By Gandu, S; Mlle, PNR (2023). Greener Journal of Social Sciences, 13(1): 123-132.
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Greener Journal of Social Sciences
Vol. 13(1), pp. 123-132, 2023
ISSN: 2276-7800
Copyright ©2023, Creative Commons Attribution 4.0 International.
https://gjournals.org/GJSC
Title in English
Title in French
1, Advanced School of Translators and Interpreters (ASTI),
University of Buea, Cameroon.
2Pan-African University,
Institute for Governance, Humanities and Social Sciences (PAUGHSS), Cameroon.
Article No.: 121423159
Type: Research
Full Text: PDF, PHP, HTML, EPUB, MP3
Published: 28/12/2023
Gandu, Sebastien
E-mail: sgandu2000@ yahoo.com
Keywords: Strategies and techniques, Literary translation, Dialogic hybridity, Novel.
Mots clés : Stratégies et techniques, traduction littéraire, hybridité dialogique, œuvre romanesque.
This study focuses on literary translation. It seeks to explore the strategies and techniques for translating dialogical hybridity in As I move on, I drop on by Ben Jama. This work seeks to study 50 excerpts that portray hybridity with the use of systemic, macro textual and micro textual analysis. In this light, this study makes use of narrative semiotics theory and Goodman’s theory of style to understand the origin of texts on dialogical hybridity and how they are constituted. Results obtained on strategies revealed that foreignization 40%, domestication 40%, and decentring 20% could be used to translate dialogical hybridity. Moreover, techniques such as literal translation, borrowing, adaptation, explicitation and expansion could be used to translate hybridity. Drawing from these results, this study concludes that foreignization and domestication enable the translation of the novel As I move on, I drop on, since translation takes into consideration the source and target languages and cultures.
Résumé
Le présent travail de recherche porte sur le domaine de la traduction littéraire. Il vise à explorer les stratégies et techniques de traduction de l’hybridité dialogique dans As I move on, drop on de Ben Jama. Ce travail mobilise 10 extraits lesquels bénéficient d’une analyse systémique, microtextuelle et macrotextuelle. À cet effet, cette étude se sert des théories du style de Goodman et de la sémiotique narrative de la littérature pour cerner l’origine et la constitution des textes hybrides. De plus, la théorie du polysystème a permis de comprendre l’œuvre dans son ensemble. Les résultats obtenus ont révélé que les stratégies et techniques de traduction que sont l’étrangéisation, la domestication et le décentrement pourraient permettre de traduire l’hybridité dialogique. Les résultats obtenus sont : l’étrangéisation 40 %, la domestication 40 % et le décentrement 20 %. De plus, les résultats ont révélé que des techniques telles que la traduction littérale, l’emprunt, l’adaptation, l’explicitation et l’étoffement pourraient servir à la traduction de l’hybridité dialogique. Au regard des résultats ci-dessus, cette étude conclut que l’étrangéisation et la domestication permettent de traduire l’œuvre As I move on, I drop on, car la traduction tient compte des langues et cultures source et cible.
À travers le temps, la recherche sur l’hybridité dialogique en traduction littéraire a pris de l’ampleur. Selon Balutet (2016 : 11), « l’hybridité dialogique correspond à la transformation dans un texte particulier de différents éléments culturels, littéraires et linguistiques pris dans d’autres textes ». Les auteurs africains dans un souci d’ancrage des valeurs africaines se réfèrent essentiellement à l’hybridité dialogique dans leurs œuvres. Elles permettent donc pour la plupart de dépeindre l’Afrique telle quelle ou encore de présenter le fruit de leur imagination c’est-à-dire « l’Afrique que nous voulons tous ». La traduction des marqueurs de l’hybridité dialogique suscite des interrogations quant aux différentes stratégies et techniques qui peuvent être utilisées à cet effet. En se servant du roman As I move on, I drop on de Ben Jama qui regorge de marqueurs de l’hybridité dialogique et qui est issu de la littérature camerounaise anglophone, ce travail se donne pour objectifs d’étudier les stratégies et techniques de traduction qui pourraient servir à la traduction de cette œuvre.
La traduction d’un texte littéraire est définie comme la traduction des textes qui ont une fonction expressive. Cette définition n’est pas tout de même fixe et exacte. À cet effet, Berman (1985 : 61) déclare dans les Tours de Babel :
Les traductions sont comme ces monnaies de cuivre qui ont bien la même valeur qu’une pièce d’or, et même sont d’un plus grand usage pour le peuple ; mais elles sont toujours faibles, de mauvais aloi.
Les traducteurs littéraires ont toujours réfléchi à la manière de traduire. La plupart des traducteurs ont pris la traduction des textes littéraires de façon empirique, anecdotique et normative.
Dans les discussions traditionnelles sur la traduction littéraire, l’accent est surtout mis sur la manière de traduire. La question centrale était de traduire librement ou littéralement. Une deuxième question étaitt celle de la qualité d’un bon traducteur.
Mais de plus en plus, les notions de culture et d’échanges culturels sont présentes dans les discours de la traduction littéraire. Elles renvoient aux coutumes sociales et culturelles, mais aussi aux normes stylistiques, littéraires et artistiques d’une époque historique ou d’une communauté. D’ailleurs Mounin (1963 : 63) affirme : « la culture matérielle accentue la coupure entre les mondes, par toutes les différences entre les modes de vie matérielle ». Il présente l’idée selon laquelle chaque culture possède des différences matérielles et par conséquent perçoit le monde au travers de ces matériaux. L’originalité et la beauté d’une œuvre résident dans le style de l’auteur. Les éléments qui constituent le style de l’auteur sont : le ton, la diction, le format et les terminologies techniques.
Pour donc traduire le style de l’auteur, une étude préalable de celle-ci est requise. Malmkjaer (2003 : 38) explique que l’étude du style est : « une régularité cohérente et statistiquement significative d’occurrence dans le texte de certains éléments et structures, ou types d’éléments et structures, parmi ceux offerts par la langue dans son ensemble ».
3.1 Stratégies De Traduction
3.1.1 Étrangéisation
L’étrangéisation ou encore foreignisation, exotisation consiste à donner l’équivalent le plus naturel d’un mot dans la langue cible. Cette fois-ci, c’est la culture source qui est privilégiée.
Elle fait voyager le lecteur, car elle lui permet de visiter la langue et la culture source. Pour Venuti (1995 : 20), l’étrangeisation est une pression éthnodéviante exercée sur les valeurs de la culture et langue cible afin que ces dernières intègrent les différences linguistiques et culturelles du texte source-étranger faisant ainsi voyager le lecteur.
3.1.2 Domestication
La domestication, encore appelée naturalisation, consiste à adapter tout ce qui a trait à des références culturelles différentes (noms propres, situations géographiques, plats culinaires) et qui pourrait gêner, d’après certains chercheurs et traducteurs, la compréhension du lecteur.
Elle amène le texte au lecteur et suppose une réduction ethnocentrique du texte original. Des auteurs comme Venuti (1995) fustige cette stratégie, car selon lui la domestication conduit à une réduction des éléments étrangers à appartenant au texte source.
3.1.3 Décentrement
Le décentrement correspond à une expérience au cours de laquelle le traducteur essaie de créer un tiers espace qui ne soit ni celui du texte ou encore de la culture qui lui est attachée, ni celui du texte cible ou de sa culture d’origine. Il représente un autre espace qui témoigne d’une forme de transculturation.
Bandia (2001 : 33) explique qu’il y a toujours une interférence d’une stratégie à l’autre peu importe la posture de départ du sujet traduisant. Il faut donc garder le juste milieu. Cette stratégie permet d’avoir une traduction qui rend compte des éléments de la culture et/ou de la langue source et s’inscrit dans l’espace littéraire de la langue réceptrice.
3.2 Techniques De Traduction
Les techniques de traduction encore appelées microstratégies ou encore procédés de traduction permettent d’opérationnaliser la traduction d’un texte. Il existe entre autres :
La traduction littérale est une technique de traduction qui consiste à rendre les mots ou encore la structure de la langue source dans la langue cible. Elle est généralement qualifiée de traduction mot à mot.
Ce procédé de traduction est défini comme le fait de prendre un mot dans une langue A et l’utiliser dans une langue B.
Suh (2005 : 122) définit l’emprunt comme le transfert des lexèmes du texte source dans la langue cible sans modification sémantique ou sans changement du point de vue de la forme. L’emprunt est généralement effectué pour préserver la couleur locale du mot.
Le calque est une expression empruntée dans une autre langue et traduite de façon littérale afin de décrire un concept dans les mêmes mots employés dans le texte source et est cependant codifié dans les normes de la langue cible.
– Transposition
La transposition est une microstratégie dans laquelle un changement d’une partie du discours advient. Par exemple, un verbe dans la langue source peut devenir un nom après traduction. Le sens est privilégié.
Il s’agit d’une technique qui consiste en un changement de point de vue. Le changement s’effectue également au niveau sémantique. La modulation fait partie des techniques propres à la traduction communicative et pragmatique.
L’explicitation est considérée comme un procédé consistant à révéler l’implicite du texte source dans la langue cible. C’est une technique qui aboutit à une traduction plus claire.
Cette technique permet au traducteur d’utiliser plus de mots que prévu dans le souci de traduire le sens du texte source. Elle permet de pallier les différences culturelles et systémiques des langues.
Vinay et Darbelnet (1995) présentent l’adaptation comme un procédé qui peut être utilisé lorsqu’une situation représentée dans le texte source n’existe pas dans la culture cible. Dans ce cas, il faut la recréer dans le texte cible pour permettre au locuteur cible de comprendre de quoi il est question.
Le traducteur doit dire en ses propres mots le message du texte source. Il est important pour le traducteur qu’en reformulant le texte il rende le sens du texte source.
C’est un procédé qui consiste à rendre compte de la même situation que dans le texte source en utilisant une rédaction différente. Les moyens stylistiques et structuraux sont complètement différents.
Ce procédé permet au traducteur d’apporter des informations au lecteur en bas de page. Cependant, elle peut être encombrante lorsqu’elle abonde dans le texte.
L’hybridité dialogique représente, pour sa part, les différents registres de langues ou emprunts lexicaux et syntaxiques que l’on peut retrouver dans une langue. Elle est associée au nom de Mikhaïl Bakhtine qui a fortement marqué l’analyse du discours avec ces propos sur le dialogisme. Bakhtine (2000 : 175) affirme : «le dialogue [dialog] extérieur et intérieur fusionne et absorbe sans exception les définitions intérieures et extérieures des héros et de leur monde ».
Il met en avant le fait que les personnages de l’œuvre ne parlent pas seulement au monde extérieur, mais se parle également à eux-mêmes. Il présente ainsi le caractère polyphonique de la langue.
Une communauté ou une société donnée est constituée de plusieurs langues qui coexistent. La stratification sociale (structuration de la société) de ces langues s’opère à deux niveaux :
Le dialogisme est caractéristique du plurilinguisme. Le plurilinguisme chez Bakhtine laisse entrevoir l’idée de la diversité de la langue, de la diversité des voix et de la diversité des registres sociaux et des niveaux de langue. Gauvin (1999 : 2) explique : « le plurilinguisme bakhtinien met en cause diversité de langues au même titre que l’hétéroglossie ou diversité des voix, l’hétérologie ou diversité des registres sociaux et des niveaux de langue ».
Bakhtine analyse le discours en se servant de ces éléments. Le dialogue ou discours est constitué du « moi » et de l’« autre ». La confrontation d’une langue à l’autre s’établit par la présence dans une langue de mots étrangers.
Volonchinov (2010 : 273) déclare :
C’est bien le Mots des autres, le Mot d’une langue étrangère qui a apporté avec lui le savoir, la culture, la religion, l’organisation politique (les Sumériens pour les Sémites babyloniens ; les Japhétiques pour les Hellènes ; […] On voit ainsi le rôle organisateur grandiose du Mot étranger, s’imposant toujours par la force et une organisation étrangère, ou bien trouvé par un peuple-envahisseur sur le territoire d’une culture ancienne et puissante qu’il vient d’occuper, cette culture envahie subjuguant, en quelque sorte, depuis la tombe la conscience idéologique du peuple envahisseur.
Partant de cette conception du dialogisme qui se comprend comme un rapport hybride, plusieurs caractéristiques de l’hybridité dialogique peuvent être formulées.
Kristeva (1969) partant du dialogisme bakhtinien va élaborer la notion d’intertextualité. L’intertextualité ne renvoie pas uniquement à la relation entre textes, mais à la capacité pour le lecteur de mettre en relation le texte avec la culture, l’histoire, la société, la littérature.
D’ailleurs, Michael Riffaterre (1980 : 215) définit l’intertextualité comme un mécanisme propre à la lecture littéraire. Elle est l’indice qui présente la façon dont un texte lit l’histoire et s’insère en elle.
Riffaterre élabore la poétique de la réception. Il stipule que pour identifier une intertextualité dans le texte, il revient au lecteur de détecter sa présence. Pour qu’un lecteur élabore un rapprochement entre deux textes, il faut que par association d’idées, un élément textuel l’y amène. L’intertextualité peut ne pas résulter de la volonté de l’auteur, mais peut-être détectée par une bonne lecture.
Le registre de langue encore appelé niveau de la langue est un mode d’expression adapté à une situation d’énonciation particulière qui détermine, notamment, certains choix lexicaux et syntaxiques ainsi qu’un certain ton.
Un écrivain utilise une langue qui est adaptée à la situation de communication qu’il dépeint. Cette langue est déterminée par les règles d’usage de l’époque dans laquelle il écrit, cette façon d’écrire est qualifiée de bon langage. Le bon langage rejette l’utilisation des régionalismes. Cependant, après la Première Guerre mondiale et l’effet de la mondialisation, on observe l’utilisation par des écrivains de plusieurs registres dans la même œuvre.
Le xénisme est l’utilisation d’un terme étranger qui désigne une réalité soit particulière soit inconnue. L’emploi d’un xénisme s’accompagne généralement de signes typographiques [gras, majuscules, italique, etc.] et de remarques métalinguistiques [paraphrases, synonymes, etc.].
Il pose des problèmes aux traducteurs en ce sens qu’il doit décider des stratégies et techniques de traduction à adopter. Cette présence de xénisme s’explique généralement par la nature bilingue ou polyglotte de l’écrivain. Les textes sont donc généralement émaillés de xénismes.
Il s’agit d’identifier les différentes théories qui sont liées à ce travail. À cet effet, il est question de présenter les théories littéraires et les théories de la traduction. Les théories littéraires comprennent la théorie du style de Goodman et la théorie sémiotique narrative tandis que les théories de la traduction sont composées de la théorie du polysystème, des théories philologiques et de la théorie sociolinguistique.
En littérature, le concept du style de Goodman englobe le style d’un auteur comme un ensemble d’éléments sélectionnés et organisés qui ressortent dans ses textes. Ce style se rapporte généralement au style d’une époque, d’une école de pensée. De plus, le style au sens de Goodman est un phénomène culturel qui laisse entrevoir une analyse et aussi une analyse comparée avec un mouvement ou avec d’autres auteurs. Pour comprendre l’œuvre As I move on, I drop on, la connaissance du style et du mouvement auquel l’auteur est rattachée est nécessaire et de plus le mouvement influe sur le contexte de production.
La théorie sémiotique narrative se propose d’étudier un texte littéraire en tenant compte des relations interphrastiques. Les relations interphrastiques sont comprises comme le sens qui se dégagent entre les phrases d’un texte ; elles participent ainsi à la cohérence textuelle. La cohérence textuelle fait émerger les significations profondes et complexes du texte. Tout de même, le sens d’un texte ne peut pas s’acquérir au fur à mesure des lectures. Il se construit dans la relation entre le texte, le lecteur et l’expérience sociale et culturelle dans laquelle le texte s’inscrit. L’expérience de lecture engage tout lecteur à se donner une attente par rapport aux œuvres nouvelles qu’il aborde.
La théorie du polysystème étudie la place de la littérature traduite au sein des systèmes historique et littéraire de la culture cible.
D’après Even-Zohar cité par Guidère (2010 : 75), le terme « polysystème » signifie que :
la littérature traduite ne serait qu’un niveau parmi tant d’autres au sein du système littéraire, lequel est inclu dans un système artistique en général, mais ce dernier fait également partie intégrante du système religieux ou encore politique. Bref, il s’agit d’un polysystème ayant des racines socioculturelles.
Les théories philologiques concernent essentiellement les textes littéraires. Ce sont des théories qui stipulent que le sens d’un texte doit être restitué dans la langue cible pour permettre au locuteur cible de comprendre le message du texte source. En plus du sens, il faut également prendre en compte les circonstances de production.
La théorie sociolinguistique situe l’objet d’étude dans un contexte social qui est expliqué à travers sa portée linguistique. Elle est apparue dans les années 1960 aux États-Unis et s’est répandue grâce à des auteurs tels que William Labov, Gumpez et Hymes. Dès lors, les liens étroits entre la sociologie, la psychologie, etc. en rapport avec la linguistique sont ressortis. En traduction, elle intègre les aspects culturels dans la langue de la traduction. Deux notions sont fondamentales : récepteur et langue réceptrice.
La théorie sociolinguistique de la traduction intègre les aspects culturels de la langue dans la traduction. Elles se rapprochent de la traduction communicative, en ce sens qu’elle vise à susciter le même effet chez le lecteur dans la langue cible que celui produit au lecteur de la langue source. Elle admet également l’équivalent le plus naturel du message en s’appuyant sur le sens et le niveau du style.
L’œuvre de Ben Jama aborde plusieurs thèmes. À partir du titre de l’œuvre « As I move on, I drop on… » on observe un oxymore en raison de la mise en commun de deux expressions contradictoires que sont « I move on » et « I drop on ». Ces deux réalités sont séparées de ponctuations que sont la virgule et les points de suspension. Il est possible d’entrevoir une descente aux enfers, des personnes dont la vie a débuté sur une bonne note, mais qui a rapidement basculé dans le noir et dont l’avenir est incertain.
Le thème principal abordé dans l’œuvre est les conflits rencontrés dans les mariages exogamiques. En effet, l’auteur tout au long de l’œuvre dépeint les problèmes que traverse un couple du fait de leurs origines différentes.
Le mari Nwaturung vient du village d’Akwenko et la femme du village de Jevi. La femme est issue d’un village d’érudits et pense différemment de son mari qui vient d’un village de planteurs. Après de nombreuses années de mariage, le contrat, qu’ils ont signé à l’entame de leur vie de famille, met en lumière les divergences qui existaient jusque-là cachées. Ces divergences mettent à mal le couple et la communauté puisqu’il faudra aller à Ande, un village frontalier aux villages de Jevie te Akwenko pour résoudre le problème.
D’autres thèmes tels que la modernité et la tradition, la place de la femme dans la société sont également évoqués.
En ce qui concerne la modernité et la tradition, l’œuvre dépeint la communauté Kuta constituée de Jevi et Akwenko comme une communauté qui comporte à la fois des églises et le culte des Kepi Nthere. Lorsque l’église veut interférer dans les traditions des Kepi Nthere, elle se retrouve mise à mal. L’œuvre présente les Kepi Nthere comme des gens nobles et qui cherchent le bien, cependant la communauté Kuta a tellement peur de ces Kepi Nthere parce que la tradition des Kepi Nthere reste un mystère.
La place de la femme dans la société est décrite tout d’abord par la mère de Vapio qui lui présente les attributs d’une femme et son devoir de femme mariée. Ensuite survient Vapio qui à son tour sera confrontée aux moqueries des autres femmes du village une fois qu’elle va décider de s’opposer à son mari.
Dans cette partie, il est question d’identifier l’hybridité dialogique dans l’œuvre romanesque As I move on, I drop on et de l’analyser. Pour ce faire, une double approche est envisagée : l’approche empirique et comparative.
L’approche empirique permet de mener une analyse textuelle. Cette analyse servira à relever l’hybridité dialogique dans le roman. Les résultats obtenus de l’analyse de l’hybridité dialogique permettront d’adopter une approche comparative qui mettra en relief le TS et le TC virtuel (composé de propositions de traduction de l’hybridité dialogique).
Cette œuvre est publiée dans le contexte de la littérature camerounaise anglophone encore appelée littérature camerounaise d’expression anglaise. C’est une littérature produite par des Camerounais d’expression anglaise qui viennent des Régions du Sud- Ouest et du Nord-Ouest au Cameroun, la partie anglophone du pays.
Ben Jama a écrit ce livre en plusieurs chapitres et chaque chapitre comporte un titre pour permettre aux lecteurs de comprendre au travers du titre de quoi il est question. La créativité de l’auteur se situe au niveau de l’emboîtement du récit, il commence tout d’abord par décrire un évènement qui prendra sens au fur à mesure des lectures. Il reste très attaché à la culture mbembe, car les noms des lieux décrits dans l’œuvre sont réels. Il plonge le lecteur dans la période postcoloniale du Cameroun et présente les traditions et coutumes propres au peuple Mbembe, un peuple situé dans la Donga-Mantung région du Nord-ouest Cameroun.
Afin de parvenir à une meilleure analyse du corpus, la grille d’analyse de Sakwe (2017) sera appliquée à l’ensemble du corpus. La première colonne est dédiée aux variables et la deuxième à la description. Les variables sont constituées du texte source, du contexte, de la proposition de traduction et de la méthode du chercheur. Dans la colonne description, chaque théorie littéraire, théorie de la traduction et technique de traduction seront mentionnées.
Les extraits présentés dans cette partie se rapportent à l’intertextualité, au registre de la langue et au xénisme en langue mbembe.
Exemple 1
Exemple 2
Exemple 3
Exemple 4
Exemple 5
“Pass round and sleep. How am I disturbing you?” retorted the other. P.63)
« Traverse et tu te couches. En quoi je te dérange ? » rétorque Vapio.
Exemple 6
“Eh, bia kiayi? Neh nah thobeh?” (Yes, good morning. Did you people sleep well?) (P.28)
« Eh, bia kiayi ? Neh nah thobeh ? » (Oui, bonjour. Avez-vous bien dormi ?
Exemple 7
‘You lush. What do you think you can do to me?’
(P.144)
« Connard. Tu penses que tu peux me faire quoi ? »
Exemple 8
Exemple 9
Exemple 10
Tableau récapitulatif des stratégies et techniques de traduction
Les résultats ont démontré que l’étrangéisation représente 4 cas soit 40 %, la domestication représente 4 cas soit 40 % et le décentrement représente 2 cas soit 20 % et permettent de constater que l’étrangéisation et la domestication peuvent permettre de traduire l’hybridité dialogique en tenant compte des langues et cultures source et cible. Ces résultats présentent plusieurs implications notamment :
Ce travail formule les recommandations suivantes :
Bakhtine, M. (2000). Les problèmes de l’œuvre de Dostoïevski. Sobranie sočinenji, 5-175.
Balutet, N. (2016). « Du postmodernisme au post-humanisme : présent et futur du concept d’hybridité ». Babel, 19-47.
Bandia, P. (2001). « Le concept bermanien de l’« Étranger » dans le prisme de la traduction postcoloniale». TTR, 14.123-139.
Berman, A. (1985). « Les tours de Babel : Essais sur la traduction ». Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 60-61.
Gauvin, L. (1999). Les Langues du roman. Du plurilinguisme comme stratégie textuelle. Montréal : Presses de l’Université de Montréal.
Guidère, M. (2010). Introduction à la traductologie. Penser la traduction : hier, aujourd’hui, demain. (3e éd.) Paris : De Boeck.
Kristeva, J. (1969). L’engendrement de la formule, Semiotike : recherches pour une sémanalyse. Paris : Seuil.
Malmkjaer, K. (2003). « What Happened to God and the Angels: An Exercise in Translational Stylistics ». Target, 1, 37–58.
Mounin, G. (1963). Les problèmes théoriques de la traduction. Paris : Gallimard.
Riffaterre, M. (1980). « La trace de l’intertexte ». La pensée, Vol.1, 1-167.
Suh, J. (2005). ‘A Study of Translations Strategies in Guillaume Oyono Mbia’s Plays’ PhD thesis submitted to the University of South Africa.
Venuti, L. (1995). The Translator’s Invisibility. A History of Translation. London/New York: Routledge.
Volochinov, V.N. (2010). Marxisme et philosophie du langage. Limoges : Lambert-Lucas.
Gandu, S; Mlle, PNR (2023). Strategies and Techniques for Translating Dialogical Hybridity. Greener Journal of Social Sciences, 13(1): 123-132.
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