By Gandu, S; Mlle, PNR (2023).
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Greener Journal of Social Sciences Vol. 13(1), pp. 123-132, 2023 ISSN: 2276-7800 Copyright ©2023, Creative Commons Attribution 4.0
International. |
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Title in English
STRATEGIES
AND TECHNIQUES FOR TRANSLATING DIALOGICAL HYBRIDITY
Title in French
STRATÉGIES
ET TECHNIQUES DE TRADUCTION DE L’HYBRIDITÉ DIALOGIQUE
Gandu,
Sebastien (PhD)1,2; Mlle, Pangang Ngongang Raissa2
1, Advanced School of Translators and
Interpreters (ASTI),
University
of Buea, Cameroon.
2Pan-African University,
Institute
for Governance, Humanities and Social Sciences (PAUGHSS), Cameroon.
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ARTICLE’S INFO |
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Article No.: 121423159 Type: Research |
Accepted: 16/12/2023 Published: 28/12/2023 |
*Corresponding Author Gandu,
Sebastien E-mail: sgandu2000@ yahoo.com |
Keywords:
Mots
clés : Stratégies et techniques,
traduction littéraire, hybridité dialogique, œuvre romanesque. |
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ABSTRACT |
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Abstract This study focuses on literary
translation. It seeks to explore the strategies and techniques for
translating dialogical hybridity in As I move on, I drop on by Ben
Jama. This work seeks to study 50 excerpts that portray hybridity with the
use of systemic, macro textual and micro textual analysis. In this light,
this study makes use of narrative semiotics theory and Goodman’s theory of style
to understand the origin of texts on dialogical hybridity and how they are
constituted. Results obtained on strategies revealed that foreignization 40%,
domestication 40%, and decentring 20% could be used
to translate dialogical hybridity. Moreover, techniques such as literal
translation, borrowing, adaptation, explicitation
and expansion could be used to translate hybridity. Drawing from these
results, this study concludes that foreignization and domestication enable
the translation of the novel As I move on, I drop on, since
translation takes into consideration the source and target languages and
cultures. Résumé Le présent
travail de recherche porte sur le domaine de la traduction littéraire. Il
vise à explorer les stratégies et techniques de traduction de l’hybridité
dialogique dans As I move on, drop on de
Ben Jama. Ce travail mobilise 10 extraits
lesquels bénéficient d’une analyse systémique, microtextuelle
et macrotextuelle. À cet effet, cette étude se sert
des théories du style de Goodman et de la sémiotique narrative de la
littérature pour cerner l’origine et la constitution des textes hybrides. De
plus, la théorie du polysystème a permis de
comprendre l’œuvre dans son ensemble. Les résultats obtenus ont
révélé que les stratégies et techniques
de traduction que sont l’étrangéisation, la domestication et le décentrement
pourraient permettre de traduire l’hybridité dialogique. Les résultats
obtenus sont : l’étrangéisation 40 %, la domestication 40 % et
le décentrement 20 %. De plus, les résultats ont révélé que des
techniques telles que la traduction littérale, l’emprunt, l’adaptation, l’explicitation
et l’étoffement pourraient servir à la traduction de l’hybridité dialogique.
Au regard des résultats ci-dessus, cette étude conclut que l’étrangéisation
et la domestication permettent de traduire l’œuvre As I move on, I drop on, car la traduction tient compte des langues
et cultures source et cible. |
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À
travers le temps, la recherche sur l’hybridité dialogique en traduction
littéraire a pris de l’ampleur. Selon Balutet (2016 :
11), « l’hybridité dialogique correspond à la transformation dans un
texte particulier de différents éléments culturels, littéraires et
linguistiques pris dans d’autres textes ». Les auteurs africains dans un
souci d’ancrage des valeurs africaines se réfèrent essentiellement à
l’hybridité dialogique dans leurs œuvres. Elles permettent donc pour la plupart
de dépeindre l’Afrique telle quelle ou encore de présenter le fruit de leur
imagination c’est-à-dire « l’Afrique que nous voulons tous ». La
traduction des marqueurs de l’hybridité dialogique suscite des interrogations
quant aux différentes stratégies et techniques qui peuvent être utilisées à cet
effet. En se servant du roman As I move
on, I drop on de Ben Jama qui regorge de
marqueurs de l’hybridité dialogique et qui est issu de la littérature
camerounaise anglophone, ce travail se donne pour objectifs d’étudier les
stratégies et techniques de traduction qui pourraient servir à la traduction de
cette œuvre.
La
traduction d’un texte littéraire est définie comme la traduction des textes qui
ont une fonction expressive. Cette définition n’est pas tout de même fixe et
exacte. À cet effet, Berman (1985 : 61) déclare dans les Tours de Babel :
Les
traductions sont comme ces monnaies de cuivre qui ont bien la même valeur
qu’une pièce d’or, et même sont d’un plus grand usage pour le peuple ;
mais elles sont toujours faibles, de mauvais aloi.
Les
traducteurs littéraires ont toujours réfléchi à la manière de traduire. La
plupart des traducteurs ont pris la traduction des textes littéraires de façon
empirique, anecdotique et normative.
Dans
les discussions traditionnelles sur la traduction littéraire, l’accent est
surtout mis sur la manière de traduire. La question centrale était de traduire
librement ou littéralement. Une deuxième question étaitt
celle de la qualité d’un bon traducteur.
Mais
de plus en plus, les notions de culture et d’échanges culturels sont présentes
dans les discours de la traduction littéraire. Elles renvoient aux coutumes
sociales et culturelles, mais aussi aux normes stylistiques, littéraires et
artistiques d’une époque historique ou d’une communauté. D’ailleurs Mounin (1963 : 63) affirme : « la culture
matérielle accentue la coupure entre les mondes, par toutes les différences
entre les modes de vie matérielle ». Il présente l’idée selon laquelle
chaque culture possède des différences matérielles et par conséquent perçoit le
monde au travers de ces matériaux. L’originalité et la beauté d’une œuvre
résident dans le style de l’auteur. Les éléments qui constituent le style de
l’auteur sont : le ton, la diction, le format et les terminologies
techniques.
Pour
donc traduire le style de l’auteur, une étude préalable de celle-ci est requise.
Malmkjaer (2003 : 38) explique que l’étude du
style est : « une régularité cohérente et statistiquement
significative d’occurrence dans le texte de certains éléments et structures, ou
types d’éléments et structures, parmi ceux offerts par la langue dans son
ensemble ».
3.1 Stratégies De
Traduction
3.1.1 Étrangéisation
L’étrangéisation
ou encore foreignisation, exotisation
consiste à donner l’équivalent le plus naturel d’un mot dans la langue cible.
Cette fois-ci, c’est la culture source qui est privilégiée.
Elle fait
voyager le lecteur, car elle lui permet de visiter la langue et la culture
source. Pour Venuti (1995 : 20), l’étrangeisation est une pression éthnodéviante
exercée sur les valeurs de la culture et langue cible afin que ces dernières
intègrent les différences linguistiques et culturelles du texte source-étranger
faisant ainsi voyager le lecteur.
3.1.2 Domestication
La
domestication, encore appelée naturalisation, consiste à adapter tout ce qui a
trait à des références culturelles différentes (noms propres, situations
géographiques, plats culinaires) et qui pourrait gêner, d’après certains
chercheurs et traducteurs, la compréhension du lecteur.
Elle amène le
texte au lecteur et suppose une réduction ethnocentrique du texte original. Des
auteurs comme Venuti (1995) fustige cette stratégie,
car selon lui la domestication conduit à une réduction des éléments étrangers à
appartenant au texte source.
3.1.3 Décentrement
Le décentrement
correspond à une expérience au cours de laquelle le traducteur essaie de créer
un tiers espace qui ne soit ni celui du texte ou encore de la culture qui lui
est attachée, ni celui du texte cible ou de sa culture d’origine. Il représente
un autre espace qui témoigne d’une forme de transculturation.
Bandia
(2001 : 33) explique qu’il y a toujours une interférence d’une stratégie à
l’autre peu importe la posture de départ du sujet traduisant. Il faut donc
garder le juste milieu. Cette stratégie permet d’avoir une traduction qui rend
compte des éléments de la culture et/ou de la langue source et s’inscrit dans
l’espace littéraire de la langue réceptrice.
3.2 Techniques De Traduction
Les techniques de traduction encore appelées microstratégies ou encore procédés de traduction permettent
d’opérationnaliser la traduction d’un texte. Il existe entre autres :
-
Traduction littérale
La traduction
littérale est une technique de traduction qui consiste à rendre les mots ou
encore la structure de la langue source dans la langue cible. Elle est
généralement qualifiée de traduction mot à mot.
-
Emprunt
Ce procédé de
traduction est défini comme le fait de prendre un mot dans une langue A et
l’utiliser dans une langue B.
Suh (2005 : 122) définit l’emprunt comme le transfert des
lexèmes du texte source dans la langue cible sans modification sémantique ou
sans changement du point de vue de la forme. L’emprunt est généralement
effectué pour préserver la couleur locale du mot.
-
Calque
Le calque est
une expression empruntée dans une autre langue et traduite de façon littérale
afin de décrire un concept dans les mêmes mots employés dans le texte source et
est cependant codifié dans les normes de la langue cible.
- Transposition
La
transposition est une microstratégie dans laquelle un
changement d’une partie du discours advient. Par exemple, un verbe dans la
langue source peut devenir un nom après traduction. Le sens est privilégié.
-
Modulation
Il s’agit d’une
technique qui consiste en un changement de point de vue. Le changement
s’effectue également au niveau sémantique. La modulation fait partie des
techniques propres à la traduction communicative et pragmatique.
-
Explicitation
L’explicitation
est considérée comme un procédé consistant à révéler l’implicite du texte
source dans la langue cible. C’est une technique qui aboutit à une traduction
plus claire.
-
Étoffement
Cette technique
permet au traducteur d’utiliser plus de mots que prévu dans le souci de
traduire le sens du texte source. Elle permet de pallier les différences
culturelles et systémiques des langues.
-
Adaptation
Vinay et Darbelnet (1995) présentent l’adaptation comme un procédé
qui peut être utilisé lorsqu’une situation représentée dans le texte source
n’existe pas dans la culture cible. Dans ce cas, il faut la recréer dans le
texte cible pour permettre au locuteur cible de comprendre de quoi il est question.
-
Reformulation
Le traducteur
doit dire en ses propres mots le message du texte source. Il est important pour
le traducteur qu’en reformulant le texte il rende le sens du texte source.
-
Équivalence culturelle
C’est un
procédé qui consiste à rendre compte de la même situation que dans le texte
source en utilisant une rédaction différente. Les moyens stylistiques et
structuraux sont complètement différents.
-
Note de bas de page
Ce procédé
permet au traducteur d’apporter des informations au lecteur en bas de page.
Cependant, elle peut être encombrante lorsqu’elle abonde dans le texte.
L’hybridité
dialogique représente, pour sa part, les différents registres de langues ou
emprunts lexicaux et syntaxiques que l’on peut retrouver dans une langue. Elle
est associée au nom de Mikhaïl Bakhtine qui a fortement marqué l’analyse du
discours avec ces propos sur le dialogisme. Bakhtine (2000 : 175) affirme :
«le dialogue [dialog] extérieur et intérieur fusionne
et absorbe sans exception les définitions intérieures et extérieures des héros
et de leur monde ».
Il
met en avant le fait que les personnages de l’œuvre ne parlent pas seulement au
monde extérieur, mais se parle également à eux-mêmes. Il présente ainsi le
caractère polyphonique de la langue.
Une
communauté ou une société donnée est constituée de plusieurs langues qui
coexistent. La stratification sociale (structuration de la société) de ces
langues s’opère à deux niveaux :
·
Au premier niveau : le
langage dans la réalité concrète de son emploi vivant est le résultat d’un
contact entre les langues nationales, de leur coexistence. Il n’existe donc pas
de langue pure. La langue pure n’est donc qu’une chimère. À titre illustratif,
après la colonisation, on assiste à la naissance du pidgin, du spanglish. Après
la Première Guerre mondiale, on assiste à l’interférence des expressions issues
du français dans l’anglais, etc.
·
Au deuxième niveau : le
langage est stratifié et hybride à l’intérieur d’après cinq axes qui
s’entrecoupent et déterminent la diversité du discours encore appelé
hétéroglossie. Les discours sont influencés par l’âge, la région géographique,
la profession des interlocuteurs, le genre de discours, etc.
Le
dialogisme est caractéristique du plurilinguisme. Le plurilinguisme chez
Bakhtine laisse entrevoir l’idée de la diversité de la langue, de la diversité
des voix et de la diversité des registres sociaux et des niveaux de langue.
Gauvin (1999 : 2) explique : « le plurilinguisme bakhtinien met
en cause diversité de langues au même titre que l’hétéroglossie ou diversité
des voix, l’hétérologie ou diversité des registres
sociaux et des niveaux de langue ».
Bakhtine
analyse le discours en se servant de ces éléments. Le dialogue ou discours est
constitué du « moi » et de l’« autre ». La
confrontation d’une langue à l’autre s’établit par la présence dans une langue
de mots étrangers.
Volonchinov (2010 : 273) déclare :
C’est
bien le Mots des autres, le Mot d’une langue étrangère qui a apporté avec lui
le savoir, la culture, la religion, l’organisation politique (les Sumériens
pour les Sémites babyloniens ; les Japhétiques pour les Hellènes ;
[…] On voit ainsi le rôle organisateur grandiose du Mot étranger, s’imposant
toujours par la force et une organisation étrangère, ou bien trouvé par un
peuple-envahisseur sur le territoire d’une culture ancienne et puissante qu’il
vient d’occuper, cette culture envahie subjuguant, en quelque sorte, depuis la
tombe la conscience idéologique du peuple envahisseur.
Partant de cette conception du dialogisme qui se comprend
comme un rapport hybride, plusieurs caractéristiques de l’hybridité dialogique peuvent
être formulées.
Kristeva (1969)
partant du dialogisme bakhtinien va élaborer la notion d’intertextualité.
L’intertextualité ne renvoie pas uniquement à la relation entre textes, mais à
la capacité pour le lecteur de mettre en relation le texte avec la culture,
l’histoire, la société, la littérature.
D’ailleurs,
Michael Riffaterre (1980 : 215) définit
l’intertextualité comme un mécanisme propre à la lecture littéraire. Elle est
l’indice qui présente la façon dont un texte lit l’histoire et s’insère en
elle.
Riffaterre élabore la poétique de la réception. Il stipule que pour
identifier une intertextualité dans le texte, il revient au lecteur de détecter
sa présence. Pour qu’un lecteur élabore un rapprochement entre deux textes, il
faut que par association d’idées, un élément textuel l’y amène.
L’intertextualité peut ne pas résulter de la volonté de l’auteur, mais
peut-être détectée par une bonne lecture.
Le registre de
langue encore appelé niveau de la langue est un mode d’expression adapté à une
situation d’énonciation particulière qui détermine, notamment, certains choix
lexicaux et syntaxiques ainsi qu’un certain ton.
Un écrivain
utilise une langue qui est adaptée à la situation de communication qu’il
dépeint. Cette langue est déterminée par les règles d’usage de l’époque dans
laquelle il écrit, cette façon d’écrire est qualifiée de bon langage. Le bon
langage rejette l’utilisation des régionalismes. Cependant, après la Première
Guerre mondiale et l’effet de la mondialisation, on observe l’utilisation par
des écrivains de plusieurs registres dans la même œuvre.
Le xénisme
est l’utilisation d’un terme étranger qui désigne une réalité soit particulière
soit inconnue. L’emploi d’un xénisme s’accompagne généralement de signes typographiques
[gras, majuscules, italique, etc.] et de remarques métalinguistiques
[paraphrases, synonymes, etc.].
Il pose des problèmes aux traducteurs en ce sens qu’il
doit décider des stratégies et techniques de traduction à adopter. Cette
présence de xénisme s’explique généralement par la nature bilingue ou
polyglotte de l’écrivain. Les textes sont donc généralement émaillés de
xénismes.
Il s’agit d’identifier les différentes
théories qui sont liées à ce travail. À cet effet, il est question de présenter
les théories littéraires et les théories de la traduction. Les théories
littéraires comprennent la théorie du style de Goodman et la théorie sémiotique
narrative tandis que les théories de la traduction sont composées de la théorie
du polysystème, des théories philologiques et de la
théorie sociolinguistique.
En littérature, le concept du style de Goodman englobe le
style d’un auteur comme un ensemble d’éléments sélectionnés et organisés qui
ressortent dans ses textes. Ce style se rapporte généralement au style d’une
époque, d’une école de pensée. De plus, le style au sens de Goodman est un
phénomène culturel qui laisse entrevoir une analyse et aussi une analyse
comparée avec un mouvement ou avec d’autres auteurs. Pour comprendre l’œuvre As I move on, I drop on, la connaissance
du style et du mouvement auquel l’auteur est rattachée est nécessaire et de
plus le mouvement influe sur le contexte de production.
La théorie sémiotique narrative se propose d’étudier un
texte littéraire en tenant compte des relations interphrastiques.
Les relations interphrastiques sont comprises comme
le sens qui se dégagent entre les phrases d’un texte ; elles participent
ainsi à la cohérence textuelle. La cohérence textuelle fait émerger les
significations profondes et complexes du texte. Tout de même, le sens d’un
texte ne peut pas s’acquérir au fur à mesure des lectures. Il se construit dans
la relation entre le texte, le lecteur et l’expérience sociale et culturelle
dans laquelle le texte s’inscrit. L’expérience de lecture engage tout lecteur à
se donner une attente par rapport aux œuvres nouvelles qu’il aborde.
La théorie du polysystème étudie la place de la littérature traduite au sein des
systèmes historique et littéraire de la culture cible.
D’après Even-Zohar cité par Guidère
(2010 : 75), le terme « polysystème »
signifie que : la littérature traduite ne serait qu’un niveau parmi tant
d’autres au sein du système littéraire, lequel est inclu
dans un système artistique en général, mais ce dernier fait également partie
intégrante du système religieux ou encore politique. Bref, il s’agit d’un polysystème ayant des racines socioculturelles.
Les théories philologiques concernent essentiellement les
textes littéraires. Ce sont des théories qui stipulent que le sens d’un texte
doit être restitué dans la langue cible pour permettre au locuteur cible de
comprendre le message du texte source. En plus du sens, il faut également
prendre en compte les circonstances de production.
La théorie sociolinguistique situe l’objet d’étude dans
un contexte social qui est expliqué à travers sa portée linguistique. Elle est
apparue dans les années 1960 aux États-Unis et s’est répandue grâce à des
auteurs tels que William Labov, Gumpez
et Hymes. Dès lors, les liens étroits entre la
sociologie, la psychologie, etc. en rapport avec la linguistique sont
ressortis. En traduction, elle intègre les aspects culturels dans la langue de
la traduction. Deux notions sont fondamentales : récepteur et langue
réceptrice.
La théorie sociolinguistique de la traduction intègre les
aspects culturels de la langue dans la traduction. Elles se rapprochent de la
traduction communicative, en ce sens qu’elle vise à susciter le même effet chez
le lecteur dans la langue cible que celui produit au lecteur de la langue
source. Elle admet également l’équivalent le plus naturel du message en
s’appuyant sur le sens et le niveau du style.
L’œuvre de Ben Jama aborde plusieurs thèmes. À partir du titre de l’œuvre
« As I move on, I drop on… »
on observe un oxymore en raison de la mise en commun de deux expressions
contradictoires que sont « I move on » et « I drop
on ». Ces deux réalités sont séparées de ponctuations que sont la virgule
et les points de suspension. Il est possible d’entrevoir une descente aux enfers,
des personnes dont la vie a débuté sur une bonne note, mais qui a rapidement
basculé dans le noir et dont l’avenir est incertain.
Le thème
principal abordé dans l’œuvre est les conflits rencontrés dans les mariages
exogamiques. En effet, l’auteur tout au long de l’œuvre dépeint les problèmes
que traverse un couple du fait de leurs origines différentes.
Le mari Nwaturung vient du village d’Akwenko
et la femme du village de Jevi. La femme est issue d’un
village d’érudits et pense différemment de son mari qui vient d’un village de
planteurs. Après de nombreuses années de mariage, le contrat, qu’ils ont signé
à l’entame de leur vie de famille, met en lumière les divergences qui
existaient jusque-là cachées. Ces divergences mettent à mal le couple et la
communauté puisqu’il faudra aller à Ande, un village
frontalier aux villages de Jevie te Akwenko pour résoudre le problème.
D’autres thèmes
tels que la modernité et la tradition, la place de la femme dans la société
sont également évoqués.
En ce qui
concerne la modernité et la tradition, l’œuvre dépeint la communauté Kuta constituée de Jevi et Akwenko comme une communauté qui comporte à la fois des
églises et le culte des Kepi Nthere.
Lorsque l’église veut interférer dans les traditions des Kepi
Nthere, elle se retrouve mise à mal. L’œuvre présente
les Kepi Nthere comme des
gens nobles et qui cherchent le bien, cependant la communauté Kuta a tellement peur de ces Kepi
Nthere parce que la tradition des Kepi
Nthere reste un mystère.
La place de la
femme dans la société est décrite tout d’abord par la mère de Vapio qui lui présente les attributs d’une femme et son
devoir de femme mariée. Ensuite survient Vapio qui à
son tour sera confrontée aux moqueries des autres femmes du village une fois
qu’elle va décider de s’opposer à son mari.
Dans cette partie, il est question d’identifier
l’hybridité dialogique dans l’œuvre romanesque As I move on, I drop on et de l’analyser. Pour ce faire, une double
approche est envisagée : l’approche empirique et comparative.
L’approche empirique permet de mener une analyse
textuelle. Cette analyse servira à relever l’hybridité dialogique dans le
roman. Les résultats obtenus de l’analyse de l’hybridité dialogique permettront
d’adopter une approche comparative qui mettra en relief le TS et le TC virtuel
(composé de propositions de traduction de l’hybridité dialogique).
Cette œuvre est publiée dans le contexte de la
littérature camerounaise anglophone encore appelée littérature camerounaise
d’expression anglaise. C’est une littérature produite par des Camerounais
d’expression anglaise qui viennent des Régions du Sud- Ouest et du Nord-Ouest au
Cameroun, la partie anglophone du pays.
Ben Jama a écrit ce livre en plusieurs chapitres et chaque
chapitre comporte un titre pour permettre aux lecteurs de comprendre au travers
du titre de quoi il est question. La créativité de l’auteur se situe au niveau
de l’emboîtement du récit, il commence tout d’abord par décrire un évènement
qui prendra sens au fur à mesure des lectures. Il reste très attaché à la
culture mbembe, car les noms des lieux décrits dans
l’œuvre sont réels. Il plonge le lecteur dans la période postcoloniale du
Cameroun et présente les traditions et coutumes propres au peuple Mbembe, un peuple situé dans la Donga-Mantung
région du Nord-ouest Cameroun.
Afin de parvenir à une meilleure analyse du corpus, la
grille d’analyse de Sakwe (2017) sera appliquée à
l’ensemble du corpus. La première colonne est dédiée aux variables et la
deuxième à la description. Les variables sont constituées du texte source, du
contexte, de la proposition de traduction et de la méthode du chercheur. Dans
la colonne description, chaque théorie littéraire, théorie de la traduction et
technique de traduction seront mentionnées.
Les extraits
présentés dans cette partie se rapportent à l’intertextualité, au registre de
la langue et au xénisme en langue mbembe.
Exemple 1
|
Variable |
Description |
|
|
Texte source |
Beh, you served me very well, everyone loves you. Me
too. But it is unfortunate. You were my
Lumumba. You were my Ghadafi.
(P.18 |
|
|
Contexte |
Nwambuh
rentre d’une chasse non fructueuse et retrouve Beh son chien couvert de sang,
Nwambuh croit instantanément que Beh a dévoré son
nouveau-né. |
|
|
Proposition de traduction |
Beh, tu m’as
été d’une grande utilité. Tout le monde t’aime, y compris moi. Mais hélas, tu
as été mon Lumumba, tu as été mon Kadhafii. |
|
|
Méthode du chercheur |
Théorie littéraire |
Sémiotique
narrative |
|
Théorie de la traduction |
Philologique |
|
|
Technique de traduction |
Explicitation |
|
Exemple 2
|
Variable |
Description |
|
|
Texte source |
We admire those survivors
of the First and Second World War » (P.127) |
|
|
Contexte |
Ba Ntoi voit la guerre contre le village d’Akwenko comme mauvaise et déconseille le chef de Jevi d’utiliser la méthode des armes. |
|
|
Proposition de traduction |
Nous admirons
ces survivants de la Première et de la Deuxième guerres mondiales » |
|
|
Méthode du chercheur |
Théorie littéraire |
Sémiotique
narrative |
|
Théorie de la traduction |
Philologique |
|
|
Technique de traduction |
Traduction
littérale |
|
Exemple 3
|
Variable |
Description |
|
|
Texte
source |
Sir Winston
Churchill during the world crisis of the First World War, said of an
eventual battle between Germany and France, the French had first and foremost
to solve the Belgian frontier equation. (P.123-124) |
|
|
Contexte |
Le chef de Jevi envoie Ba Ntoi rencontrer le chef du village d’Akwenko
pour tenter de comprendre ce qui se passe entre Vapio
et Nwaturung et éviter la guerre qui se profile
entre les deux villages. |
|
|
Proposition
de traduction |
Monsieur Churchill déclara pendant la crise de la
Première Guerre mondiale que pour une éventuelle bataille entre l’Allemagne
et la France, la France devait tout d’abord résoudre l’équation de la
frontière avec la Belgique. |
|
|
Méthode
du chercheur |
Théorie
littéraire |
Sémiotique narrative |
|
Théorie
de la traduction |
Philologique |
|
|
Technique
de traduction |
Traduction littérale |
|
Exemple 4
|
Variable |
Description |
|
|
Texte source |
Beh was in deep and intimate conversations with Mussolini, Hitler, Caesar, Othello,
Samson, Saddam Insane, interested in knowing why he left the world the
way they did. (P.19) |
|
|
Contexte |
Après la mort
de son chien Beh, Nwambuh
réalise qu’il avait commis une erreur parce que son nouveau-né est toujours
vivant et que son chien voulait lui montrer qu’il avait tué un serpent dans
sa maison. |
|
|
Proposition de traduction |
Beh était en
pleines conversations intimes et passionnées avec Mussolini, Hitler, César,
Othello, Samson, Saddam, Insane. Il s’intéressait à la raison pour laquelle
il a quitté le monde de la même manière qu’eux. |
|
|
Méthode du chercheur |
Théorie littéraire |
Sémiotique
narrative |
|
Théorie de la traduction |
Polysystème |
|
|
Technique de traduction |
Etoffement |
|
Exemple 5
|
Variable |
Description |
|
|
Texte
source |
“Shift, let me
sleep” Turung implore Vapio. “Pass round and
sleep. How am I disturbing you?” retorted the other. P.63) |
|
|
Contexte |
Une dispute entre Vapio et Nwaturung éclate parce que selon leur pacte, elle doit
commencer à dormir devant et Nwaturung ne veut pas
respecter leur accord. |
|
|
Proposition
de traduction |
« Pousse toi, je veux dormir » Turung supplie Vapio. « Traverse et tu te couches. En quoi je te
dérange ? » rétorque Vapio. |
|
|
Méthode
du chercheur |
Théorie
littéraire |
Style de Goodman |
|
Théorie
de la traduction |
sociolinguistique |
|
|
Technique
de traduction |
Adaptation |
|
Exemple 6
|
Variable |
Description |
|
|
Texte source |
“Thaki, Bia Kiayi ?” Nji Banti, the eldest, greeted. “Eh, bia kiayi? Neh
nah thobeh?” (Yes, good morning. Did you
people sleep well?) (P.28) |
|
|
Contexte |
Les notables
étaient en train de boire et de s’insulter jusqu’à l’annonce de l’arrivée du
chef d’Akwenko. |
|
|
Proposition de traduction |
« Thaki, Bia Kiayi ? »
Nji Banti, le doyen le
salua. « Eh, bia kiayi ?
Neh nah thobeh ? » (Oui,
bonjour. Avez-vous bien dormi ? |
|
|
Méthode du chercheur |
Théorie littéraire |
Style de
Goodman |
|
Théorie de la traduction |
Polysystème |
|
|
Technique de traduction |
Emprunt +
Note de bas de page |
|
Exemple 7
|
Variable |
Description |
|
|
Texte source |
« You, stupid idiot. You fool’, snarled Ndinwah ‘You lush. What do you think you can do to me?’ (P.144) |
|
|
Contexte |
Sur le chemin
pour aller rencontrer son père, Nwaturung trouve
son frère qui se bat avec Ndinwah parce que ce
dernier insulte son frère Nwaturung. |
|
|
Proposition de traduction |
« Imbécile,
malade », grogna Ndinwah « Connard.
Tu penses que tu peux me faire quoi ? » |
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Méthode du chercheur |
Théorie littéraire |
Style
de Goodman |
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Théorie de la traduction |
sociolinguistique |
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Technique de traduction |
Adaptation |
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Exemple 8
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Variable |
Description |
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Texte source |
The palace of Ande was at Ande I, in a quarter
called Zieng-bieh-chueng
(children of bitter leaves). (P.206) |
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Contexte |
Le chef d’Ande se balade dans le village pour évaluer l’avancée des
préparatifs de l’assise. |
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Proposition de traduction |
Le palais d’Ande se situait à Ande I, dans
un quartier appelé Zieng-bieh-chueng (enfants des
feuilles amères). |
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Méthode du chercheur |
Théorie littéraire |
Style de
Goodman |
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Théorie de la traduction |
Polysystème
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Technique de traduction |
Emprunt |
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Exemple 9
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Variable |
Description |
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Texte source |
‘My name today is nkubeh for doing that. (P.203) |
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Contexte |
Vapio
et Nwaturung essaient de résoudre leur problème
d’eux-mêmes, Nwaturung désespéré partage sa douleur
avec Vapio. |
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Proposition de traduction |
Mon nouveau
nom est Nkubeh à cause de mes actions. |
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Méthode du chercheur |
Théorie littéraire |
Style de
Goodman |
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Théorie de la traduction |
Polysystème |
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Technique de traduction |
Emprunt +
Note de bas de page |
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Exemple 10
|
Variable |
Description |
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Texte source |
“ Akale agensi nghe O kiang ? ’’ (Do you want to challenge me?), retorted Nji Ntobo. (P.83) |
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Contexte |
Le chef de Jevi organise une réunion pour échanger avec ses notables
et trouver une solution au problème de Vapio
et Nwaturung |
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Proposition de traduction |
“Akale agensi nghe O kiang ?” (Veux-tu
me défier ?), rétorqua Nji Ntobo. |
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Méthode du chercheur |
Théorie littéraire |
Style de
Goodman |
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Théorie de la traduction |
Polysystème |
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Technique de traduction |
Emprunt |
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Synthèse des résultats
Tableau récapitulatif des stratégies et techniques de
traduction
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Macrostratégies |
Microstratrégies |
Pourcentage |
|
étrangéisation |
Traduction
littérale |
40 % |
|
Emprunt |
||
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Domestication
|
Adaptation |
40 % |
|
Explicitation |
||
|
Etoffement |
||
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Décentrement |
Emprunt
+ Note de bas de page |
20 % |
Les résultats ont démontré que l’étrangéisation
représente 4 cas soit 40 %, la domestication représente 4 cas
soit 40 % et le décentrement représente 2 cas soit 20 % et permettent
de constater que l’étrangéisation et la domestication peuvent permettre de
traduire l’hybridité dialogique en tenant compte des langues et cultures source
et cible. Ces résultats présentent plusieurs implications notamment :
1)
Des
implications théoriques : ces résultats vérifient l’idée
selon laquelle les stratégies et techniques de traduction servent véritablement
à traduire un texte hybride ;
2)
Des
implications pédagogiques : ces résultats peuvent servir aux
futurs traducteurs lors de la rédaction de leurs mémoires ;
3)
Des
implications professionnelles : le traducteur peut se
servir de ces stratégies pour traduire un texte d’une langue A vers une langue
B.
Ce travail formule les recommandations suivantes :
●
Pour une possible traduction de
l’œuvre romanesque As I move on, I drop
on, le chercheur doit maitriser la langue source et la langue cible ;
●
La traduction en général et la
traduction littéraire doivent prendre en compte à la fois le contexte de
production et la logique interne du texte.
Bakhtine, M.
(2000). Les problèmes de l’œuvre de
Dostoïevski. Sobranie sočinenji, 5-175.
Balutet, N. (2016). « Du
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Bandia,
P. (2001). « Le concept bermanien de
l’« Étranger » dans le prisme de la traduction postcoloniale». TTR, 14.123-139.
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A. (1985). « Les tours de Babel : Essais sur la traduction ». Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 60-61.
Gauvin, L. (1999). Les
Langues du roman. Du plurilinguisme comme stratégie textuelle.
Montréal : Presses de l’Université de Montréal.
Guidère, M. (2010).
Introduction à la traductologie. Penser la traduction : hier, aujourd’hui,
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Kristeva,
J. (1969). L’engendrement de la formule, Semiotike : recherches pour une sémanalyse. Paris : Seuil.
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Translator’s Invisibility. A History of Translation. London/New York:
Routledge.
Volochinov, V.N. (2010). Marxisme et philosophie du langage.
Limoges : Lambert-Lucas.
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Cite
this Article: Gandu, S; Mlle, PNR (2023). Strategies and
Techniques for Translating Dialogical Hybridity. Greener Journal of Social Sciences, 13(1): 123-132.
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