By Mudi, JBW; Ngoran, CT (2024). Greener Journal of Social Sciences, 14(1): 59-67.
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Vol. 14(1), pp. 59-67, 2024
ISSN: 2276-7800
Copyright ©2024, Creative Commons Attribution 4.0 International.
https://gjournals.org/GJSC
Title in English
Title in French
Pan African University
Institute for Governance, Humanities and Social Sciences (PAUGHSS);
Advanced School of Translators and Interpreters (ASTI)
University of Buea, Cameroon.
Article No.: 012124012
Type: Research
Full Text: PDF, PHP, HTML, EPUB, MP3
Published: 01/02/2024
Josephena BW Mudi
E-mail: elrasheidwafaa08@ icloud.com
Mots clés : interprétation, Soudan du Sud, réalités, défis.
The purpose of this article, titled “realities and challenges of interpretation in South Sudan» is to investigate the practice of interpretation in South Sudan. The study sheds light on the way the profession is practiced and its associated challenges. Employing a quantitative approach, data was gathered through a questionnaire distributed to interpreters in South Sudan. The findings revealed the dynamics of the interpreting profession in the country, uncovering challenges such as a lack of professional development opportunities, limited access to specialized training, insufficient social recognition, and inadequate compensation for interpretation services. Furthermore, individual challenges, including insufficient preparation time and cultural barriers, were identified.
Cet article, intitulé « les réalités et les défis de l’interprétation au Soudan du Sud », a pour objectif d’explorer la pratique de l’interprétation dans ce pays. L’étude met en lumière les réalités de ce métier ainsi que les défis qui lui sont associés. Pour mener cette recherche, une approche quantitative a été adoptée, impliquant la collecte de données au moyen d’un questionnaire adressé aux interprètes opérant au Soudan du Sud. Les résultats ont révélé le déroulement de la profession d’interprète dans le pays, mettant en évidence des défis tels que le manque de développement professionnel, l’absence d’accès à une formation spécialisée, le défaut de reconnaissance sociale et la rémunération insuffisante des services d’interprétation. Des défis individuels, tels que le temps limité pour la préparation et les barrières culturelles, ont également été identifiés.
Le Soudan du Sud, situé dans l’Est de l’Afrique avec Djouba comme capitale, a obtenu son indépendance le 9 juillet 2011. Le pays, qui s’étend sur une superficie de 644 330 kilomètres carrés, compte une population estimée à 13,7 millions d’habitants en 2021. Il est devenu le 54e État africain et le 193e membre de l’ONU. Selon Matthew LeRiche, auteur du livre intitulé Le Soudan du Sud de la révolution vers l’indépendance, cette accession à l’indépendance a mis fin à une guerre civile de longue durée (de 1955 à 1972, puis de 1983 à 2005) qui a marqué l’histoire de l’Afrique. Le processus vers l’indépendance a été conduit par l’armée connue sous le nom du Mouvement populaire de libération du Soudan (APLS/M), un mouvement politique qui a émergé au Sud-Soudan mais qui avait pour objectif de réformer l’ensemble du Soudan par le biais d’une révolution. Après un processus de paix de six ans suite à l’accord de paix global de 2005, le Sud-Soudan a organisé un référendum en janvier 2011 qui a abouti à un vote quasi unanime en faveur de l’indépendance.
La diversité linguistique au Soudan du Sud est une question complexe. Avant l’indépendance, l’arabe était la langue officielle du pays et était principalement parlée par la population. Selon l’Unicef, à partir de 1956, le Sud-Soudan a été contraint d’adopter l’arabe comme seule langue d’enseignement dans tout le système éducatif, dans le cadre des efforts du gouvernement du Nord pour éradiquer les caractéristiques culturelles, linguistiques et religieuses distinctes du Sud. Après l’indépendance, l’anglais a été choisi comme langue officielle par le gouvernement, comme stipulé dans la constitution.
Dans cette optique, Stefano Manfredi, (2013 p :3). Affirme que:
The Provisional Constitution of South Sudan does not list each language and ethnic groups. In its Article 6 it states: All indigenous languages of South Sudan are national languages and shall be respected, developed and promoted. English shall be the official working language in the Republic of South Sudan, as well as the language of instruction at all levels. On the other hand, the constitution of the single states of South Sudan may flatly contradict the central government’s one; e.g., the Interim Constitution of Central Equatoria states inter alia that both ‘English and Arabic shall be the official working languages at all levels of the government of the State as well as languages of Instruction for higher education and that Bari shall be an additional official working language or medium of instruction in Schools at the State level.
La Constitution provisoire du Soudan du Sud ne dresse pas la liste des langues et des groupes ethniques. Dans son article 6, il est stipulé que toutes les langues autochtones du Soudan du Sud sont des langues nationales et doivent être respectées, développées et promues. L’anglais est la langue de travail officielle de la République du Soudan du Sud, ainsi que la langue d’enseignement à tous les niveaux. D’autre part, la constitution des États du Soudan du Sud peut être en contradiction flagrante avec celle du gouvernement central , Par exemple, la Constitution intérimaire de l’Équatoria central stipule notamment que « l’anglais et l’arabe sont les langues de travail officielles à tous les niveaux du gouvernement de l’État, ainsi que les langues d’enseignement pour l’enseignement supérieur » et que le Bari est une langue de travail officielle supplémentaire ou une langue d’enseignement dans les écoles au niveau de l’État. (Notre traduction).
Avec sa complexité et sa diversité linguistique, le Soudan du Sud attire les investisseurs du monde entier et abrite de nombreuses organisations internationales, entreprises étrangères, ambassades et entreprises pétrolières. Cette situation démontre clairement le besoin de services d’interprétation dans le pays. Cette étude se propose donc de découvrir les réalités de ce métier et les défis auxquels les interprètes font face.
L’étude s’articule autour de deux questions que sont :
Sur la base du problème et des questions mis en évidence ci-dessus, les objectifs de l’étude visent à :
Cette partie examine la littérature existante sur le sujet à traiter. Elle est divisée en trois parties distinctes. La première partie, appelée revue conceptuelle, est consacrée à la définition des termes clés. Ensuite, nous allons aborder la revue théorique, qui nous permettra de présenter les différentes théories liées à notre recherche. Enfin, nous passerons à la revue empirique, où nous mettrons en évidence certains travaux déjà réalisés dans le cadre de cette étude
Revue conceptuelle
Dans cette section, nous nous concentrons sur la définition des concepts clés de notre étude : l’interprétation, l’interprétation communautaire, l’interprétation de conférence et les modes de l’interprétation de conférence.
La traduction
Il est nécessaire de définir la traduction pour distinguer entre traduction et interprétation, parce que les deux concepts sont liés et souvent les gens les confondent. La différence se situe dans le fait que l’interprétation est orale tandis que la traduction est écrite.
Selon Lederer (2006, p : 49) la traduction est
« Un acte de création d’équivalences ad hoc, ponctué par l’insertion d’équivalences préexistantes »
Tandis que Vinay et Darbelnet (1977, p :19) considèrent la traduction comme : « le passage d’une langue A à une langue B pour exprimer la même réalité ».
L’interprétation
L’interprétation est un terms qui q revêt différentes significations, mais dans le cadre de notre travail, nous lui conférons une signification spécifique dans le domaine linguistique. Dans ce contexte, son objectif est de faciliter la communication orale entre des locuteurs qui ne parlent pas la même langue, comme l’explique Mikkelson (2000, p : 67) lorsqu’il affirme :
“Interpretation is the transposition of an oral message from one language to another in real time (as opposed to translation which is the transposition of a text from one language to another) This process would be as complicated as denoting all the essential components of a source language, and being able to render them in the most appropriate way in the target language’’
Mikkelson (2000, p : 67) : “L’interprétation est la transposition d’un message oral d’une langue à une autre en temps réel (par opposition à la traduction qui est la transposition d’un texte d’une langue à une autre). Ce processus serait aussi compliqué que de dénommer toutes les composantes essentielles d’une langue source, et d’être capable de les rendre de la manière la plus appropriée dans la langue cible. Cette définition prend en considération non seulement la connaissance des langues de travail, mais aussi l’aspect culturel, moral et émotionnel du texte oral. (Notre traduction)
Les conférences organisées par des institutions nationales et internationales sont généralement accompagnées d’une interprétation de conférence. Cela inclut divers événements tels que les conférences de presse, les sessions parlementaires, les réunions nationales ou internationales et les colloques. Le terme “interprétation de conférence” fait référence aux endroits où ces différents modes d’interprétation ont lieu, comme l’a souligné Pöchhacker (2015, p :78).
Interprétation communautaire
Encore connue sous le nom d’interprétation de service public, l’interprétation communautaire est un type d’interprétation qui sert à la médiation entre les services publics et les usagers. Wadensjö (2002, p. 33) définit d’ailleurs l’interprétation communautaire en ces termes :
Community interpreting refers to the type of interpreting which takes place in the public sphere to facilitate communication between officials and lay people: at police departments, immigration departments, social welfare centres, medical and mental health offices, schools and similar institutions.
[L’interprétation communautaire désigne le type d’interprétation effectué dans les lieux publics pour faciliter la communication entre les fonctionnaires et les profanes : dans les services de police, les services d’immigration, les centres d’aide sociale, les bureaux médicaux et de santé mentale, les écoles et les institutions similaires.] (Notre traduction)
C’est dans le même ordre d’idée que Pointurier (2016, p. 63) affirme : « […] l’interprétation de service public, moins évidente, est ancrée dans la réalité de la société contemporaine, où au sein d’un même État coexistent une majorité et des minorités linguistiques, dont la plupart issues de l’immigration.» Elle vient de ce fait renforcer l’idée selon laquelle l’interprétation communautaire est utilisée pour les besoins de communication au sein des services publics.
Il faut préciser que l’interprétation communautaire, selon Wadensjö (2009) cité par Pöchhacker (2015, p. 66), est le type d’interprétation le plus courant au monde bien que ne nécessitant pas outre moyens de prédisposition formelle comme l’interprétation de conférence, elle se pratique partout où le besoin se fait sentir.
L’interprétation consécutive diffère de l’interprétation simultanée car elle implique moins de contraintes techniques. L’interprète se contente de prendre des notes, d’écouter et de restituer. Pour des réunions en petits groupes, l’interprétation consécutive peut être plus appropriée. Avant de commencer, l’orateur et l’interprète se mettent d’accord sur le rythme d’alternance (AIIC, France). En résumé, lors de l’interprétation consécutive, l’orateur parle pendant quelques minutes (idéalement pas plus de 15 minutes), pendant que l’interprète prend des notes. Une fois que l’orateur a terminé une partie de son discours, l’interprète se présente devant l’auditoire et traduit dans une autre langue ce qui vient d’être dit.
Selon Gille.D. (2009, p.13), l’interprétation simultanée se réfère à une traduction réalisée en même temps que le discours original. C’est la forme la plus courante d’interprétation de conférence. L’interprétation simultanée exige donc une concentration soutenue. Les interprètes de conférence travaillent généralement à deux et se relaient toutes les 30 minutes environs. En mode simultanée, les interprètes travaillent dans des cabines insonorisées. Ils entendent l’orateur par un casque et parlent dans un microphone relié au canal de transmission. C’est ce qui pousse, Seleskovitch et Lederer (1989) à dire que l’interprétation simultanée nécessite une compréhension profonde de la langue et de la culture de l’orateur, ainsi qu’une grande capacité de concentration et de mémoire de la part de l’interprète.
Il est important de souligner l’apparition d’une nouvelle forme d’interprétation depuis la pandémie de Covid-19, appelée “interprétation simultanée à distance”
Cette partie est consacrée aux principaux travaux empiriques menés par les chercheurs dans le domaine de l’interprétation.
La traduction et l’interprétation au Burkina Faso : pratiques et enjeux
L’étude menée par Féridjou Emilie Georgette Sanon-Ouattara examine la situation de la traduction et de l’interprétation au Burkina Faso en se basant sur des observations personnelles, des entretiens, des données littéraires existantes, des enquêtes sur le terrain, et les conclusions d’un atelier. L’analyse met en lumière la coexistence des pratiques formelles et informelles de la traduction et de l’interprétation, aussi bien dans le secteur public que privé, tout en soulignant les conséquences significatives de l’absence de traduction dans des domaines critiques. L’article met en avant la complexité de distinguer entre la traduction formelle et informelle, en raison du manque de réglementation substantielle dans ce domaine. En conclusion, il suggère qu’une attention accrue soit portée à la traduction, nécessitant une réglementation plus stricte.
L’interprétation au Japon : histoire, métier, tendances et évolutions.
L’interprétation au Japon est une thèse écrit par Semiha Karaoglu (2019) et qui vise à étudier la profession d’interprète de conférence au Japon. La première section fournit un résumé de la langue japonaise et étudie également comment la géographie du Japon remodèle le paysage monolingue et monoculturel du Japon. Ses résultats ont également révélé l’histoire de l’interprétation, les établissements d’enseignement liés à la formation des interprètes de conférence, les tendances actuelles de la profession d’interprète, ainsi que les associations et organisations d’interprètes de conférence au Japon. En outre, les recherches menées dans le cadre de ce projet dévoilent la situation actuelle de l’interprétation au Japon et déterminent s’il s’agit d’une profession pleinement établie, comme c’est le cas dans l’Union européenne, dont les institutions disposent de l’un des services d’interprétation les plus complets au monde. Enfin, le projet de recherche examine les universités, les tendances dominantes et les progrès associés à l’interprétation de conférence, ainsi que leurs impacts positifs et négatifs sur la profession elle-même.
Les résultats de cette étude montrent que le Japon est un pays relativement nouveau dans le domaine de l’interprétation de conférence. Il n’y a que quelques interprètes accrédités par l’AIIC, il n’y a qu’une seule association qui organise régulièrement des événements – l’Association japonaise des interprètes de conférence – et il n’y a pas assez d’universités et d’institutions qui dispensent une formation d’interprète au Japon. En conclusion, la profession d’interprète de conférence au Japon a connu une expansion relativement récente. De plus, la structure monolingue et mono culturelle du Japon remodèle l’interprétation de conférence.
L’étude se concentre sur la profession d’interprète de conférence au Japon, y compris son histoire, les établissements d’enseignement, les tendances actuelles et les associations. Elle examine également si l’interprétation est une profession bien établie au Japon par rapport à l’Union européenne.
Professionalization and trust in public sector interpreting
L’article “Professionalization and trust in public sector interpreting” de Hanne Skaaden examine les approches de l’interprétation dans le secteur public du point de vue de la sociologie des professions. Selon l’auteur, l’interprétation dans le secteur public, appelée également “community interpreting” en anglais, se réfère à l’interprétation pratiquée dans le cadre des institutions publiques. Ces interprètes travaillent donc dans les discours institutionnels, c’est-à-dire les rencontres où “une personne qui représente une institution rencontre une autre personne qui sollicite ses services. L’interprétation dans ce cadre permet aux praticiens d’autres professions, telles que la médecine et le droit, d’informer, d’orienter et d’entendre les parties malgré les barrières linguistiques (Skaaden, 2003 : 74). L’objectif de l’article est d’analyser la fonction d’interprète en mettant l’accent sur le processus de professionnalisation et des concepts tels que la confiance professionnelle et l’exercice du pouvoir discrétionnaire. Nous faisons appel à un professionnel car nous croyons qu’il saura prendre de meilleures décisions pour résoudre notre problème que quelqu’un qui n’a pas les compétences spécialisées du professionnel. L’auteur souligne que la confiance professionnelle diffère de la confiance émotionnelle, car elle repose sur des connaissances validées par une licence et un mandat. La confiance professionnelle est donc liée à l’aspect organisationnel des professions par le biais des mesures prises par la société pour attribuer une “licence et un mandat” aux individus qui effectuent une tâche spécifique selon certaines normes. Le “quelque chose” que l’orateur (en tant que “donneur de confiance) laisse de bonne foi au pouvoir discrétionnaire de l’interprète, ce sont ses propres paroles. Un échange entre quatre étudiants en interprétation dans un chat room met en lumière la question de la confiance et son lien avec la position de l’interprète entre les deux clients, l’orateur et l’auditeur. Comme l’indique la phrase de l’animateur En réponse à la question de savoir comment les signaux de méfiance peuvent “drainer l’énergie de l’interprète”, l’échange porte sur la santé de l’interprète et le risque d’épuisement professionnel.
Dans le cadre de notre étude, nous avons opté pour une approche quantitative afin de recueillir des données qui étaient en adéquation avec la nature, le contexte et les objectifs de notre recherche.
Pour ce faire, nous avons choisi d’utiliser un questionnaire comme outil de sondage. Ces questionnaires ont été conçus spécifiquement pour les interprètes travaillant au Soudan du Sud et ont été distribués auprès d’eux.
Il est important de souligner que ces questionnaires ont été créés sur la plateforme Google Form, ce qui a permis aux participants de les remplir à leur propre rythme et leur a offert une flexibilité. Ce logiciel nous a également facilité l’analyse statistique des données collectées et la création de graphiques. La diffusion des questionnaires s’est faite en ligne, via des moyens de communication tels que WhatsApp et l’e-mail. Afin de garantir la fiabilité des résultats, nous avons effectué des vérifications de la validité du contenu des questions et des réponses.
La présente étude a pour l’objectif de découvrir et caractériser la pratique de l’interprétation au Sud-Soudan et de déterminer les difficultés rencontrées par les interprètes. Pour ce faire, des questionnaires ont été menés auprès des interprètes travaillants au Soudan du Sud. Dans cette section, nous procédons à l’analyse des données obtenues afin de recueillir des informations relatives à notre question de l’étude.
Comment est la pratique de l’interprétation au Soudan du Sud ?
Tableau 1 : Mode d’interprétation le plus couramment utilisé par les interprètes
Mode d’interprétation le plus couramment utilisé par les interprètes dans leurs activités d’interprétation
Simultané Consécutif – Translation à vue – Simulu – consécutif
Sur la base du mode d’interprétation le plus couramment utilisé par les interprètes, un bon nombre d’entre eux n’ont utilisé que le mode consécutif (42,9 % (15), suivi du mode simultané seulement 22,9 % (8) et du chuchotement 8,6 % (3). Seuls quelques-uns des interprètes ont utilisé une combinaison de modes tels que Simultané et Consécutif 8,6 % (3), Consécutif – Interprétation en langue des signes, 2,9 % (1), Simultané – Interprétation en langue des signes 2,9 % (1), Simultané – Chuchotement 2,9 % (1), Simultané – Consécutif – Traduction à vue – Simulu – consécutif – consécutif 2,9 % (1) et Simultané – Consécutif – Traduction à vue 2,9 % (1).
Tableau 2: Langues les plus demandées sur le marché
Anglais – Arabe – Chinois
Arabe
Sur la base des langues requises sur le marché, les résultats nous montrent qu’un plus grand nombre d’interprètes (40,0 % (14) ont mentionné l’anglais, suivis de l’anglais – arabe 22,9 % (8), tandis que 17,1 % (6) ont mentionné l’anglais – arabe – français, 8,6 % (3) ont mentionné l’anglais – le français, 5,7 % (2) ont souligné l’anglais-arabe – le chinois et 5,7 % (2) ont mentionné l’arabe. Cumulativement, l’anglais a été mentionné par 94,3 % (33) des répondants.
Ces données montrent clairement que l’anglais demeure la langue la plus demandée sur le marché, représentant une part significative avec 40%. L’inclusion de l’arabe dans différentes combinaisons linguistiques, notamment avec le français et le chinois, reflète la diversité des besoins linguistiques. Cette diversification souligne l’importance croissante de compétences multilingues, tandis que l’arabe seul occupe également une part non négligeable à 5.7%. En somme, ces chiffres témoignent de la nécessité pour les professionnels d’acquérir des compétences linguistiques variées pour répondre aux demandes du marché au Soudan du Sud.
Tableau 3 : Secteurs au Soudan qui ont le plus besoin de services d’interprétation
Secteurs au Soudan qui ont le plus besoin de services d’interprétation
Gouvernement et secteur diplomatique
Sur la base des secteurs soudanais qui ont le plus besoin de services d’interprétation, un nombre égal de répondants 39,3 % ont mentionné le secteur des affaires et le secteur gouvernemental et diplomatique, 11,5 % ont mentionné le secteur des médias et de la communication, 3,3 % ont mentionné le secteur médical et de la santé et 1,6 % ont mentionné le secteur de l’éducation, le secteur juridique, le secteur du tourisme et les églises.
Le tableau indique que les secteurs d’activité et le gouvernement/secteur diplomatique au Soudan sont les principaux demandeurs de services d’interprétation, représentant ensemble une part significative de 78.6%. Cela suggère une forte nécessité de soutien linguistique dans des contextes professionnels et gouvernementaux. En revanche, des secteurs tels que la santé, l’éducation, et le tourisme semblent avoir une demande plus faible, mais ils ne doivent pas être négligés pour assurer une couverture complète des besoins linguistiques dans le pays.
Quels sont les défis auxquels sont confrontés les interprètes au Soudan du Sud ?
Tableau 4 : Défis rencontrés par le travail d’interprétation au Soudan du Sud
Manque de perfectionnement professionnel
Manque de reconnaissance sociale
Réponse totale
Sur la base des défis rencontrés par le travail d’interprétation au Soudan du Sud, les résultats ont révélé que 30,5 % des personnes interrogées ont mentionné le manque de développement professionnel, 27,1 % ont mentionné l’absence d’accès à une formation spécialisée, 22,0 % ont signalé un manque de reconnaissance sociale, 11,9 % ont signalé une disponibilité limitée de l’équipement et de la technologie d’interprétation et 8,5 % ont également souligné le paiement insuffisant des services d’interprétation.
Tableau 5 : Défis rencontrés par les interprètes pendant l’interprétation
Parlant des défis individuels auxquels font face les interprètes pendant l’interprétation, la barrière de la langue et les problèmes linguistiques ont été mentionnés par 20,0 % (7) des répondants, suivis de la disponibilité limitée de l’équipement et de la technologie d’interprétation (17,1 % (6), des locuteurs rapides (11,4 % (4), de l’accent de l’orateur (11,4 %) (4), du temps limité pour la préparation (5,7 %) (2), de la barrière culturelle (5,7 %) (2) et de 2,9 % (1) ont fait état d’un manque de reconnaissance professionnelle et sociale, les conflits politiques, la baisse des salaires et la mauvaise conception des salles dans le pays pour faciliter le travail des interprètes. 14,3 % (5) des interprètes ne sont pas confrontés à des difficultés. Au total, 85,7 % (30) des interprètes éprouvent des difficultés à faire de l’interprétation, tandis que 14,5 % (5) n’en ont pas.
Cette étude se veut une découverte et une exploration de la pratique de l’interprétation au Soudan du sud. Elle a fait une esquisse du déroulement de l’interprétation dans ce pays. En effet, il était question dans cette étude de mettre en lumière les réalités de la pratique de ce métier et les défis y afférents. Après avoir synthétisé les données qualitatives obtenues auprès des 36 interprètes, les résultats de cette étude montrent que la profession de l’interprétation de conférence est nouvelle au Soudan du Sud. Il n’y pas une école d’interprétation au pays ou une institution qui fournier une formation d’interprétation. La mode d’interprétation le plus pratiquer par la majorité des interprètes est l’interprétation consécutive, la langue la plus sollicité au marché est l’Anglais, les secteurs les plus sont les secteurs d’affaires et gouvernemental. En ce qui concerne les défis, les résultats ont montré que l’absence d’accès à une formation spécialisée, le manque de reconnaissance sociale, la disponibilité limitée de l’équipement et de la technologie d’interprétation et le paiement insuffisant des services d’interprétation.
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