |
9,1 % |
|
Je travaille pour une organisation internationale comme
traducteur-interprète |
1 |
(4,5%) |
|
Je travaille pour l’UNITAMS comme interprète communautaire |
1 |
(4,5%) |
|
Je suis interprète consécutif pour une ONG internationale |
1 |
(4,5%) |
|
Je travaille pour ONG internationale comme traducteur- interprète |
1 |
(4,5%) |
|
Total |
22 |
100 % |
Source : Enquête auprès des
interprètes travaillant sur le marché au Soudan
Quant à la question de savoir quel
est le profil professionnel exercé par les 22 participants, les données
présentées dans le tableau 1 et le graphique 10 ci-dessus sont instructives.
Premièrement, 1 interprète (soit 4,5 %) exerce en tant qu'interprète professionnel
à plein temps. En revanche, la grande majorité, soit 17 interprètes (soit 77,3
%), travaillent en tant qu'interprètes freelance, intervenant sur des projets
ad hoc, tout en ayant un rôle d'enseignant de langues. Enfin, 4 interprètes
(soit 18,2 %) sont employés à temps partiel par une agence tout en étant
également enseignants de langues.
Par conséquent,
il est à noter que le profil de ces interprètes est double, oscillant entre le
statut d'interprète à temps partiel ou indépendant, mais tous partagent une
implication dans le domaine de l'enseignement des langues, à la différence d'un
seul interprète professionnel qui se consacre entièrement à son travail
d'interprétation à temps plein.
6.2. Informations relatives aux
différents défis confrontés par les interprètes sur le marché
Tableau 2 : Les défis confrontés par les
interprètes sur le marché de l’interprétation
|
Quelles sont les difficultés que
vous rencontrez en tant qu’interprète sur le marché au Soudan ? |
n |
% |
|
Manque de reconnaissance
professionnelle et sociale |
5 |
22,7 % |
|
Rémunération insuffisante pour les
services d’interprétation |
14 |
63,6 % |
|
Difficulté d’accéder à des
formations spécialisées et de développement professionnel |
8 |
36,4 % |
|
Disponibilité limitée
d’équipements et de technologie d’interprétation |
10 |
45,5 % |
|
Concurrence déloyale de la part
d’interprètes non qualifiés |
6 |
27,3 % |
|
Le marché de l’interprétation au
Soudan est inondé d'interprètes non qualifiés |
4 |
18,2% |
|
l’insuffisance des opportunités
pour un grand nombre d’interprètes |
7 |
31,8% |
|
Ensemble de réponses multiples |
54 |
100 % |
Source :
Enquête auprès des interprètes travaillant sur le marché au Soudan
En ce qui concerne les difficultés
rencontrées par les interprètes sur le marché de l'interprétation de nos jours,
plusieurs problèmes ressortent des données du graphique 1 et du tableau 1. Tout
d'abord, 5 interprètes (soit 22,7 %) ont évoqué le manque de reconnaissance
professionnelle et sociale du métier qu'ils exercent.
Ensuite, 8 interprètes
ont exprimé des difficultés à accéder à des formations spécialisées et au
développement professionnel. De plus, 10 interprètes (soit 45,5 %) ont
mentionné que la disponibilité limitée d'équipements et de technologie
représente une contrainte majeure sur le marché.
Par ailleurs, 6
interprètes (soit 27,3 %) ont souligné la concurrence déloyale de la part
d'interprètes non qualifiés, tandis que 4 interprètes (soit 18,2 %) ont déploré
que le marché de l'interprétation au Soudan soit inondé d'interprètes non
qualifiés. Enfin, 7 interprètes (soit 31,8 %) ont indiqué qu'il y a un manque
d'opportunités pour un grand nombre d'interprètes.
En analysant les
données des entretiens, la société AUDIO, une institution de prestation de
services d’interprétation de conférence et de traduction, qui possède un
cabinet d'interprétation à Khartoum, a également souligné ces problèmes. 100 %
d’eux ont noté que le manque de reconnaissance professionnelle et sociale est
en partie dû à l'absence d'une association de traducteurs-interprètes qui
pourrait promouvoir leur profession. Ce même pourcentage est exprimé par les
deux personnes interviewées en la personne du chef du département de langues à
l’université du Soudan pour la science et la technologie et le vice-directeur
du département de pédagogie à l’université de Khartoum partagent la même
opinion. De plus, le directeur du cabinet et les deux interviewés ont relevé
des difficultés similaires concernant l'accès à des formations spécialisées, le
manque d'équipement technologique, et la concurrence déloyale d'interprètes non
qualifiés, ce qui signifie en pourcentage 100 %.
Il est important
de noter que 100 % de l'institution et de nos autres interviewés- chef de du
département des langues et le vice-directeur ont également souligné une baisse
de la demande de services d'interprétation, ce qui a entraîné une rémunération
plus faible à la fois au sein de leur institution et sur le marché soudanais.
En outre,
l'institution a signalé un grave manque d'interprètes professionnels, ainsi que
le départ d'interprètes expérimentés qui étaient présents sur le marché depuis
des années.
Ce point aborde les difficultés
concernant la recherche d’emploi confrontées par nos répondants. Ainsi, nous
voulons savoir si ces difficultés sont liées à quelles lacune ou insuffisances
professionnelles.
Tableau 3 : Les difficultés liées à la recherche d’emploi en interprétation
|
Quelles sont les difficultés dans
la recherche d’emploi en interprétation que vous rencontrez en tant
qu’interprète sur le marché au Soudan ? |
n |
% |
|
Peu d’offres d’emploi dans le secteur de
l’interprétation |
1O |
45,5 % |
|
Manque d’expérience professionnelle dans
l’interprétation simultanée |
12 |
54,5 % |
|
Le recruteur demande une
compétence particulière que vous n’avez pas |
9 |
40,9 % |
|
C'est un cercle plutôt fermé où
les clients vous appellent directement ou vous recommandent à d'autres
structures quand ils sont satisfaits de votre prestation. |
13 |
59,1 % |
|
Problèmes liés à la combinaison
linguistique |
5 |
22,7 % |
|
Non-maitrise des logiciels de
visioconférence comme zoom, webex |
6 |
27,3% |
|
Manque d’expérience professionnelle dans
l’interprétation consécutive |
3 |
13,6% |
|
Ensemble de réponses multiples |
58 |
100 % |
Source : Enquête auprès des
interprètes travaillant sur le marché au Soudan
En ce qui concerne les difficultés
rencontrées par les interprètes dans la recherche d'emploi sur le marché de l'interprétation,
le graphique 2 et le tableau 2 ci-dessus présentent les résultats suivants:
Tout d'abord, 10
interprètes (soit 45,5%) ont mentionné que l'offre d'emploi en interprétation
est limitée.
Ensuite, 12
interprètes (soit 54,5 %) ont signalé le manque d'expérience professionnelle en
interprétation simultanée comme un obstacle majeur dans leur recherche
d'emploi.
De plus, 9
diplômés (soit 40,9 %) se plaignent que les recruteurs exigent des compétences
particulières qu'ils ne possèdent pas, ce qui rend leur recherche d'emploi plus
difficile.
Par ailleurs, 13
répondants (soit 59,1 %) estiment que l'interprétation est un domaine
relativement fermé, où les clients contactent directement les interprètes ou
les recommandent à d'autres organisations s'ils sont satisfaits de leur
travail.
De plus, 5 interprètes
(soit 22,7%) ont soulevé des problèmes liés à la combinaison linguistique, ce
qui peut rendre leur recherche d'emploi plus complexe.
En outre, 7
interprètes (soit 27,3 %) ont souligné qu'ils ne maîtrisent pas les logiciels
de vidéoconférence tels que Zoom ou Webex, ce qui
peut être un obstacle dans un environnement de plus en plus numérique.
Enfin, 3
interprètes (soit 13,6 %) ont évoqué le manque d'expérience professionnelle
dans l'interprétation consécutive comme une difficulté dans leur recherche
d'emploi.
Cette question a été posée pour
savoir les difficultés linguistiques confrontées par nos répondants sur le
marché.
Tableau 4: Les difficultés linguistiques
confrontées par les interprètes sur le marché de l’interprétation
|
Quelles sont les difficultés linguistiques que vous rencontrez en tant qu’interprète sur le marché au Soudan ? |
n |
% |
|
Langues de travail peu courantes |
5 |
22,7 % |
|
Vocabulaire spécialisé |
14 |
63,6 % |
|
Variations dialectales |
2 |
9,1 % |
|
Charge cognitive élevée |
10 |
45,5 % |
|
Cohérence terminologique |
10 |
45,5 % |
|
Accents étrangers |
11 |
50% |
|
Flux de parole rapide |
15 |
68,2% |
|
Absence de formation linguistique |
15 |
68,2% |
|
Ensemble de réponses multiples |
82 |
100 % |
Source : Enquête auprès des
interprètes travaillant sur le marché au Soudan
En ce qui concerne
les difficultés linguistiques que les interprètes rencontrent sur le marché de
l'interprétation de nos jours, selon le graphique 3 et le tableau 3, plusieurs
problèmes se dégagent. Tout d'abord, 5 interprètes (soit 22,7 %) ont évoqué le fait
que les langues de travail qu’ils maîtrisent sont peu courantes sur le marché.
De plus, 14 interprètes (soit 63,6 %) se plaignent des difficultés liées au
vocabulaire spécialisé.
En outre, 2 interprètes (soit 9,1 %) ont mentionné qu’ils font face à la
difficulté des variations dialectales sur le marché. Par ailleurs, 10
interprètes (soit 45,5 %) se plaignent de la charge cognitive. De manière
similaire, 10 autres interprètes (soit 45,5 %) déplorent le manque de cohérence
terminologique. Enfin, 11 interprètes (soit 50 %) font face à la difficulté des
accents étrangers.
Pour couronner le tout, 15 interprètes (soit 68,2 %) indiquent avoir du mal
avec le flux de parole rapide. De manière similaire, un pourcentage identique
de 10 interprètes se plaint de l’absence de formation linguistique pour les
interprètes.
En parallèle, les
données recueillies lors des entretiens ont également mis en lumière, le chef
du département de langues de l’université du Soudan des sciences et de
technologie a déclaré que l’aspect linguistique joue prépondérant dans le
métier de l’interprète, surtout quand ce dernier est convoqué pour une
conférence. Ce genre de conférences exige une préparation préalable de la part
de l’interprète pour savoir la combinaison linguistique sollicitée pour la
conférence ou l’atelier de travail, se familiariser avec la terminologie de la
conférence et les informations de base y étant relatives ainsi que la
préparation des glossaires pour les domaines dans lesquels les interprètes
travaillent. Par conséquent, le manque de cet aspect peut entraîner la plupart
du temps une mauvaise prestation chez l’interprète. Par ailleurs, le métier de
l’interprétation vient en second lieu, tandis que les métiers tels
l’enseignement, la médecine, la recherche scientifique, la sociologie et
d’autres viennent en premier lieu. Cela est attribué au fait que le métier de
l’interprétation est saisonnier. En outre, il expose les difficultés relatives
aux qualités personnelles dont doit disposer l’interprète telles que les exercices
de Shadowing qui aident à l’amélioration de
l’efficacité de la mémoire, de la prononciation et la prestation personnelle
des conférences etc.
Ces difficultés variées mettent en évidence les nombreux défis
linguistiques auxquels les interprètes sont confrontés sur ce marché.
Cette partie s’intéresse à l’impact
des conflits politiques sur le marché de nos acteurs et l’ampleur de cet impact
sur leurs activités génératrices.
Graphique 1 : Répartition de l’impact des conflits
politiques sur le marché de l’interprétation

Source : Enquête auprès des
interprètes travaillant sur le marché au Soudan
Les résultats du graphique 4
ci-dessus montrent que parmi les 22 interprètes interrogés, 14 (soit 63,6 %)
ont mentionné que les conflits politiques peuvent avoir un impact sur le
travail des interprètes en raison de l'augmentation des opportunités de
travail. En outre, parmi ces 22 interprètes, 9 (soit 40,9 %) signalent que ces
conflits politiques peuvent avoir un impact sur leur travail en raison des
risques pour leur sécurité personnelle. Enfin, parmi ces 22 interprètes, 8
(soit 36,4%) indiquent que les conflits politiques ont un impact sur leur
travail en raison de l'augmentation de la demande d'interprétation.
En parallèle, les
données recueillies lors des entretiens ont également mis en lumière, le chef
du département de langues de l’université du Soudan des sciences et de technologie
a déclaré que l’aspect est attisé par la situation économique ; c’est-à-
dire plus la situation économique est stable, moins les conflits politiques
s’attisent. Il peut ainsi influencer la tenue des conférences internationales,
réduire la présence des ONS internationales. En outre, il déclare que la
dévaluation de la monnaie locale fait référence à la situation économique,
sécuritaire et politique.
Cette partie s’intéresse à la
manière dont les acteurs gèrent les conflits liés à la disponibilité de
ressources et formations en interprétation.
Graphique 2 : Répartition de la gestion des conflits
liés à la disponibilité de ressources et de formations en interprétation

Source : Enquête auprès des
interprètes travaillant sur le marché au Soudan
En ce qui concerne la gestion des
défis liés à la disponibilité limitée de ressources et de formations
spécialisées par les interprètes soudanais, les résultats du graphique 16
ci-dessus ont montré que 18 interprètes (soit 81,8%) gèrent ces défis en créant
des programmes de formation pour eux-mêmes, c'est-à-dire qu'ils s'auto-forment
sans suivre une formation professionnelle formelle. D'autre part, 14 autres
interprètes (soit 63,6%) indiquent qu'ils recherchent des formations en ligne.
Il convient de noter que ces formations en ligne ne sont pas accréditées et ne
sont pas suivies au sein d'établissements reconnus.
Cette question a été posée pour
connaitre la combinaison linguistique la plus sollicitée sur le marché.
Graphique 3 : Répartition de la combinaison la plus
sollicitée sur le marché

Source : Enquête auprès des
interprètes travaillant sur le marché au Soudan
En ce qui concerne la combinaison
linguistique la plus demandée pour l’interprétation au Soudan, nous avons
obtenu, selon le graphique 17 ci-dessus, les résultats suivants :
- Anglais-Arabe : 18 des interprètes
(soit 81,8 %) indiquent que c'est la combinaison linguistique la plus
sollicitée sur le marché de l’interprétation.
- Français-Arabe : Cette combinaison
linguistique est utilisée par 17 interprètes (soit 77,3 %), ce qui en fait la
deuxième combinaison la plus demandée sur le marché de l’interprétation. Il est
important de noter que l’arabe est considéré comme langue A au Soudan.
- Arabe-Anglais : Cette combinaison
linguistique est utilisée par 11 interprètes (soit 50%).
- Arabe-Français
: Cette combinaison linguistique est utilisée par 9 interprètes (soit 40,9%).
Il est également important de noter
que les deux langues (Anglais - Français) sont considérées comme des langues B
sur le marché.
Cette section se
penche sur les solutions et recommandations proposées en vue d’une meilleure amélioration des conditions et qualifications
professionnelles des interprètes exerçant sur le marché de l’interprétation au
Soudan.
Tableau 5: Perspectives d’amélioration des conditions et qualifications
professionnelles des interprètes sur le marché de l’interprétation au Soudan
|
Quelles solutions et recommandations proposez- vous
pour améliorer les conditions et qualifications professionnelles du marché de
l’interprétation au Soudan ? |
Fréquence |
Pourcentage |
|
Promouvoir l’apprentissage des
langues étrangères au sein de la population |
18 |
81,8 % |
|
Etablir des partenariats avec des
organismes internationaux de grande envergure |
12 |
54,5 % |
|
Organiser des événements
internationaux et des conférences au Soudan |
13 |
59,1 % |
|
Améliorer les infrastructures pour
accueillir des événements internationaux |
18 |
81,8 % |
|
Etablir des écoles de formation
professionnelle en interprétation de conférence au Soudan |
20 |
90,9 % |
|
Formation sur l’usage des logiciels de
visioconférence |
19 |
86,4% |
|
Il faut une organisation du marché de l’interprétation |
20 |
90,9% |
|
Créer une association des Interprètes et
Traducteurs au Soudan |
20 |
90,9% |
|
Total |
22 |
100 % |
Source : enquête auprès des interprètes travaillant
sur le marché
Le graphique 7 et le tableau 4
présentent les diverses solutions et recommandations formulées par les
interprètes exerçant sur le marché. Pour résoudre les problèmes liés aux
perspectives du marché de l'interprétation au Soudan, diverses recommandations
ont été émises.
D'une part, 18 interprètes
(soit 81,8 %) préconisent la promotion des langues étrangères au sein du pays.
En outre, 12 interprètes (soit 54,5 %) recommandent l'établissement de
partenariats avec des organismes internationaux de grande envergure, tandis que
13 autres interprètes (soit 59,1 %) encouragent l'organisation d'événements
internationaux et de conférences au Soudan. De plus, 18 interprètes (soit 81,8
%) suggèrent l'amélioration des infrastructures pour accueillir des événements
internationaux.
D'autre part, 20
interprètes (soit 90,9 %) considèrent qu'il est nécessaire d'établir des écoles
de formation professionnelle en interprétation de conférence. De plus, 19
interprètes (soit 86,4%) soutiennent la nécessité d'une formation sur
l'utilisation des logiciels de vidéoconférence. Par ailleurs, 20 autres
interprètes (soit 90,9 %) plaident en faveur de l'organisation du marché de
l'interprétation de conférence au Soudan. Enfin, 20 interprètes (soit 90,9 %)
recommandent la création d'une association des interprètes et traducteurs au
Soudan afin d'exploiter le potentiel des interprètes soudanais sur le marché.
En parallèle, les
données recueillies lors des entretiens ont également mis en lumière d'autres
recommandations. Selon les personnes interviewées en la personne du chef
département de langues à l'université du Soudan et du vice-directeur du
département de pédagogie à l’université de Khartoum (100%), exerçant aussi
comme interprètes, il est fortement recommandé d'établir des écoles de
formation professionnelle en interprétation de conférence pour former des
interprètes performants sur le marché. De plus, elles plaident pour une
formation sur l'utilisation des logiciels de vidéoconférence, notamment pour
permettre le travail à distance, ce qui est particulièrement pertinent en
période de conflits. Les personnes interviewées (100%) insistent sur la
création d'une association des interprètes-traducteurs pour promouvoir les
interprètes auprès des consulats, ambassades et ONG internationales présents
dans le pays. Par ailleurs, selon les deux interviewés (100%), il est important
d'organiser le marché de l'interprétation au Soudan, car le marché actuel
manque d'organisation et ne respecte pas les normes relatives aux codes de
déontologie du métier, ce qui limite les opportunités et entrave le
développement du marché. Ils considèrent également qu'il est essentiel de
former en priorité les diplômés et les interprètes non professionnels ici ou à
l'étranger afin qu'ils puissent à leur tour de former d'autres non
professionnels souhaitant travailler sur le marché de l'interprétation au
Soudan. D’une part, le chef du département recommande l’amélioration du
contexte politique en laissant la venue des ONGS internationales soit tolérée
par le gouvernement conformément aux termes et accords de références de l’Etat,
ce qui aide à l’élargissement du marché de l’interprétation au pays. Il
recommande également que les interprètes doivent développer leurs compétences
professionnelles et qualités personnelles pour être performant et concurrencer
sur le marché. D’autre part, il est pour la création d’une association
professionnelle des interprètes qui doit avoir pour objectif de remédier aux
défis auxquels les interprètes sont confrontés tels que la non-reconnaissance
professionnelle de leur métier, la mauvaise connaissance de l’éthique du métier
etc.
Selon lui, cette
association professionnelle peut jouer un rôle crucial dans l’organisation du
marché de l’interprétation et participer à la promotion de ses membres. Enfin,
le directeur du cabinet d'interprétation de la société AUDIO, une institution
privé de prestation des services des langues, met l'accent sur la création
d'une école d'interprétation à part entière, soutenant ainsi l'idée de
permettre aux personnes désireuses de bénéficier d'une formation complète en
interprétation pour être performantes sur le marché de l'emploi. Selon lui, il
est crucial d'organiser le marché de la profession de l'interprétation
conformément aux réglementations de la pratique, tout en créant une association
des traducteurs-interprètes qui pourrait régir le marché et faire la publicité
de ses membres.
7.
CONCLUSION
Cette étude a bien permis d’identifier les divers défis auxquels les
interprètes au Soudan font face, notamment le manque de formation spécialisée
et de reconnaissance professionnelle et sociale, la concurrence déloyale
d'interprètes non qualifiés, la rareté des langues de travail et la charge
cognitive. Cependant, les pistes de solution proposées ont le potentiel
d'améliorer considérablement leurs conditions et qualifications
professionnelles. Il est désormais essentiel de mettre en œuvre ces
recommandations pour renforcer le secteur de l'interprétation de conférence au
Soudan. Cette étude, à cet effet, propose, pour remédier à ces défis améliorer
les conditions et qualifications professionnelles, les recommandations
suivantes :
-
la
création d'écoles de formation professionnelle en interprétation de conférence.
Il est important de noter que les interprètes interrogés dans cette étude n’ont
pas été formés dans des écoles de formation pour améliorer la qualité du
marché.
-
Pour une meilleure
amélioration de la qualité du marché, il faut une organisation de ce marché conformément aux réglementations de la pratique, car
nous avons remarqué que les interrogés se sont plaints d’une mauvaise
organisation dudit marché.
-
La création d’une
association des traducteurs- interprètes pour régir les règlements du marché et
faire la publicité de ses membres. Une association qui aura pour objectif de
maximiser les acquis et corriger les insuffisances à travers l’auto-évaluation
de ses membres.
-
La formation sur les
technologies de l’information et de la communication, les logiciels de
visioconférence. En effet, des catastrophes telles que la covid-19, les
conflits nécessitent le recours aux conférences en ligne pour réduire le
déplacement des interprètes. Par conséquent, le fait de maitriser ces
technologies est une priorité pour ce métier étant donné qu’il est une
ressource génératrice principale.
-
La promotion des langues
étrangères dans le pays.
BIBLIOGRAPHIE
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16- Widlund-Fantini M. (2003), une recherche
approfondie en deux volumes qu’elle intitula L’Interprétation de conférence.
|
Cite this Article: Abubaker, AA; Gandu, S (2024). Challenges and
prospects of conference interpreting in Sudan. Greener
Journal of Social Sciences, 14(1): 1-12. |