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Greener Journal of Social Sciences Vol. 14(1), pp. 59-67, 2024 ISSN: 2276-7800 Copyright ©2024, Creative Commons Attribution 4.0
International. |
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Title in English
The realities and challenges of interpreting in South Sudan
Title
in French
Les réalités et les défis de l’interprétation au
Soudan du Sud
Mudi, Josephena Birmato Wuran; Prof. Ngoran, Constantine Tardzenyuy (PhD)
Pan
African University
Institute
for Governance, Humanities and Social Sciences (PAUGHSS);
Advanced
School of Translators and Interpreters (ASTI)
University
of Buea, Cameroon.
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ARTICLE’S INFO |
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Article No.: 012124012 Type: Research |
Accepted: 22/01/2024 Published:
01/02/2024 |
*Corresponding
Author Josephena BW Mudi E-mail: elrasheidwafaa08@ icloud.com |
Keywords: Mots clés : interprétation, Soudan
du Sud, réalités, défis. |
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Abstract Résumé Cet
article, intitulé « les réalités et les défis de l’interprétation au Soudan du Sud », a pour objectif d'explorer la pratique de
l'interprétation dans ce pays. L'étude met en lumière les réalités de ce
métier ainsi que les défis qui lui sont associés. Pour mener cette recherche,
une approche quantitative a été adoptée, impliquant la collecte de données au
moyen d'un questionnaire adressé aux interprètes opérant au Soudan du Sud.
Les résultats ont révélé le déroulement de la profession d'interprète dans le
pays, mettant en évidence des défis tels que le manque de développement
professionnel, l'absence d'accès à une formation spécialisée, le défaut de
reconnaissance sociale et la rémunération insuffisante des services
d'interprétation. Des défis individuels, tels que le temps limité pour la
préparation et les barrières culturelles, ont également été identifiés. |
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Le Soudan du Sud,
situé dans l'Est de l'Afrique avec Djouba comme capitale, a obtenu son
indépendance le 9 juillet 2011. Le pays, qui s'étend sur une superficie de 644
330 kilomètres carrés, compte une population estimée à 13,7 millions
d'habitants en 2021. Il est devenu le 54e État africain et le 193e membre de
l'ONU. Selon Matthew LeRiche, auteur du livre
intitulé Le Soudan du Sud de la révolution vers l'indépendance, cette
accession à l'indépendance a mis fin à une guerre civile de longue durée (de
1955 à 1972, puis de 1983 à 2005) qui a marqué l'histoire de l'Afrique. Le
processus vers l'indépendance a été conduit par l'armée connue sous le nom du
Mouvement populaire de libération du Soudan (APLS/M), un mouvement politique
qui a émergé au Sud-Soudan mais qui avait pour objectif de réformer l'ensemble
du Soudan par le biais d'une révolution. Après un processus de paix de six ans
suite à l'accord de paix global de 2005, le Sud-Soudan a organisé un référendum
en janvier 2011 qui a abouti à un vote quasi unanime en faveur de
l'indépendance.
La diversité
linguistique au Soudan du Sud est une question complexe. Avant l'indépendance,
l'arabe était la langue officielle du pays et était principalement parlée par
la population. Selon l'Unicef, à partir de 1956, le Sud-Soudan a été contraint
d'adopter l'arabe comme seule langue d'enseignement dans tout le système
éducatif, dans le cadre des efforts du gouvernement du Nord pour éradiquer les
caractéristiques culturelles, linguistiques et religieuses distinctes du Sud.
Après l'indépendance, l'anglais a été choisi comme langue officielle par le
gouvernement, comme stipulé dans la constitution.
Dans cette
optique, Stefano Manfredi, (2013 p :3). Affirme que:
The Provisional
Constitution of South Sudan does not list each language and ethnic groups. In
its Article 6 it states: All indigenous languages of South Sudan are national
languages and shall be respected, developed and promoted. English shall be the
official working language in the Republic of South Sudan, as well as the
language of instruction at all levels. On the other hand, the constitution of
the single states of South Sudan may flatly contradict the central government’s
one; e.g., the Interim Constitution of Central Equatoria states inter alia that
both ‘English and Arabic shall be the official working languages at all levels
of the government of the State as well as languages of Instruction for higher
education and that Bari shall be an additional official working language or
medium of instruction in Schools at the State level.
La Constitution provisoire du Soudan du Sud ne dresse pas la liste des
langues et des groupes ethniques. Dans son article 6, il est stipulé que toutes
les langues autochtones du Soudan du Sud sont des langues nationales et doivent
être respectées, développées et promues. L’anglais est la langue de travail
officielle de la République du Soudan du Sud, ainsi que la langue
d’enseignement à tous les niveaux. D’autre part, la constitution des États du
Soudan du Sud peut être en contradiction flagrante avec celle du gouvernement
central , Par exemple, la Constitution intérimaire de l’Équatoria central stipule
notamment que « l’anglais et l’arabe sont les langues de travail officielles à
tous les niveaux du gouvernement de l’État, ainsi que les langues
d’enseignement pour l’enseignement supérieur » et que le Bari est une langue de
travail officielle supplémentaire ou une langue d’enseignement dans les écoles
au niveau de l’État. (Notre traduction).
Avec sa complexité et sa diversité
linguistique, le Soudan du Sud attire les investisseurs du monde entier et
abrite de nombreuses organisations internationales, entreprises étrangères,
ambassades et entreprises pétrolières. Cette situation démontre clairement le
besoin de services d'interprétation dans le pays. Cette étude se propose donc
de découvrir les réalités de ce métier et les défis auxquels les interprètes
font face.
L’étude
s’articule autour de deux questions que sont :
-
Comment
se déroule la pratique de l'interprétation au Soudan du Sud ?
-
Quels
sont les défis auxquels sont confrontés les interprètes ?
Sur
la base du problème et des questions mis en évidence ci-dessus, les objectifs
de l'étude visent à :
-
Caractériser
la pratique de l'interprétation au Soudan du Sud.
-
Déterminer
les difficultés rencontrées par les interprètes.
3. Revue de la littérature
Cette partie examine la littérature
existante sur le sujet à traiter. Elle est divisée en trois parties distinctes.
La première partie, appelée revue conceptuelle, est consacrée à la définition
des termes clés. Ensuite, nous allons aborder la revue théorique, qui nous permettra de présenter les
différentes théories liées à notre recherche. Enfin, nous passerons à la revue
empirique, où nous mettrons en évidence certains travaux déjà réalisés dans le
cadre de cette étude
Dans cette section, nous nous concentrons sur la
définition des concepts clés de notre étude : l'interprétation,
l'interprétation communautaire, l'interprétation de conférence et les modes de
l'interprétation de conférence.
4.1.0 La traduction
Il est
nécessaire de définir la traduction pour distinguer entre traduction et
interprétation, parce que les deux concepts sont liés et souvent les
gens les confondent. La différence se
situe dans le fait que l’interprétation est orale tandis que la traduction est
écrite.
Selon Lederer (2006, p : 49) la traduction est
« Un acte de création d’équivalences ad hoc, ponctué par l’insertion
d’équivalences préexistantes »
Tandis que Vinay
et Darbelnet (1977, p :19)
considèrent la traduction comme : « le passage d’une langue A à une langue B
pour exprimer la même réalité ».
L'interprétation est un terms qui q revêt différentes significations, mais
dans le cadre de notre travail, nous lui conférons une signification spécifique
dans le domaine linguistique. Dans ce contexte, son objectif est de faciliter
la communication orale entre des locuteurs qui ne parlent pas la même langue,
comme l'explique Mikkelson (2000, p : 67)
lorsqu’il affirme :
"Interpretation
is the transposition of an oral message from one language to another in real
time (as opposed to translation which is the transposition of a text from one
language to another) This process would be as complicated as denoting all the
essential components of a source language, and being able to render them in the
most appropriate way in the target language’’
Mikkelson (2000, p :
67) : "L'interprétation est la transposition d'un message oral d'une
langue à une autre en temps réel (par opposition à la traduction qui est la
transposition d'un texte d'une langue à une autre). Ce processus serait aussi
compliqué que de dénommer toutes les composantes essentielles d'une langue
source, et d'être capable de les rendre de la manière la plus appropriée dans
la langue cible. Cette définition prend en considération non seulement la
connaissance des langues de travail, mais aussi l'aspect culturel, moral et
émotionnel du texte oral. (Notre traduction)
Les conférences organisées par des institutions nationales et
internationales sont généralement accompagnées d'une interprétation de
conférence. Cela inclut divers événements tels que les conférences de presse,
les sessions parlementaires, les réunions nationales ou internationales et les
colloques. Le terme "interprétation de conférence" fait référence aux
endroits où ces différents modes d'interprétation ont lieu, comme l'a souligné Pöchhacker (2015, p :78).
4.2.2.
Interprétation communautaire
Encore connue sous le nom
d’interprétation de service public, l’interprétation communautaire est un type
d’interprétation qui sert à la médiation entre les services publics et les
usagers. Wadensjö (2002, p. 33) définit d’ailleurs l’interprétation communautaire en
ces termes :
Community interpreting
refers to the type of interpreting which takes place in the public sphere to
facilitate communication between officials and lay people: at police
departments, immigration departments, social welfare centres, medical and
mental health offices, schools and similar institutions.
[L'interprétation communautaire désigne le type
d'interprétation effectué dans les lieux publics pour faciliter la
communication entre les fonctionnaires et les profanes : dans les services de
police, les services d'immigration, les centres d'aide sociale, les bureaux
médicaux et de santé mentale, les écoles et les institutions similaires.]
(Notre traduction)
C’est dans le même ordre
d’idée que Pointurier (2016, p. 63) affirme : « [...]
l’interprétation de service public, moins évidente, est ancrée dans la réalité
de la société contemporaine, où au sein d’un même État coexistent une majorité
et des minorités linguistiques, dont la plupart issues de l’immigration.» Elle
vient de ce fait renforcer l’idée selon laquelle l’interprétation communautaire
est utilisée pour les besoins de communication au sein des services publics.
Il faut préciser que l'interprétation communautaire, selon Wadensjö (2009) cité par Pöchhacker
(2015, p. 66), est le type d'interprétation le plus courant au monde bien que
ne nécessitant pas outre moyens de prédisposition formelle comme
l’interprétation de conférence, elle se pratique partout où le besoin se fait
sentir.
L'interprétation consécutive diffère
de l'interprétation simultanée car elle implique moins de contraintes
techniques. L'interprète se contente de prendre des notes, d'écouter et de
restituer. Pour des réunions en petits groupes, l'interprétation consécutive
peut être plus appropriée. Avant de commencer, l'orateur et l'interprète se
mettent d'accord sur le rythme d'alternance (AIIC, France). En résumé, lors de
l'interprétation consécutive, l'orateur parle pendant quelques minutes
(idéalement pas plus de 15 minutes), pendant que l'interprète prend des notes.
Une fois que l'orateur a terminé une partie de son discours, l'interprète se
présente devant l'auditoire et traduit dans une autre langue ce qui vient
d'être dit.
Selon Gille.D.
(2009, p.13), l’interprétation simultanée se réfère à une traduction réalisée
en même temps que le discours original. C’est la forme la plus courante
d’interprétation de conférence. L’interprétation simultanée exige donc une
concentration soutenue. Les interprètes de conférence travaillent généralement
à deux et se relaient toutes les 30 minutes environs. En mode simultanée, les
interprètes travaillent dans des cabines insonorisées. Ils entendent l’orateur
par un casque et parlent dans un microphone relié au canal de transmission.
C’est ce qui pousse, Seleskovitch et Lederer (1989) à dire que l'interprétation simultanée
nécessite une compréhension profonde de la langue et de la culture de
l'orateur, ainsi qu'une grande capacité de concentration et de mémoire de la
part de l'interprète.
Il est important de souligner
l'apparition d'une nouvelle forme d'interprétation depuis la pandémie de
Covid-19, appelée "interprétation simultanée à distance"
Cette partie est consacrée aux
principaux travaux empiriques menés par les chercheurs dans le domaine de l’interprétation.
4.3.1.
La traduction et l’interprétation au Burkina Faso :
pratiques et enjeux
L’étude menée par Féridjou Emilie Georgette Sanon-Ouattara
examine la situation de la traduction et de l'interprétation au Burkina Faso en
se basant sur des observations personnelles, des entretiens, des données
littéraires existantes, des enquêtes sur le terrain, et les conclusions d'un
atelier. L'analyse met en lumière la coexistence des pratiques formelles et
informelles de la traduction et de l'interprétation, aussi bien dans le secteur
public que privé, tout en soulignant les conséquences significatives de
l'absence de traduction dans des domaines critiques. L'article met en avant la
complexité de distinguer entre la traduction formelle et informelle, en raison
du manque de réglementation substantielle dans ce domaine. En conclusion, il
suggère qu'une attention accrue soit portée à la traduction, nécessitant une
réglementation plus stricte.
4.3.2.
L’interprétation au Japon : histoire, métier,
tendances et évolutions.
L’interprétation au Japon est une
thèse écrit par Semiha Karaoglu
(2019) et qui vise à étudier la profession d'interprète de conférence au Japon.
La première section fournit un résumé de la langue japonaise et étudie
également comment la géographie du Japon remodèle le paysage monolingue et monoculturel du Japon. Ses résultats ont également révélé
l'histoire de l'interprétation, les établissements d'enseignement liés à la
formation des interprètes de conférence, les tendances actuelles de la
profession d'interprète, ainsi que les associations et organisations
d'interprètes de conférence au Japon. En outre, les recherches menées dans le
cadre de ce projet dévoilent la situation actuelle de l'interprétation au Japon
et déterminent s'il s'agit d'une profession pleinement établie, comme c'est le
cas dans l'Union européenne, dont les institutions disposent de l'un des
services d'interprétation les plus complets au monde. Enfin, le projet de
recherche examine les universités, les tendances dominantes et les progrès
associés à l'interprétation de conférence, ainsi que leurs impacts positifs et négatifs
sur la profession elle-même.
Les résultats de cette étude montrent que le Japon est un
pays relativement nouveau dans le domaine de l'interprétation de conférence. Il
n'y a que quelques interprètes accrédités par l'AIIC, il n'y a qu'une seule
association qui organise régulièrement des événements - l'Association japonaise
des interprètes de conférence - et il n'y a pas assez d'universités et
d'institutions qui dispensent une formation d'interprète au Japon. En
conclusion, la profession d'interprète de conférence au Japon a connu une
expansion relativement récente. De plus, la structure monolingue et mono
culturelle du Japon remodèle l'interprétation de conférence.
L'étude se concentre sur la profession d'interprète de
conférence au Japon, y compris son histoire, les établissements d'enseignement,
les tendances actuelles et les associations. Elle examine également si
l'interprétation est une profession bien établie au Japon par rapport à l'Union
européenne.
4.3.3.
Professionalization and
trust in public sector interpreting
L'article "Professionalization
and trust in public sector interpreting"
de Hanne Skaaden examine
les approches de l'interprétation dans le secteur public du point de vue de la
sociologie des professions. Selon l'auteur, l'interprétation dans le secteur
public, appelée également "community interpreting" en anglais, se réfère à l'interprétation
pratiquée dans le cadre des institutions publiques. Ces interprètes travaillent
donc dans les discours institutionnels, c'est-à-dire les rencontres où
"une personne qui représente une institution rencontre une autre personne
qui sollicite ses services. L'interprétation dans ce cadre permet aux
praticiens d'autres professions, telles que la médecine et le droit,
d'informer, d'orienter et d'entendre les parties malgré les barrières
linguistiques (Skaaden, 2003 : 74). L'objectif de
l'article est d'analyser la fonction d'interprète en mettant l'accent sur le
processus de professionnalisation et des concepts tels que la confiance
professionnelle et l'exercice du pouvoir discrétionnaire. Nous faisons appel à
un professionnel car nous croyons qu'il saura prendre de meilleures décisions
pour résoudre notre problème que quelqu'un qui n'a pas les compétences
spécialisées du professionnel. L'auteur souligne que la confiance
professionnelle diffère de la confiance émotionnelle, car elle repose sur des
connaissances validées par une licence et un mandat. La confiance
professionnelle est donc liée à l'aspect organisationnel des professions par le
biais des mesures prises par la société pour attribuer une "licence et un
mandat" aux individus qui effectuent une tâche spécifique selon certaines
normes. Le "quelque chose" que l'orateur (en tant que "donneur
de confiance) laisse de bonne foi au pouvoir discrétionnaire de l'interprète,
ce sont ses propres paroles. Un échange entre quatre étudiants en interprétation
dans un chat room met en lumière la question de la confiance et son lien avec
la position de l'interprète entre les deux clients, l'orateur et l'auditeur.
Comme l'indique la phrase de l'animateur En réponse à la question de savoir
comment les signaux de méfiance peuvent "drainer l'énergie de
l'interprète", l'échange porte sur la santé de l'interprète et le risque
d'épuisement professionnel.
5.
Méthodologie de recherche
Dans
le cadre de notre étude, nous avons opté pour une approche quantitative afin de
recueillir des données qui étaient en adéquation avec la nature, le contexte et
les objectifs de notre recherche.
Pour ce faire, nous avons choisi d'utiliser un
questionnaire comme outil de sondage. Ces questionnaires ont été conçus
spécifiquement pour les interprètes travaillant au Soudan du Sud et ont été
distribués auprès d'eux.
Il est important de souligner que ces questionnaires ont
été créés sur la plateforme Google Form, ce qui a
permis aux participants de les remplir à leur propre rythme et leur a offert
une flexibilité. Ce logiciel nous a également facilité l'analyse statistique
des données collectées et la création de graphiques. La diffusion des
questionnaires s'est faite en ligne, via des moyens de communication tels que
WhatsApp et l'e-mail. Afin de garantir la fiabilité des résultats, nous avons
effectué des vérifications de la validité du contenu des questions et des
réponses.
6.
Analyse des données et interprétation des résultats
La présente étude a pour l’objectif
de découvrir et caractériser
la pratique de l'interprétation au Sud-Soudan et de déterminer les difficultés
rencontrées par les interprètes. Pour ce faire, des questionnaires ont été menés
auprès des interprètes travaillants au Soudan du Sud. Dans cette section, nous
procédons à l'analyse des données obtenues afin de recueillir des informations
relatives à notre question de l’étude.
·
Mode d’interprétation le plus couramment
utilisé par les Interprètes
Tableau 1 : Mode d’interprétation le plus
couramment utilisé par les interprètes
|
Mode d’interprétation le plus couramment utilisé par
les interprètes dans leurs activités d’interprétation |
Fréquence |
Pourcentage |
|
Consécutif |
15 |
42.9 |
|
Simultané |
8 |
22.9 |
|
Chuchotement |
3 |
8.6 |
|
Simultané
– Consécutif |
3 |
8.6 |
|
Interprétation
en langue des signes |
1 |
2.9 |
|
Consécutif
- Interprétation en langue des signes |
1 |
2.9 |
|
Simultané
- Interprétation en langue des signes |
1 |
2.9 |
|
Simultané
– Chuchotement |
1 |
2.9 |
|
Simultané Consécutif - Translation à vue - Simulu – consécutif |
1 |
2.9 |
|
Simultané
- Consécutif - Traduction à vue |
1 |
2.9 |
|
Total |
35 |
100 |
Sur la base du mode
d’interprétation le plus couramment utilisé par les interprètes, un bon nombre
d’entre eux n’ont utilisé que le mode consécutif (42,9 % (15), suivi du mode
simultané seulement 22,9 % (8) et du chuchotement 8,6 % (3). Seuls
quelques-uns des interprètes ont utilisé une combinaison de modes tels que
Simultané et Consécutif 8,6 % (3), Consécutif - Interprétation en langue des
signes, 2,9 % (1), Simultané - Interprétation en langue des signes 2,9 % (1),
Simultané - Chuchotement 2,9 % (1), Simultané - Consécutif - Traduction à vue -
Simulu - consécutif - consécutif 2,9 % (1) et
Simultané - Consécutif - Traduction à vue 2,9 % (1).
·
Langues les plus demandées sur le marché
Tableau 2: Langues les plus demandées sur le marché
|
Quelles sont les langues
les plus demandées sur le marché ? |
Fréquence |
Pourcentage |
|
Anglais |
14 |
40.0 |
|
Anglais – Arabe |
8 |
22.9 |
|
Anglais – Arabe –
Français |
6 |
17.1 |
|
Anglais – Français |
3 |
8.6 |
|
Anglais - Arabe – Chinois |
2 |
5.7 |
|
Arabe |
2 |
5.7 |
|
Total |
35 |
100 |
Sur la base des langues
requises sur le marché, les résultats nous montrent qu’un plus grand nombre
d’interprètes (40,0 % (14) ont mentionné l’anglais, suivis de l’anglais – arabe
22,9 % (8), tandis que 17,1 % (6) ont mentionné l’anglais – arabe – français,
8,6 % (3) ont mentionné l’anglais – le français, 5,7 % (2) ont souligné
l’anglais-arabe – le chinois et 5,7 % (2) ont mentionné
l’arabe. Cumulativement, l’anglais a été mentionné par 94,3 % (33) des
répondants.
Ces données montrent
clairement que l'anglais demeure la langue la plus demandée sur le marché,
représentant une part significative avec 40%. L'inclusion de l'arabe dans
différentes combinaisons linguistiques, notamment avec le français et le
chinois, reflète la diversité des besoins linguistiques. Cette diversification
souligne l'importance croissante de compétences multilingues, tandis que
l'arabe seul occupe également une part non négligeable à 5.7%. En somme, ces
chiffres témoignent de la nécessité pour les professionnels d'acquérir des
compétences linguistiques variées pour répondre aux demandes du marché au
Soudan du Sud.
·
Secteurs au Soudan qui ont le plus besoin de
services d’interprétation
Tableau 3 : Secteurs au Soudan qui ont le plus besoin de services
d’interprétation
|
Secteurs au Soudan qui
ont le plus besoin de services d’interprétation |
Nombre de réponses |
Pourcentage |
|
Secteur d’activité. |
24 |
39.3 |
|
Gouvernement et secteur
diplomatique |
24 |
39.3 |
|
Secteur des médias et de la
communication |
7 |
11.5 |
|
Secteur médical et de la
santé |
2 |
3.3 |
|
Secteur de l’éducation |
1 |
1.6 |
|
Secteur juridique |
1 |
1.6 |
|
Tourisme |
1 |
1.6 |
|
Églises |
1 |
1.6 |
|
Réponse multiple |
61 |
100 |
Sur la base des secteurs
soudanais qui ont le plus besoin de services d’interprétation, un nombre égal
de répondants 39,3 % ont mentionné le secteur des affaires et le secteur
gouvernemental et diplomatique, 11,5 % ont mentionné le secteur des médias et de
la communication, 3,3 % ont mentionné le secteur médical et de la santé et
1,6 % ont mentionné le secteur de l’éducation, le secteur juridique, le secteur
du tourisme et les églises.
Le
tableau indique que les secteurs d'activité et le gouvernement/secteur
diplomatique au Soudan sont les principaux demandeurs de services
d'interprétation, représentant ensemble une part significative de 78.6%. Cela
suggère une forte nécessité de soutien linguistique dans des contextes
professionnels et gouvernementaux. En revanche, des secteurs tels que la santé,
l'éducation, et le tourisme semblent avoir une demande plus faible, mais ils ne
doivent pas être négligés pour assurer une couverture complète des besoins
linguistiques dans le pays.
6.2.
Quels sont les défis auxquels sont
confrontés les interprètes au Soudan du Sud ?
·
Défis rencontrés par le travail
d’interprétation au Soudan du Sud
Tableau 4 : Défis rencontrés par le travail
d’interprétation au Soudan du Sud
|
Difficultés rencontrées
dans le travail d’interprétation au Soudan du Sud |
Nombre de réponses |
Pourcentage |
|
Manque de
perfectionnement professionnel |
18 |
30.5 |
|
Pas d’accès à une
formation spécialisée |
16 |
27.1 |
|
Manque de reconnaissance
sociale |
13 |
22.0 |
|
Disponibilité limitée de
l’équipement et de la technologie d’interprétation |
7 |
11.9 |
|
Paiement insuffisant des
services d’interprétation. |
5 |
8.5 |
|
Réponse totale |
59 |
100 |
Sur la base des défis
rencontrés par le travail d’interprétation au Soudan du Sud, les résultats ont
révélé que 30,5 % des personnes
interrogées ont mentionné le manque de développement professionnel, 27,1 % ont
mentionné l’absence d’accès à une formation spécialisée, 22,0 % ont signalé un manque de reconnaissance sociale, 11,9 % ont signalé
une disponibilité
limitée de l’équipement et de la technologie d’interprétation et 8,5 % ont également souligné le paiement insuffisant des services d’interprétation.
Tableau 5 : Défis rencontrés par les interprètes pendant
l’interprétation
|
Difficultés rencontrées
par les interprètes pendant l’interprétation |
Fréquence |
Pourcentage |
|
Barrière de la langue / Manque de
vocabulaire dans une langue cible / Problèmes linguistiques |
7 |
20.0 |
|
Manque d’équipement et de matériel
pour l’interprétation / disponibilité limitée de l’équipement et de la
technologie d’interprétation |
6 |
17.1 |
|
Haut-parleurs rapides |
4 |
11.4 |
|
Accent du locuteur / mauvaise
prononciation des mots |
4 |
11.4 |
|
Temps limité pour la préparation |
2 |
5.7 |
|
Barrière de la culture |
2 |
5.7 |
|
Manque de reconnaissance
professionnelle et sociale |
1 |
2.9 |
|
Il n’y a pas de places réservées aux
interprètes dans toutes les salles de conférence du pays. |
1 |
2.9 |
|
Conflits politiques |
1 |
2.9 |
|
Moins de paiement |
1 |
2.9 |
|
Vitesse élevée des natifs |
1 |
2.9 |
|
Pas de défi à relever |
5 |
14.3 |
|
Total |
35 |
100 |
Parlant des défis
individuels auxquels font face les interprètes pendant l’interprétation, la
barrière de la langue et les problèmes linguistiques ont été mentionnés par
20,0 % (7) des répondants, suivis de la disponibilité limitée de l’équipement
et de la technologie d’interprétation (17,1 % (6), des locuteurs rapides (11,4
% (4), de l’accent de l’orateur (11,4 %) (4), du temps limité pour la
préparation (5,7 %) (2), de la barrière culturelle (5,7 %) (2) et de 2,9 % (1)
ont fait état d’un manque de reconnaissance professionnelle et sociale, les
conflits politiques, la baisse des salaires et la mauvaise conception des
salles dans le pays pour faciliter le travail des interprètes. 14,3 % (5)
des interprètes ne sont pas confrontés à des difficultés. Au total, 85,7 %
(30) des interprètes éprouvent des difficultés à faire de l’interprétation,
tandis que 14,5 % (5) n’en ont pas.
CONCLUSION
Cette étude se veut une découverte
et une exploration de la pratique de l’interprétation au Soudan du sud. Elle a
fait une esquisse du déroulement de l’interprétation dans ce pays. En effet, il
était question dans cette étude de mettre en lumière les réalités de la
pratique de ce métier et les défis y afférents. Après avoir synthétisé les
données qualitatives obtenues auprès des 36 interprètes, les résultats de cette
étude montrent que la profession de l’interprétation de conférence est nouvelle
au Soudan du Sud. Il n’y pas une école d’interprétation au pays ou une
institution qui fournier une formation d’interprétation. La mode
d’interprétation le plus pratiquer par la majorité des interprètes est
l’interprétation consécutive, la langue la plus sollicité au marché est
l’Anglais, les secteurs les plus sont les secteurs d’affaires et gouvernemental.
En ce qui concerne les défis, les résultats ont montré que
l’absence d’accès à une
formation spécialisée, le manque de reconnaissance sociale, la disponibilité
limitée de l’équipement et de la technologie d’interprétation et le paiement insuffisant
des services d’interprétation.
BIBLIOGRAPHIE
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Cite this Article: Mudi, JBW; Ngoran,
CT (2024). The realities and challenges of interpreting in South Sudan. Greener
Journal of Social Sciences, 14(1): 59-67. |